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UN JOURNAL, DES ARTICLES EPHEMERES, UNE ACTUALITE , lus ailleurs et à partager

INSTALLER DES RUCHES SUR LES BERGES DU CANAL DU MIDI POUR SAUVER LES ABEILLES un article de Midi Libre

abeilles.png L’un des dix projets innovants du Créathon, suivi et accompagné par le Monde nouveau. Sauver toutes les abeilles. C’est la mission que se sont donné Jean-Claude Coutarel et sa compagne Josy, installés dans l’Hérault. Ensemble, ils prêchent la bonne parole pour défendre les abeilles. Informations et sensibilisation dans les événements écologiques, dans les écoles, conférences, initiations à l’apiculture naturelle… Les apiculteurs de l’association récupèrent çà et là des colonies et des essaims d’abeilles gênantes pour les héberger en ruche.

Piqué au vif

"Et que fais-tu des abeilles solitaires ?" Interpellé lors d’une manifestation, Jean-Claude confie avoir été piqué au vif et déclare : "Je vais m’en occuper !" Car les abeilles solitaires à l’inverse des mellifères sauvages, ne vivent pas en ruche (lire ci-dessous). À partir de là, la mission de sa petite association va prendre de l’ampleur.

Les Ruchers du Piscénois deviennent Abeilles-Environnement-Ecologie-34 pour s’occuper de l’ensemble des abeilles, les solitaires comme les mellifères sauvages. Et pour les solitaires, plus de 2 000 nurseries ont ainsi été fabriquées et distribuées pour leur reproduction.

Pour la biodiversité

Amené fréquemment à intervenir le long du canal du Midi pour recueillir les abeilles qui avaient élu domicile dans les platanes infestés par un champignon juste avant leur incinération, une idée trotte dans la tête de Jean-Claude : installer des abris pour les butineuses sur les berges du canal.

"Quand j’ai lu l’appel à projets du Créathon dans Midi Libre, ça a fait tilt. C’est bien d’avoir un projet, mais sans moyen… Là, je me suis dit c’est le moment où jamais et on a envoyé notre candidature." Pour ce faire, il a réalisé un prototype de ruches, spécifiques, inviolables qui seront réalisées par la section menuiserie d’un LEP pour l’accueil d’abeilles mellifères sauvages.

"Le but n’est pas de récupérer le miel mais bien de sauver le maximum d’abeilles." Et pour ne pas oublier les abeilles solitaires, l’association, qui a son siège à Pézenas et une antenne à Canet, se charge de la construction des nurseries.

Il suffira ensuite de placer ces installations en bordure du canal du Midi. De plus, des plantations d’arbres mellifères et d’arbustes sont envisagées pour remplacer les platanes arrachés, avec une association partenaire. "C’est une action sur du long terme. Mais si ça fonctionne on pourra sauver celles qui participent activement à la vie de la planète".

GEOLOGIE: QU' EST CE QUE L'ANTHROPOCENE? anthropocene.jpg L'anthropocène est un terme, sujet à débats, relatif à une nouvelle ère géologique dans laquelle l'Homme a acquis une telle influence sur la biosphère qu'il en est devenu l'acteur central. Anthropocène : l’Homme au centre de la géologie ?

Théorisé pour la première fois par Paul Josef Crutzen, prix Nobel de Chimie en 1995, l’anthropocène signifie étymologiquement « L’Âge de l’Homme ». Ce serait une nouvelle ère dans la chronologie de la géologie ayant débuté lors de la Révolution industrielle de 1850, et succédant à l’« holocène » (l’ère interglaciaire qui a favorisé l’expansion des sociétés humaines), qui dura plus de 10 000 ans. Elle vise à définir une nouvelle ère dans la géologie dans laquelle l’Homme est devenu l’acteur central.

L’empreinte qu’il aurait laissée sur la planète serait telle qu’elle traduit d’une véritable influence géologique sur la biosphère et le système terrestre. Cette notion n’est cependant pas encore officielle, puisqu’elle est toujours l’objet de nombreux débats parmi les géologues et scientifiques. Cela dit, elle a déjà roulé sa bosse dans l’opinion publique et les médias. Elle tend progressivement à être officialisée, comme peuvent en témoigner les échanges qui se sont déroulés lors de l’European Consortium for Political Research (ECPR) à Oslo en avril 2016.

Une rupture des équilibres naturels comme empreinte géologique de l’Homme

En à peine plus de deux siècles, l’Homme a durablement transformé notre système terrestre pour garantir le développement des civilisations modernes. Les activités humaines ont causé une rupture des équilibres naturels de la planète. Celles-ci laisseront, même après notre disparition, une empreinte indélébile sur Terre. Le rapport du fonds mondial pour la nature (WWF) intitulé Planète Vivante 2016 risque et résilience dans l’Anthropocène, explique ainsi que de « nombreux signes [sont] susceptibles de témoigner de l’influence humaine [comme] les vestiges de certaines mégapoles […] en de complexes structures fossiles. L'urbanisation peut elle-même être vue comme une altération des processus sédimentaires en raison de la formation de strates rocheuses "artificielles" ».

Le « Plastiglomérat » : une preuve de l'impact de l'Homme sur le système terrestre geo.jpg Le « Plastiglomérat » est un exemple probant de l’empreinte (néfaste) de l’Homme sur le système terrestre. Il s’agit d’une roche non naturelle apparue dans le sud de l’île d’Hawaï, formée de l’agrégation de déchets plastiques fondus par la lave basaltique et mélangés avec des sédiments marins. Cette roche est le résultat des activités humaines, modifiant irrémédiablement l’écosystème marin et l’équilibre environnemental de cette région. Cette empreinte est selon les scientifiques irrémédiable : le Plastiglomérat demeurera présent sur Terre, et ce, même des siècles après notre extinction. Nombre d’entre eux usent de ce cas pour servir la démonstration de l’anthropocène.

L’anthropocène respecte-t-il les critères géologiques ?

Si l’anthropocène n’est pas encore officiellement reconnu par la Commission Internationale de Stratigraphie (CIS), les marqueurs de l’Homme sur Terre sont bel et bien présents. Ces marqueurs sont l’aboutissement de pratiques humaines sur l’environnement : tels que l’agriculture intensive, la déforestation, l’exploitation du nucléaire, les industries ou les transports, etc. De là à en faire un phénomène géologique ? Pour bon nombre de géologues, l’anthropocène ne répond pas aux critères des ères géologiques.

Parmi ces critères sont présentés la continuité sédimentaire, le taux de sédimentation, la modification importante de la faune et de la flore sur une durée importante (caractérisée notamment par les fossiles). Or, force est de constater pour eux que l’anthropocène ne répond pas à ces critères. C'est notamment ce qu'explique l'Union internationale des sciences géologiques chargée d'instaurer les standards en matière d'ères géologiques. Si, à ce jour, on ne peut donc pas réellement opérer un rapprochement purement scientifique entre ce phénomène et la géologie, l'Homme laissera cependant derrière son passage une bien triste signature.

PLUS VIEUX, PLUS HEUREUX vieux fourneaux.jpg

Un article extrait du blog de CHRISTOPHE ANDRE qui reprend sa chronique du 1er octobre 2019 sur France Inter dans l'émission Grand Bien Vous Fasse, d'Ali Rebeihi.

« Le plaisir peut s’appuyer sur l’illusion, mais le bonheur repose sur la vérité. » C’est de Chamfort – le moraliste, pas le chanteur - et ça s’applique parfaitement à notre sujet du jour. « Plus vieux, plus heureux » : ça réjouit tout le monde d’entendre ça, mais… est-ce la vérité ?

Eh bien, oui, apparemment, d’après la plupart des données chiffrées dont nous disposons, c’est plutôt vrai ; en tout cas en Occident, et dans la tranche des personnes de 50 à 70 ans. Dans cette période-là, une majorité d’entre nous vit ses années les plus heureuses, les plus épanouies, les plus apaisées.

Paradoxal, tout de même ! Alors que le corps vieillit, que les rides apparaissent, que les cheveux blanchissent ou s’éclaircissent, qu’on a de plus en plus souvent mal quelque part, comment fait-on pour se sentir tout de même plus heureux à 60 ans qu’à 20 ou 40 ?

Peut-être justement à cause de cela, – ou plutôt grâce à cela, grâce à toutes ces adversités et ces rappels à l’ordre : à partir de 50 ans, on finit par comprendre… Comprendre que notre vie et notre corps ne seront pas éternels. Par comprendre que le bonheur, ce n’est pas pour demain, mais pour aujourd’hui, que c’est maintenant ou jamais. On le savait avant, bien sûr, quand on était plus jeune ; mais on le savait seulement dans sa tête. Là on le sait dans son corps : premières limitations physiques, premières maladies chroniques, premiers amis de notre génération qui meurent...

Impossible alors de continuer à fermer les yeux et de se croire immortel, on le sent bien, que le compte à rebours a commencé.

À ce moment, on utilise enfin son expérience de la vie : on comprend qu’il faut éviter les souffrances inutiles et se contenter d’affronter celle que le destin nous envoie, sans en rajouter ; on comprend qu’il faut savourer tous les bonheurs, même les tout petits, même les imparfaits, même les incomplets, même quand on a mal dormi, même quand il fait gris…

On se rapproche aussi ce qui compte vraiment dans la vie : ce n’est pas le statut social ni l’apparence physique. Les chemins du bonheur ne passent pas par la chirurgie esthétique ou l’épaississement du compte en banque. Ce qui compte, c’est l’amour ! Les amoureux vivent plus heureux, qu’il s’agisse d’amour de la vie ou d’amour des humains, d’amour des copains ou d’amour du conjoint. Écoutez ce qu’en dit le vieux sage du Sud-Ouest, Marcel-Jean-Pierre-Balthazar Miramon…

La vérité, sincèrement, c’est que vieillir, ce n’est pas une chance. Qui signerait pour prendre tout de suite 10 ans de plus ? Mais vous connaissez le bon mot de Woody Allen : « vieillir reste à ce jour le meilleur moyen qu’on ait trouvé pour ne pas mourir. » C’est le principal avantage qu’on peut reconnaître au passage des années : préfère-t-on être vieux ou mort ?

Vieillir, ce n’est pas une chance, donc, mais avoir vécu, oui, et continuer de vivre, oui encore ! Et ce simple constat nous montre la direction à donner à nos efforts : inutile de vouloir à tout prix rester jeune !C’est mauvais signe ! Vous connaissez le bon mot de Jules Renard, dans son Journal : « La vieillesse, c’est quand on commence à se dire : “Je ne me suis jamais senti aussi jeune“ ».

Mais souhaiter bien vieillir, oui ! Cultiver son amour de la vie, oui ! Aimer la vie, malgré tous les soucis du corps, malgré les deuils, malgré les soucis, oui !

Regardons tout autour de nous les modèles inspirants de vieillissement heureux : ne pas se plaindre, ne pas comparer, ne pas glorifier le passé, ne pas donner de conseils non demandés. Rire, aller vers les plus jeunes, les écouter sans s’incruster. Etre gai et léger. Se réjouir chaque matin d’être toujours là, et se réjouir chaque soir de s’y trouver encore !

Voilà le programme, le seul et l’unique, pour rendre vraie la maxime « plus vieux, plus heureux ».

CRUES AU NORD , ASSECHEMENT AU SUD: LA CRISE CLIMATIQUE DEREGLE DEJA NOS RIVIERES

Durée de lecture : 4 minutes

17 octobre 2019 / Lorène Lavocat (Reporterre)

Une étude internationale conduite sur 50 ans montre qu’à cause du changement climatique, le nord de la Loire pourrait connaitre des crues plus intenses, tandis que le sud verra ses cours d’eau asséchés. La solution ? « Bannir les solutions de bétonisation et d’artificialisation des cours d’eau. »

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Des crues plus intenses au nord de la Loire et des rivières moins tumultueuses au sud. Plus de doute, « le changement climatique altère le régime des crues ». C’est la conclusion inédite d’une étude internationale publiée fin août dans la revue Nature, intitulée Changing climate both increases and decreases European river floods, soit Le changement climatique augmente et diminue à la fois les crues des rivières européennes.

Jusqu’à présent, les scientifiques n’étaient pas parvenus à déterminer de lien entre dérèglement du climat et intensité des crues. En cause, d’après Éric Sauquet, hydrologue à l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture(IRSTEA) et co-auteur de l’étude, des bases de données éparses et la difficulté du travail de terrain. « Évaluer un débit d’eau n’est pas simple, explique-t-il. Il s’agit de mesurer une hauteur d’eau, en prenant en compte la géométrie de la rivière, la vitesse du courant et de nombreux paramètres qui compliquent l’analyse. »

Les données de 3.700 stations hydrométriques en Europe, sur une période de 50 ans, ont été analysées

Trente-cinq groupes de recherche européens ont donc joint leurs forces afin d’analyser les données de 3.700 stations hydrométriques — des dispositifs de mesure installés sur un cours d’eau — en Europe sur une période de 50 ans, de 1960 à 2010. L’objectif, précise M. Sauquet, est de « regarder dans le passé les grandes tendances », afin de mieux comprendre ce qui nous attend.

Premier enseignement : le régime des cours d’eau est d’ores et déjà bouleversé. « En Europe centrale et dans le nord-ouest, le débit des crues augmente du fait d’une hausse des précipitations et d’une humidité accrue des sols, indique l’IRSTEA dans un communiqué présentant l’étude. À l’inverse, l’amplitude des crues diminue dans le sud de l’Europe car le changement climatique induit une diminution des précipitations et une augmentation des températures, causant une hausse de l’évaporation dans les sols. » En France, on retrouve ce découpage, de part et d’autre de la Loire. L’ampleur du changement est d’ailleurs conséquente : en 50 ans, on constate, d’un côté, une diminution du niveau des crues jusqu’à 23 %, et de l’autre, une augmentation jusqu’à 11 %.

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Il y a un découpage de part et d’autre de la Loire : en 50 ans, on constate, d’un côté, une diminution du niveau des crues jusqu’à 23 %, et de l’autre, une augmentation jusqu’à 11 %.

 L es évolutions observées ne sont pas uniquement dues à la hausse des températures », précise Éric Sauquet, citant également l’aménagement des rivières ou la construction de barrages comme causes possibles des crues. Pour autant, les chercheurs pointent le changement climatique comme « facteur décisif ». Ce qui ne laisse rien présager de bon.

« L’effet principal du changement climatique se ressentira principalement sur les cours d’eau de montagne, dans les Alpes et dans les Pyrénées »

Dans les prochaines décennies, le nord du pays pourrait ainsi connaître des crues plus intenses, et donc des inondations plus importantes, tandis que le sud verrait ses cours d’eau asséchés. Mais « l’effet principal du changement climatique se ressentira principalement sur les cours d’eau de montagne, dans les Alpes et dans les Pyrénées, précise Eric Sauquet. La neige va fortement diminuer et donc sa contribution aux débits des rivières. »

Ces modifications vont de pair avec une diminution générale des débits moyens sur les cours d’eau français, qui pourrait atteindre 40 % dans les régions Seine-Normandie et Adour-Garonne.

Comment peut-on avoir en même temps des débits plus faibles et des crues plus intenses ? « Tout n’est pas linéaire, explique M. Sauquet. Le dérèglement climatique entraine des climats et donc des régimes beaucoup plus contrastés, avec à la fois des étiages plus sévères, des écoulements plus faibles mais aussi des périodes plus humides. L’augmentation des températures, de + 2° ou + 3° C, ne se répartit pas de manière uniforme, on aura des contrastes saisonniers, qui se retrouvent sur les débits des cours d’eau. »

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Les chercheurs ont constaté une augmentation des débits de crue dans le nord-ouest de l’Europe alors qu’ils diminuent dans le sud et l’est de l’Europe.

De plus, certaines variables pourraient encore complexifier les prévisions. « Les crues des petits cours d’eau et le risque d’inondation par ruissellement peuvent être plus importants à cause de l’augmentation de la fréquence des orages », note ainsi l’Irstea. Or des scientifiques ont déjà montré que les épisodes de pluies extrêmes devraient s’intensifier avec le changement climatique.

Sans oublier l’imperméabilisation croissante des sols, via la bétonisation, qui « augmente le transfert d’eau vers les rivières, puisque le sol ne joue plus son rôle de réservoir temporaire », souligne Éric Sauquet. Les opérations de recalibrage des cours d’eau — telle la construction de digues — en perturbant le lien entre les rivières et les nappes, accentuent également les risques d’inondation.

Pour le chercheur, l’essentiel reste désormais de « ne pas augmenter notre vulnérabilité ». Il s’agit de « mieux connaître l’aléa pour mieux anticiper », de « bannir les solutions de bétonisation et d’artificialisation des cours d’eau et coopérer avec la nature ». Et surtout d’arrêter « de construire n’importe où », notamment près des cours d’eau.

LA MARCHE AU RYTHME DES SENIORS

Les seniors sont devenus le cœur de cible des agences spécialisées dans le voyage à pied. Et plébiscitent les formules de périples tout confort.

Par Annie Barbaccia , un article du Figaro.

Les papy-boomers ont du temps, de l'argent, et sont en forme. Leur sport préféré ? La randonnée pédestre, une activité tonique et douce qui entretient le corps sans l'user. 44 % d'entre eux s'y adonnent, souvent le temps d'une journée, pour des balades de proximité avec une association ou un groupe d'amis. « 70 % de nos adhérents ont plus de 50 ans », précise Claude Hue, présidente déléguée de la Fédération française de la randonnée pédestre (FFRP). Même si celle-ci ne regroupe que 200 000 adeptes sur un total de 15 millions de randonneurs, la répartition par tranche d'âge laisse rêveur : les 60-69 ans arrivent en tête, suivis par les 50-59 ans et les 70-79 ans.

Dans cette population âgée, ceux qui crapahutent plusieurs jours d'affilée sur des itinéraires organisés restent difficiles à quantifier. Une seule certitude : « Ils sont de plus en plus nombreux », affirme Claude Hue. « Ces voyageurs sont des sportifs et des curieux de nature », commente Hervé Tribot La Spière, directeur d'Explorator. Bon nombre de voyagistes spécialistes de l'« aventure », autrement dit des périples pédestres, confirment ce constat et élaborent des formules pour les seniors, désormais cœur de cible. Les marcheurs purs et durs sept heures par jour sac sur le dos et nuit en bivouac ne représentent pas le gros de leurs troupes. Même s'ils aiment l'effort, la plupart des clients apprécient le portage des bagages, quasiment assuré sur tous les voyages.

Des formules « vitalité »

Les organisateurs tiennent aussi compte des souhaits spécifiques. « Nous enregistrons de plus en plus de demandes de circuits sur mesure de gens qui invitent toute leur famille pour une grande occasion, comme leurs noces d'or », relève Hervé Tribot La Spière. Et ils intègrent les réflexions du style : « J'ai passé l'âge, c'est un peu trop dur pour moi. » Depuis quelque temps, on assiste donc à une éclosion d'aventures plus douces avec un temps de marche quotidien limité à trois ou quatre heures et, surtout, des étapes plus confortables. « Les plus de 50 ans ont toujours représenté 35 % de nos clients. Mais ils nous quittaient aux alentours de la soixantaine pour cause d'inconfort au bivouac, explique Xavier Descamps, PDG de Club Aventure. Aussi, depuis deux ans, nous avons amélioré la logistique sur certains treks. Dans le désert, par exemple, on remplace les matelas de 5 cm d'épaisseur par des lits de camp et l'on dîne autour d'une table pliante plutôt qu'assis par terre. »

« En cinq ans, la moyenne d'âge de notre clientèle est passée de moins de 50 ans à 50-55 ans et plus de 15 % sont des retraités, note Vincent Fontvieille, PDG de La Balaguère, spécialiste des randonnées en France. Beaucoup découvrent le voyage à pied sur le tard et se montrent très exigeants sur le confort et les prestations. Voilà pourquoi nous privilégions désormais les étapes à l'hôtel plutôt qu'en gîte. »

En Bretagne, la Compagnie des sentiers maritimes fait un tabac avec ses formules « vitalité » : un séjour hôtelier dans une station balnéaire agrémenté chaque jour d'une randonnée accompagnée et, deux à trois fois par semaine, de séances de thalassothérapie. « 40 % des clients sont des seniors et ils sont chaque année plus nombreux » , constate Joël Gorin, le gérant de l'agence.

À Chamonix, la Compagnie des guides lance cette année un tour du mont Blanc d'un nouveau genre : 2 h 30 à 3 heures de marche par jour seulement (contre les 7 heures habituellement), des visites du patrimoine et des nuits en hôtel 2 et 3 étoiles. « Sur cet itinéraire, un tiers des randonneurs ont plus de 60 ans. Ce n'était pas le cas il y a vingt ans. Nous avons donc pensé qu'un périple plus tranquille ponctué de visites culturelles pourrait les intéresser, commente Claire Tchiolière, accompagnatrice. Mais ce n'est pas réservé aux seniors, tout le monde peut venir. » La précision est importante. « Il y a dix ans, nous avions lancé une gamme spécifiquement “seniors”, ce fut un fiasco », se souvient Vincent Fontvieille. Tact oblige, aucun trek ne porte aujourd'hui ce label : les seniors aiment le grand air. Pas les ghettos.

LA MARCHE...VUE PAR CHRISTOPHE ANDRE

« Marcher dans une forêt entre deux haies de fougères transfigurées par l’automne, c’est cela un triomphe. Que sont à côté suffrages et ovations ? » Cioran, penseur réputé pour son nihilisme, n’aimait rien plus que de longues marches dans la nature, qu’il s’agisse de campagnes ou de forêts, où il puisait vraisemblablement inspiration et réconfort.

L’autre jour, en bavardant avec une amie, je lui expliquais que j’avais besoin d’aller marcher tous les jours dans le vert, de me balader une heure, comme ça, sans but, pour faire du bien à mon corps et nettoyer mon esprit. Et que je ne refusais jamais une proposition de promenade avec des amis. Mon amie en riait, en me racontait qu’elle était obligée de faire la même chose plusieurs fois par jour, mais pour balader son chien.

Et je songeais alors que ce qu’elle faisait pour son chien, ça me faisait du bien le faire pour moi : que j‘étais dans l’histoire à la fois le maître et le chien. Le chien de moi-même : une moitié infatigable et toujours prête à sortir faire un tour ; une moitié parfois plus paresseuse et rapide à trouver des arguments pour rester dedans (trop froid, trop chaud, trop nuit, un peu grippé, fatigué, trop de choses à faire…).

Mais c’est toujours le chien en moi qui gagne : ni la pluie ni le mauvais temps ne me dissuadent jamais ; simplement, je m’équipe en conséquence. Et les promenades, dans les bois ou sur les plages, lorsqu’elles ont lieu sous la pluie, ont ceci de savoureux qu’on y est seul, que les odeurs y prennent une note particulière et différente de ce que l’on renifle par temps sec : un plaisir supplémentaire !

Depuis quelques années, lors de mes marches dans les bois, je croise de plus en plus de grands troupeaux de chiens, accompagnés d’un ou deux dog-sitters, souvent des femmes. Ces bandes sont sympathiques et amusantes : les chiens ont de bonnes têtes, appartiennent à des races incroyablement variées, ont des comportements sociaux très différents, entre les leaders et les suiveurs, les autonomes et les dépendants ; leur joie d’être ensemble à galoper et renifler dans la nature fait plaisir à voir.

Mais par ailleurs, les croiser ne me réjouit pas pleinement : leurs accompagnatrices hurlent et braillent régulièrement pour les rappeler à l’ordre, c’est moins agréable à entendre que les chants d’oiseaux. Et puis leur présence est un symptôme : leurs maîtres les ont achetés pour un prix élevé (ce sont des chiens de race) et n’ont pas le temps de s’en occuper (puisqu’ils les mettent en pension).

Cela aboutit à des cacas en plus sur les trottoirs ou au milieu des chemins, de l’argent gaspillé et des animaux tués pour leur nourriture, et des chiens chargés de mission (soutien affectif aux propriétaires ou signe de statut et de distinction sociale). Drôle d’époque…

Je croise aussi parfois, même dans les bois, des humains juchés sur ces engins urbains destinés à nous épargner des efforts de déambulation, comme les trottinettes électriques et autres gyropodes motorisés : sous prétexte d’économiser nos forces et nos articulations, ils risquent de nous priver – entre autres bienfaits - de cette source gratuite et écologique d’émotions positives que représente la marche. Absurde, tout de même, quand on sait la grande fréquence des symptômes de stress et de dépression !

D’ailleurs, psychiatres, psychologues et autres soignants ne devraient-ils pas proposer plus souvent à leurs patients des consultations marchées, où les échanges psychothérapiques auraient lieu dans les jardins publics du quartier ? Ils rejoindraient ainsi la prestigieuse filiation des philosophes péripatéticiens (du grec peripatetikos : « qui aime se promener »), dont Aristote fut le chef de file, et qui appréciaient de réfléchir en déambulant et en discutant entre eux.

Car la marche, de nombreuses études l’ont prouvé, a aussi d’autres vertus que celles de nous remonter le moral, facilitant la créativité, la concentration, la neurogenèse, freinant le déclin cognitif, etc.

Mais ceci est une autre histoire, et d’ailleurs, il est maintenant temps pour vous d’aller vous dégourdir les jambes !

PS : cet article a été initialement publié dans Kaizen en juillet-août 2019

IMG_5599.JPG La forêt domaniale de l'Escandorgue

LE SAUVAGE EST NOTRE AVENIR

Reporterre4.jpg 2 septembre 2019 / Alain-Claude Rameau

Notre « civilisation », explique l’auteur de cette tribune, se définit par son mépris, sinon le dégoût, des « choses de la nature ».

Alain-Claude Rameau est l’auteur de Nos forêts en danger, publié aux éditions Atlande en 2017. Il est forestier, écologue et s’investit dans de nombreuses ONG régionales et nationales traitant de la forêt et de ses enjeux. Il fait aussi partie de l’Agence régionale pour la biodiversité en Nouvelle-Aquitaine et des experts forêts du comité français de l’UICN, l’Union internationale pour la conservation de la nature.

"Un jour viendra où l’on jugera notre société non à la manière dont elle a dominé la nature, mais à la part de sauvage qu’elle aura été capable de sauvegarder" Robert Hainard, cité dans À la découverte de la France sauvage, de A.Persuy, Le sang de la Terre, 2013

Cette citation de Robert Hainard illustre parfaitement une des questions fondamentales posées par l’arrogance de notre « civilisation » et la totale déconnexion des choses de la nature que montrent une majorité de nos contemporains : qu’une malheureuse herbe s’entête à conquérir quelques bas de murs, quelques bordures de trottoir en ville, la voici immédiatement condamnée par des citadins en mal de béton. Qu’un téméraire renard ose poser les pattes nuitamment sur quelque artère urbaine, l’indignation sélective de certains ne manque pas : un animal SAUVAGE en ville ? Vous n’y pensez pas !

Quant à ceux qui se hasardent en pays étranger, c’est-à-dire en forêt, bien souvent leur hardiesse se limite à faire cent mètres à côté de la voiture… Mais certains regardent sans doute sur leur iPhone, tablette ou écran télé des documentaires animaliers confortables : pas d’odeurs ni de météo désagréable : une nature offerte et aseptisée !

Tout ce qui échappe à la maîtrise humaine, au contrôle, à la mise en équations, perturbe

Parler de boisements en libre évolution, c’est-à-dire livrés au lent déroulement des mécanismes naturels, à la course lente du temps et à ses stigmates, fait horreur à certains : tout ce qui échappe à la maîtrise humaine, au contrôle, à la mise en équations, perturbe. Jusqu’à certains professionnels de la nature : qui n’a vu des terrains « protégés » affublés de panneaux informatifs sophistiqués, voire de sculptures et autres éléments d’aménagement, comme si la simple contemplation était suspecte de ringardise ?

La friche, le marais, le lierre, la ronce, le bois mort, la lande, autant de mal aimés, d’incompris, de vilipendés, car synonymes, révélateurs d’espaces perdus… mais perdus pour qui, au fait ? Les promoteurs, les bétonneurs, les aménageurs ? Certes pas pour l’ortie, le petit mammifère, l’araignée, le passereau et le papillon, la fleur sauvage et le silence réparateur.

En un autre siècle, des civilisations autres que la nôtre étaient qualifiées de sauvages, donc de primitives, termes se rejoignant dans l’opprobre et le déclassement : alors même que ces peuplades n’avaient que très rarement détruit leur environnement, destruction qui est une des belles preuves de civilisation que notre société productiviste persiste à étaler au gré de ses appétits.

Savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses

Nonobstant le « bon sauvage » cher à Rousseau, nous avons partout méprisé, écrasé ce qui n’était pas nous, imposé notre pouvoir, notre religion, notre technologie, ivres de puissance et de fatuité.

L’animal sauvage est réputé res nullius [sans maître, mais appropriable]. Il est livré « au plus tirant » ! traqué et tué au gré des lobbys et de ceux qui ne voient en lui qu’objet de loisir, en lui déniant tout droit d’existence.

Il est alors grand temps de célébrer le sauvage, de savoir admirer la magie des plumes, des rameaux, des herbes et des vents, des épines et des ombres, des mousses et de leur espace de libre expression, ce jardin de nature qui vit s’épanouir l’incroyable diversité du vivant.

Nous en sommes comptables : le sauvage, que d’aucuns voudraient rejeter dans le passé, est notre avenir, si tant est que nous soyons encore demain ouverts à l’émerveillement de l’altérité.

LA SAGA DE DOUILLOUIS

29 juin 2019 Bienvenue au pays de l' ours https://www.paysdelours.com/ Douillouis1.jpg RAYMOND ROIG/AFP

Dans GEOLOGICA y a longtemps que je ne vous ai pas parlé des ours des Pyrénées. Voici, la saga de Douillouis : un petit ourson ariégeois, retrouvé seul, recueilli par l' ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage ), mis à l'abri dans le Tarn, puis fugueur et finalement retrouvé et remis « en lieu sûr ». Happy ending !

C'est une dépêche de FR3 Occitanie qui l'annonce : « Un jeune ours des Pyrénées, sans doute né durant l'hiver, a été retrouvé ce lundi 10 juin, esseulé, sans doute coupé de sa mère, indique la préfecture de l'Ariège. »  C'est un habitant qui a signalé l'ourson isolé aux autorités. L'ourson se trouvait près de Salau, sur la commune de Coufflens, vraisemblablement écarté de sa mère par un mâle.

Dans la foulée, les services du suivi de l'ours de l'Office national de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) sont intervenus et mettent en place le protocole "ours en difficulté"

L'ourson va être confié à un centre de soins vétérinaires, a indiqué la préfecture qui publie une photo de l'ourson en cage.

Douillouis.jpg Cet ourson on va l'appeler Douillouis, nom du lieu où il a été retrouvé. A L'AFP, Nicolas Alban délégué Occitanie de l'ONCFS donne quelques détails, : l'ourson aurait 5 mois environ, non sevré et la séparation avec sa mère la fortement affaibli, dénutri et déshydraté soulignant qu'il n'avait « aucune chance de survie dans la nature ».

Après examen vétérinaire, Douilllouis est transféré dans le Tarn, à Saint-Pierre de Trivisy, un secteur montagneux et forestier, chez un spécialiste des animaux sauvages pour se requinquer Et un petit feuilleton commence  Petit ourson est fugueur, il ne lui faudra que quelques jours pour échapper à la vigilance de son gardien, creuser un trou sous le grillage et retrouver sa liberté bien loin des Pyrénées. Le petit Douillous n'ira pas très loin, repéré proche de son enclos par un agriculteur, s'ensuit une petite course-poursuite à travers champs , l'ourson est vite rattrapé. L’objectif est désormais, comme la première fois, de la requinquer sans qu’il s’habitue à l’homme pour le relâcher ensuite dans les Pyrénées L’endroit où se situe sa nouvelle infirmerie, la deuxième en une semaine dans la vie mouvementée du petit Douillous, n’a pas été révélé. Happy end !

Une cinquantaine d'ours vivent dans le massif pyrénéen

Début juin, l'Office, qui est en charge des politiques publiques en matière de biodiversité, avait annoncé que les deux oursons de Sorita, l'une des deux ourses slovènes introduites dans les Pyrénées en 2018, avaient probablement été tués par un ours mâle.

Les deux oursons étaient nés dans les Hautes-Pyrénées dans la tanière de leur mère fécondée en Slovénie. Mi-avril, les agents de l'ONCFS avaient pu confirmer la présence des bébés aux côtés de Sorita mais, n'avaient, depuis lors, plus retrouvé de traces de vie. Selon l'ONCFS, une cinquantaine d'ours vivent dans le massif pyrénéen avec une concentration d'individus dans « un noyau central dans l'ouest de l'Ariège », à l'endroit même où l'ourson a été sauvé.

INTERVIEW - RENCONTRE AVEC FRED VARGAS - Club Nouvelles Clés -Juin 2019 Fed Vargas.jpg On connaissait la romancière aux millions de lecteurs, on oubliait que sa formation était scientifique et qu'il s'agissait d'une militante de choc. Son immense talent de reine du suspense, Fred Vargas le met au service de la cause écologique. Dieu sait si nous sommes chaque jour assaillis par des chiffres affolants, sur le climat, la pollution, la mort des espèces et de l'humus, les flux migratoires qui en résultent, etc. Mais jamais on ne nous avait présenté ces chiffres comme dans L'Humanité en péril ! C'est fait avec tant d'intelligence, d'humour noir et de révolte, que vous êtes OBLIGÉ de tout lire. Et vous comprenez, entre mille autres exemples, que quand le GIEC (le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) supplie les Etats de tout faire pour rester en-dessous de 2° C de hausse de température, c'est que cette moyenne signifierait, sur bien des continents, une hausse de 10° C et donc une menace de mort pour 75 % de l'humanité. Ce livre est un manifeste époustouflant contre les Etats et les multinationales. Il se termine par une double liste de recommandations : à l'intention des gouvernants, mais surtout à la nôtre. Le mouvement pour le climat doit s'amplifier, partout, et surtout très vite. C'est une lutte pour la vie.

Auteure d'une vingtaine de romans policiers, dont le commissaire Adamsberg est souvent le héros, tous grands best-sellers et adaptés à l'écran, Fred Vargas s'est plusieurs fois engagée politiquement depuis les années 2000. Avec L'Humanité en péril, elle franchit un pas décisif : le combat écologique devient pour elle la question n°1. Futura.jpg L'interview

Patrice van Eersel : Vous parvenez (avec maestria) à nous faire avaler des kilomètres de chiffres terribles. Le but est-il de nous réveiller d’un sommeil profond ?

Fred Vargas : Mon but est de lutter contre la désinformation totale dont les gens sont victimes. Si bien que nous continuons de vivre comme si de rien n’était, alors qu’un immense danger menace l’humanité. Je pense qu’une fois les gens informés, ils se mobiliseront nécessairement.

Patrice van Eersel : Votre critique n°1 vise-t-elle surtout les Etats, qui savent tout mais se taisent ?

Fred Vargas : Oui, j’estime que les gouvernants avaient depuis des décennies (premier Sommet de la Terre en 1972 !) le devoir impérieux de nous informer de la situation planétaire. Mais informer les gens du péril, c’est risquer de créer une contraction économique : or leur priorité, tous bords confondus, va toujours à l’Argent et donc à la consommation. C’est cette obsession constante qui a amené l’humanité au bord du gouffre.

Patrice van Eersel : Ne faites-vous aucune confiance aux puissants, comptant uniquement sur « les Gens », comme vous dites ?

Fred Vargas : Votre question est double ! Non, je ne leur fais aucune confiance. D’une part parce qu’ils sont englués dans une volonté de croissance mortifère qu’ils souhaitent à toute force perpétuer. D’autre part parce que cela fait au moins quarante ans qu’ils auraient dû agir !Mais ils n'ont rien fait, et vont au contraire dans le mauvais sens. Un seul exemple : lors de la dernière Conférence sur le climat il y a quatre mois (la COP, la 24e !), les gouvernants ont décidé de passer outre la recommandation du GIEC (l'inattaquable Groupe d'experts Intergouvernemental sur l'évolution du climat) de ne surtout pas dépasser une température de 1,5° C, et ont opté pour une augmentation de + 2° C malgré le signal d'alarme tiré par l'ONU ! Les gens, parce que mal informés, se disent : « 2° C de plus, ce n'est pas grand-chose. » Au contraire, c'est énorme. Car ces 2° C sont une moyenne mondiale, qui tient donc compte de la température des océans, des pôles, etc.Les gouvernants sont à la merci des richissimes multinationales industrielles (les lobbies) qui ne veulent en aucun cas réduire leurs profits, synonymes d’émissions de gaz à effet de serre et de pollution. J’estime donc que le changement obligatoire, vital, ne viendra pas « d’en-haut », mais bien « d’en-bas ». Les gens et les jeunes n’admettront pas de voir leur vie sacrifiée au profit du monde des Affaires ! J’ai exposé dans mon livre tout ce que nous, nous pouvions faire, par exemple contre l’immense et destructeur lobby de l’élevage-agriculture industriel, qui prélève 70 % de l’eau de la planète (!), qui est la première source de pollution des eaux et des pluies acides, et qui émet de grandes quantités de gaz à effet de serre !

Patrice van Eersel : Les révoltes populistes seraient un début de réponse ?

Fred Vargas : Si par « populiste » vous entendez gouvernements d’extrême-droite, ce serait une catastrophe ! Mais si vous entendez par là un rejet massif de la passivité des gouvernants et du règne des lobbies, alors oui, le changement de nos comportements, les manifestations, les luttes (sans violence) apporteront une réponse. Nous allons assister à la fi n de ce système qui a causé notre chute, et à l’émergence de nouveaux modèles d’existence, indispensables à notre survie. FV.jpg COQUELICOTS ET LUTTE POUR LE CLIMAT

6 juin 2019 / Fabrice Nicolino

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« Comment pourrait-on supporter d’avoir détruit l’Empire des pesticides si le monde était transformé en fournaise ? » .

Fabrice Nicolino est président de Nous voulons des coquelicots, qui milite pour l’interdiction de tous les pesticides de synthèse. Le mouvement des Coquelicots se déploie sous la forme d’une pétition et d’une mobilisation chaque premier vendredi du mois. Ce mois-ci Fabrice propose aux groupes locaux des Coquelicots d’organiser un mariage festif entre les Coquelicots et la mobilisation contre le dérèglement climatique.

Permettez à l’auteur de ce texte de dire aux plus jeunes des lecteurs : je vous envie un peu. Une extraordinaire aventure vous attend. Une aventure historique. Mieux, une aventure collective sans aucun précédent connu. Il s’agit hélas d’une guerre contre l’extermination du vivant, mais elle n’aura rien à voir avec les précédentes.

****Ceux qui la mènent et la mèneront à vos côtés portent en oriflamme la beauté du monde, et réussiront fatalement à réunir les sociétés humaines. Il n’est pas possible, il n’est pas concevable que de si dérisoires minorités assoiffées d’or fassent tourner l’univers au son abominable du chiffre d’affaires. Cela ne sera plus longtemps toléré, et vous serez, j’en suis réellement convaincu, au rendez-vous.

Jeunes et moins jeunes gens qui vous levez ces jours-ci, l’action contre le dérèglement climatique et celle contre les pesticides sont voisines et parallèles. À quoi servirait de désamorcer la bombe climatique dans un monde privé du pépiement des oiseaux et de la joliesse des papillons ? Mais comment pourrait-on supporter d’avoir détruit l’Empire des pesticides si le monde était transformé en fournaise, traversé d’inondations et de typhons ?

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Le mouvement des Coquelicots, lancé le 12 septembre 2018, promet une victoire à notre portée. Entre 700 et 800 rassemblements simultanés ont lieu le premier vendredi de chaque mois devant les mairies de notre pays, soit plusieurs dizaines de milliers de personnes. Chaque mois. Et 720.000 femmes et hommes ont déjà rejointl’Appel des Coquelicots, qui n’a jamais été une pétition, mais un solennel engagement à l’action. Nous visons toujours cinq millions de soutiens en octobre 2020.

Est-ce fou ? Alors nous le sommes. Mais la société française est prête, ainsi que le montre, après tant d’autres signaux, un sondage de l’Ifop publié fin mai. 89 % des Français sondés sont pour une interdiction totale des pesticides d’ici à cinq ans. Nous sommes la société, et ceux qui défendent l’empoisonnement ne sont jamais qu’une coterie.

Ce vendredi 7 juin aura lieu notre neuvième rassemblement mensuel – à 18h30 – et nous avons proposé aux groupes locaux d’organiser un mariage festif entre les Coquelicots et la mobilisation en cours contre le dérèglement climatique. Proposé, et non imposé, car notre mouvement a la chance de ne pas connaître les ordres, la hiérarchie, la contrainte. Nous savons, car nous avons confiance dans notre force, que les décisions sur le terrain seront de toute façon les meilleures. La grâce autrefois éternelle des papillons, leurs démentes couleurs... Tout cela s’en va au grand galop de la mort

A-t-on seulement le choix ? Le climat, cette bénédiction à peu près stable pendant douze milliers d’années, est désormais un fou dangereux. Il aura permis l’émergence des civilisations, de toutes ces civilisations que nous vénérons tant. L’Égypte de Pharaon, la Chine de l’empereur Jaune, la civilisation Chavín d’avant les Incas, Nok, Aksoum, Sumer, Babylone, Athènes, Rome n’auraient pas vu le jour sans la garantie de récoltes à peu près régulières. À peu près.

Et c’est donc fini. Comme si cela ne suffisait pas, un autre phénomène incroyable se déroule devant nous, sous tant de regards incrédules. La vie disparaît, comme une goutte d’eau au soleil, qui se transforme en vapeur avant de se perdre dans l’azur. La beauté nous quitte, sans esprit de retour. Des formes nées au fil d’un temps immense de milliers de siècles ne pourront plus être admirées par quiconque. Et certaines, déjà nombreuses, ont versé dans le néant.

Je suis né dans un monde de grands espaces dont je croyais naïvement qu’ils seraient toujours là. J’ai vécu au temps où il y avait encore des tigres par milliers, jusqu’aux portes de l’Europe. Il en reste quelques groupes épars, traqués par la cupidité, la stupidité, la déraison la plus totale. Et c’est vrai des si fabuleux grands singes, des orang-outans aux chimpanzés des films de mon enfance. Et c’est vrai des éléphants, dont les racines menaient jadis au ciel. Et c’est vrai des lions et des guépards, rois déchus des savanes, qu’on ne verra bientôt plus que derrière les barreaux des prisons humaines.

Bien sûr, ces animaux grandioses ne doivent pas cacher tous les autres, magnifiques eux aussi. Les papillons, la grâce autrefois éternelle des papillons, leurs démentes couleurs, tout cela s’en va au grand galop de la mort. Nous en aurions perdu la moitié en une vingtaine d’années. Et le tiers des oiseaux de France, qui ont autant de droits d’être ici que nous. En quinze ans. Et les abeilles, et les pollinisateurs qui fertilisent le tiers de l’alimentation des humains sur la terre. Et des centaines, et des milliers de beautés ordinaires, qui ne peuvent continuer la route commune.

Oui, c’est incroyable. On peut, on pourrait sans doute détourner les yeux une fois de plus. Mais non, cette fois, je pressens que vous n’en ferez rien. Je sens monter, comme d’autres, un considérable mouvement de la jeunesse, qui rebattra enfin les cartes décisives.

Nul humain digne de ce nom ne peut plus reculer. Nous allons gagner, car nous n’avons pas d’autre choix. Nous vaincrons, car la vaillance sera chaque jour un peu plus de notre côté. Nous sommes le seul avenir possible.

texte extrait d'une tribune de REPORTERRE

ENGAGEMENTS D’UNE VIE. LA LIGUE NATIONALE CONTRE LE CANCER.

18 avril 2019 - extrait du blog d'Axel Khan

Deux épisodes ont joué un rôle déterminant dans la conduite de ma vie morale, je les ai relatés dans différents ouvrages. Le premier est, à quinze ans, la perte brutale de ma foi catholique qui a débouché sur la volonté de refonder en raison les bases d’un humanisme, laïc puisqu’il ne faisait plus l’hypothèse de Dieu. La seconde est, lorsque j’avais vingt-six ans, l’injonction de mon père, avant de se donner la mort, « Sois raisonnable et humain !». Plus jeune, il m’avait déjà éclairé sur ce qu’un « type bien » ne devait en aucun cas dire et faire.

Ainsi guidé, je me suis investi dans ma jeunesse, et en diverses occasions ensuite, dans la vie publique et politique. Cependant, le dessein de telles actions – favoriser l’épanouissement des personnes grâce à l’organisation du pays et de la cité – m’est vite apparu similaire à l’objet de la réflexion éthique : penser et créer les conditions de la « vie bonne » pour les autres, tous les autres. Mes engagements ont dès lors été dominés par les démarches éthiques et humanistes : coopération en brousse africaine, travail en dispensaire, enseignement, recherche, aide aux personnes handicapées, création de la Fondation internationale de recherche appliquée sur le handicap, partenariat ancien avec la Ligue contre le cancer. L’action militante politique déçoit souvent, l’énergie investie n’apparait pas toujours avoir été utile…De tels questionnements et regrets sont impossibles pour qui s’est voué au service, parfois au salut des autres. Une seule personne aidée, allant mieux de ce fait qu’elle ne serait allée si on ne lui avait pas tendu la main, est en elle-même une justification absolue de tout ce qui a été entrepris. Dans ma soixante-quinzième année, ayant écrit les livres que je devais écrire, la question s’est posée du meilleur usage possible de ce qu’il me reste de dynamisme, de mes compétences et de ma notoriété.

La réponse est la Ligue Nationale contre le Cancer. Cette vénérable association centenaire est une fédération de cent-trois comités départementaux, elle compte six-cent mille membres donateurs, quatorze milles acteurs bénévole. Recueillant une centaine de millions d’euros de dons et legs tous les ans, la Ligue est la plus importante association caritative du pays, un acteur majeur de l’aide à la recherche en cancérologie, de soutien aux malades et à leurs familles et d’information de la population générale dans le champ du cancer. Je suis actif en ce domaine depuis cinquante ans.

Ancien interne des hôpitaux de Paris, hématologiste, j’ai depuis 1969 eu à traiter des malades atteints de différentes formes de leucémies et de cancers. Chercheur, mes travaux y ont en partie été consacrés, et cela jusqu’à mon départ du laboratoire que je dirigeais. Outre les hémopathies, mes recherches ont porté sur la cancérogenèse hépatique et colique, sur la création par transgenèse et invalidation génique d’une grande diversité de modèles tumoraux chez le rongeur de laboratoire, outils d’analyse de la progression tumorale et de l’efficacité de différents traitement expérimentaux. Bien entendu, plusieurs équipes des laboratoires que j’ai dirigés, de l’université que j’ai présidée, ont été financées, voire labellisées par La Ligue.

Cofondateur du journal Médecine – Sciences, j’en ai été rédacteur-en-chef durant quinze ans, y publiant un « Lexique Gènes et Cancers » aux débuts de l’oncologie moléculaire. J’ai aussi assuré la rédaction-en-chef de la revue « Thérapie ciblée des cancer »

Je participe depuis trente ans à la vie de la Ligue, au côté de ses présidents successifs depuis Pierre Guillaumat, Gabriel Pallez, Henri Pujol et leurs successeurs. De 1989 à 1997, j’ai été le Vice-Président du Conseil Scientifique National présidé par Jean-François Bach. J’ai en 2004, sous la présidence d’Henri Pujol, créé avec Françoise May-Levin le groupe d’étude de réflexion et d’éthique de la Ligue, transformé en 2008 par madame la Ministre Roselyne Bachelot et avec le soutien du président Francis Larra, en Comité Éthique et Cancer. Je le préside depuis.

Mon attachement indéfectible à la Ligue possède des racines scientifiques, affectives et est lié à mon combat humaniste qui est celui d’une vie. Outre son soutien à la recherche, la Ligue et ses comités départementaux mènent, je l’ai dit, une lutte magnifique d’information des populations, de soutien aux malades et aux familles. Il s’agit là d’une véritable délégation de service public essentielle au pays. Présente au plus près des besoins dans chaque département, La Ligue se mobilise aussi pour les grandes causes nationales en rapport avec le cancer, ses déterminants, sa prévention, son traitement, la vie des personnes guéries. Alors que les cancers frapperont à l’avenir près d’une personne sur deux, l’action de la Ligue est appelée à devenir toujours plus indispensable. Elle doit pour faire face à ce qui s’annonce se développer encore, localement et nationalement.

J’ai conscience des menaces et incertitudes qui pèsent sur le flux des dons et legs, le carburant vital des actions de la Ligue. Assurer sa crédibilité et accroitre encore son prestige sont des moyens conquérants d’une amplification qui s’impose des actions de la Ligue. Je suis disposé à m’y consacrer et à prendre toute ma place dans les combats futurs que, dans une atmosphère apaisée, nous aurons de la sorte les moyens de mener plus efficacement. Je suis candidat à la Présidence de la Ligue. L’élection se déroulera à Toulouse le 28 juin.

C’est là une tâche à plein temps, exaltante mais malaisée. Si je suis élu, je m’y consacrerai. Pleinement. Ni le cancer ni la générosité n’ont de préférences politiques ou sexuelles, ils concernent femmes, enfants, hommes de toutes ethnies et de toutes opinions. Ma position, si je suis élu, m’imposera une stricte neutralité. Je la respecterai. Merci de votre compréhension, merci peut-être demain de vos dons et de vos legs.

Axel Kahn, le jeudi dix-huit avril 2019.

FERUS communique:

ETAT DE LA POPULATION D'OURS DANS LES PYRENEES (BILAN 2018) : L'espèce toujours fragile

Le bilan 2018 concernant la population d’ours des Pyrénées vient d’être publié ( rapport annuel du réseau Ours brun . Sans être alarmant, ce décompte 2018 rappelle toutefois que la population d’ours dans les Pyrénées reste fragile et que nous devons continuer à l’accompagner pour obtenir un bon état de conservation.

En 2018, 40 ours ont été détectés dans les Pyrénées, dont les deux ourses lâchées en Béarn à l’automne 2018 soit 38 seulement sur la population existante. Pour rappel, le nombre d’ours détectés en 2017 était de 43.

L’aire de répartition passe à 7400 km² avec donc une augmentation de 2400 km² par rapport à 2017. Désormais, les services de l’État considèrent qu’il y a une seule population d’ours (et non deux noyaux de population).

Côté dégâts en France, 313 attaques sur troupeaux pour 516 animaux tués ou blessés et 7 sur ruchers pour 20 ruches détruites. Pour rappel, sur un cheptel en estive de près de 600 000 brebis, la profession agricole admet chaque année une perte de 18 000 à 30 000 brebis sur le massif des Pyrénées toutes causes confondues ; les dégâts causés par la population d’ours dans les Pyrénées représentent environ 2 % des pertes.

Il convient d’attendre le bilan 2019 de la population d’ours dans les Pyrénées pour mesurer sa bonne santé ou non. En attendant, FERUS reste vigilant et est fort de propositions pour que la France honore son engagement de restaurer sur son territoire une population d’ours en bon état de conservation.

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Répartition des ours en 2018 (carte Réseau Ours Brun – ONCFS)

L’aire de répartition passe à 7400 km² avec donc une augmentation de 2400 km² par rapport à 2017. La dispersion des deux femelles lâchées ont largement participé à l’augmentation de l’aire de répartition. Désormais, les services de l’État considèrent qu’il y a une seule population d’ours (et non deux noyaux de population) puisque suite aux déplacements de trois mâles, il y a une continuité de l’aire de présence entre les Pyrénées occidentales et les Pyrénées centro-orientales.

Ce bilan confirme aussi le retour de l’ours en Pyrénées orientales.

Pour lire l'article complet :

https://www.ferus.fr/actualite/etat-de-la-population-dours-dans-les-pyrenees-lespece-toujours-fragile

(Communiqué de la préfecture des Hautes-Pyrénées, 29 avril 2019)

SORITA A EU DEUX OURSONS

L’ourse Sorita s’est réveillée et est suitée de 2 oursons

Fin avril 2019, les agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) ont enfin pu établir un contact visuel avec l’ourse Sorita et confirmer la présence d’oursons à ses côtés. L’ourse lâchée en Béarn en octobre 2018 est en effet suitée de 2 oursons.

L’ourse Sorita est restée endormie en tanière au-delà de la mi-avril. Il y a quelques jours, elle a effectué une première brève sortie de son gîte hivernal. Un faisceau d’indices (phase d’hyperphagie en novembre, date tardive de sortie de tanière) indiquait alors aux spécialistes de l’ONCFS une probabilité significative de présence d’oursons avec elle. Les premiers mouvements de Sorita ont offert l’opportunité aux agents de l’ONCFS de tenter une observation à longue distance de l’ourse. Les deux oursons ont ainsi pu être détectés à la jumelle.

Depuis sa sortie de tanière, l’ourse Sorita se déplace lentement (du fait de la présence des oursons). Sa dernière localisation à la date du 29/04/2019 se situait sur la commune de Sazos, dans le secteur du Pic d’Ardiden.

Pour rappel, l’Ourse Sorita est équipée d’un collier émetteur qui permet de suivre ces déplacements. Le collier émetteur envoie les données aux services de l’ONCFS de manière groupée. Les données de localisation sont disponibles avec quelques heures, voire quelques jours, de décalage. En aucun cas, il n’est possible de connaître en temps réel la position de l’ourse.

Il est à noter que, dans le secteur de la tanière de Sorita, des traces (empreintes dans la neige) d’un autre ours ont été relevées les 17 et le 20 avril 2019. Ces indices ont été portés sur la fiche événement de la DREAL. Il pourrait s’agir de l’ours Rodri qui, depuis quelques années, fait des incursions dans les hautes Pyrénées

Sorita-Goulven-Rigaud.jpg (photo Goulven-Rigaud)

AVEC LA JEUNESSE POUR LE CLIMAT!

Partout dans le monde des jeunes se lèvent pour le climat. Le point culminant ? Ce sera le 15 mars à la veille des grandes marches climat organisées partout en France le 16 mars ! GEOLOGICA soutient ce mouvement.

GREVE DES JEUNES POUR LE CLIMAT Mouvement initié par Youth for Climate -France Youth for Climate France.jpg

Collégien.ne.s, lycéen.ne.s, étudiant.e.s, nous appelons à faire grève pour le climat le 15 mars

Depuis des années notre planète vit une crise sans précédent. La biodiversité s'effondre, les catastrophes liées au climat sont de plus en plus nombreuses, des millions de personnes sont obligées de migrer vers d'autres territoires et dans le même temps la température atteint -48°C à Chicago et +49°C en Australie.... L'humanité court à sa perte. Depuis plus de 50 ans, les scientifiques alertent sur la catastrophe qui nous guette mais les puissants de ce monde, pouvoirs publics et multinationales, continuent leur course à la croissance, agissant comme si l’urgence climatique ne les concernait pas. Aujourd’hui nous assistons à ce qui s'annonce comme étant la sixième extinction de masse.

« Puisque nos leaders se comportent comme des enfants, nous sommes obligés d'assumer la responsabilité qu'ils auraient dû endosser il y a bien longtemps ». C’est ce qu’a déclaré Greta Thunberg, une jeune suédoise de 16 ans qui, depuis le mois d’août dernier, mène une grève de l’école chaque vendredi. Alors que l’école est censée lui permettre de préparer son avenir, Greta, qui est à l’origine du mouvement Fridays For Future, nous interpelle sur le fait que son avenir est justement mis en péril par l’aggravation du dérèglement climatique qu’on ne se donne pas les moyens d’empêcher.

Les mots de Greta font écho aux derniers rapports scientifiques, notamment celui du GIEC. Une hausse de la température de 1,5°C aurait déjà un impact terrible sur les conditions de vie de l'Humanité, mais il est encore temps d'éviter le pire et l’augmentation de 3 à 4°C vers laquelle nous nous dirigeons. Pour cela, nous devons collectivement impulser un changement massif et sans précédent du fonctionnement de toute notre société.

Depuis les premières grèves de l'école en Suède, les jeunes de nombreux pays se sont aussi mis en grève. De l’Europe à l’Australie en passant par les Etats-Unis, les mobilisations se mettent en place. Récemment en Belgique et en Suisse plus de 30 000 lycéen.ne.s se sont réuni.e.s dans les rues en réponse à cet appel. Relevons le défi lancé par Greta Thunberg et lançons la mobilisation en France !

Dans l'Hexagone, les conséquences du dérèglement climatique ont été particulièrement visibles depuis cet été, et suite à la démission de Nicolas Hulot, la mobilisation pour le climat n'a cessé de grandir. Des mouvements citoyens sont nés ou se sont développés, et les climatologues s'engagent de plus en plus dans leurs discours. Une procédure sans précédent, “L’Affaire du siècle”, a été engagée pour porter plainte contre l'État pour inaction face au dérèglement climatique. Elle est aujourd’hui soutenue par plus de deux millions de personnes.

« Pourquoi devrions-nous étudier pour un futur qui n'existera bientôt plus, alors que personne ne fait rien pour le sauver ? » (Greta Thunberg)

Nous, collégien.ne.s, lycéen.ne.s et étudiant.e.s, avons notre mot à dire face à l'inaction de la majorité de nos aînés. C'est notre avenir qui est en jeu. Un appel a été lancé par la jeunesse à une grève internationale pour le climat le vendredi 15 mars. Nous nous devons de répondre à cet appel, car personne n’a envie d’étudier ou de travailler pour un futur qui n'existera pas. Chacun peut participer à son échelle, mais si les adultes ruinent nos espoirs par leur inaction, nos efforts auront été inutiles. Même le regret sera impossible.

L'inac