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UN JOURNAL, DES ARTICLES EPHEMERES, UNE ACTUALITE , lus ailleurs et à partager


AGIR LOCALEMENT POUR CHANGER L' AVENIR

20 janvier 2020 / Ensemble sur nos territoires

Ensemble.jpg « C’est à l’échelon le plus local et dans la plus grande proximité que nous pourrons rénover notre démocratie », écrivent les auteurs de cette tribune. Qui en appellent à l’engagement local de toutes celles et ceux souhaitant ouvrir un nouvel horizon commun.

Les urgences écologiques et sociales concernent désormais l’ensemble de la population. Nous sommes tous interpellés par les perspectives inquiétantes de notre avenir, parce que nous sommes tous parent, frère ou sœur, voisin·e, ami·e. Les crises que nous connaissons, par leur diversité, suscitent la prise de conscience que le modèle de développement est à bout de souffle. Nous sentons ce besoin de redéfinir de nouveaux lendemains qui chantent.

Pour autant, beaucoup ne savent pas comment agir pour avoir prise sur le cours de l’histoire, qui semble toute tracée. Beaucoup d’entre nous se sentent dépassé·e·s et sans capacité d’action suffisante. Cette absence de perspective interroge le sens que nous pouvons trouver dans notre destin individuel et collectif et par conséquent nourrit les méfiances quant à la réalité de notre démocratie.

Nous devons retrouver cette dimension de notre humanité. Nous devons nourrir « l’animal politique » que nous sommes. Nous devons retrouver notre capacité à appréhender un horizon commun, et à pouvoir participer activement à sa définition et à l’atteinte de ses objectifs.

L’échéance électorale de mars 2020 offre une formidable occasion pour réapprendre, ensemble, l’exercice d’une citoyenneté active et reprendre en main notre destin. C’est à l’échelon le plus local et dans la plus grande proximité que nous pourrons rénover notre démocratie.

Rien n’est compliqué. Tout est accessible. Et tout s’invente

La commune a cette particularité qu’elle permet de faire correspondre sur un territoire un projet de société avec une communauté d’individus capables de s’y reconnaître et de la mettre en œuvre. La commune, et notamment, les communes de petite taille, ont cet avantage de pouvoir être le lieu d’une réappropriation de la citoyenneté et de la politique par le plus grand nombre, de l’exercice de l’intelligence collective, elles peuvent être le terreau de l’innovation territoriale qui nous permettra de construire les débuts de solutions aux enjeux planétaires auxquels nous sommes confronté·e·s.

Bien des médias assènent l’image d’une politique communale lourde, fatigante, exigeante, parfois ennuyeuse. Si nous reconnaissons le contexte délicat que traversent actuellement les élu·e·s de nos territoires, pour autant nous croyons à une autre manière de faire de la politique, en ne s’abritant pas derrière des contraintes gestionnaires et en repositionnant la parole et le rôle de l’élu·e à une place clairement politique. Certain·e·s le font. Ici et là s’invente à tâtons une nouvelle manière de faire de la politique, où l’élu·e devient davantage l’animateur et l’animatrice des ressources citoyennes de son territoire, bénéficiant de nombreux appuis et relais et n’assumant plus seul toutes les charges de sa fonction.

Rien n’est compliqué. Tout est accessible. Et tout s’invente. À la condition que chacun·e s’engage désormais au niveau local, en laissant sur le bas-côté les idéologies hors-sol et les postures partisanes. Nous avons besoin de la naïveté des citoyen·ne·s ordinaires, pour oser rompre avec les habitudes ancrées d’une pensée politique, souvent trop cloisonnée ou fonctionnelle, empêchant de saisir la globalité qui pourtant coule de source dans une pensée du bon sens. Grâce à vous, nous oserons penser différent, nous sortirons du découpage des compétences, nous oserons penser enfin un projet de société global et ambitieux. D’abord porté par des communes fortes et vivantes, portes d’entrée de notre démocratie républicaine, qui retrouvera ainsi tout son sens.

Alors, engagez-vous, comme vous êtes, là où vous en êtes et où vous êtes. Allez-y d’autant plus si vous vous sentez éloigné·e de la politique car elle vous appartient. Allez simplement, sans vous faire peur, même si tout n’est pas parfait car nous aurons tout le temps ensuite d’affirmer davantage nos méthodes de travail et notre projet.

Rassemblons-nous. Ne restons pas esseulé·e·s sur nos territoires. Rapprochons-nous pour échanger, sur nos visions, nos méthodes, nos projets. Construisons ensemble à partir de nos territoires réappropriés ce grand chantier de réinvestissement global de notre République.

Rassemblons-nous, pour ouvrir une nouvelle voie politique, partant des territoires

Vous qui avez déjà engagé ce travail. Vous les collectifs citoyens, vous les animateurs et animatrices de réseaux sur les transitions démocratiques, sociales, écologiques, sur la résilience territoriale, sur les communs, sur le municipalisme. Vous les chercheurs et chercheuses engagé·es qui placez le fait démocratique au centre de vos études. Vous les femmes et les hommes politiques d’hier et d’aujourd’hui conscient·es et de bonne foi, prêt·es à vous engager dans un travail d’ouverture et de transmission.

****Rassemblons-nous, pour ouvrir une nouvelle voie politique, partant des territoires, qui seule sera capable de réhabiliter notre rôle de citoyen·ne, de porter la diversité et l’innovation capable de répondre à la complexité des enjeux actuels et de réconcilier local et global.

Osons sur cette base solide refonder notre édifice républicain en nous réappropriant la politique à tous les étages, et porter un nouveau projet de société qui seul sera en mesure de faire barrage aux dérives de violence et d’exclusion.

L’heure avance. Il est tard. Engagez-vous !

Retrouvez cet appel en ligne sur Ensemble sur nos territoires. http://www.ensemblesurnosterritoires.fr/


PABLO SERVICNE: " AVEC LES MEGAFEUX , LE PROJET MODERNE A TROUVE PLUS FORT QUE LUI"

Durée de lecture : 7 minutes c'est un article de https://reporterre.net le quotidien de l'écologie 9 janvier 2020 / Entretien avec Pablo Servigne PS1.jpg Le penseur Pablo Servigne, qui a forgé le concept de collapsologie, parle d’un « effondrement de la normalité » et d’un « basculement rapide et massif de l’opinion publique » en Australie, car les mégafeux montrent bien que les catastrophes ne sont ni lointaines ni hypothétiques.

*Pablo Servigne est chercheur indépendant et essayiste, coauteur de l’ouvrage Comment tout peut s’effondrer (2015, Seuil) avec Raphaël Stevens. Son domaine d’étude est ce qu’il appelle la « collapsologie », l’étude de l’effondremen

ReporterreUn brasier incontrôlable, 100.000 personnes évacuées, un milliard d’animaux tués... L’Australie vit-elle une forme d’effondrement ?

Pablo Servign — Il y a un côté destructeur, gigantesque, imprévu et irréversible dans ce que vit l’Australie. On pourrait parler d’effondrement, mais c’est encore trop tôt pour dire si l’Australie se relèvera ou pas de tels mégafeux. Nommer un effondrement à grande échelle est une question pour les historiens du futur.

À l’échelle locale des écosystèmes forestiers, il s’agit clairement d’effondrements. Ces forêts sont habituées aux feux de savane, ça fait partie du cycle de vie, mais dans ces mégafeux il y a une puissance nouvelle qui risque de mettre à mal le côté réversible des choses… Attendons de lire les études des écologues.

PS2.jpg

À Rosedale, en Nouvelles-Galles du Sud.

Du point de vue de la collapsologie, il y a plusieurs choses intéressantes dans le cas australien. La première, c’est l’impression qu’il y a eu un basculement rapide et massif, et peut-être irréversible, de l’opinion publique, une sorte d’effondrement de la normalité, de l’imaginaire « on-va-s’en-sortir-avec-les-mêmes-politiques », et de la croyance « de-toute-façon-les-catastrophes-c’est-pour-dans-longtemps ».

Deuxièmement, on reçoit là une bonne leçon d’humilité, de comment le projet moderne — ce rêve de tout contrôler en ignorant la biosphère — a trouvé plus fort que lui. Les mégafeux participent à cet effondrement des concepts philosophiques de modernité et de progrès.

Et enfin, ces mégafeux montrent bien l’interdépendance entre des domaines qu’on pense trop souvent séparément : climat, biodiversité et infrastructures, par exemple. Les scientifiques appellent cela un nexus, l’étude des interactions entre deux ou trois domaines. En Australie, on a par exemple un changement climatique qui détruit la biodiversité, qui en retour empire les conditions climatiques. On a aussi un climat qui provoque des feux qui mettent en danger les infrastructures électriques et hydrauliques… qui sont nécessaires pour lutter contre les feux ! Sans compter que pour lutter efficacement contre les feux, désormais fréquents et récurrents, et pour ensuite reconstruire les dégâts, il faut aussi des véhicules puissants, donc du pétrole, et beaucoup d’eau… précisément ce qui aggrave le réchauffement climatique. Bref, on a plusieurs effets domino entrelacés, ce qui est le signe de risques systémiques.

Ce qui se passe en Australie est-il inédit ?

Deux choses semblent se dégager : un, c’est nouveau, et deux, c’est parti pour durer. Cela dit, les climatologues avertissent depuis des années que les événements extrêmes vont augmenter en intensité et en fréquence ! Les faits confirment la tendance, voilà tout. Et encore une fois, il faudra attendre des études pour tout confirmer, mais quand tout le monde sera bien sûr du bazar, il sera trop tard ! C’est frustrant.

PS3.png Tilba, Nouvelles-Galles du Sud.

Avez-vous vu le film australien d’anticipation « Mad Max » avec Mel Gibson ? Avec le dérèglement climatique, la réalité va-t-elle dépasser la fiction

J’ai vu les films, mais je n’avais pas fait le lien. De là à ce que certains Australiens de ces régions commencent à se déguiser en Mad Max… En tout cas, c’est une bonne idée pour les mouvements activistes !

Eh oui, la réalité dépasse bien souvent la science-fiction, et malheureusement pas seulement sur le climat. C’est le cas de la [« société de surveillance », ou encore de la stupidité des dirigeants, comme dans [la comédie satirique] Idiocracy… On devrait prendre beaucoup plus au sérieux les récits d’anticipation.

L’an dernier, un terrible cyclone a frappé le Mozambique. Les médias en ont très peu parlé contrairement aux incendies en Australie. Notre émotion est-elle à géographie variable ?

Oui, bien sûr, mais je suis sûr que je ne vous l’apprends pas. La force émotionnelle est proportionnelle au PIB et à la ressemblance à notre pays. L’Australie a beau être à l’autre bout de la planète, c’est un pays riche et industrialisé, qui nous ressemble. Donc, il y a des enjeux économiques énormes, et il y a de l’empathie ! Mais surtout, le cas australien est intéressant pour les médias car il va à l’encontre de l’idée commune (et fondée) que ce sont les pays pauvres, les moins polluants, qui trinquent le plus, et les pays riches qui trinquent le moins. On dirait que le vent peut tourner… Et aussi, c’est un cas médiatiquement intéressant à cause d’un Premier ministre qui fait la part belle aux lobbies et au charbon, et qui se retrouve dans une situation caricaturale.

Il semble que cela soit la première fois qu’un pays riche soit aussi violemment touché, quelles vont en être les conséquences ?

La Californie et la Russie ont déjà bien trinqué ! Pour ma part, je crains qu’on aille vers du solutionnisme technique du genre géo-ingénierie comme des sprays aériens qui provoquent la pluie ou que sais-je encore… Mais j’ai espoir que ces chocs réveilleront de plus en plus de consciences et de vocations, aussi bien chez les élites politiques et économiques que chez les activistes, et que l’Australie passera réellement le cap de l’action de masse, qu’elle fera une révolution, qu’elle changera son récit et passera à une économie de guerre, ou d’exception, prenant des mesures radicales, qui feront des émules chez les voisins.

PS4.jpg Queue devant une cabine téléphonique dans la ville de Narooma (Nouvelles-Galles du Sud), car le réseau des téléphones portables ne fonctionne plus.

En Europe, nous avons l’impression de vivre la catastrophe par procuration, assis derrière notre écran. Cette profusion de vidéos alimente-t-elle une forme de société du spectacle ?

Oui, forcément, parce que ça se passe loin de chez nous. La saturation des médias exacerbe les signaux d’alerte. Ceci dit, nous avons aussi beaucoup de signaux d’alerte ici en France ! Les inondations, les tempêtes, les canicules, les périodes de sécheresse qui font baisser les nappes phréatiques, la mort des arbres, la fragilité de nos vieilles installations nucléaires face à la chaleur, l’effondrement des Alpes, la décimation des oiseaux et des insectes, la pollution massive et rémanente, la politique migratoire, les verrouillages politiques insupportables, etc. Profitons du fait que ces signaux soient encore modérés pour nous y mettre ! N’attendons pas une grave crise pour bouger !

L’effondrement pousse-t-il à la coopération et à l’entraide ? Pensez-vous que l’incendie va créer un sursaut politique en Australie ?

On sait tous que les catastrophes ponctuelles créent des comportements altruistes, c’est une évidence, et c’est bien documenté. Mais, comme nous le résumons dans notre livre L’entraide, il y a deux problèmes. Le premier arrive quand la catastrophe dure trop longtemps et que l’entraide s’effrite… Pour contrer ça, il y a des mécanismes de stabilisation de l’entraide pour les groupes, ils sont connus, il faut les maîtriser et les mettre en place. Je pense que c’est une question de volonté et d’éducation. Deuxième problème, c’est la culture de compétition de nos sociétés. Plus elle est forte, plus les comportements seront égoïstes et plus les freins à l’entraide seront forts. Or, en Australie, et dans les pays riches, capitalistes et individualistes, cette culture est bien ancrée. Mais ce n’est pas irréversible, nous les humains, possédons une grande capacité à l’entraide, c’est profondément ancré en nous, naturellement, et assez facile à déployer culturellement. Et puis, disons qu’à plus long terme, la grande leçon du monde vivant, c’est que si les populations australiennes ne s’entraident pas et ne trouvent pas d’aide ailleurs, elles courent le risque de décliner plus rapidement. Et alors, les historiens du futur auront moins d’hésitation à nommer cette période un effondrement.

Propos recueillis par Gaspard d’Allens

A propos de Pablo Servigne PSer.jpg Pablo Servigne: «L'entraide est un principe du vivant» La clé pour la survie n’est pas d’être le plus fort, mais le plus coopératif.

LES MATINS DE FRANCE CULTURE

Une leçon de collapsologie avec Pablo Servigne

Catastrophes naturelles, réchauffement climatique, montée des populismes… La fin du monde serait-elle déjà en marche? C’est l’hypothèse des collapsologues, ces chercheurs qui s’intéressent à l’effondrement de notre civilisation. France Culture reçoit leur figure de proue en France, Pablo Servigne.

https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/collapsologie-comment-vivre-avec-la-fin-du-monde

A VOIR ABSOLUMENT !!! UN AVENIR SANS PETROLE?

https://www.youtube.com/watch?v=kSVA5Q79Urc (voir la video)

Le collapsologue Pablo Servigne (chercheur indépendant, auteur et conférencier) a présenté l le fruit de ses recherches gravitant autour du questionnement de notre mode de vie basé sur l’utilisation des énergies fossiles.

NICOLAS HULOT,PABLO SERVIGNE et le chef RAONI. Conférence à CLIMAX 2019

Cliquez sur le lien! https://youtu.be/73smx5C8YHw

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RETOUR SUR 2019: MARCHES POUR LE CLIMAT, GILETS JAUNES, RETRAITES, UNE ANNEE DANS LA RUE

Durée de lecture : 33 minutes

23 décembre 2019 / Lorène Lavocat (Reporterre)

RETOUR SUR 2019: MARCHES POUR LE CLIMAT, GILETS JAUNES, RETRAITES, UNE ANNEE DANS LA RUE

R0.jpg En France, les Gilets jaunes ont opéré la jonction entre justice sociale et climatique, l’été a été brûlant, l’incendie de Lubrizol a provoqué la colère... Les rapports scientifiques sur le climat ou la biodiversité étaient alarmants, tandis que l’Amazonie brûlait. Partout dans le monde, les jeunes ont marché pour le climat, et les luttes se sont multipliées, du Liban au Chili. Reporterre revient sur les événements marquants de 2019.

JANVIER — Les Gilets jaunes ont une Assemblée

R1.jpg Lors de l’« Assemblée des assemblées » dans la Meuse.

Les 26 et 27 janvier, près de Commercy dans la Meuse, près de 75 délégations des Gilets jaunes de toute la France ont adopté un appel invitant à poursuivre et à amplifier le mouvement de révolte débuté en novembre 2018. Surtout, cette première « Assemblée des assemblées » ambitionnait de donner un cadre au mouvement, tout en respectant scrupuleusement son exigence démocratique. « Un moment d’histoire » de l’avis des délégués présents.

Plus de deux mois après le lancement des mobilisations, les Gilets jaunes poursuivaient leurs actions partout en France, créaient des liens de solidarité et des politisations d’une ampleur inédite, bousculant les organisations militantes traditionnelles par leurs modes d’action désobéissants, et rappelant le lien étroit entre écologie et justice sociale.

Les « Assemblées des assemblées » successives ont tenté de renforcer cette structuration du mouvement, non sans mal. À Saint-Nazaire, en avril, le texte final a esquissé une ligne politique anticapitaliste, rouge et verte. Fin juin, les 700 délégués réunis à Montceau-les-Mines se sont positionnés sur des sujets plus concrets tels que l’opposition à la privatisation d’Aéroports de Paris. Quant à l’Assemblée de Montpellier, début novembre, elle a planché sur l’avenir du mouvement social, autour de questionnements stratégiques dont « comment renouer le lien avec la population » ou « comment éviter la division et construire les convergences ».

Les autres temps forts du mois :

Jair Bolsonaro a pris ses fonctions de président du Brésil mardi 1er janvier 2019. D’extrême-droite, il s’est attaqué, dès son arrivée au pouvoir, aux politiques environnementales ainsi qu’aux militants écologistes et autochtones. Outre une restriction budgétaire et une restructuration, des postes clés du ministère de l’Environnement ont été octroyés à des militaires. Tout au long de l’année, il a soutenu le déploiement d’une économie ultra-libérale et d’une agro-industrie prédatrice pour la forêt amazonienne.

Plus de deux millions de personnes ont signé sur internet pour soutenir « l’Affaire du siècle », le premier recours juridique contre l’État français pour inaction climatique. Du jamais vu dans l’histoire des pétitions en ligne, témoignant d’une « préoccupation croissante des citoyennes et des citoyens pour les questions climatiques et environnementales ». Malgré la fin de non-recevoir du gouvernement – qui estimait en février en faire déjà beaucoup sur la question – les quatre organisations à l’origine du recours ont lancé la procédure en mai. L’audience pourrait se tenir en 2020… ou 2021.

FEVRIER — « Décrocher Macron » pour dénoncer son inaction climatique

R2.jpg Un décrochage de portraits de Macron.

Jeudi 21 février, quatre portraits officiels du président Macron ont été décrochés dans des mairies à Lyon, à Paris, Bayonne et Ustaritz, pour dénoncer l’inaction du gouvernement face au dérèglement climatique. Cette action donnait le coup d’envoi de l’opération « Sortons Macron » : « Nous appelons à la réquisition générale et citoyenne des portraits d’Emmanuel Macron dans les mairies, dans un cadre non violent et déterminé », indiquait la porte-parole d’une action similaire menée le 28 février. « L’idée est que le président comprenne qu’on n’est pas du tout satisfait de sa politique sociale et écologique. Le mur vide symbolise le vide de la politique climatique et sociale de M. Macron ».

En moins de six mois, plus de 130 portraits ont été décrochés, certains faisant des sorties à l’occasion de mobilisations sociales ou écologiques, ou encore lors de l’Assemblée des assemblées des Gilets jaunes à Saint-Nazaire. Garde-à-vue, perquisition, audition... Les autorités ont contre-attaqué. La gendarmerie a même reçu des directives particulières contre ces activistes : elle devait « s’assurer qu’une procédure judiciaire de flagrance soit systématiquement ouverte pour vol aggravé (en réunion) ». Elle a également été encouragée à prendre attache avec le bureau de lutte antiterroriste (Blat) « afin de déterminer les modalités à mettre en œuvre pour rechercher la responsabilité morale de l’association ».

64 militants d’ANV-COP21 ont été poursuivis par la justice, et plusieurs procès ont déjà eu lieu. Ils ont permis aux activistes de défendre la désobéissance civile non violente comme moyen d’action légitime face à l’urgence climatique. À Lyon, le juge a relaxé les deux militants poursuivis, au nom de l’état de nécessité.

Les autres temps forts du mois :

À Roissy, Aéroports de Paris entend construire un nouveau terminal, le T4, qui permettrait à lui seul d’absorber jusqu’à 40 millions de passagers supplémentaires, par an, à l’horizon 2037. Une concertation préalable à l’agrandissement a été lancée mi-février, tandis que l’opposition se levait contre ce projet climaticide.

Après une longue et énième journée de discussion, les négociateurs européens sont parvenus à un accord à propos de la pêche électrique : elle sera totalement interdite aux navires de pêche de l’Union européenne dans toutes les eaux qu’ils fréquentent, y compris en dehors de l’Union européenne, au 30 juin 2021. Une victoire pour les pêcheurs artisans et les associations de défense de l’océan.

Mardi 5 février, à Bar-le-Duc, s’est tenu un nouveau procès « spécial Bure ». Lors de ces audiences sous très haute surveillance policière, des opposants à la poubelle nucléaire ont été jugés les uns après les autres, dans une ambiance tendue.

MARS — « Désolé maman, je sèche comme la planète »

R3.jpg *Greta Thunberg le vendredi 22 février à Paris**.

Les 15 et 16 mars, la mobilisation pour le climat a franchi un nouveau cap. Des grèves et des marches se sont déroulées partout dans le monde, réunissant des dizaines de milliers de personnes. Des jeunes – collégiens, lycéens, étudiants – ont ainsi rejoint l’initiative lancée en août 2018 par Greta Thunberg, et diffusée par le mouvement Fridays For Future. Dès février, des étudiants français avaient ainsi publié un manifeste invitant à multiplier les actions : « Nous, la jeunesse, sommes né.e.s dans un modèle de société mondialisée responsable de la catastrophe environnementale et sociale actuelle, et c’est notre futur qui se dérobe sous nos yeux. »

En Allemagne, les jeunes sont descendus dans la rue dans plus de 220 villes, scandant « Nous sommes ici, nous sommes bruyants, parce que vous nous volez notre futur ! » En France, la grève pour le climat s’est épanouie dans les rues de Paris, chaque pancarte rivalisant d’originalité : « La Terre est plus chaude que Francky Vincent », « Error 404 : future not found » ou « Désolé maman, je sèche comme la planète ».

Les actions se sont largement déployées hors des capitales, comme dans le village de Forcalquier, où des enfants ont occupé la mairie, ou encore à Lyon, où de tous petits ont fait « l’école buissonnière » avec leurs parents.

Ces mobilisations se sont répétées régulièrement tout au long de l’année, tentant des jonctions avec le mouvement des Gilets jaunes, lors des marches organisées les samedis, mais également avec d’autres mouvements écolos comme Extinction Rebellion. En novembre, l’organisation Youth For Climate France constatait cependant que « les marches ne [suffisaient] plus ».

Les autres temps forts du mois :

Le 11 mars, le président algérien Bouteflika annonçait qu’il ne se représenterait pas à l’élection présidentielle. Mais alors que le peuple algérien secouait le joug de son gouvernement, des manœuvres discrètes se poursuivaient autour de l’exploitation possible des gaz de schiste.

Samedi 23 mars, à Nice, une charge de CRS a provoqué la chute et des blessures à la tête de Geneviève Legay militante d’Attac. Pour Annick Coupé, porte-parole du mouvement altermondialiste, « la seule réponse de Macron à la colère du peuple, c’est la répression.

Lancé le 15 janvier sous haute protection policière, le « Grand débat national », censé apporter des réponses au soulèvement des Gilets jaunes, s’est terminé le 15 mars, en laissant un goût amer à nombre de participants.

Le 15 mars, le cyclone Idai a dévasté la ville portuaire mozambicaine de Beira puis a traversé le pays, semant la mort et la désolation jusqu’aux Zimbabwe et Malawi voisins.

AVRIL — Un an après l’expulsion de la Zad de Notre-Dame-des-landes, les habitants ont « préservé l’essentiel »

R4.jpg Les minuscules bébés crapaux rencontrés dans une mare de la forêt de Rohanne

Le 9 avril 2018, après des années d’occupation et d’expérimentations, la Zad de Notre-Dame-des-Landes était expulsée lors d’une opération militaire violente. Un an après, les habitants poursuivaient la lutte pour la préservation des terres et des modes de vie, bien que l’opération militaire ait laissé des traces. « On a perdu un tiers des habitats et un tiers des habitants », résumait Julien, rencontré sur place.

En avril 2019, nous pouvions constater à quel point l’expérience de Notre-Dame-des-landes avait essaimé hors du bocage et s’était ancrée dans chaque personne s’y étant rendue. Ainsi, pour la sociologue Geneviève Pruvost, « la Zad pose cette question : est-ce que j’ai besoin de mille autorisations pour vivre ou est-ce que je peux inventer ma vie ici et maintenant ? » Le dessinateur Alessandro Pignocchi parlait de « l’ébauche d’un monde autre » tandis que l’écrivaine Nathalie Quintane constatait que « le sentiment de liberté qu’on éprouve sur la Zad permet de réaliser à quel point on se sent surveillé au-dehors ».

À l’été 2019, nous sommes retournés rencontrer Michel et Nico, qui habitaient aux Cent noms, l’une des maisons détruites par les gendarmes au tout début de l’expulsion. Leurs caravanes sont désormais posées au Liminbout, un autre lieu de la Zad. Là, un « labo » crêpes-galettes a été aménagé, ainsi, entre autres, qu’un atelier poterie. « On a perdu l’image qu’avait la Zad de lieu rebelle en dehors de l’autorité de l’État », reconnaissait Michel. Désormais, il arrive aux forces de l’ordre de pénétrer sur la zone. « Mais on a préservé l’essentiel. On a pu maintenir à peu près tout ce que l’on voulait… à condition de le déclarer. »

Après des mois de mobilisation accompagnée de négociations avec l’État et le département de Loire-Atlantique, propriétaire des terres, des promesses de baux ont été obtenues pour une quinzaine de leurs exploitations. Mais les habitants ont aussi bataillé pour faire reconnaître leurs habitats, en dur ou léger (yourtes, cabanes…), alors que le plan local d’urbanisme qui doit entrer en vigueur en 2020 ne le permet pas. Les discussions avec l’État et la collectivité locale ont patiné tout au long de l’année. Beaucoup comptaient désormais sur le fonds de dotation terres communes, créé afin de lever des sous pour racheter terres et bâtiments.

Les autres temps forts du mois :

L’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a réclamé la « remise en conformité » de huit soudures défectueuses très difficiles d’accès de l’EPR de Flamanville, ce qui pourrait repousser de deux ans — au moins — la mise en service du réacteur nucléaire. Malgré le fiasco annoncé de ce chantier très coûteux, le gouvernement serait favorable à la construction de six nouveaux réacteurs EPR, à en croire une lettre ministérielle dévoilée en octobre 2019.

Vendredi 19 avril, plus de 2.000 activistes non violents ont mené des actions contre « la République des pollueurs », à La Défense, près de Paris. Ils ont bloqué les sièges d’EDF, de la Société Générale et de Total, ainsi que le ministère de la Transition écologique.

L’incendie de la cathédrale de Notre-Dame a généré une pollution « très importante », notamment au plomb. Trois associations se sont vite inquiétées du risque élevé d’intoxication des travailleurs et des riverains, et ont dénoncé « l’attentisme » des pouvoirs publics.

MAI — Le Parlement européen se met au vert

R5.jpg Les écologistes sont sortis renforcés des élections européennes.

Le 26 mai, les Européens ont élu leurs 705 représentants au sein de l’Union. Un scrutin à forts enjeux écologiques, notamment parce que 80 % des dispositions de notre Code de l’environnement proviennent de directives ou de règlements européens.

En France, la surprise a été créée par les Verts d’Europe Écologie. La liste menée par Yannick Jadot est sortie troisième, avec un résultat bien au-dessus des prévisions des sondages, à 13,47 %. De façon générale, dans l’Union, les écologistes sont sortis renforcés de ce scrutin. En Allemagne, les Grünen sont devenus à cette occasion la deuxième force politique du pays.

Arrivés en nombre au Parlement européen, les élus écologistes n’ont cependant pas encore marqué de leur empreinte la nouvelle législature, les vieux partis ayant fait de la résistance. Les discussions sur les postes clés, ou les « top jobs » selon le jargon bruxellois, ont abouti à une presque totale mise à l’écart de leur famille politique.

La nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a en revanche placé sa mandature sous le signe de l’écologie, à travers son projet de « pacte vert » (ou « Green Deal »). Dévoilé en fin d’année, le pacte envisage une taxe carbone aux frontières, un renforcement de l’économie circulaire, des investissements dans les énergies renouvelables ou encore une stratégie de défense de la biodiversité. Mais nombre d’eurodéputés sont restés sceptiques, à l’instar d’Aurore Lalucq : « La Commission reste sur la mystique d’une croissance verte alors qu’il est temps d’acter un changement de modèle, de passer d’une Europe néolibérale à une Europe-providence, et d’acter l’ère de la post-croissance. »

Les autres temps forts du mois :

Les États membres du « Giec de la biodiversité » ont adopté un rapport inédit qui alerte sur l’effondrement du vivant. Plus d’une espèce vivante sur huit — soit un million — pourrait disparaître de la surface du globe dans les prochaines décennies. L’agriculture industrielle et la consommation de viande sont les causes majeures de ce déclin.

La loi Mobilités est arrivée devant les députés. Avec la révolte des Gilets jaunes et l’abandon de la taxe carbone, le texte était très attendu... et au cœur de l’actualité. Le gouvernement entendait en faire « un tournant » dans sa politique des transports. Cependant, sur les sujets clés – voitures thermiques, transport routier de marchandises, infrastructures polluantes, pollution de l’air, place du vélo – le gouvernement et sa majorité sont restés au milieu du gué.

Commencé mi-avril, le débat public sur les déchets radioactifs a peu mobilisé le grand public. En parallèle, des collectifs anti-nucléaires ont organisé un Atomik Tour à travers la France, qui a fait arrêt fin mai en Cévennes. Objectif : questionner le nucléaire et relancer la mobilisation autour de la lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaires Cigéo à Bure dans la Meuse.

JUIN — Suées froides face au mercure qui monte

R6.jpg Fin juin, la France a suffoqué.

Pendant plusieurs jours, le thermomètre a dépassé les 40° C, touchant particulièrement les populations vulnérables, comme les sans-abris et les détenus. Pour tous et toutes, cette nouvelle canicule a marqué un tournant : le changement climatique s’impose comme une réalité palpable et angoissante.

« Les canicules ne sont plus des phénomènes naturels », confirmait le climatologue Robert Vautard. D’après lui, les vagues de chaleur augmentent en fréquence et en intensité. Leur température s’est élevée de 4 °C en un siècle à cause du dérèglement climatique.

En 2019, de nouveaux rapports scientifiques sont venus doucher les espoirs d’un réchauffement maintenu sous les 1,5° C. En septembre, des chercheurs français ont dévoilé leurs prévisions d’évolution du climat d’ici à 2100 : leur pire scénario envisageait 7 °C de réchauffement.

C’est dans cette chaleur étouffante que les activistes d’Extinction Rebellion ont mené leur première action d’envergure, en occupant le pont de Sully à Paris. Une opération non violente rapidement réprimée par la police, qui a arrosé les occupants de gaz lacrymogènes en pleine face et à courte distance, suscitant l’indignation.

Les autres temps forts du mois :

Des centaines de personnes ont manifesté à l’appel du collectif des Mutilés, afin de rendre visibles les violences policières. Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, plus de 2.400 personnes ont été blessées, une femme tuée, 23 éborgnées, 5 amputées.

Dans le cadre des Rencontres de l’écologie que Reporterre organise régulièrement, le quotidien de l’écologie a fêté ses 30 ans, au cours d’une journée de rencontre et de débats.

6.000 activistes venus de toute l’Europe ont participé à une action de désobéissance civile de masse en Allemagne. L’opération, réalisée à l’initiative du mouvement Ende Gelände, a été couronnée de succès : une mine et deux centrales à charbon ont été temporairement neutralisées.

Le projet de loi relatif à l’énergie et au climat a été examiné à l’Assemblée nationale et adopté en première lecture. À l’origine, le texte avait surtout vocation à inscrire dans la loi la moindre baisse de la part du nucléaire dans le mix électrique, à 50 % d’ici 2035, au lieu de 2025 prévu initialement. Le texte s’est étoffé au fil des amendements, sans vraiment rehausser les ambitions climatiques : sur les centrales à charbon, la rénovation des passoires thermiques ou le financement des énergies fossiles, le gouvernement a loupé le coche.

JUILLET — Homard m’a viré

R7.jpg François de Rugy a démissioné le 16 juillet.

François de Rugy a démissionné mardi 16 juillet, après les révélations de Mediapart sur ses dîners privés fastueux organisés à l’Assemblée nationale, la location d’un logement à tarif social près de Nantes et une polémique sur ses impôts. L’ex-ministre de la Transition écologique s’est estimé victime d’un « lynchage médiatique » et a déposé plainte en diffamation contre Mediapart.

Pendant ses dix mois passés à l’hôtel de Roquelaure, il aura surtout poursuivi les chantiers initiés par son prédécesseur, Nicolas Hulot, sans jamais réellement s’opposer à Emmanuel Macron et Édouard Philippe. « Il a défendu une écologie pragmatique, efficace. Il y a très peu de dossiers sur lesquels il s’est battu. On est resté dans la politique des petits pas », observe Jean-David Abel, vice-président de France nature environnement.

En janvier, François de Rugy nous avait listé les trois principaux lobbys qui influençaient les politiques environnementales : EDF, la chasse et l’automobile. Sa successeuse fera-t-elle mieux ? Il a été remplacé par la ministre des Transports Élisabeth Borne, connue comme une « travailleuse acharnée », mais pas écolo convaincue.

Les autres temps forts du mois :

Les députés ont ratifié le Ceta, cet accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada. Considéré comme climaticide et anti-démocratique, cet accord commercial a suscité de vives oppositions jusqu’au sein de la majorité macroniste. Le matin même du vote de l’Assemblée nationale, Greta Thunberg avait exhorté plusieurs parlementaires à écouter les alertes des scientifiques sur le changement climatique.

Les débats ont été vifs entre les diverses composantes du mouvement écologiste quant à la stratégie à adopter pour lutter contre la crise écologique. Faut-il « coopérer » avec le gouvernement, qui mutile des Gilets jaunes, tue dans les banlieues ou gaze les activistes du climat ? Doit-on, pour amener à la cause écologique toujours plus de monde, adapter le discours ? Au cœur des controverses, la convention citoyenne pour le climat, le festival l’an Zéro ou encore la pertinence des manifestations.

AOÛT — L’Amazonie en flammes

R8.png Les feux fin septembre, selon une cartographie mise à jour en temps réel.

Des incendies ont ravagé l’Amazonie ainsi qu’une bonne partie des forêts du sud du Brésil. Le nombre des feux a augmenté de 83 % en 2019 par rapport à la période correspondante en 2018. Et pour cause, « la plupart des foyers de feux en Amazonie ont été allumés par des humains, qui défrichent ainsi des parcelles pour les cultiver, expliquait Suzanne Dalle, chargée de campagne agriculture à Greenpeace. Ils coupent les arbres, brûlent les reliquats puis font paître des troupeaux, avant, finalement, d’y planter du soja. »

Or, afin de nourrir les animaux d’élevage, particulièrement les poules pondeuses et les poulets, « la France importe chaque année entre 3,5 et 4,2 millions de tonnes de soja, estimait un rapport de Greenpeace sur le sujet. En 2017, 61 % de ce soja provenait du Brésil, qui est donc de très loin notre premier fournisseur, avec plus de deux millions de tonnes par an. » Ainsi, comme l’a dit Emmanuel Macron lui-même, nous avons eu une « part de responsabilité » dans le désastre amazonien. Vu la politique du gouvernement de Jair Bolsonaro, très favorable à l’agro-business et donc aux défrichements, « la forêt amazonienne pourrait rapidement devenir une savane », selon le chercheur Philippe Léta.

À l’autre bout de la planète, d’autres régions ont aussi été ravagées par les flammes, telle la Sibérie, où plus de quinze millions d’hectares de taïga ont brûlés en huit mois.

Les autres temps forts du mois :

Les dirigeants des pays les plus industrialisés se sont réunis à Biarritz pour le G7. Un contre-sommet était organisé, mais les activistes se sont heurtés à un dispositif policier important. Ainsi trois jeunes Allemands qui assuraient partir en vacances ont été arrêtés sur l’autoroute et mis en prison… Sans autre motif qu’une hypothétique « participation à un groupement en vue de commettre des violences ». Suite à ce contre-sommet en demi-teinte, plusieurs organisations se sont questionnées quant à leur radicalité, se demandant comment accentuer la pression sur les gouvernants.

La sécheresse s’est une nouvelle fois installée en France, touchant fortement les agriculteurs. Comme unique réponse, le gouvernement a déclaré vouloir multiplier les retenues d’eau, au grand dam des associations environnementales qui dénoncent les impacts écologiques désastreux de ces barrages.

SEPTEMBRE : Rouen dans la fumée, et les explications fumeuses des autorités

R9.jpg Les agriculteurs ont été particulièrement touchés par l’incendie de Lubrizol.

Dans la nuit du mercredi 25 au jeudi 26 septembre, l’usine Lubrizol, à Rouen, a pris feu, dégageant un gigantesque panache de fumée noirâtre. Malgré les discours rassurants des autorités, riverains, parents d’élèves, médecins, agriculteurs, associations écologistes et syndicats ont immédiatement craint la toxicité des substances qui se sont échappées. Dans cette usine chimique, classée « Seveso Seuil haut » sont produits des additifs pour des lubrifiants industriels, des huiles de moteur ou des gels pour peinture.

La colère des habitants s’est vite dirigée contre l’État, réclamant plus de transparence. Depuis 2014, les autorités connaissaient le risque d’incendie dans un des bâtiments de l’usine. Pourtant, le préfet a laissé l’activité augmenter considérablement sans actualiser les précautions. Pour l’historien François Jarrige, « le discours des autorités a toujours tendu à minimiser les risques, car elles craignent la panique, les conflits, la remise en cause d’activités jugées stratégiques et nécessaires ». Pour lui, cette catastrophe révélait la fragilité de notre société de consommation : « Pour qu’il y ait moins d’usines toxiques, il faut moins de biens manufacturés qui contiennent des produits chimiques », affirmait-il.

Les agriculteurs de la zone ont été particulièrement touchés ; par principe de précaution, ils n’ont pas pu vendre leur production – végétale ou animale – pendant plus de trois semaines. Si les premières analyses publiées ont montré peu de traces de pollution due à l’incendie, elles étaient incomplètes.

Les autres temps forts du mois :

Le rapport du Giec sur les océans a conclu que la fonte accélérée des glaces fait monter les océans plus vite que prévu : la hausse pourrait dépasser 1 mètre en 2100, ce qui menacerait directement près de 680 millions de personnes vivant dans les zones côtières, soit 10 % de la population mondiale. En France, d’ici 2050, un million de personnes seraient concernées, notamment les plus riches, dont les villas sont installées très proches du littoral.

La consultation publique sur la protection des riverains face aux épandages de pesticides a suscité un vif intérêt. Sans attendre, plusieurs maires ont pris des arrêtés anti-phytos dans leur commune. Après moult tergiversations, le gouvernement a tranché in extremis fin décembre : l’utilisation des pesticides va être interdite à moins de dix mètres des habitations, à partir du 1er janvier 2020... sauf dérogations.

Plus de 450 femmes, personnes trans, queer, non binaires ont marché contre le nucléaire, à Bure, malgré l’extrême difficulté à manifester dans la zone. Une semaine plus tard, en dépit d’un dispositif policier d’ampleur, près de 3.000 citoyens ont manifesté à Nancy, contre le projet d’enfouissement Cigé.

OCTOBRE vert — La rébellion internationale

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Du 5 au 12 octobre, se tenait à Paris et dans d’autres grandes villes du monde la « Rébellion internationale d’octobre », une semaine d’actions de désobéissance civile orchestrée par le mouvement Extinction Rebellion (XR) en vue de « combattre la destruction du monde vivant par les gouvernements et les multinationales ».

À Paris, ils ont occupé le centre commercial Italie 2 pendant plus de 17 heures, transformant ce palais de la consommation en lieu de débats et de convergence des luttes. Puis près de 2.000 activistes ont bloqué le centre géographique de Paris : le pont au Change et la place du Châtelet. L’occupation a duré plusieurs jours, permettant de créer une « zone d’autonomie temporaire ».

Si certaines voix se sont élevées, s’interrogeant sur l’efficacité politique de l’occupation ou critiquant l’absence de revendications sur la justice sociale, ces actions de désobéissance non violente ont été inédites par leur ampleur et leur durée.

Ailleurs dans le monde, la « rébellion internationale » a pris une tournure plus révolutionnaire. Les Équatoriens se sont révoltés contre le retour du FMI dans la politique. Au Liban, les préoccupations écologiques ont figuré en bonne place dans les revendications des manifestants. Les Kurdes du Rojava ont tenté de résister aux attaques de l’armée turque, afin de préserver l’expérience politique originale qu’ils avaient construite. Bousculé par un mouvement social inédit, le gouvernement chilien a finalement renoncé à organiser la COP25.

Pour les députés français Mathilde Panot et Loïc Prud’homme, « la puissance du choc écologique rencontre l’une des phases les plus prédatrices du capitalisme. Plus que jamais, les conflits du XXIe siècle sont liés à la question écologique. »

Les autres temps forts du mois :

150 citoyens tirés au sort puis sélectionnés pour être représentatifs de la société, chapeautés par un comité de gouvernance, se sont réunis lors de la Convention citoyenne pour le climat, avec pour tâche d’« accélérer la transition écologique ». Un dispositif controversé, certains craignant entre autres une instrumentalisation du gouvernement et une mise sous tutelle des citoyens. D’autant plus que parmi les membres choisis pour « gouverner » la convention figurait Catherine Tissot-Colle, cadre dirigeante d’une multinationale de l’extraction minière, particulièrement polluante.

Pour 2020, le budget présenté par le gouvernement se révélait d’un vert bien pâle. Car la hausse annoncée des crédits dédiés à la transition écologique cachait en fait une réduction des effectifs, et une logique de désinvestissement de la rénovation énergétique.

En Aveyron, la Zad de l’Amassada a été expulsée. Depuis cinq ans s’était installé un lieu collectif d’occupation contre un projet de transformateur électrique géant, porté par RTE, une filiale d’EDF. Malgré l’évacuation, les militants entendaient poursuivre leur combat.

NOVEMBRE — Fin de partie pour EuropaCity

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L’Élysée a annoncé jeudi 7 novembre l’abandon du projet de mégacentre commercial et de loisirs EuropaCity, qui était projeté à Gonesse, dans le Val-d’Oise. Il était porté par la filiale d’immobilier commercial du groupe Auchan, et le conglomérat chinois Wanda. Il aurait bétonné 80 hectares de terres agricoles parmi les plus fertiles d’Europe, à quelques encablures au nord de Paris. Une décision attendue, tant le projet se trouvait entravé par des recours juridiques et contesté de toute part. L’opposition à cet immense complexe s’était en effet renforcée et étendue ces derniers temps.

La fin d’un long chemin ? Pas si vite, avertissait Bernard Loup, président du Collectif pour le triangle de Gonesse et figure de la lutte contre EuropaCity : « On va voir si le gouvernement maintient un projet d’urbanisation du triangle de Gonesse, disait-il. Notre objectif n’était pas simplement de faire échouer EuropaCity, mais aussi l’urbanisation du triangle. Donc, c’est un pas important dans la lutte que l’on mène depuis 2010 mais on ne crie pas victoire. »

Les autres temps forts du mois :

Les Gilets jaunes ont fêté leur premier anniversaire. L’occasion de faire le bilan, et de constater combien ce mouvement social a forcé la mue du mouvement écolo. Suivant le mot d’ordre « Fin du mois, fin du monde, même combat ! », « les Gilets jaunes nous ont obligés à rompre avec la logique des petits pas ou de la croissance verte », reconnaissait un militant écolo. En un an, « une bataille culturelle a été gagnée : l’idée que climat et justice sociale vont de pair ».

Symbole du délire consumériste, le Black Friday a à nouveau occasionné des records de ventes en ligne. L’essor de e-commerce a des conséquences sociales et écologiques désastreuses, notamment en démultipliant le transport de marchandises. En réponse, partout en France, des militants ont bloqué l’accès à de grandes enseignes commerciales, et ont particulièrement ciblé Amazon. Mais les consommateurs n’ont pas toujours apprécié ces actions écologistes.

DECEMBRE — Pour se mettre au vert, défendons les retraites

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Lors de la manifestation du 5 décembre contre les retraites.

Le 5 décembre, plus d’un million de personnes ont manifesté contre la réforme des retraites. Une mobilisation sociale d’ampleur très vite rejointe par le mouvement écolo, tant la réforme prônée par le gouvernement est apparue antinomique avec la transition écologique. Notamment parce qu’elle pourrait pousser les gens à placer leur épargne dans des fonds de pension ou des assurances, qui selon le militant basque Txetx Etcheverry n’ont qu’une seule raison d’être : « Garantir des retours sur leurs placements les plus élevés possible, pour faire augmenter le chiffre d’affaires, quitte à investir dans des activités polluantes. » En 2018, les 100 plus grands fonds de pensions publics au monde investissaient moins de 1 % de leurs actifs dans la transition bas-carbone.

Autre conséquence, « la réforme mettrait à mal une transformation révolutionnaire de nos sociétés, estimait Nicolas Castel. Le temps libéré par le régime universel a permis aux retraités d’inventer tout un tas d’activités consistant — entre autres — à prendre soin des autres, à faire du bénévolat, à faire vivre une association. » En effet, les retraités sont nombreux et nombreuses à faire vivre les luttes écologistes.

Outre les manifestations, le mois de décembre a été celui des grèves. Pour l’économiste Genevève Azam, « la grève est profondément écologique d’abord parce qu’elle limite la production, et parce qu’elle est aussi un moment suspendu qui nous libère, une forme de respiration, de pause alors que tout s’accélère autour de nous. On prend le temps, on renoue avec la chaleur humaine. La grève permet de retrouver le rythme du vivant face à la cadence du monde industriel. » De son côté, François Ruffin voit dans la bataille pour les retraites « une bataille écologique ». À Paris, la grève des transports a surtout été un moment de (re)découverte du vélo et de la marche à pied.

Les autres temps forts du mois :

À Madrid, la COP25 a échoué : pas d’ambitions revues à la hausse et aucun accord sur l’article 6, celui qui régule les marchés carbone. Bien loin des exigences nécessaires face à l’ampleur de la crise climatique.

La loi sur l’économie circulaire a été adoptée par l’Assemblée nationale. Censée incarner « l’accélération écologique du quinquennat », elle a déçu nombre d’associations écologistes, pour « le gouvernement n’a pas conscience de l’ampleur des changements qu’il faut apporter à notre modèle économique » pour enrayer la crise climatique.

INSTALLER DES RUCHES SUR LES BERGES DU CANAL DU MIDI POUR SAUVER LES ABEILLES un article de Midi Libre

abeilles.png L’un des dix projets innovants du Créathon, suivi et accompagné par le Monde nouveau. Sauver toutes les abeilles. C’est la mission que se sont donné Jean-Claude Coutarel et sa compagne Josy, installés dans l’Hérault. Ensemble, ils prêchent la bonne parole pour défendre les abeilles. Informations et sensibilisation dans les événements écologiques, dans les écoles, conférences, initiations à l’apiculture naturelle… Les apiculteurs de l’association récupèrent çà et là des colonies et des essaims d’abeilles gênantes pour les héberger en ruche.

Piqué au vif

"Et que fais-tu des abeilles solitaires ?" Interpellé lors d’une manifestation, Jean-Claude confie avoir été piqué au vif et déclare : "Je vais m’en occuper !" Car les abeilles solitaires à l’inverse des mellifères sauvages, ne vivent pas en ruche (lire ci-dessous). À partir de là, la mission de sa petite association va prendre de l’ampleur.

Les Ruchers du Piscénois deviennent Abeilles-Environnement-Ecologie-34 pour s’occuper de l’ensemble des abeilles, les solitaires comme les mellifères sauvages. Et pour les solitaires, plus de 2 000 nurseries ont ainsi été fabriquées et distribuées pour leur reproduction.

Pour la biodiversité

Amené fréquemment à intervenir le long du canal du Midi pour recueillir les abeilles qui avaient élu domicile dans les platanes infestés par un champignon juste avant leur incinération, une idée trotte dans la tête de Jean-Claude : installer des abris pour les butineuses sur les berges du canal.

"Quand j’ai lu l’appel à projets du Créathon dans Midi Libre, ça a fait tilt. C’est bien d’avoir un projet, mais sans moyen… Là, je me suis dit c’est le moment où jamais et on a envoyé notre candidature." Pour ce faire, il a réalisé un prototype de ruches, spécifiques, inviolables qui seront réalisées par la section menuiserie d’un LEP pour l’accueil d’abeilles mellifères sauvages.

"Le but n’est pas de récupérer le miel mais bien de sauver le maximum d’abeilles." Et pour ne pas oublier les abeilles solitaires, l’association, qui a son siège à Pézenas et une antenne à Canet, se charge de la construction des nurseries.

Il suffira ensuite de placer ces installations en bordure du canal du Midi. De plus, des plantations d’arbres mellifères et d’arbustes sont envisagées pour remplacer les platanes arrachés, avec une association partenaire. "C’est une action sur du long terme. Mais si ça fonctionne on pourra sauver celles qui participent activement à la vie de la planète".

GEOLOGIE: QU' EST CE QUE L'ANTHROPOCENE? anthropocene.jpg L'anthropocène est un terme, sujet à débats, relatif à une nouvelle ère géologique dans laquelle l'Homme a acquis une telle influence sur la biosphère qu'il en est devenu l'acteur central. Anthropocène : l’Homme au centre de la géologie ?

Théorisé pour la première fois par Paul Josef Crutzen, prix Nobel de Chimie en 1995, l’anthropocène signifie étymologiquement « L’Âge de l’Homme ». Ce serait une nouvelle ère dans la chronologie de la géologie ayant débuté lors de la Révolution industrielle de 1850, et succédant à l’« holocène » (l’ère interglaciaire qui a favorisé l’expansion des sociétés humaines), qui dura plus de 10 000 ans. Elle vise à définir une nouvelle ère dans la géologie dans laquelle l’Homme est devenu l’acteur central.

L’empreinte qu’il aurait laissée sur la planète serait telle qu’elle traduit d’une véritable influence géologique sur la biosphère et le système terrestre. Cette notion n’est cependant pas encore officielle, puisqu’elle est toujours l’objet de nombreux débats parmi les géologues et scientifiques. Cela dit, elle a déjà roulé sa bosse dans l’opinion publique et les médias. Elle tend progressivement à être officialisée, comme peuvent en témoigner les échanges qui se sont déroulés lors de l’European Consortium for Political Research (ECPR) à Oslo en avril 2016.

Une rupture des équilibres naturels comme empreinte géologique de l’Homme

En à peine plus de deux siècles, l’Homme a durablement transformé notre système terrestre pour garantir le développement des civilisations modernes. Les activités humaines ont causé une rupture des équilibres naturels de la planète. Celles-ci laisseront, même après notre disparition, une empreinte indélébile sur Terre. Le rapport du fonds mondial pour la nature (WWF) intitulé Planète Vivante 2016 risque et résilience dans l’Anthropocène, explique ainsi que de « nombreux signes [sont] susceptibles de témoigner de l’influence humaine [comme] les vestiges de certaines mégapoles […] en de complexes structures fossiles. L'urbanisation peut elle-même être vue comme une altération des processus sédimentaires en raison de la formation de strates rocheuses "artificielles" ».

Le « Plastiglomérat » : une preuve de l'impact de l'Homme sur le système terrestre geo.jpg Le « Plastiglomérat » est un exemple probant de l’empreinte (néfaste) de l’Homme sur le système terrestre. Il s’agit d’une roche non naturelle apparue dans le sud de l’île d’Hawaï, formée de l’agrégation de déchets plastiques fondus par la lave basaltique et mélangés avec des sédiments marins. Cette roche est le résultat des activités humaines, modifiant irrémédiablement l’écosystème marin et l’équilibre environnemental de cette région. Cette empreinte est selon les scientifiques irrémédiable : le Plastiglomérat demeurera présent sur Terre, et ce, même des siècles après notre extinction. Nombre d’entre eux usent de ce cas pour servir la démonstration de l’anthropocène.

L’anthropocène respecte-t-il les critères géologiques ?

Si l’anthropocène n’est pas encore officiellement reconnu par la Commission Internationale de Stratigraphie (CIS), les marqueurs de l’Homme sur Terre sont bel et bien présents. Ces marqueurs sont l’aboutissement de pratiques humaines sur l’environnement : tels que l’agriculture intensive, la déforestation, l’exploitation du nucléaire, les industries ou les transports, etc. De là à en faire un phénomène géologique ? Pour bon nombre de géologues, l’anthropocène ne répond pas aux critères des ères géologiques.

Parmi ces critères sont présentés la continuité sédimentaire, le taux de sédimentation, la modification importante de la faune et de la flore sur une durée importante (caractérisée notamment par les fossiles). Or, force est de constater pour eux que l’anthropocène ne répond pas à ces critères. C'est notamment ce qu'explique l'Union internationale des sciences géologiques chargée d'instaurer les standards en matière d'ères géologiques. Si, à ce jour, on ne peut donc pas réellement opérer un rapprochement purement scientifique entre ce phénomène et la géologie, l'Homme laissera cependant derrière son passage une bien triste signature.

PLUS VIEUX, PLUS HEUREUX vieux fourneaux.jpg

Un article extrait du blog de CHRISTOPHE ANDRE qui reprend sa chronique du 1er octobre 2019 sur France Inter dans l'émission Grand Bien Vous Fasse, d'Ali Rebeihi.

« Le plaisir peut s’appuyer sur l’illusion, mais le bonheur repose sur la vérité. » C’est de Chamfort – le moraliste, pas le chanteur - et ça s’applique parfaitement à notre sujet du jour. « Plus vieux, plus heureux » : ça réjouit tout le monde d’entendre ça, mais… est-ce la vérité ?

Eh bien, oui, apparemment, d’après la plupart des données chiffrées dont nous disposons, c’est plutôt vrai ; en tout cas en Occident, et dans la tranche des personnes de 50 à 70 ans. Dans cette période-là, une majorité d’entre nous vit ses années les plus heureuses, les plus épanouies, les plus apaisées.

Paradoxal, tout de même ! Alors que le corps vieillit, que les rides apparaissent, que les cheveux blanchissent ou s’éclaircissent, qu’on a de plus en plus souvent mal quelque part, comment fait-on pour se sentir tout de même plus heureux à 60 ans qu’à 20 ou 40 ?

Peut-être justement à cause de cela, – ou plutôt grâce à cela, grâce à toutes ces adversités et ces rappels à l’ordre : à partir de 50 ans, on finit par comprendre… Comprendre que notre vie et notre corps ne seront pas éternels. Par comprendre que le bonheur, ce n’est pas pour demain, mais pour aujourd’hui, que c’est maintenant ou jamais. On le savait avant, bien sûr, quand on était plus jeune ; mais on le sa