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UN JOURNAL, DES ARTICLES EPHEMERES, UNE ACTUALITE , lus ailleurs et à partager

AVEC LA JEUNESSE POUR LE CLIMAT!

Partout dans le monde des jeunes se lèvent pour le climat. Le point culminant ? Ce sera le 15 mars à la veille des grandes marches climat organisées partout en France le 16 mars ! GEOLOGICA soutient ce mouvement.

GREVE DES JEUNES POUR LE CLIMAT Mouvement initié par Youth for Climate -France Youth for Climate France.jpg

Collégien.ne.s, lycéen.ne.s, étudiant.e.s, nous appelons à faire grève pour le climat le 15 mars

Depuis des années notre planète vit une crise sans précédent. La biodiversité s'effondre, les catastrophes liées au climat sont de plus en plus nombreuses, des millions de personnes sont obligées de migrer vers d'autres territoires et dans le même temps la température atteint -48°C à Chicago et +49°C en Australie.... L'humanité court à sa perte. Depuis plus de 50 ans, les scientifiques alertent sur la catastrophe qui nous guette mais les puissants de ce monde, pouvoirs publics et multinationales, continuent leur course à la croissance, agissant comme si l’urgence climatique ne les concernait pas. Aujourd’hui nous assistons à ce qui s'annonce comme étant la sixième extinction de masse.

« Puisque nos leaders se comportent comme des enfants, nous sommes obligés d'assumer la responsabilité qu'ils auraient dû endosser il y a bien longtemps ». C’est ce qu’a déclaré Greta Thunberg, une jeune suédoise de 16 ans qui, depuis le mois d’août dernier, mène une grève de l’école chaque vendredi. Alors que l’école est censée lui permettre de préparer son avenir, Greta, qui est à l’origine du mouvement Fridays For Future, nous interpelle sur le fait que son avenir est justement mis en péril par l’aggravation du dérèglement climatique qu’on ne se donne pas les moyens d’empêcher.

Les mots de Greta font écho aux derniers rapports scientifiques, notamment celui du GIEC. Une hausse de la température de 1,5°C aurait déjà un impact terrible sur les conditions de vie de l'Humanité, mais il est encore temps d'éviter le pire et l’augmentation de 3 à 4°C vers laquelle nous nous dirigeons. Pour cela, nous devons collectivement impulser un changement massif et sans précédent du fonctionnement de toute notre société.

Depuis les premières grèves de l'école en Suède, les jeunes de nombreux pays se sont aussi mis en grève. De l’Europe à l’Australie en passant par les Etats-Unis, les mobilisations se mettent en place. Récemment en Belgique et en Suisse plus de 30 000 lycéen.ne.s se sont réuni.e.s dans les rues en réponse à cet appel. Relevons le défi lancé par Greta Thunberg et lançons la mobilisation en France !

Dans l'Hexagone, les conséquences du dérèglement climatique ont été particulièrement visibles depuis cet été, et suite à la démission de Nicolas Hulot, la mobilisation pour le climat n'a cessé de grandir. Des mouvements citoyens sont nés ou se sont développés, et les climatologues s'engagent de plus en plus dans leurs discours. Une procédure sans précédent, “L’Affaire du siècle”, a été engagée pour porter plainte contre l'État pour inaction face au dérèglement climatique. Elle est aujourd’hui soutenue par plus de deux millions de personnes.

« Pourquoi devrions-nous étudier pour un futur qui n'existera bientôt plus, alors que personne ne fait rien pour le sauver ? » (Greta Thunberg)

Nous, collégien.ne.s, lycéen.ne.s et étudiant.e.s, avons notre mot à dire face à l'inaction de la majorité de nos aînés. C'est notre avenir qui est en jeu. Un appel a été lancé par la jeunesse à une grève internationale pour le climat le vendredi 15 mars. Nous nous devons de répondre à cet appel, car personne n’a envie d’étudier ou de travailler pour un futur qui n'existera pas. Chacun peut participer à son échelle, mais si les adultes ruinent nos espoirs par leur inaction, nos efforts auront été inutiles. Même le regret sera impossible.

L'inaction nous mène vers la fin de l'humanité, agissons ensemble et mettons le climat au coeur des discussions. Contactons les Conseils de Vie Lycéenne et toutes les Commissions de Développement Durable de nos établissements et universités, organisons des débats, des conférences, des actions... Défendons notre avenir et soyons nombreux.ses à rejoindre cette mobilisation internationale pour envoyer un message fort à nos dirigeant.e.s.

Construisons et exigeons une société plus respectueuse de l’Humanité et de la seule planète dont elle dispose, organisons une mobilisation historique sur notre territoire pour ce vendredi 15 mars 2019 !

LA GAZETTE DE FEVRIER

CLAIRE NOUVIAN: « IL FAUT PRENDRE LE POUVOIR ET LE REINVENTER »

11 février 2019 / Entretien avec Claire Nouvian Claire Nouvian.jpg Reporterre poursuit une grande série d’entretiens de fond avec celles et ceux qui renouvellent la pensée écologique aujourd’hui. Parcours, analyse, action : comment voient-elles et voient-ils le monde d’aujourd’hui ? Aujourd’hui, Claire Nouvian, présidente de l’ONG Bloom pour la conservation des écosystèmes marins, et cofondatrice du mouvement politique Place publique.

Reporterre – D’où vient votre appétence pour l’écologie ?

Claire Nouvian — J’ai grandi en Algérie, où on passait nos week-ends à la plage, à pêcher, à jouer avec les animaux marins. L’hiver, on partait dans le désert chercher des fossiles et guetter les scorpions. Au contact de la nature, j’ai développé une curiosité intellectuelle pour le vivant. Aujourd’hui, les enfants qui vivent en ville sont effrayés par des mouches… c’est dingue !

Dans les années 1990, je suis partie avec mon mari en Argentine, où j’ai découvert la « grande nature » : les toucans, les condors, les baleines. Quelle émotion ! C’est ce qui a forgé mon envie de faire du documentaire scientifique et animalier.

Quelles sont les sources de votre engagement ?

J’ai constitué une conscience écologique et scientifique au contact des chercheurs rencontrés pour mes documentaires. Ma prise de conscience est montée comme le niveau de l’eau actuellement : petit à petit, mais très sûrement. Pas seulement sur le changement climatique et la pollution, mais surtout sur la destruction des habitats. Quand on travaille en Afrique, c’est vraiment tangible.

Ma rencontre avec Pilai Poonswad a été un vrai moment de bascule. Cette femme, ornithologue et biologiste thaïlandaise, a reçu une récompense Rolex pour son travail de préservation des calaos. Ces magnifiques oiseaux sont en train de disparaître très rapidement, parce qu’ils sont très braconnés. Des collectionneurs sordides veulent leur casque comme trophée. C’est grâce, entre autres, au travail inlassable de cette femme que ces oiseaux existent toujours.

En 2004, vous avez laissé tomber la caméra pour créer Bloom. La posture d’observatrice ne vous suffisait-elle plus ?

J’étais dans mon métier de communication, et ça m’allait très bien… jusqu’à ce que je découvre les grandes profondeurs de l’océan, et l’ampleur de leur destruction, lors d’un documentaire pour France 2. Quand j’ai pris connaissance des menaces qui pesaient sur ces fonds marins, personne ne s’en occupait. Des gens s’occupaient de la préservation de la forêt en Thaïlande, des gibbons en Malaisie, de la savane en Afrique, mais sur les océans profonds, il n’y avait rien. C’est ce qui m’a décidé à me lancer.

Comment vivez-vous le délitement de cette biodiversité que vous aimez tant ? Quand on a une vision de l’ensemble des effondrements de la biodiversité, du climat, de notre projet de société… c’est désespérant. Les scientifiques sont en première ligne : ils enregistrent le déclin de la biodiversité, sonnent l’alarme. Tous ceux que je connais sont angoissés. Ils vivent une sorte de syndrome prétraumatique, lié à leur connaissance de la situation. À l’inverse du stress post-traumatique, propre aux personnes ayant déjà vécu un événement grave, un choc, eux vivent dans l’angoisse de ce qui va advenir.

Quand j’ai découvert, dans un article scientifique, ce stress prétraumatique, ça m’a fait le même effet que quand j’ai lu Kant pour la première fois. Cette sensation de rencontrer quelque chose qui décrit exactement ton état. À 17 ans, quand j’ai lu les Fondements de la métaphysique des mœurs, je me suis rendue compte que toute ma colonne vertébrale morale avait été théorisée par Kant.

Qu’est-ce qu’être kantienne ?

Je vis avec un impératif catégorique sur la vérité. Thomas Porcher dit de moi que je suis rugueuse. Par rapport à des gens de culture latine, avec un rapport plus élastique à la vérité, je suis germaniste, au sens caricatural : je ne rigole pas du tout avec le mensonge.

Avec l’avènement de la société industrielle et du marketing, on est entré dans l’ère du mensonge permanent et institutionnalisé. Les élites, économiques comme politiques, mentent. Et ceci n’est plus toléré. Les gens recherchent de la sincérité.

Une société qui est fondée sur le mensonge voit son langage détruit. On ne sait plus ce que les mots veulent dire, puisqu’ils veulent dire l’inverse de ce qu’ils sont supposés signifier. Macron utilise des mots comme « bienveillance » ou « société civile ». Il a poussé l’exercice du mensonge sémantique tellement loin qu’on ne peut plus le supporter, ça en devient épidermique.

Qu’entendez-vous par « effondrement de notre projet de société » ?

À la sortie de la guerre, on avait une visée progressiste, mais la croissance des inégalités montre que nous avons eu tout faux. En très peu de temps, on a réussi à faire complètement fausse route. Dans Notre mal vient de plus loin, un petit livre sorti juste après les attentats du 13 novembre 2015, Alain Badiou écrit que le rêve d’une narration alternative au libéralisme capitaliste s’est effondré avec la chute du mur de Berlin. Dès lors, une seule possibilité se présentait à nous : un repli sur l’individualisme. L’individualisme est apparu comme la seule valeur sûre : un individu ne va jamais trahir sa propre entité physique. On pourrait donc lui faire confiance pour trouver un équilibre bon pour lui et donc pour tous.

La destruction de nos idéaux collectifs s’est ainsi accélérée. L’échec du communisme nous a retiré la possibilité d’avoir un rêve alternatif. Il s’agit donc, désormais, de réinventer un autre discours, une autre narration, fondé sur la mutualisation, sur la conscience, sur la valorisation des liens plutôt que des biens, sur la liberté aussi.

Comment construire cet autre discours ? Notre génération peut s’y atteler, parce que nous sommes détachés de l’héritage du communisme. Nos parents étaient socialisés dans ces appareils, le Parti communiste structurait la vie sociale et familiale des ouvriers. Ils ont donc eu une résistance psychologique à faire le bilan du communisme, avec ses côtés sombres. Nous, nous avons fait le bilan, et donc nous pouvons passer à autre chose. Tout réinventer.

Il n’empêche que, si notre rêve n’est pas communiste, il doit être communautaire au sens large. On doit faire communauté. Parce qu’aujourd’hui, on voit combien l’individualisme est l’un des pires aspects du libéralisme économique hyperfinanciarisé et dérégulé. On voit à quel point le libéralisme est une menace pour la société et pour la planète.

Ce rêve alternatif, quels en sont les germes aujourd’hui ?

Il est éparpillé. On a d’un côté la Macronie et tout ce qu’il y a à sa droite. Ce sont des valeurs claires : le libéralisme économique et une croyance en l’entreprise comme vecteur d’emploi et de solutions. On a également le souverainisme populiste, qui prône un repli sur les frontières.

Entre le libéralisme économique dérégulé et le populisme souverainiste nationaliste, il existe un espace occupé par toute une famille de valeurs… mais qui est éparpillée dans des chapelles qui se font la guerre : les hamonistes avec le PS, le PS qui nous a trahis et qui est en scission profonde…

Les électeurs ne s’y retrouvent pas, alors que nos valeurs [celles de Place publique] sont claires : on est humanistes, européens, profondément démocrates. On trouve que la démocratie ne va pas assez loin, qu’il faut passer à la VIe République. On sait faire la critique de l’Europe actuelle, une Europe marchande, libérale, opaque, cynique, trustée par des lobbys. Mais on tient à l’Europe, parce que la bonne échelle pour combattre les fléaux du XXIe siècle sera européenne. Et, évidemment, on est écologiste.

Que risquons-nous si cette famille de valeurs reste éparpillée ?

Il ne faut pas sous-estimer la possibilité d’un péril fasciste : l’extrême droite représente 40 % des intentions de vote aux élections européennes. D’après certains sondages, l’extrême droite au « sens strict » serait à 20 %. Mais le Parti populaire européen (PPE, droite) est crédité de 25 %. On pensait que seuls nos grands-parents connaîtraient la guerre… Mais le pire devient possible. Les marchands de peur et de haine montent les gens les uns contre les autres, avec toujours plus de succès. Et nos cerveaux répondent très bien à la peur. C’est un réflexe de survie. Peur de l’autre, peur de l’étranger… ça marche !

La trahison violente des élites, avec une réalité de l’évasion fiscale qui est à vomir sur un fond de croissance des inégalités constitue le terreau de cette évolution. Il suffisait ensuite à l’extrême droite de laisser monter le rejet des élites, le « dégagisme » des élus, et de mettre là-dessus un discours qui joue pile sur ce qui marche dans le cerveau archaïque de l’homme… et le résultat est là. Se battre contre cela n’est pas simple.

L’écologie fédère, mais de quelle écologie parlez-vous ? Défendez-vous une écologie anti-capitaliste, anti-productiviste ?

Au sein de Place publique, nous ne sommes pas contre le capitalisme, au sens familial ou entrepreneurial. L’innovation est une des merveilles de l’esprit humain, si elle est faite avec une contrainte impérieuse d’économie de moyens. Renouveler des gammes d’iPhone en allant chercher des terres rares au fonds des océans, ce n’est pas une innovation compatible avec les limites de la planète. L’écologie doit être une condition sine qua non de toute décision, mesure publique, texte de loi ou initiative. C’est l’impératif catégorique du XXIe siècle.

Avec l’essayiste Raphaël Glucksmann et l’économiste Thomas Porcher, vous avez fondé en 2018 Place publique. Pourquoi avoir créé une structure politique en plus ?

On ne se reconnaissait dans aucune des chapelles existantes. On a tous été abordés pour être sur des listes européennes, et on a tous refusé. La politique est un sacerdoce, un sacrifice. Si on se met aujourd’hui en position d’assumer un mandat, c’est vraiment parce que l’heure est grave, qu’il faut qu’on prenne notre part. Il y a péril. La menace fasciste est réelle, la menace écologique est totale. Il faut faire la guerre au libéralisme dérégulé et, en même temps, ne pas laisser cet espace-là à une confrontation entre nationalistes, populistes et libéraux.

Ce n’est donc pas de gaieté de cœur qu’on se lance dans l’aventure. On a tous des vies très remplies, des projets familiaux. Dans un monde qui irait bien, aucun d’entre nous ne ferait de la politique. Si les politiques remplissaient vraiment leurs missions, en respectant une certaine éthique, on ne ferait pas de politique. Mais ce n’est pas le cas : quand on s’approche des appareils politiques, nous, les citoyens normaux à peu près normalement constitués, on part en courant.

Pourquoi ?

C’est la guerre ! Les appareils politiques sont des espaces fratricides. Le philosophe Patrick Viveret considère les partis comme les seuls endroits où l’on est sûr de perdre ses amis. C’est exactement la raison pour laquelle je n’ai jamais voulu rejoindre aucun parti, même s’ils ne sont pas tous logés à la même enseigne. On ne peut pas mettre Europe Écologie - Les Verts (EELV) et ses élus combatifs et ultracohérents, au même niveau que le Parti socialiste (PS), qui a trahi tout le monde. Il n’empêche qu’EELV a aussi ses guerres fratricides. Je suis tellement proche de la politique, depuis tellement longtemps, que je sais pourquoi je n’irai jamais dans ces partis-là.

Avec Place publique, on a comme ambition de se faire des amis et de les conserver dans le temps. Si on arrive à transformer cette initiative en aventure humaine, on aura une chance de réussir l’aventure politique. Mais on n’est pas à l’abri, nous non plus, d’un échec total. On y va modestement… Si tout le monde s’est planté, pourquoi ne pas essayer ?

Comment faire de la politique différemment ?

Les appareils actuels sont condamnés. Il faut inventer des formes politiques complètement nouvelles. Jusqu’à présent, on a été d’une grande immaturité dans notre rapport consumériste à la démocratie. Dès l’instant où l’on a voté, on se dit que c’est à l’élu de représenter nos intérêts, en pensant qu’on peut tourner le dos, s’occuper de notre bien-être plutôt que du collectif. C’est tout notre rapport au politique, à l’autre et à nous-mêmes qu’il faut repenser pour devenir des citoyens sympathiques.

Au sein de Place publique, on a lancé des consultations citoyennes à partir de lundi 14 janvier, « place aux idées », portant sur du contenu mais aussi sur des modalités. On essaie d’inventer un mouvement qui réinvente les codes de la politique. Cela commence par l’organisation interne : il va falloir apprendre à se parler, à s’écouter, à poser nos désaccords et identifier nos accords. Apprendre à vivre ensemble nous transformera profondément. C’est ça être démocrate.

N’était-ce pas l’idée de départ de la France insoumise ou de la République en marche ?

Les partis les moins démocratiques sont la République en marche (LREM) et la France insoumise (FI). LREM a prôné la consultation citoyenne, l’établissement d’un programme à partir des citoyens, mais la méthode Macron a été de créer un écran de fumée épais et efficace entre des discours bien ficelés et une réalité très différente. Depuis, l’écran de fumée s’est dissipé et le réel visage de ce mouvement et de son chef est apparu.

Aujourd’hui, le mouvement écologiste s’incarne davantage dans des associations ou des collectifs que dans des partis. Ne faut-il pas chercher d’autres modes d’action que la politique institutionnelle ?

Il n’existe pas de modalité d’action plus efficace qu’une autre pour réinventer le monde. C’est la complémentarité de ces outils qui contribue au basculement de nos représentations mentales et donc de la réalité de notre société. Le succès des campagnes de Bloom vient de cette association entre action médiatique, plaidoyer, sensibilisation, recherche scientifique. Chaque jour, des centaines d’amendements passent devant des parlements, européen ou nationaux, plus ou moins toxiques pour le collectif, pour la sauvegarde des écosystèmes. Les parlementaires ont un pouvoir énorme. Or, les deux logiques politiques qui ont pris le dessus sont le libéralisme dérégulé et le conservatisme. On ne peut pas laisser faire ça : les deux sont destructeurs des hommes et de la planète. Négliger le pouvoir des politiques publiques et leur laisser ce pouvoir est ultra dangereux.

Faut-il se battre de l’intérieur ?

Il faut prendre le pouvoir. Certes, c’est un peu de la schizophrénie. Je ne suis pas une femme de pouvoir, il ne m’intéresse pas. Mais comme il y a un péril majeur, il nous faut prendre ce pouvoir pour le réinventer. Voilà toute l’ambiguïté de la démocratie : pour aller nous battre pour l’intérêt général, nous devons nous faire élire, donc développer un rapport de séduction et une certaine forme de clientélisme. Les modalités de la démocratie induisent une dérive des égos, accentuée notamment dans les médias. On va devoir réinventer tout ça et ce n’est pas gagné.

Comment conjuguer écologie et justice sociale ?

Sans justice sociale, aucune politique ne marchera. La Macronie tente, en vain, de faire passer des mesures présentées comme sociales après avoir fait sauter l’impôt sur la fortune, fait passer la Flat Tax et baissé la contribution des entreprises de 33 à 25 %. En commençant le quinquennat ainsi, tous les discours qui viennent ensuite sur la lutte contre la pauvreté sont morts d’avance, inaudibles.

Grâce au travail de Thomas Piketty, on sait qu’aujourd’hui les fortunes proviennent aux trois quarts du capital qui est transmis, alors que c’était 40 % il y a 50 ans. Le fait de connaître ces chiffres de l’inégalité change notre compréhension du monde. De même que le travail réalisé par le consortium international de journalistes d’investigation sur l’évasion fiscale nous a permis de connaître l’ampleur de la restriction du partage des richesses.

La justice est la colonne vertébrale de toute communauté. Elle permet de faire société, d’avoir une vision commune. La justice sociale, écologique, climatique, fiscale, économique est un impératif. Pourquoi certains territoires seraient-ils privés de services publics ? Pourquoi investir plusieurs milliards d’euros pour accélérer un TGV sur une ligne déjà ultrarapide et démanteler quotidiennement des lignes secondaires ? Macron s’est présenté comme le rempart contre le Front national. Il a été élu comme tel, mais il a pensé qu’on lui avait donné un mandat ultralibéral pour faire du Margaret Thatcher avec trente ans de retard. Il a tout faux.

Au quotidien, comment mettez-vous en cohérence vos convictions avec vos actes ?

Il faut à la fois combiner l’exigence et le pardon vis-à-vis de soi-même. Mon exigence est de ne pas être dans un consumérisme débile. C’est une lutte quotidienne avec les enfants, qui reviennent de l’école en ayant envie d’acheter des tas de cochonneries Made in China. Et même si on a les moyens de prendre l’avion à chaque vacances, on ne le fait que rarement. Un beau voyage, une fois de temps en temps. L’exigence climatique se retrouve aussi dans notre hygiène quotidienne, avec une consommation ultramodérée de viande rouge.

Vous avez notamment grandi à Hong Kong, dans un milieu aisé. Faut-il encore attendre des riches qu’ils cessent de détruire la planète ? Il y a un vrai problème avec nos riches, mis en lumière par le scandale de l’évasion fiscale. Mais il faut leur donner de l’espace pour se racheter. Mon appel aux riches, c’est d’être plus généreux, d’être fier de contribuer à un projet social par l’impôt, sans faire des combines infernales avec des niches fiscales. Quand on est riche, on a un niveau d’éducation supérieur à la moyenne. Ceci oblige à plus de responsabilité morale, de générosité, de largesse d’esprit. Le corps social bourgeois me déçoit parce qu’il se regarde le nombril et ne voit pas plus loin que les écoles de commerce de ses enfants et leurs stages dans des banques à New York. Avoir le ventre bien rempli ne doit pas empêcher de réfléchir ! C’est impardonnable.

Vous avez évoqué les enfants, et vous avez vous-même une fille. Comment vivez-vous cette parentalité, à l’heure où l’on parle d’effondrement ? Je flippe. Quel monde leur laisse-t-on ? Avoir des enfants oblige à l’action. C’est la plus grande des responsabilités car elle implique de s’assurer qu’on leur laisse un monde vivable. C’est pour être disponible pour ma fille que je ne veux pas de mandat. Si on aime et on structure nos enfants, le monde peut devenir empathique et juste.

Vous vous donnez énormément. Vos nuits et vos week-ends doivent être très courts. Qu’est-ce qui vous fait tenir ?

Notre cerveau a le pouvoir de nous transformer. Autrement dit, nous pouvons changer notre vision du monde, notre rapport aux autres, au fur et à mesure des lectures, des rencontres… Et si on peut tout transformer, on peut tout surmonter. C’est fou ! Mais il faut se battre. La clé, c’est la persévérance.

Propos recueillis par Alexandre-Reza Kokabi et Lorène Lavocat (REPORTERRE)

NOUS AVONS GAGNE! Bloom.png Hier était un grand jour : mercredi 13 février à 22h passées, au Parlement de Strasbourg, les négociateurs représentant les trois institutions européennes (Parlement, Conseil et Commission) sont parvenus à un accord : la pêche électrique sera totalement interdite aux navires de pêche de l’Union européenne dans toutes les eaux qu'ils fréquentent à compter du 30 juin 2021.

C’est une victoire pour BLOOM et notre coalition de pêcheurs artisans et d’ONG, même si la période de transition est trop longue pour les pêcheurs artisans.

 « En 2017, lorsque BLOOM a commencé à faire campagne au Parlement européen, tous les groupes politiques sauf un acceptaient le principe de la pêche électrique, les pêcheurs artisans n’avaient plus aucun espoir de la voir interdite et le débat portait même sur son extension massive en Europe. Le chemin parcouru est gigantesque. Nous avons entièrement retourné l'écosystème politique en notre faveur.»

Claire Nouvian, fondatrice de BLOOM

LA PECHE ELECTRIQUE SERA INTERDITE EN EUROPE EN 2021

14 février 2019 / Camille Martin (Reporterre)

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La pêche électrique sera totalement interdite dans l’Union européenne à partir de juillet 2021. C’est l’acte final d’une bataille de longue haleine entre les partisans de la pêche électrique et ses opposants autour de cette technique de pêche qui fut un temps interdite car considérée comme cruelle et dangereuse. La fumée blanche s’est finalement élevée mercredi 13 février à 22 h passées, à Strasbourg. Après une longue et énième journée de discussion, les négociateurs représentant les trois institutions européennes (Parlement, Conseil et Commission) sont parvenus à un accord à propos de la pêche électrique : elle sera totalement interdite aux navires de pêche de l’Union européenne dans toutes les eaux qu’ils fréquentent, y compris en dehors de l’UE, au 30 juin 2021. Une « victoire » pour les pêcheurs artisans et les associations de défense de l’océan, dont l’ONG Bloom, en pointe de la mobilisation. Sur Twitter, l’eurodéputé insoumis Younous Omarjee a salué « une avancée historique ».

« En 2017, quand nous avons commencé à faire campagne au Parlement européen, tous les groupes politiques sauf un (la GUE/NGL) acceptaient le principe de la pêche électrique, les pêcheurs artisans n’avaient plus aucun espoir de la voir interdite et le débat portait même sur son extension massive en Europe », rappelle Claire Nouvian, fondatrice de Bloom, dans un communiqué. Il aura en effet fallu plus de deux ans de campagne, deux plaintes à la Commission européenne, une demande d’ouverture d’enquête européenne pour fraude, une saisine de la médiatrice européenne, des centaines de rendez-vous avec les représentations permanentes des États membres et les parlementaires à Bruxelles pour obtenir cette interdiction totale de la pêche électrique.

Cette méthode de pêche utilise l’électricité pour arracher les poissons du fond des mers et les faire remonter à la surface. Considérée comme dangereuse et cruelle, elle a été initialement interdite en Europe en 1998, en même temps que la pêche aux explosifs.

Sauf qu’en 2007, les Néerlandais ont obtenu des dérogations, « au prix d’un lobbying efficace et au prétexte de recherches d’innovation », selon Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’association Bloom, interrogé par Reporterre en 2017. La réglementation permet désormais à chaque État membre de l’Union européenne d’équiper en électrodes jusqu’à 5 % de sa flotte de chalutiers à perche.

Mais il semblerait que les Pays-Bas aient profité de cette brèche pour y engouffrer leurs chalutiers. À force de recherches, l’ONG s’est rendu compte que le pays avait accordé un nombre excessif de licences à ses navires : 84, contre les 15 maximum qui auraient dû être délivrées. Elle s’est aussi aperçue que le niveau du courant électrique utilisé ne correspondait pas aux réglementations : les navires néerlandais équipés de chaluts électriques employaient des tensions comprises entre 40 et 60 volts, alors que la loi les limite à 15 volts. Et, cerise sur le gâteau, toujours selon Bloom, cette pêche néerlandaise a tout de même bénéficié de subventions publiques, « de 5,7 millions d’euros depuis le 1er août 2015, dont 3,8 millions d’euros du Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche ». Le 2 octobre 2017, Bloom a donc déposé une plainte auprès de la Commission européenne. C’est n’est qu’un an et demi plus tard, en février 2019, que la direction des pêches de la Commission européenne a annoncé son intention d’ouvrir « une procédure formelle d’infraction contre les Pays-Bas » pour non-respect du droit de l’Union européenne.

« En envoyant des décharges électriques dans les fonds marins, on électrocute forcément des larves ou des femelles pleines » 

En parallèle, l’association s’est lancée dans une campagne en faveur d’une interdiction totale de cette méthode de pêche. Car côté néerlandais, le lobby de la pêche électrique a poussé pour une évolution de la réglementation. Fin 2017, la Commission européenne a ainsi proposé de déclasser cette méthode de pêche électrique pour la déclarer conventionnelle. « Nous avons proposé de remplacer la limitation du nombre de licences de pêche au chalut en vigueur par une limitation géographique afin que cette technique de pêche soit limitée à la mer du Nord méridionale », précisait-elle alors. Reporterre1.jpg

Les pêcheurs du nord de la France subissent les conséquences désastreuses de la pêche électrique sur l’économie maritime locale.

Très remontée contre cette proposition, Bloom a fait de l’interdiction totale son nouveau cheval de bataille. Pétition, lobbying auprès d’eurodéputés, médiatisation, enquête, recours juridiques… l’association fait flèche de tout bois. « En Chine, ils ont été obligés d’arrêter cette pêche parce qu’ils se sont rendu compte qu’elle faisait trop de dégâts. Ils avaient davantage de bateaux équipés que nous n’en avons en Europe, mais en une dizaine d’années, la pratique a porté de graves dommages à leur stock de ressources marines, dit M. Le Manach. En envoyant des décharges électriques dans les fonds marins, on électrocute forcément des larves ou des femelles pleines, et ça ne peut pas ne pas avoir d’incidences sur la reproduction. Cette technique de pêche va accélérer l’épuisement des stocks de poissons. »

La pratique de la pêche électrique néerlandaise est également très contestée par les pêcheurs français du nord du pays et de Grande-Bretagne pour ses conséquences néfastes sur les écosystèmes marins : « Cette pêche tue tous les juvéniles. Les témoignages des bateaux français qui pêchent dans les mêmes eaux que les bateaux néerlandais entre 3 et 20 nautiques nous disent tous la même chose : il n’y a plus de petits poissons dans les eaux de la mer de Nord », témoignait le pêcheur et président du Comité des pêches du Nord-Pas-de-Calais/Picardie, Olivier Leprêtre, en 2014.

Concurrence déloyale 

Ainsi à plusieurs reprises, notamment en 2018, des pêcheurs ont bloqué plusieurs ports en Europe, aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, en Espagne, en France. Par ailleurs, les pêcheurs et les ONG ont lancé une plateforme d’action collective pour interpeller les décideurs : Stop Electric Fishing. Car, outre cet épuisement soupçonné des ressources qu’elle génère, la pêche électrique a aussi des conséquences néfastes sur l’artisanat de la pêche qu’elle concurrence déloyalement avec des moyens techniques hors de sa portée.

Côté Commission européenne, on a mis en avant « un nombre considérable d’avantages biologiques, écologiques et économiques de la pêche au chalut électrique par rapport à la pêche au chalut à perche traditionnel, du fait notamment des incidences négatives de cette dernière sur les fonds marins, et du niveau élevé de captures non désirées et d’émissions de CO2 qui lui sont associées », comme nous l’expliquait le commissaire européen aux Affaires maritimes et à la Pêche, le Maltais Karmenu Vella, en 2017. Quant au lobby de la pêche électrique, il a lui aussi multiplié les actions : plaintes, contre-expertises, rencontres avec des élus.

Pendant deux ans s’est donc déroulé un match tendu entre pro et anti-pêche électrique. Avec une première manche remportée en novembre 2017 par les « pro », quand les députés de la commission de la pêche du parlement européen ont voté un amendement permettant une extension de la pêche électrique en Europe. Puis une deuxième partie gagnée par les « anti » en janvier 2018, avec un vote massif, en assemblée plénière, des eurodéputés pour l’interdiction définitive de la pêche électrique.

Depuis, l’arbitrage final était suspendu à la décision du trilogue, un organe qui réunit le Parlement européen, le Conseil des ministres et la Commission européenne. L’accord finalement trouvé est le fruit d’un compromis, car les industriels néerlandais défendaient une période de transition de trois ans pour pouvoir continuer à électrocuter l’environnement marin jusqu’en 2022, tandis que Bloom et les pêcheurs artisans réclamaient une interdiction au 31 juillet 2019. D’ici à 2021, les chalutiers déjà équipés en électricité pourront continuer à utiliser des dérogations dans la limite de 5 % des flottes de chalutiers à perche des États membres. Aucune nouvelle dérogation ne pourra être dispensée. Et la recherche scientifique sur cette technique de pêche devra être strictement encadrée. « Deux ans de transition, c’est bien trop long pour les pêcheurs artisans qui subissent depuis des années déjà la concurrence déloyale des navires industriels pêchant illégalement », alerte l’association, qui demande au gouvernement français d’agir : « La France doit interdire sans plus attendre la pêche électrique dans ses propres eaux pour que les navires néerlandais ne puissent plus pêcher sur nos côtes. Par ailleurs, il est indispensable que les institutions prévoient un plan d’urgence pour accompagner financièrement la pêche artisanale car elle n’a plus les moyens de résister. »

ADRESSE AU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Publié le 7 février 2019 par J.E.N (Journalistes écrivains, pour la Nature et l' Ecologie

Monsieur le Président, quittez le vieux monde de la chasse et du sang !

par Yves Paccalet Philosophe, écrivain, naturaliste

J’ai soutenu, en réunion publique comme sur les réseaux sociaux, l’aventure politique d’Emmanuel Macron. Je pensais qu’il était le seul capable de nous éviter le fatal combat des populistes, Le Pen contre Mélenchon. Je me sentais heureux qu’enfin un candidat se proclame européen avec ferveur et le sourire, sans cette moue de dégoût que je voyais sur la figure de tous les autres.

Un an et demi plus tard, Emmanuel Macron a lancé quelques bons chantiers pour débloquer la France, lui secouer les rhumatismes et l’inviter à marcher. Sa gestion des affaires internationales est plutôt réussie – et chacun sait que, dans ce domaine, rien n’est simple.

Malgré la bonne décision prise à Notre-Dame des Landes, il est, hélas, un domaine où le chef de l’État me consterne : celui de la vie sauvage et de la biodiversité, dont il agite le mot sans le comprendre. Je suis désolé de devoir écrire qu’il ne connaît rien à la nature, ce qui se conçoit, mais qu’il s’en moque, ce qui est grave. Il semble n’éprouver ni compassion pour les animaux et les plantes, ni respect pour ces systèmes écologiques complexes dont dépendent notre air, notre eau et notre terre, notre nourriture, nos espaces de loisir ou nos plaisirs de vivre.

Emmanuel Macron reçoit en pompe élyséenne le patron de la Fédération Nationale des Chasseurs (la FNC), Willy Schraen. Celui-ci affirme à qui veut l’entendre que, depuis le début, le Président lui a tout cédé. Info ou intox ? Il y a évidemment une part de vérité dans les propos du conducator des pétoires. Je redoute que, lors de ces entrevues, Emmanuel Macron n’ait que trop manifesté à quel point il préfère les flingueurs aux amis des bêtes. J’ai peur que le Président ne soit entré dans le jeu pervers des semeurs de cartouches, qui voudraient imposer l’idée selon laquelle ils incarnent les meilleurs (les seuls !) protecteurs de la nature. Non, monsieur le Président : les chasseurs ne jouent pas un rôle écologique utile : ce ne sont que des préleveurs de gibier, le plus souvent viandards, parfois braconniers. Non, monsieur le Président : les tireurs de petits plombs, de chevrotines ou de balles grosses comme le doigt ne savent pas grand chose des êtres sur lesquels ils braquent leur canon, et dont ils se prétendent abusivement les « gestionnaires » !

Sur ce coup-là, Emmanuel Macron me devient une énigme. Je me demande comment un bel esprit comme le sien, pétri de philosophie et de littérature, connaissant quand même un peu de science, capable de saisir la finesse et les nécessités de la vie sous toutes ses formes, peut cautionner la boucherie chasseresse, et notamment l’ignominie moyenâgeuse que constitue la chasse à courre – avec ses costumes de carnaval ensanglanté et ses cors qui sonnent l’hallali du cerf ou du renard épuisés… La Grande-Bretagne, l’Allemagne et d’autres pays ont interdit cette sinistre pratique qui occupe, chez nous, quatre cents équipages et dix mille participants. J’attends que la France suive l’exemple. Emmanuel Macron aurait confié à Willy Schraen qu’il était « solidaire et défendait toutes les valeurs de la chasse française », ou encore qu’il désirait « soutenir la globalité de ce qui se passe au niveau de la ruralité en matière de chasse et la chasse à courre en fait partie ». Je déplore la myopie de cet homme jeune et moderne, qui se fiche du martyre infligé à des êtres de chair et de sang, au seul prétexte qu’il existe une tradition de sadisme chez des tueurs qui sont aussi des électeurs ! J’espère que le Président comprendra au moins qu’en changeant de chemin, il gagnerait beaucoup plus d’électeurs chez les amis de la vie qu’il n’en perdrait chez les obsédés de la mort.

Emmanuel Macron paraît tellement faible devant les acteurs de la chasse ! Je veux juste lui rappeler que, pour devenir le Président empathique, jeune et inédit qu’il rêve d’incarner, il doit se souvenir que les manieurs de fusil sont aujourd’hui, en France, à peine plus d’un million, et que leurs effectifs ne cessent de décliner. Pourquoi, dès lors, leur offrir des crédits nationaux grâce auxquels ils peuvent abaisser le prix du permis de chasse de 400 à 200 euros ? Pourquoi tolérer que ces individus aillent dans les écoles propager le virus de la souffrance et de la mort jusque dans le crâne de nos petits ?

Pourquoi permettre aux tueurs à cartouchière d’adapter un silencieux sur leur arme, sachant que, s’ils abattent chaque année plus de 30 millions d’animaux, les chasseurs causent aussi plusieurs dizaines de morts humaines et des centaines de blessés, sans oublier d’autres victimes chez les ânes, les vaches ou les chiens ? Pourquoi cautionner la survie des piégeages dits « traditionnels » aux petits oiseaux (tenderie, gluau…), qui ne sont que barbaries ? Pourquoi désirer rétablir les « chasses présidentielles » à Chambord – ces massacres de cerfs ou de sangliers aux seules fins de la diplomatie ? Pourquoi concéder au patron des chasseurs de France le fait que l’État accroîtra les périodes de chasse au gibier d’eau, et notamment (contre le vœu du Parlement européen) la traque aux oies sauvages ? Les superbes oies sauvages, monsieur le Président ! Celles-ci seraient tirées en pleine période de constitution des couples reproducteurs… Souvenez-vous de vos lectures d’enfant, du Merveilleux voyage de Nils Holgersson sur le dos d’un jars… Ne préférez-vous pas ce rêve d’harmonie au fracas des fusils ?

Il est une autre façon de vous racheter aux yeux de la nature et des naturalistes, monsieur le Président. Elle consiste à montrer que vous vous occupez de la biodiversité au point de favoriser la survie de nos plus grands prédateurs. Aidez les associations de protection de la nature à conserver ces merveilles de l’évolution qu’on appelle le lynx, le loup ou l’ours brun ; dans nos DOM-TOM, le requin-tigre ou le requin-bouledogue ; sans oublier le renard, le chacal doré et tous les autres de moindre taille… Dites « non » au massacre organisé de ces carnivores nécessaires ! Abaissez (supprimez !) les insupportables quotas d’extermination des loups que vous avez cautionnés ! Faites réintroduire d’autres ours dans les Pyrénées, afin de constituer dans ces montagnes une population de plantigrades suffisante pour y garantir la survie de l’espèce. Un trésor de la vie. Et un bonheur pour nos ruraux, nos randonneurs, nos naturalistes, nos artistes, nos cinéastes, nos poètes – et nos enfants jusqu’à plus de cent ans maxresdefault.jpg NB. Le film est dans ma bibliovideothèque

Et tant que vous y êtes : Lisez VIVANT d' Aymeric Caron

Tandis qu’Homo sapiens a entrepris de détruire tout ce qui vit sur cette planète, la défense du vivant s’impose en ce début de XXIe siècle comme la priorité politique et philosophique absolue. Mais pour respecter le vivant, il faut d’abord le comprendre.

Comment classer les différentes formes de vie? Pourquoi la conscience existe-t-elle? Les plantes éprouvent-elles la souffrance? Et les poissons? Qui sont les viandales? Les bouchers sont-ils des assassins? Pourquoi faut-il parler de génocide animal? Existe-t-il des formes de vie que l’on peut combattre ou sacrifier? Pourquoi la nature bonne est-elle une illusion? Qu’est-ce que l’existence pour un humain? Comment s’assurer d’avoir été vivant avant de mourir? Notre court passage sur cette planète peut-il avoir un sens?

En convoquant la biologie et la philosophie, Vivant retrace l’histoire de la vie sur Terre, depuis les premières bactéries apparues il y a près de 4 milliards d’années jusqu’à l’émergence de l’intelligence artificielle. En prolongeant une prophétie de Darwin, ce livre annonce la naissance d’une nouvelle espèce humaine qui remplacera la nôtre : Homo ethicus, l’homme moral. Ce sera lui, ou la fin de l’humanité.

LE LUNDI VERT SANS VIANDE , NI POISSON Publié le 07/01/2019 à 10h00 Futura avec l'AFP-Relaxnews

Isabelle Adjani, Yann Arthus-Bertrand, Juliette Binoche... 500 personnalités= appellent à observer dès cette semaine un « lundi vert » sans viande ni poisson tout au long de l'année 2019, dans le cadre d'une campagne visant à encourager un changement du comportement alimentaire des Français. « Il existe aujourd'hui des raisons impératives de diminuer collectivement notre consommation de chair animale en France. Nous pensons que chaque personne peut faire un pas significatif dans ce sens », écrivent ces 500 artistes, scientifiques ou défenseurs de l'environnement dans une tribune publiée sur le site du Monde.

Certains sont déjà végétariens, mais d'autres s'engagent par ce texte à ne plus manger ni poisson ni viande tous les lundis. « On peut tous faire un effort pour favoriser au moins la qualité par rapport à la quantité », explique ainsi à l'AFP Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), aspirant à « devenir à terme végétarien ».

Le mouvement « lundi vert » met les participants au défi de ne manger ni viande ni poisson tous les lundis en 2019. d76e798e6d_50145556_lundi-vert-cap.jpg

Avec notamment des affichages dans le métro parisien, la campagne pour un « lundi vert » sera officiellement lancée ce lundi 7 janvier, à l'initiative des chercheurs Laurent Bègue, psychologue social et directeur de la Maison des sciences de l'Homme Alpes, qui finance l'opération, et Nicolas Treich, de l'INRA. L'opération soutenue par plusieurs ONG comme Greenpeace ou Sea Shepherd « a pour ambition de sensibiliser notre pays à la nécessité de modifier son comportement alimentaire pour des raisons qui s'additionnent : l'environnement, la santé et l'éthique animale », explique Laurent Bègue à l'AFP.

Au-delà des 500 personnalités signataires, il espère que 50.000 à 500.000 personnes iront s'engager sur le site www.lundi-vert.fr à ne plus manger ni poisson ni viande le lundi en 2019. « Cap ou pas cap? », interroge la page d'accueil, avant d'inviter à s'inscrire en remplissant un questionnaire sur ses habitudes alimentaires, son caractère et sa sensibilité avec le monde animal. Chaque lundi pendant un an, les participants devront dire s'ils poursuivent ou non leur engagement, et recevront un court message « pour renforcer (leur) motivation la plus saillante », indique Laurent Bègue.

La campagne met en avant l'élevage industriel, facteur majeur de la déforestation qui aggrave le réchauffement climatique, la surpêche qui détruit les écosystèmes, les risques de cancer liés à la consommation de viande rouge, ou encore la souffrance animale. Les participants recevront des recettes pour les aider à trouver des alternatives. La campagne reprend le modèle du « meatless monday » lancé dans une quarantaine de pays depuis 20 ans, en y ajoutant le poisson.

500 personnalités appellent à un « lundi vert » sans viande ni poisson tout au long de l'année 2019.

LA GAZETTE DE JANVIER

LA QUESTION DU MOIS

Qui suis-je ? Faite de plus de 1800 milliards de morceaux de plastique, je pèse plus de 80 000 tonnes et il est impossible de me nettoyer.

C’est la « soupe plastique » de l’océan Pacifique ?

La « soupe plastique » de l’océan Pacifique nord, encore appelée « vortex de déchets », s’étend entre le Japon et les États-Unis sur une surface d’environ trois fois la France (1,6 million de km2). Quatre autres « soupes » ont été identifiées dans d’autres océans, celle-ci étant la plus étendue.

À l'automne 2018, l'équipage de l'Arctic Sunrise s'est rendu sur place pour documenter de près cette soupe, composée essentiellement de microplastiques, c'est-à-dire de milliards de minuscules morceaux de plastique qui se sont dégradés sous l'effet du soleil, de l'eau de mer, etc. GP0STSITT_PressMedia-1600x1068.jpg

Reportage photo : © Justin Hofman / Greenpeace. GP0STSITS_PressMedia-780x585.jpg L'un des plongeurs de l'équipe filme ce reste de filet de pêche sur lequel se sont agglutinés des débris de plastique.

GP0STSITV_PressMedia-780x585.jpg De nombreux poissons (Abudefduf saxatilis et Elagatis bipinnulata) sont attirés par cet amas de débris, à la recherche de nourriture.

GP0STSJ0K_PressMedia-780x585.jpg *Cette bouteille plastique à la dérive a été colonisée par des ectoproctes, des nudibranches, des crabes et des cirripèdes. L'effet du plastique sur leur organisme reste inconnu.

GP0STSJ0T_PressMedia-780x585.jpg De même, cette bouée est devenue l'habitat de pédonculés et de crabes et de poissons-pilotes.

GP0STSJCI_PressMedia-780x585.jpg Ce morceau de plastique peut être ingéré par les animaux marins. Cette soupe contiendrait 1 800 milliards de morceaux de plastique flottant, pour une masse de près de 80 000 tonnes.

GP0STSJCJ_PressMedia-780x585.jpg Ce rasoir et cette brosse à dents n'ont rien à faire ici ! D'après els scientifiques, 12,7 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans chaque année.

GP0STSIIE_PressMedia-780x585.jpg L'équipage de l'Arctic Sunrise remonte le dispositif fait maison pour recueillir des échantillons de plastique, destinés à être analysés plus tard en laboratoire.

L'équipage de l'Arctic Sunrise a passé plusieurs semaines en mer, entre les côtes californiennes et hawaïennes, pour documenter la soupe de déchets plastique.

****Elle concentre de nombreux débris, pour l’essentiel des microplastiques, amassés par les marées et les courants marins qui les font tournoyer sans fin, sous l’effet de tourbillons géants. Cette soupe contiendrait 1 800 milliards de morceaux de plastique flottant, pour une masse de près de 80 000 tonnes.

Ces débris plastiques sont ingérés par les oiseaux, poissons et mammifères marins. Ainsi, de nombreux animaux ont été retrouvés morts, le ventre remplis de bouchons de bouteilles, de morceaux de briquets, de ballons... Via la chaîne alimentaire (les poissons que nous consommons, par exemple), ces microplastiques finissent par atterrir dans nos assiettes et donc dans nos propres estomacs…

GP0STQMQO_PressMedia.jpg Albatros retrouvé mort sur une plage des îles Midway (océan Pacifique nord), l'estomac rempli de plastiques. Septembre 2009. © Chris Jordan / CC BY 2.0

Comment s’en débarrasser ?

Le problème, c’est qu’il ne s’agit pas juste de nettoyer le plastique visible : 94 % des matières plastiques rejetées dans nos océans terminent sur le plancher océanique, à peine 1 % flottent à la surface et 5 % échouent sur les plages. Une seule bouteille plastique peut se fragmenter en plusieurs milliers de particules de microplastique… L’ampleur du problème est telle qu’il ne suffit malheureusement pas de se contenter de « ramasser » les déchets visibles…

La seule solution, c’est d’arrêter de produire des contenants plastique à usage unique. Lorsque votre salle de bains est inondée, votre réflexe est d’abord de fermer le robinet avant de commencer à éponger ! Il faut donc changer nos modes de production et de consommation en amont.

Toute opération de nettoyage des plages doit être suivie par une analyse des déchets récoltés pour identifier les entreprises qui ont produit ces déchets au départ. Greenpeace fait campagne auprès de ces entreprises pour qu’elles se tournent vers des modes de production durables.

DANS L' HERAULT, DES TRUFFES OU DES PAYSANS ?

Dans l’Hérault, des truffes ou des paysans ? Bataille pour 400 hectares de terres

22 janvier 2019 / Marie Astier (Reporterre)

Dans l’Hérault cévenol, Martin Waddell a fait l’acquisition d’un domaine de 400 hectares de garrigue pour y installer une ferme truffière financée par des investisseurs privés. La mobilisation locale semble faire hésiter le nouveau propriétaire.

** Ferrière-les-Verreries (Hérault)**

C’est presque un doux silence d’hiver qui plane sur l’étendue de chênes verts, d’arbustes couleur d’écorce, de coulées caillouteuses parcourues de thym, romarin ou d’épines du christ. Les cris d’oiseaux ou d’autres animaux sont rares en cette saison. Seul bruit à part ceux de nos pas et du vent dans les feuilles, en fond sonore continu, léger mais de plus en plus fort, celui du moteur d’une pelleteuse en train de creuser une longue tranchée le long d’une prairie.

Dans l’Hérault cévenol, à moins d’une heure de Montpellier mais perché au bout d’un certain nombre de lacets, Ferrière-les-Verreries, 52 habitants au dernier recensement, est habituellement un village paisible. Ce coin de garrigue est un lieu prisé des naturalistes souhaitant observer la faune et la flore méditerranéennes. C’est d’ailleurs pour cela que Simon Popy, écologue et président de France Nature Environnement (FNE)-Languedoc-Roussillon, a décidé de s’y installer il y a quelques années. Mais, depuis décembre, les projets d’un nouveau propriétaire ont mis en émoi les riverains.

img_0561.jpg La pelleteuse à l'oeuvre

C'est un article de REPORTERRE , à lire sur le site https://reporterre.net/Dans-l-Herault-des-truffes-ou-des-paysans-Bataille-pour-400-hectares-de-terres

Avec un peu de retard !

Mercredi 7 novembre 2018 Communiqué de presse. 1169928-prodlibe-portraits-des-fondateurs-du-mouvement-place-publique.jpg

Le mouvement politique PLACE PUBLIQUE est né

AGIR AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD

*L’essayiste Raphaël Glucksmann, l’économiste Thomas Porcher, la militante écologiste Claire Nouvian, l'entrepreneuse Diana Filippova et d’autres personnalités de la société civile lancent ce mercredi un nouveau mouvement, baptisé Place publique, qui veut «répondre à des urgences», démocratique, écologique, sociale et appelle au rassemblement pour les européennes. Ci-dessous, retrouvez le manifeste de ce mouvement qui joue la carte de la «société civile» Place publique vise à répondre aux quatre urgences écologique, démocratique, sociale et européenne, en fédérant des «porteurs de cause»sur tout le territoire. Son Acte de naissance (ci-après) paraît aujourd’hui avec le lancement du site Internet du mouvement: place-publique.eu Le site de Place publique permet de s’informer sur ce qui anime le mouvement et ses porteurs de cause

ACTE DE NAISSANCE

Agir avant qu’il ne soit trop tard.

Agir pour lutter contre le réchauffement climatique et préserver le vivant.

Agir pour empêcher que la montée des inégalités ne disloque nos sociétés.

Agir pour endiguer la vague identitaire et autoritaire qui s’abat sur nos démocraties.

Agir pour construire une Europe démocratique, solidaire et écologique.

Agir pendant qu’il est encore temps.

Nous avons entendu les cris d’alarme des scientifiques sur le dérèglement climatique et nous avons pris acte de la date de 2030 comme le moment de bascule dans l’irréversibilité de la catastrophe. Nous voyons ces millions de vies brisées par le chômage et la précarité, nous voyons la colère monter contre la sécession sociale en cours, nous voyons notre démocratie kidnappée par des lobbies qui dévoient chaque jour un peu plus nos institutions. Nous avons été ébranlés par le Brexit, par les triomphes d’Orban, de Trump, de Salvini, de Bolsonaro et, surtout, parl’absence de remise en cause de nos élites.

Nous ne pouvons laisser celles et ceux qui nous gouvernent continuer les mêmes politiques jusqu’à l’effondrement final.

Agir politiquement. Partout en France, et bien au-delà, des millions de citoyennes et de citoyens se mobilisent déjà et prennent en charge à leur échelle les transformations vitales que nos gouvernements refusent d’assumer. Coopératives paysannes sur les circuits courts, associations se battant pour préserver les solidarités sociales ou lutter contre les discriminations qui défigurent la République, tiers lieux réinventant l’espace public, collectifs œuvrant à un accueil digne des exilés ou s’opposant aux projets climaticides, élus locaux mettant en place la démocratie participative, ONG luttant contre l’évasion fiscale, tousessaient, à leur niveau, d’infléchir le cours des choses.

Mais sans prolongement politique, ces luttes, ces engagements, ces espérances, ces succès ne suffiront pas à enrayer notre marche collective vers l’abîme

«Politique»: nous assumons ce mot. Nous venons d’horizons différents, nos votes ne furent pas toujours identiques, nos opinions peuvent diverger sur certains points, mais nous sommes toutes et tous d’accord sur l’essentiel et nous avons toutes et tous conscience de vivre un moment de bascule. Voilà pourquoi nous lançons «Place publique».

Ce mouvement, construisons-le ensemble. Sans exclusive. Nous ne sommes pas des professionnels de la politique, mais nous avons la volonté, par-delà nos divergences, d’unir nos forces pour remettre les citoyens au cœur de l’action publique, pour reprendre la maîtrise de notre destin, pour renouer avec la promesse républicaine d’égalité si souvent trahie, quelles que soient nos origines, nos croyances ou notre lieu de résidence.

En partant des idées, des solutions,comme des mobilisations de terrain, nous devons construire un mouvement ouvert à toutes celles et tous ceux qui partagent les principes de solidarité sociale, de respect du vivant, de renforcement de la démocratie et de promotion des droits humains.

Organisée autour de causes communes et animée par des porteurs et porteuses de cause, Place publique se fixe comme mission d’accueillir les luttes et les expérimentations existantes, de les mettre en relation les unes avec les autres, de forger à partir d’elles une vision du monde et de porter un projet alternatif à l’atomisation sociale et aux passions autoritaires. De partir du terrainet des idées pour produire une nouvelle offre politique.

À toutes celles et tous ceux qui chaque jour font plus que leur dû pour faire bouger les lignes, à toutes celles et tous ceux qui sont désireux de s’engager mais ne savent ni où ni comment le faire, nous lançons un appel: regroupons-nous avant qu’il ne soit trop tard.

Il ne s’agit pas là d’un énième appel à sauver le monde, mais de l’acte de naissance d’un mouvement qui a vocation à se structurer sur tout le territoire français et au-delà, à travers l’Europe, à multiplier les réunions publiques, à contrer les lobbies et à bouleverser le champ politique. Retrouvons-nous et, ensemble, investissons la place publique ! SIGNATAIRES : Judith AQUIEN, dirigeante et fondatrice d’organisations pour la dignité des personnes en exil

Nayla AJALTOUNI, militante associative

Farid BENLAGHA, chef d’entreprise

Saïd BENMOUFFOK, professeur de philosophie

Charles BRAINE, militant associatif, ancien marin pêcheur et co-fondateur de la Plateforme «Petite Pêche»

Pierre-Natnaël BUSSIÈRE, étudiant

Lucas CHANCEL, économiste

Vincent CARRY, acteur culturel européen

Olivier DUBUQUOY, géographe, universitaire et militant écologiste

Diana FILIPPOVA, chef d’entreprise, auteur

Laure FOURTEAU-LEMARCHAND, consultante en responsabilité sociale des entreprises

Raphaël GLUCKSMANN, essayiste

Aziliz GOUEZ, chercheuse, militante européenne et ancienne plume du Président irlandais

Caroline KAMAL, juriste

Jérôme KARSENTI, avocat

Thierry KUHN, responsable associatif

Dan LERT, adjoint au maire du XIXème arrondissement de Paris, juriste

Claire NOUVIAN, fondatrice et présidente de l’association «Bloom»

Thomas PORCHER, économiste

Jo SPIEGEL, maire de Kingersheim

Rui WANG, responsable associatif, cofondateur de l’association des jeunes chinois de France

André ZAJID, essayiste, enseignant

Informations sur https://place-publique.eu/