1. Accueil
  2. Rechercher

UN JOURNAL, DES ARTICLES EPHEMERES, UNE ACTUALITE , lus ailleurs et à partager


"Larzac, le champs des possibles" : que reste-il de l'esprit Larzac aujourd'hui ?

Le documentaire nous raconte le quotidien d’une famille de jeunes paysans qui vient de s’installer dans le Larzac. Un lieu où un mode de gestion collectif inédit existe depuis 1981. Aujourd'hui et 50 ans après, que reste t-il de cet héritage ?

Si le plateau du Larzac dans l'Aveyron est une terre réputée austère, leurs habitants et habitantes ont été à l’avant-garde des principaux combats pour la protéger en proposant un modèle vivant, inédit et innovant pour l'habiter et la cultiver.

Le Larzac : un modèle unique d'agriculture

En 1971, l'état décide d'agrandir la zone militaire du camp du Larzac. Des milliers d'hectares d'exploitations sont concernés. Les paysans menacés d'expropriation se révoltent, très vite rejoints par des notables, syndicats et associations. Le mouvement gagne tout le pays. La lutte dure 10 ans et le Larzac devient l'emblème de la résistance paysanne, symbole de la lutte contre le militarisme et le capitalisme.

En 1981, naît de cette crise, un modèle unique d'agriculture en France. Les paysans du Larzac sont les premiers à expérimenter une manière alternative de « fonctionner » à une échelle collective : circuits courts, cultures en bio, coopératives de soins vétérinaires. Ils fondent la SCTL (Société Civile des Terres du Larzac), un système qui permet à de jeunes agriculteurs de s’installer sur le plateau à des prix abordables, avec les mêmes droits et devoirs qu’un propriétaire, sauf celui de vendre. Un modèle qui donne un souffle nouveau plateau aveyronnais.

Dans l'extrait suivant, Carole et Aurélien Enault, un couple qui vient de s'installer dans une des fermes depuis quelques mois, avec leurs trois enfants, racontent leurs projets à leurs nouveaux voisins.

Que reste t-il de l'esprit Larzac aujourd'hui ?

Cette année 2021 marque les 50 ans du début de la lutte du Larzac et les 40 ans de sa victoire. Cinquante après, alors que la génération de 1971-1981 termine de passer la main, que reste t-il de "l'esprit Larzac" ?

C'est ce que nous donne à voir le réalisateur Thierry Kübler, dans son film "Larzac le champs des possibles" à travers le témoignage des "historiques" et le quotidien de cette famille, récemment installée dans une des fermes gérées par la SCTL.

Documentaire "Larzac, le champs des possibles". A voir le lundi 6 décembre, à 23h00. Un film de Thierry Kübler. Une coproduction Transparences productions et France Télévisions.

Pierre Rabhi, une conscience écologique contestée## un article de REPORTERRE

arton24087-1c69d.jpg

Il était une figure marquante de l’écologie en France. Pierre Rabhi a été emporté par une hémorragie cérébrale à Lyon, le 5 décembre, à 83 ans. Il a fortement contribué à faire progresser la conscience écologique auprès du grand public dès les années 2000, sans lui impulser un contenu politique.

L’histoire de l’homme est connue comme une légende sans cesse répétée, mais d’abord racontée dans un très beau livre, Du Sahara aux Cévennes (1983, puis réédition par Albin Michel en 1995). Il y décrit avec un réel talent poétique le parcours étonnant d’un petit enfant du désert saharien, que sa mère atteinte de tuberculose avait confié à un couple de parents adoptifs blancs. Il monte en France à l’âge d’homme, où la vie ouvrière et son enfermement lui font choisir en 1960, avec son épouse, le grand saut vers la campagne — ou le « retour à la terre », selon son expression — sur un sol désolé d’Ardèche. Là, dans la pauvreté, le couple apprend à cultiver la terre, en l’amendant et en l’enrichissant selon les méthodes de ce qu’on appelait à peine alors l’agriculture biologique.

L’apprenti paysan s’inspire de la biodynamie conçue par l’anthroposophe autrichien Rudolf Steiner, technique « qui me semble être apte à répondre à l’exigence de globalité ». Avec les années, la terre revêche se transforme en ferme productive, et Pierre Rabhi y gagne une réputation qui franchit les limites du voisinage, devenant en 1978 chargé de formation en agroécologie par le Centre d’étude et de formation rurales appliquées (Cefra). On le retrouve dans les années 1980 au Burkina Faso, où il promeut l’agrobiologie sous l’éphémère présidence de Thomas Sankara, puis dans de nombreuses missions au Mali, au Maroc, en Algérie, au Togo, etc.

Le petit paysan ardéchois est devenu un expert international apprécié, ponctuant son parcours de nombreux livres, comme L’offrande au crépuscule (1989). Il développe son activité avec l’association Terre et humanisme, créée en 1994. Il va commencer à sortir de l’ombre en 2002 : avec des proches, il amorce une campagne présidentielle autour de l’idée d’ « insurrection des consciences ». Il ne recueille pas assez de signatures d’élus pour se présenter, mais il est lancé publiquement et médiatiquement, et va commencer, en parallèle de ses activités agricoles, à donner de nombreuses conférences.

Une « sobriété heureuse »

Avec Cyril Dion, il crée en 2007 le mouvement Colibris, qui exprime la substantifique moelle de sa pensée : agir, comme le petit colibri face au feu, même si la goutte d’eau ne peut rien faire contre l’incendie — mais peut-être son exemple inspirera-t-elle à tous les autres l’envie de s’engager, et tous ensemble, de repousser le péril ? Individualisme, action locale, empathie plutôt que conflit, voilà le cœur de sa philosophie politique, qui séduit parce qu’elle est portée par un personnage authentique, bonhomme, au discret charisme, et qui exprime par des formules incisives des sagesses qui semblent forgées au coin du bon sens. Dans une société que commence à travailler la conscience écologique, il exprime par des expressions bien trouvées, comme « la sobriété heureuse », le besoin d’un changement des modes de vie. Mais sa pensée refuse toute critique politique et tout engagement collectif, plaçant l’espoir dans une spiritualité vague, mais sincère, elle aussi bien dans l’esprit d’une époque qui rejette les religions. « La reconquête du songe » était le sous-titre du livre Du Sahara aux Cévennes, et c’est bien un songe qu’il proposait à un public en recherche de repères.

Son talent, mais aussi la dépolitisation de sa pensée — guère menaçante pour quiconque, donc — ont favorisé son succès médiatique, de plus en plus large au début des années 2010, jusqu’à ce que les aspects conservateurs de sa pensée suscitent la critique. Ainsi, en 2013, dans un entretien avec Reporterre, alors que le débat était vif sur le mariage homosexuel, il expliquait : « C’est là qu’on se rend compte que nous ne subissons pas les problèmes fondamentaux, que nous sommes dans une sorte de délire généralisé. Le mariage homosexuel est un symbole de cette manipulation des consciences, où on crée des phénomènes de société qui n’en sont pas. » Sur les relations entre hommes et femmes, il avait déclaré dans Kaizen : « Je crois qu’il ne faudrait pas exalter l’égalité. Je plaide plutôt pour une complémentarité : que la femme soit la femme, que l’homme soit l’homme et que l’amour les réunisse dans cette complémentarité. » Par ailleurs, son refus systématique de s’engager dans les luttes de l’écologie, comme celle de Notre-Dame-des-Landes ou plus tard dans le mouvement Climat, le coupaient des jeunes et de la nouvelle dynamique contestatrice.

Éveilleur de conscience, Pierre Rabhi devenait dépassé par les forces qu’il avait contribué à stimuler. Il rêvait d’un monde sans conflit. Cela le rendait aveugle à la réalité des puissances de ce monde, et donc impuissant. La mort de cet homme attachant marque la fin de l’idée d’une écologie consensuelle dont il était, avec Nicolas Hulot, un des promoteurs.

En souvenir de mon ami Pierre Rabhi

un article de (Fabrice Niccolino)

À l’été 2018, le journal Le Monde Diplomatique a publié un article sur mon ami Pierre Rabhi. Je redonne ici, ce dimanche 5 décembre 2021, au lendemain de sa mort, ma réponse d’alors à ces vilenies. J’ai pu passer deux jours avec Pierre il y a quelques semaines, grâce à Bernard Chevilliat. J’aimais profondément cet homme, que je tenais pour un frère, et qui m’appelait ainsi. Je n’entendrai donc plus sa voix au téléphone, qui annonçait tranquillement : “C’est Pierre”. Mais je le garde au fond de mon cœur. Et j’embrasse tendrement Michèle, son épouse.

Retrouvez l'intégralité de l'article de Fabrice Niccolino http://fabrice-nicolino.com/?p=5307 rabhi2.jpg

puy-mary-cantal-auvergne.jpg

La montagne, espace de liberté encore pour longtemps ?

2020 aura été une année bien spéciale pour quasiment toute l’humanité avec cette pandémie mondiale. Certains pays comme la France et l’Espagne ont choisi de confiner leur population au printemps dernier, puis cet automne pour mieux la protéger. Après des semaines de restriction à tourner en rond dans son quartier, le besoin de grands espaces s’est fait ressentir pour la majorité de la population avec des conséquences non négligeables.

Dès les premiers jours de liberté retrouvés, les littoraux et les massifs montagneux furent pris d’assaut. Sur les littoraux, la baignade et les sports aquatiques étant toujours interdits, de nombreuses personnes se sont tournées vers les espaces montagnards pour assouvir ce besoin de liberté. Cet engouement démesuré a très vite posé des problèmes tout au long de la chaîne des Pyrénées. Depuis des décennies, une cohabitation entre les usagers traditionnels (bergers, forestiers, chasseurs…) et les personnes éprises de loisirs de montagne, s’est installée, où chacun respecte l’autre. Mais l’afflux soudain de visiteurs cette année, a quelque peu chamboulé cet équilibre. Les premières semaines après le confinement printanier, la fréquentation a nettement augmenté par rapport aux autres années avec principalement des publics citadins de « proximité » (Côte basque, Pau, Tarbes, Toulouse, Carcassonne, Perpignan…). Par manque de connaissances des codes de bons usages dans les espaces de montagne, ces néo-pratiquants ont régulièrement eu des comportements exaspérants, à la fois pour les habitants mais aussi pour les pratiquants habituels: voitures garées en vrac sans optimiser le stationnement sur des petits parkings au départ des randonnées, les entrées de champs bouchées, les besoins faits n’importe où, la musique à fond sur le téléphone sur les chemins de randonnée, rentrer dans les prairies pour faire des selfies avec les animaux, des feux et leurs collections de bouteilles de bières laissées autour… Et étant habitantes souvent du même département, donc se sentant chez elles, ces personnes n’ont pas hésiter à faire ce qui bon leur semble. Dans ce contexte, des tensions sont montées. De nombreux maires furent obligés malgré eux à prendre des arrêtés pour réglementer les accès, et de faire appel aux forces de l’ordre.

Puis début juillet est venu s’ajouter à cela les traditionnels vacanciers de la montagne qui reviennent chaque été, et surtout des nouveaux, cherchant eux une alternative aux vacances à la plage. Les sites majeurs des Pyrénées comme le Lac de Gaube, le massif du Néouvielle, le lac d’Oo, pas tous adaptés à de tels volumes de visiteurs, ont très vite perdu de leur superbe. Ce qui a eu pour effet, un report sur des lieux plus confidentiels, souvent mis en avant par les publications sur les réseaux sociaux. Cette sur-fréquentation a été vraiment mal vécue par bon nombre de montagnards, pourtant prêts à accueillir des visiteurs, mais pas à subir une telle pression et tant de désagréments.

Il semble aujourd’hui, qu’il est de bon ton de rappeler quelques éléments de base, pour que cette cohabitation se poursuive. Bien que dans l’imaginaire, la montagne soit un bien public, ouvert à tous, la réalité n’est pas exactement la même. La propriété du sol est le fruit de la longue histoire de la conquête humaine des territoires de montagne. Commençons par le bas des vallées, et les zones intermédiaires occupées par les granges foraines et les prairies. Durant des siècles, ils ont été des lieux de cultures pour les plus fertiles, de productions de bois de chauffage et du cuisine grâce aux bosquets et aux haies, de production de litière avec les fougères, et de foin à la belle saison et de pâtures quand les troupeaux n’étaient plus en estive. La pression foncière y était très forte, et le foncier détenu par les familles. Pour desservir tout ce maillage de parcelles privées, des chemins ruraux se sont dessinés. Souvent étroits, adaptés au seul passage d’animaux de bât voir de carrioles sur les zones planes. Ces chemins font partie du domaine privé des communes. De fait, ils sont ouverts au public, mais ils peuvent être vendus comme n’importe quelle parcelle communale. Après des décennies de désaffection, car pas adaptés au passage des engins agricoles, les chemins ruraux ressuscitent depuis 30 ans à l’initiative des collectivités et des clubs de marcheurs et de VTTistes voulant développer des itinéraires de randonnée. Depuis les années 80, les communes ont la possibilité d’inscrire leurs chemins ruraux au plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée, rendant leur vente impossible. Entre temps des pistes et des chemins plus larges ont été ouverts par les agriculteurs sur leurs parcelles privées pour accéder à leurs champs avec leurs tracteurs. L’accès à ces chemins pour le grand public reste au bon vouloir de leur propriétaire.

Cette structuration foncière s’établie de la sorte jusqu’à des altitudes comprises entre 600m au Pays basque et 1400m dans les Hautes-Pyrénées. Au-delà, quand on s’élève plus haut en altitude, sur l’étage des forêts et puis des estives, c’est la propriété publique qui s’impose plus largement. Mais là aussi avec des spécificités. Les forêts peuvent être propriétés des communes, de l’Etat (forêts domaniales) ou plus rarement privées. Les forêts publiques, toutes soumises au Régime forestier, sont gérées par l’Office National des Forêts pour le compte de leurs propriétaires. Le régime forestier a été instauré pour défendre la forêt qui surexploitée par les habitants des montagnes et pâturée par leurs troupeaux était en voie de disparition il y a plusieurs siècles, ce qui provoquait des graves érosions, des crues soudaines et des avalanches mettant en danger de nombreux villages. Pour chaque forêt, la gestion forestière est planifiée : les coupes de bois, les opérations de régénération, les ilots de biodiversité, ainsi que la fréquentation des sentiers, pistes et chemins forestiers dont leur réglementation est généralement affichée aux entrées.

Au-dessus, les zones d’estives sont aussi du domaine privé de collectivités publiques (communes ou syndicats de vallées). Elles sont chaque année louées par des éleveurs pour faire paître leurs troupeaux (par bail ou paiement de la baccade) et produire sur place les fameux fromages d’estives. Les cabanes sont elles aussi louées et donc occupées pendant toute la période d’estive (juin à septembre) par les bergers. Seuls les cayolars (cabanes) au Pays basque appartiennent à des familles et sont privés.

Cette diversité de statuts fonciers montre que l’accès à la montagne n’est pas si simple que l’on peut l’imaginer. A cela s’applique des restrictions particulières dans des espaces naturels protégés comme la zone cœur du Parc National des Pyrénées et les réserves naturelles (une quinzaine sur le versant nord des Pyrénées) : bivouac réglementé ou interdit, VTT, chiens, feux, cueillette, chasse… interdits.

Jusque qu’à présent, la compréhension de ces règles et des usages faisait partie du long apprentissage des loisirs de nature, soit transmis par des aînés, soit par le fruit de nos propres expériences, ou les deux en même temps. Mais aujourd’hui, comme pour bon nombre de choses de la vie quotidienne, notre société ne prend plus ce temps, et veut avoir accès à tout et sans attendre. Depuis de nombreuses années, les collectivités tentent d’attirer des touristes dans les vallées pyrénéennes. Mais en quelques semaines, les Pyrénées semblent être devenues trop petites, obligeant ces mêmes institutions à revoir leurs politiques de communication. Espérons que pour les prochains mois, pour les prochaines vacances, pour les prochaines années, au travers de l’accompagnement de ces nouveaux visiteurs, une fréquentation durable et équilibrée se mette en place dans les Pyrénées. Il en va de leur préservation, de notre liberté de jouir de ses montagnes mais aussi de la vitalité de ses vallées.

Nicolas Watteau (Magazine Respyr n°100)

Automne : couleurs flamboyantes des feuilles, explications sur ce phénomène si féérique

Les balades en pleine nature sont sublimées en ce moment par les couleurs de l'automne. Les jaunes, les orangés, les rouges jouent avec les verts immuables des conifères pour offrir des spectacles saisissants. Le Conservatoire botanique national de Midi-Pyrénées nous explique ce phénomène.

L'automne s'installe dans les Pyrénées. Les feuillus offrent une sarabande de couleurs. © CR et EG /FTV

Le spectacle est magique, il a commencé un peu partout en Occitanie même s'il s'avère plus avancé dans les Pyrénées... L'automne et ses couleurs flamboyantes est à nos portes. Impossible de ne pas s'émerveiller de ce spectacle... et c'est tant mieux. Mais que se passe-t-il dans la vie des arbres à cette période ? Pourquoi ce cycle annuel ? Comment se créent ces couleurs magnifiques ? Nous avons sollicité le Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées pour répondre à ces questions.

"L'arbre est un végétal comme un autre, rappelle en préambule Jérôme Garcia, chargé de conservation au Conservatoire basé à Bagnères-de-Bigorre dans les Hautes-Pyrénées, il est soumis au rythme des saisons. Les arbres à feuilles caduques en opposition aux conifères, perdent leur feuillage en automne. Ce phénomène se produit quand les conditions de la photosynthèse ne sont plus là. Il est directement lié à la diminution de la durée du jour".

Piège pour l'énergie lumineuse

L'été est la meilleure saison pour la photosynthèse, explique le scientifique. C'est à cette saison que l'arbre absorbe le maximum de lumière via ses feuilles. La photosynthèse correspond au piégeage de l'énergie lumineuse provenant du soleil et à son stockage sous la forme de matière organique, des glucides principalement. L'arbre se nourrit lui aussi de sucre...

"Quand la durée des journées diminue, la photosynthèse est moins efficace. Pour l'arbre, la dépense énergétique pour maintenir ses feuilles devient alors trop lourde et il va s'en débarrasser, décrypte Jérôme Garcia. La chute des feuilles se fait progressivement, contrairement à ce qu'il se passe en cas de stress hydrique, il perd alors son feuillage plus rapidement".

Moins de soleil, plus de couleurs

Le dépérissement des feuilles est directement lié à la baisse de l'ensoleillement et partiellement, dans une moindre mesure, à la baisse des températures. L'arbre va boucher ses vaisseaux de sève et petit à petit, les pigments chlorophyliens vont disparaître.

"Les pigments jaunes et orangés étaient déjà présents, mais il ne reste qu'eux, explique le représentant du Conservatoire botanique. Le vert s'estompe et fait ainsi place à ces couleurs extraordinaires. Se faisant, l'arbre récupère tous les sucres possibles et tombe en dormance. Les quantités de pigments varient d'une espèce à l'autre, d'une feuille à l'autre, selon l'exposition au soleil. Le pigment rouge, lui, par contre n'était pas présent dans la feuille. Il apparaît avec l'arrivée du froid sur certains érables ou les chênes rouges par exemple".

Une usine à produire du sucre

Le phénomène de la photosynthèse est essentiel à la vie. C'est un processus qui, en captant le CO2 de l'air va fabriquer de la matière carbonée et rejeter de l'oxygène dans l'atmosphère. Grâce à la photosynthèse, l'arbre fabrique du glucose qui est à l'origine de la cellulose. Ce mécanisme est valable pour tous les végétaux. "La feuille est une usine à produire du sucre que l'arbre va utiliser pour sa construction, l'épaississement de son tronc, la croissance de ses racines et la génèse de nouvelles feuilles", précise Jérôme Garcia.

La feuille est une usine à produire du sucre.

"Concrètement, il y a une sève ascendante chargée en eau et en sels minéraux et une sève descendante, celle qui est à l'oeuvre à cette saison. Elle va partir de la feuille pour nourrir les organes de l'arbre. C'est ce qui constitue le sirop d'érable d'ailleurs, une sève qui cicule et va permettre sa croissance en hauteur, en profondeur et en épaisseur".

"A la Sainte-Catherine"

L'automne est une période essentielle pour l'arbre qui va assimiler les réserves de sucre accumulées au cours de l'été et les stocker. "Il va grandir mais aussi en mettre en réserve des nutriments dans ses parties souterraines, précise Jérôme Garcia. Les racines se développent en hiver. C'est de ce processus que s'inspire le proverbe "A la Sainte-Catherine, tout arbre prend racine". Il n'y a ni stress hydrique, ni mouvement de sève. L'arbre est en sommeil mais ses racines continuent de croître".

Un autre phénomène important se passe sous nos yeux et sous nos pieds...

"On marche à l'automne sur des tapis de feuilles et au printemps, on a l'impression que ce tapis a complètement disparu. L'arbre a recyclé ses propres feuilles, il a cette capacité de fertiliser le sol sur lequel il pousse. Les feuilles se décomposent en une litière fragmentée par les insectes, les vers de terre. Les champignons assimilent et décomposent aussi la matière. Et au fur et à mesure, la microfaune du sol, avec les acariens notamment, mais aussi toutes sortes de micro-organismes, produit du compost disponible pour les racines".

Le vert s'estompe et fait ainsi place à ces couleurs extraordinaires.

Si parfois les explications scientifiques des phénomènes semblent éteindre leur magie, la "vie intérieure" de l'arbre ainsi mise en lumière contribue à l'émerveillement. L'automne par excellence offre au marcheur un spectacle somptueux et laisse libre cours à son imaginaire, à son ressenti pour reconnaître la vie à l'oeuvre sous ses yeux.

Naguère, sans portables ni drones, notre jeunesse insouciante

arton23322-fc5df.jpg

La numérisation progressive de nos existences fait disparaître l’insouciance des jeunesses du siècle précédent : c’est ce qu’écrit à sa fille l’auteur de cette tribune. Dans ce monde électronique où l’autre est de plus en plus éloigné, il veut préserver, au moins en idée, les champs de blé.

C'est un article de REPORTERRE Mathieu Yon est maraîcher à Dieulefit (Drôme).

Ma fille, je viens des années 1980. Un autre monde. Où la ceinture de sécurité n’était pas obligatoire à l’arrière, où l’on s’endormait dans le camion sur la route des vacances, où l’on se réveillait le lendemain matin dans un lieu inconnu, une oliveraie ou un terrain vague. Un autre monde. Où la précarité de nos vies n’ôtait pas un sentiment de sécurité. Où nous avions la possibilité d’échapper au regard des adultes, et de nous inventer des vies.

Ma fille, j’ai passé mon adolescence sous les porches et les abribus. On ne faisait rien avec les copains, on démarrait des mobylettes, on roulait sans casque au milieu des champs de blé, et quelque chose semblait traverser nos vies. Nous pensions que cette sensation ne mourrait jamais. Nous avions droit au temps perdu, sans savoir qu’un droit aussi élémentaire pouvait disparaître.

Ma fille, j’ai grandi sans internet ni téléphone portable. Il n’y avait pas encore cette toile qui s’immisce partout : dans notre lit, sur la table du petit déjeuner, dans notre poche, dans notre main.

Ma fille, tu ne le vois pas encore, mais ma jeunesse s’en va, et je serai bientôt un vestige, vivant dans un monde que je n’ai pas souhaité. Un monde où la sensation de l’autre diminue chaque jour. Car toutes nos perceptions seront bientôt captées par les images, et nous n’aurons accès à l’autre qu’à travers une myriade de filtres numériques.

Ma fille, quand les caméras de surveillance sont arrivées dans les rues en 1995, nous les avons vite oubliées. Quand les téléphones portables sont arrivés dans nos vies quelques années plus tard, nous avons vite oublié qu’ils représentaient une technologie de surveillance. Les caméras à reconnaissance faciale, les drones à usage policier arrivent, et bientôt, nous les aurons aussi oubliés.

Ma fille, si les champs de blé disparaissent, s’ils te manquent, tu les retrouveras dans un coin de mémoire, où tu pourras les entendre frémir comme au début de l’été.

Ma fille, je te fabriquerai un coin de mémoire, un lieu où tu pourras t’échapper et rebâtir un monde. Il sera fait de temps perdu, et d’une paume caressant les blés. Quand tu viendras t’y reposer, fatiguée des images, nous allumerons un feu dont les braises s’envoleront jusqu’à la Grande Ourse.

Ma fille, je ne pourrais pas empêcher ce monde numérique, mais je peux encore bâtir une pensée qui lui échappe. Cette pensée, c’est maintenant la tienne.

La lutte sur le plateau du Larzac en Aveyron fête ses 50 ans

Un article de FR3 Occitanie 838_1974-larzac3-21.jpg

Il y a 50 ans démarrait la célèbre lutte sur le plateau du Larzac (sud Aveyron) contre l'extension d'un camp militaire. Une opposition qui allait durer dix ans. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? 

Le Larzac, c'est un vaste plateau de landes et de cailloux, une terre pauvre et paisible. Difficile d'imaginer qu'il y a tout juste 50 ans, les paysans se sont levés pour défendre leurs terres menacées d'expropriation par l'armée qui voulait agrandir le camp militaire du Larzac.

Appuyés par des milliers de militants de tous horizons, la lutte pacifique a duré dix ans. L'Etat a capitulé. Les paysans sont restés.

Gardarem lo Larzac !

Alain Alla est l'un des 103 paysans qui ont refusé en 1971 de se laisser exproprier. Aujourd'hui à la retraite, c'est sa fille qui a repris l'exploitation. Est-elle aussi militante que son père ?

« Pour le moment, il n'y a rien, mais je pense que si on me la prenait (la terre), oui ! » Céline Alla - éleveuse de brebis sur le plateau du Larzac

Pour Céline, la lutte a été transmise en héritage avec les reliques qui vont avec, comme ce tracteur conservé dans l'exploitation familiale. Il fonctionne encore 50 ans après - il a servi à manifester en janvier 1973 à Paris.

« Cette lutte nous a fait connaitre beaucoup de monde. Si on avait été tout seul, on n'aurait certainement pas gagné. » Alain Alla - agriculteur retraité sur le plateau du Larzac

Le principe des fermes collectives

La solidarité, le sens du collectif, des valeurs qui ont traversé les années. Laurent Réversa s'est installé en 2013 sur le Larzac, en tant que paysan mais aussi militant. Avec dix autres agriculteurs, il s'occupe de la SCTL, la société des terres du Larzac. Un collectif qui gère une soixantaine de fermes et décide à qui elle seront attribuées. Ainsi, les nouveaux arrivants qui viennent de toute la France sont sélectionnés par les anciens en fonction de leur projet et de leurs valeurs.

« On est d'accord sur les valeurs, ce sont comme les valeurs d'une famille. » Laurent Réversa - éleveur de brebis sur le Larzac

« Ce qui motive ? Plein de choses. L'histoire du Larzac, ça me passionne cette vie collective. Le fait que ce soit une ferme collective et qu'on partage le travail. »  Claire Barré - future paysanne fromagère

Des paysans mais aussi des artistes militants

Mais le Larzac n'est pas réservé aux seuls paysans. Il y a aussi des artistes, des artisans, des bûcherons ou encore un gîte.  Elise et Séverine par exemple sont deux musiciennes de rue qui habitent dans des yourtes. Elles répètent en plein air et sont de tous les combats d'aujourd'hui.

« Avec les gilets jaunes, nous avons bloqué le viaduc de Millau, nous avons participé à des marches contre le nucléaire, créé un spectacle que nous avons joué pour les migrants bloqués à la frontière franco-italienne » Séverine Fell - musicienne sur le plateau du Larzac

Le Larzac attire des artistes de toutes les origines, chacun a son parcours et la lutte en partage.

« Le Larzac était emblématique en tant que lutte réussie avec un mouvement pacifiste. Moi, j'ai commencé à militer en Italie aux temps des Brigades Rouges et la réponse était violente. » Stefano Fogher - comédien et musicien

José Bové, le plus célèbre militant du Larzac

José Bové a rejoint la lutte en 1973. Au début, il a occupé une bergerie et élevé des brebis. 

« Il n'y avait rien quand on s'est installé. Pas d'eau, pas d'électricité, pas de téléphone ni de routes. » José Bové

José Bové a ensuite été syndicaliste et député européen. Mais c'est sur le Larzac qu'il est venu prendre sa retraite. Il a construit sa maison à deux pas de son ancienne bergerie. De là, il peut observer, satisfait, l'évolution des habitants du plateau.

« Ce sont de nouvelles histoires, une autre solidarité. Ils vivent les choses différemment, mais il y a une continuité car ce qui fait le fond du Larzac reste. Et c'est une des rares régions de France où on a une augmentation du nombre de paysans et de fermes exploitées. » José Bové

Comme ses camarades de lutte, José Bové ne quittera jamais le Larzac. Les militaires non plus. Ils sont toujours là et tiennent leurs positions, mais ils n'ont plus jamais essayé de gagner du terrain. 

VIDEOS

https://www.dailymotion.com/video/x80d (PS Le Larzac est bien en Aveyron ... et pas en Dordogne!)

Nostalgie: Ecoutez le chanteur occitan Patric "Lachanson du Larzac" Aout 1973

https://www.youtube.com/watch?v=Xu_g7KdyHgg

Le point sur les populations d'ours dans les Pyrénées

helloasso.jpg Pyrénées : 64 ours détectés en 2020, dont 16 oursons, et très peu de dégâts sur troupeaux …protégés !

avril 02, 2021

Les associations Pays de l’Ours – Adet et FERUS se réjouissent que 64 ours aient été détectés dans les Pyrénées en 2020, dont 16 oursons de l’année (nouveau record !).

Carte point population ours Pyrénées

Voir la synthèse du rapport du suivi Ours 2020 https://www.paysdelours.fr/point-sur-la-population-d-ours

Et ce n'est pas un poisson d'avril, le rapport 2020 du Réseau Ours Brun – OFB fait état également de très peu de dégâts sur troupeaux... PROTÉGÉS.

64 ours, 16 oursons et a minima 7 individus morts en 2020

Malgré l’évolution positive, ces 64 ours ne constituent toujours pas une population viable. Pour atteindre ce statut (qui est à la fois l’objectif des associations et l’obligation de l’État), il faudra parvenir à un effectif de 50 ours participant à la reproduction, et avec une bonne diversité génétique, comme annoncé dans le Plan Ours 2018-2028. L’État semble l’avoir déjà oublié.

Le chemin parcouru est une nouvelle fois notable, il démontre la faisabilité du projet, mais des efforts restent nécessaires.

En effet, 7 des 64 ours détectés en 2020 sont déjà considérés comme morts : quatre oursons de l'année ont disparu dans l’été et 3 ours adultes ont été retrouvés morts de cause humaine en 2020 dans les Pyrénées, notamment un ours mort par balles en Ariège ; nous ne cessons de demander au Gouvernement de procéder au remplacement rapide de ces trois animaux, conformément à l’engagement pris dans le Plan Ours 2018-2028. L’État semble avoir là aussi oublié, les tribunaux trancheront.

En ce qui concerne la cohabitation avec l’élevage, le bilan 2020 montre une nouvelle fois l’échec de l'orientation prise par l’État en France basée sur la surindemnisation des pertes de bétail et l’effarouchement des ours. A l'inverse, l'Espagne nous confirme la voie à suivre, celle que les associations de protection de l'ours conseillent en France depuis de nombreuses années :

Prédations en France en 2020 : 369 "attaques" prises en compte par l'État (chiffre en réalité surestimé), avec toutefois une forte baisse du nombre de victimes : 636 (1200 en 2019) car pas de dérochement massif en 2020 ...

Prédations en Espagne en 2020 : Seulement 46 attaques, essentiellement avant la transhumance, car tous les troupeaux sont protégés avec berger + regroupement nocturne en parc + chiens de protection pendant l'été. Les efforts de protection paient !

Côté français, les « expérimentations » d’effarouchements, coûteux et dangereux, ne résolvent donc pas le problème des éleveurs.

Pays de l'Ours-Adet et FERUS demandent une nouvelle fois que les services de l'État français se recentrent sur des solutions constructives et pérennes. Chacun doit se résoudre à adopter et optimiser les techniques de protection des troupeaux, seul moyen d’assurer la conciliation entre la protection de la biodiversité et le maintien des activités humaines en zone de présence d’ours.

Télécharger le rapport complet du suivi Ours 2020 https://professionnels.ofb.fr/sites/default/files/pdf/documentation/OursInfos_RA_2020.pdf

Un projet d’aéroport pour les riches menace un joyau des Pyrénées

Andorre1.jpg Construire un aéroport au milieu d’un vallon qui abrite de nombreuses espèces, c’est le projet prévu en Andorre. Une construction énergivore aux conséquences irréversibles sur l’écosystème, qui crée l’ire de nombreux habitants et élus.

c'est un article de REPORTERRE

Le poste frontière entre la France et Andorre est noyé sous un épais brouillard. Les douaniers se sont réfugiés dans un préfabriqué, emmitouflés dans leur manteau. Quelques kilomètres plus loin, le col d’Envalira (« Port d’Envalira » en catalan) est l’unique passage routier reliant les deux pays. À 2 409 mètres d’altitude, il barre la route aux nuages. Là se dévoilent la majestueuse Principauté et ses sommets enneigés, brillants sous les rayons du soleil printanier. Sur les hauteurs, la vue sur le vallon est spectaculaire. Il apparaît comme un endroit hors du temps. Mais qui pourrait être amené à disparaître.

Le 16 mars dernier, la Chambre andorrane de commerce, d’industrie et de services (CCIS) a en effet dévoilé au public son projet visant à construire un aéroport international sur ce site naturel. Une vidéo de simulation présente un Airbus A320 survolant plusieurs villages montagnards. L’appareil se pose sur la piste d’atterrissage, à l’endroit même où repose actuellement l’ancienne cabane d’un vacher, désormais abandonnée. De luxueuses boutiques, telles Prada ou Chanel, ont pris la place des plantes et des arbres. Sur un parking, Mercedes, Lamborghini et autres voitures peuplent les environs, à défaut des animaux.

Et dire qu’il y a « quelques décennies, les troupeaux venaient paître dans ces tourbières.... », soupire le biologiste Marc Mossoll, inquiet de la menace qui pèse sur ce panorama. Près de lui, deux bergeronnettes grises s’amusent sur un rocher. La brise caresse les colchiques. Une rivière se faufile entre les sapins, parmi lesquels des personnes accroupies dans l’herbe ramassent de la salade sauvage, « très appréciée ici », et elles aussi menacées par le projet.

capture_d_ecran_de_2021-04-16_09-40-02.jpg

https://www.youtube.com/watch?v=TnpAsR-C9R0 L’aéroport d’Andorre présenté dans la vidéo de simulation.

« Cette zone humide regorge d’une multitude d’espèces animales et végétales »

Le défi technique est de taille. Culminant à près de 2 000 mètres d’altitude près de la frontière avec les Pyrénées-Orientales, l’aéroport pourrait voir le jour d’ici 2024 pour la somme de 344 millions d’euros. Capable de recevoir des Boeing 737, l’unique piste mesurerait 1 800 mètres de long pour 45 mètres de large. Un demi-million de passagers serait ainsi accueilli chaque année, en provenance de Russie, d’Asie et du golfe Persique.

« Je refuse que notre patrimoine naturel soit mis à sac par une élite financière qui traverse la planète en avion pour venir skier ici deux jours ! » Personnage imposant à la voix douce, Carles Iriarte préside l’Association andorrane de protection des animaux, des plantes et de l’environnement (Apapma). Avec Marc, il tente d’éveiller les consciences sur le désastre écologique que promet un tel projet : « Cette zone humide regorge d’une multitude d’espèces animales et végétales à préserver. L’an dernier et pour la première fois, on y a observé des cuivrés de la bistorte (Lycaena helle), un papillon très rare indicateur de biodiversité. »

Cerfs, isards, lagopèdes… Les pinèdes adjacentes constituent un précieux refuge pour affronter les rudes conditions de vie hivernales. Un gallinacé préoccupe particulièrement Marc Mossoll : le grand tétras (Tetrao urogallus).

« Il ne reste que deux mâles et deux femelles de grand tétras dans la zone. »

Chargé de son suivi pour l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le biologiste andorran craint que le célèbre oiseau noir ne survive pas à l’aéroport : « Il ne reste que deux mâles et deux femelles dans la zone. En hiver, ils se nourrissent d’épines de pins et de bois, et passent 80 % de leur temps sans bouger. Ils puisent constamment sur leurs réserves, donc respecter leur tranquillité est primordial. »

Andorre3.jpg Le grand tétras est une espèce classée vulnérable par l’UICN.

En quinze ans, leur nombre a été divisé par deux en Andorre. Principale cause de ce déclin : les stations de ski, dont la superficie occupe 10 % de la Principauté et empiète sur leur territoire. L’ajout des nuisances sonores liées au futur aéroport pourrait bel et bien sonner le glas de cette fragile population.

Andorre4.jpg Le vallon dans lequel l’aéroport pourrait être construit.

Un million de litres de kérosène dans le ciel d’Andorre

Autre préoccupation des habitants : « La Valira d’Orient », indique Marc de son accent catalan à couper au couteau, en pointant la rivière. Revêtu de cuissardes, un pêcheur tire brusquement sur sa canne. Bredouille, il la replonge un peu plus loin. « La rivière est alimentée par le cirque d’origine glaciaire des Pessons, qui se trouve juste au-dessus. Allez savoir dans quel état seront les eaux, une fois passées par l’aéroport, pour tous les villages se trouvant en aval… », s’interroge le biologiste.

En outre, de nombreuses questions relatives aux répercussions collatérales du projet restent sans réponse. Comment s’organisera la gestion des résidus ? Quelle consommation d’énergie représenteront les systèmes de dégivrage des pistes, indispensables dans de telles conditions météorologiques ? Quelle quantité de gaz à effet de serre sera rejetée par les camions acheminant le kérosène depuis la France ou l’Espagne ?

Andorre5.jpg Un pêcheur andorran dans le vallon.

Composée de citoyens désireux de faire du train le moyen de transport alternatif en Andorre, l’association AndRail a calculé l’empreinte carbone que représenteraient douze vols quotidiens : « Les Airbus A320 consomment 2 918 litres de carburant par heure. Si l’on compte entre cinq et dix minutes de vol au-dessus de la Principauté, ils brûleraient ainsi plus d’un million de litres par an uniquement dans le ciel andorran, détaille Sebastià Mijares i Verdú, porte-parole du collectif. Aujourd’hui, 41 % de nos émissions de CO2 résultent des véhicules en provenance de l’étranger. Cette infrastructure ne réduira d’aucun degré ce pourcentage, elle y contribuera au contraire de façon disproportionnée. »

Le petit pays pyrénéen n’est pas isolé des effets du dérèglement climatique. Au cours du dernier demi-siècle, il a enregistré une augmentation moyenne de la température de 0,36 °C par décennie. Face à ce constat, Sílvia Calvó Armengol, ministre de l’Environnement de la principauté, a présenté le 5 novembre 2020 la Stratégie nationale de l’énergie et de lutte contre le changement climatique. Cette feuille de route détaillait les mesures devant permettre le respect des engagements internationaux de neutralité carbone d’ici 2050. Parmi les trois principaux secteurs polluants pointés du doigt, figurait la mobilité. Un retournement de situation que la ministre, contactée par Reporterre, n’a pas souhaité commenter.

Andorre6.jpg La Valira d’Orient, la rivière du site.

Ils n’y connaissent rien !

« L’objectif prioritaire est d’assurer la minimisation des dommages environnementaux à travers diverses mesures compensatoires sur le milieu naturel. » Dissimulée dans la douzaine de pages que compte le communiqué écrit en catalan, cette phrase traduit le manque de connaissances de la Chambre de commerce en matière de développement durable : « Ils disent vouloir planter des arbres pour compenser l’aéroport, souligne Marc, exaspéré. Mais ils n’y connaissent rien ! La régénération forestière se fait naturellement ici, des milliers d’arbres poussent chaque année. C’est réellement nul, du pipeau ! »

L’étude de faisabilité technique étant achevée, l’avenir de ce projet repose désormais entre les mains de l’actuel gouvernement de centre droit. Mais aucune loi ne lui impose de réaliser une étude d’impact environnemental avant le début de l’ouvrage. Il est simplement fait mention, dans la loi sur la biodiversité de 2019, que « l’action des administrations doit être orientée vers la préservation du paysage de la Principauté […] en suivant les principes du développement durable ».

« Un projet aberrant, daté d’un autre siècle »

Un texte fragile, que le pouvoir parvient aisément à contourner, selon Carles Iriarte, de l’Apapma : « À Soldeu, le village voisin, la rivière a été recouverte par une passerelle grande comme deux terrains de foot. Celle-ci doit permettre aux skieurs de rallier leurs hôtels. Bien que cette construction soit néfaste à l’écosystème, le gouvernement l’a qualifiée de "projet d’intérêt national". Résultat : la loi sur la biodiversité est passée à la trappe. »

Parmi les principaux élus de l’opposition siégeant au conseil général d’Andorre, Roger Padreny Carmona demande la transparence totale de l’État sur ce projet : « La population devra avoir le dernier mot lors d’une consultation citoyenne », dit-il à Reporterre. De l’autre côté de la frontière, les élus français ont appris la nouvelle avec stupéfaction dans la presse locale : « Malgré ma casquette de vice-présidente d’Occitanie, je n’ai pas eu la moindre information ni le moindre échange avec la Principauté, nous a rapporté Agnès Langevine. J’espère qu’Emmanuel Macron, avec son statut de coprince, se penchera vite sur le dossier. » Député de l’Ariège, département frontalier, Michel Larive déplore, lui, « un projet aberrant, daté d’un autre siècle ».

Pour l’heure, les partisans de l’aéroport axent leur défense sur le besoin de consolider la souveraineté du pays. Un argument étonnant quand le capital envisagé pour financer les travaux provient de Turquie ou de Chine.

INDIGNATION MORALE

29 mars 2021

Nouvel élément de langage pour relativiser la mortalité liée à la covid en France : « ils seraient morts de toute façon !» Ils étaient bien vieux, souffraient de comorbidité”…. D’ailleurs, « la surmortalité relevée par l’INED en 2020 est de 20% inférieure à la mortalité covid. » La première déclaration est une infamie éthique, la seconde une litote.

Débutons par la litote. Lorsque le port du masque et les autres gestes barrières préviennent 90% des grippes et autres infections saisonnières, que la réduction du trafic automobile diminue la mortalité routière, c’est la persistance en 2020 d’une surmortalité de plus de 50.000 personnes qui témoigne de la sévérité du prélèvement réalisé par la covid !

Poursuivons par l’indignation du moraliste et du Président de La Ligue contre le cancer. La dernière semaine de vacance n’a-t-elle plus aucune valeur ou bien en consacre-t-elle plus encore que les premières ? Nous savons que la mortalité du cancer reste de 45%. Faut-il en conclure que le drame d’une mort liée à la covid d’une personne atteinte de cette maladie est réduite de près de moitié ?

Cette autre personne ne peut plus être guérie, une rémission de son cancer est obtenue qui lui donne une médiane de survie en bonne santé de deux ans. Sont-elles insignifiantes ces années ultimes ou bien à l’inverse concentrent-elles les attentes et aspirations de toute une vie ? La proximité de la mort, toujours, exalte la valeur des jours, semaines, mois et années qu’il reste à vivre. Cela est vrai de la promenade presque ultime de la personne âgée au bord de la rivière, de son enthousiasme du printemps qui vient, le dernier, peut-être, de son émotion à « effeuiller » la marguerite fraichement éclose. Certains propos tenus me révoltent profondément.

Axel Kahn, lundi 29 mars 2021

POLAR POD

extrait de France3 Occitanie et Futura Sciences

Le Tarnais Jean-Louis Etienne se lance dans l'exploration de l'Océan austral à bord du Polar Pod, un bateau vertical Le célèbre médecin explorateur originaire du Tarn, Jean-Louis Etienne, se lance à 74 ans dans une nouvelle aventure. A bord du Polar Pod, un bateau vertical, le scientifique va en 2023 mesurer la captation du gaz carbonique par l'Océan austral.

S'arrêtera-t-il un jour de voyager et de partir à l'aventure ? Le Tarnais Jean-Louis Etienne, 74 ans, a présenté mardi 16 mars son nouveau projet scientifique : Polar Pod (Plateforme Océanographique Dérivante). 

L'objectif de cette expédition vise à explorer l'océan Austral à bord d'un bateau un peu particulier. Le Polar Pod, un navire "vertical" capable de résister aux mers extrêmement agitées de l'Antarctique.  "C'est un grand flotteur vertical qui fait 100 mètres de haut, dont 80 sous l'eau, et qui pèse 1 000 tonnes, explique l'explorateur à France Info. Comme nous allons étudier l'océan Austral, les fameux Cinquantièmes hurlants et leurs mers agitées, on va utiliser ce bateau vertical, pour étudier cet océan dans de bonnes conditions de sécurité et de confort. Nous serons totalement autonomes en énergie et en motorisation. Il y a un courant qui fait le tour de l'Antarctique, du pôle Sud, qui s'appelle le courant circumpolaire. On va être entraînés par ce courant. Et on a six éoliennes."

https://www.youtube.com/watch?v=d4BKBdGpRWU

L’extraordinaire bateau vertical de Jean-Louis Étienne, le Polar Pod, va explorer les profondeurs de l’océan Antarctique

Destiné à l'étude de l'environnement dans l'océan Austral, le projet Polar Pod porté par Jean-Louis Étienne est officiellement lancé. Ce « navire vertical » devrait démarrer sa première expédition dès fin 2023. Sans coque et sans moteur, avec un lest de 150 tonnes et un tirant d'eau de 80 mètres, Polar Pop est un laboratoire révolutionnaire à bord duquel des opérateurs scientifiques et des marins se relaieront. Il dérivera dans les eaux du puissant courant circumpolaire antarctique.

Ce projet peut sembler un peu fou ! Le projet Polar Pod prévoit la construction d'une sorte de navire vertical qui effectuera dès fin 2023 deux tours du monde dans les eaux du courant circumpolaire Antarctique, le courant le plus puissant de l'océan mondial. Portée par les courants, sans coque, mais plantée dans les masses d'eau profondes grâce à un lest, cette structure innovante est conçue pour être stable même par forte houle, sans moteur et peu perturbant pour le milieu. Parce qu'il permet de rester sur zone toute l'année, cet outil ouvre la voie à des recherches inédites !

Après des années de préparation, ce projet hors normes, qui a mobilisé des équipes scientifiques aux côtés d'architectes et d'ingénieurs navals, est entré dans une étape opérationnelle avec le lancement de l'appel d'offres pour la construction du navire. Une conférence de presse, organisée ce mardi 16 mars, a permis de rassembler les partenaires privés engagés sur le financement des années de dérive à venir et d'annoncer le calendrier. Cette étape clé lance le passage en phase opérationnelle du programme scientifique et de médiation associée. L'expédition est portée par le Dr. Jean-Louis Étienne ainsi qu'un groupe de scientifiques, sous la coordination d'un comité directeur associant le CNRS, le Cnes et l'Ifremer.

Le Polar Pod étudiera l'environnement dans l'océan Austral

L'océan Austral présente de nombreuses particularités qui en font un terrain d'étude et de recherche d'intérêt majeur. C'est en effet le seul océan dont les eaux effectuent le tour du globe sans rencontrer de masse continentale. Il est le siège d'intenses échanges avec l'atmosphère qui engendrent des phénomènes physiques, chimiques et biologiques spécifiques, à différentes échelles spatiales et temporelles.

Région clé pour le stockage océanique de l'excédent de chaleur, à la fois puits et source de CO2, l'océan Austral joue un rôle essentiel dans la régulation du climat. Par sa capacité à exporter massivement des matières nutritives vers d'autres latitudes, il impacte les écosystèmes de l'océan mondial. Enfin, il représente un réservoir de biodiversité marine encore très largement méconnu. C'est pour cet ensemble de raisons que la perspective du projet Polar Pod mobilise fortement la communauté scientifique internationale.

Bien sûr, plusieurs outils sont déjà à la disposition des scientifiques pour mener à bien des recherches dans l'océan Austral. Flotteurs-profileurs dérivant librement et animaux marins équipés de capteurs délivrent des données qui ont déjà permis des découvertes essentielles. Des missions océanographiques pluridisciplinaires de grande ampleur y sont également menées régulièrement depuis de nombreuses années (telle la mission Swings qui vient de rentrer), mais elles se font sur des zones et lors de périodes ciblées pour leurs intérêts spécifiques (en particulier, lors de l'été austral). Enfin, des capteurs embarqués à bord de satellites permettent le suivi de certaines caractéristiques de la surface de l'océan. Cependant, l'acquisition de données est limitée notamment en raison de l'importance de la couverture nuageuse qui engendre de nombreux biais et limite les mesures de calibration.

Un navire vertical sans coque

Dans ce contexte, la station à vocation océanographique Polar Pod constitue un outil exceptionnel au service de la recherche. L'outil a en effet été conçu pour répondre aux attentes des scientifiques de plusieurs disciplines. Porté par les courants, sans coque qui interagirait avec la surface (ce qui limite la précision de certaines mesures, surtout en conditions de mer fortes), il est conçu pour être stable par forte houle, sans moteur et peu perturbant pour le milieu.

Le concept se base sur l'expérience du FLIP, navire vertical de la SCRIPP (US), qui a montré le potentiel d'une telle structure. De plus, Polar Pod est proche du « zéro émission », ce qui en fait un prototype dont les enseignements seront utiles pour une adaptation des navires du futur aux contraintes environnementales. Enfin, son autonomie énergétique va faciliter la programmation de missions longues lors de périodes peu ou pas accessibles jusqu'ici comme l'hiver austral.

Son dimensionnement (place, énergie...) a été pensé en fonction des besoins de l'équipe scientifique. L'outil dispose donc d'une grande capacité d'accueil de capteurs océanographiques et atmosphériques performants. Ces derniers (une quarantaine prévue à ce jour) ont été choisis pour fonctionner sur de longues périodes avec peu de personnels embarqués : sept personnes, trois marins et quatre opérateurs scientifiques qui pourront toutefois intervenir en temps réel. L'équipe à bord sera accompagnée à tout moment par une cellule à Terre, constituée de spécialistes des différents sujets, qui se relaieront. Alimentés par plusieurs éoliennes et batteries litium-ion, les instruments fourniront des observations qu'il sera possible de partager en temps quasi réel avec l'équipe à Terre. Les relèves d'équipage, opérées tous les deux mois environ, seront également l'occasion de rapporter sur les continents les échantillons qui seront prélevés.

Un intérêt majeur d'envergure internationale

En raison des avantages offerts par le Polar Pod, la communauté scientifique internationale a manifesté un intérêt fort, ce qui a permis de proposer un programme scientifique organisé en cinq axes : Échanges atmosphère-océan

L'océan Austral et un acteur essentiel du système climatique en raison de l'importance des échanges entre l'océan et l'atmosphère qui y ont lieu (énergie, flux de CO2...). Ces processus sont contrôlés par différents phénomènes comme les conditions météorologiques, la dynamique océanique à différentes échelles, les vagues, les bulles et les aérosols. Cependant, il existe encore de nombreux challenges à franchir pour être en mesure de simuler avec précision ces échanges entre l'océan et l'atmosphère. Ce sera l'objectif premier de cet axe : étudier l'amplitude et la variabilité spatiale et temporelle de ces échanges pour mieux comprendre les phénomènes et les représenter dans les modèles du futur.

Développement du potentiel des observations à distance (satellite, acoustique)

La diversité des observations viendra considérablement enrichir les bases de données utilisées dans le monde pour la calibration et la validation des observations spatiales dans cet océan (situations de vents et vagues fortes, qualité du phytoplancton, salinité...).

Par ailleurs, des hydrophones fonctionneront en continu, à plus de 75 mètres de profondeur, avec l'objectif de réaliser un inventaire sonore sous-marin et de développer des outils de détection des situations environnantes : impact sonore de la météo de surface, des tremblements de terre, craquements d’icebergs... Recensement de la biodiversité

Virus, bactéries, phyto et zooplancton jusqu'aux prédateurs supérieurs : la diversité des écosystèmes marins pourra être documentée pour la première fois à cette échelle et en toutes saisons. Siège d'adaptations spécifique à des conditions extrêmes, cette région représente une occasion inédite de mieux comprendre l'évolution de la diversité marine en fonction des conditions environnementales et donc en réponse aux changements climatiques. Le Polar Pod va permettre d'étendre considérablement les capacités d'échantillonnage en dérivant dans le courant qui circule autour de l'antarctique d'ouest en est sans rencontrer de continent, isolant ainsi les écosystèmes marins de l'océan subtropical.

À proximité des îles, il sera également possible d'étudier l'impact des nutriments arrachés à la terre, qui fertilisent l'océan. Le Polar POD dérivera avec le courant dans un mouvement quasi lagrangien et sera équipé des tout derniers équipements automatisés imageurs du plancton, ce qui permettra de suivre en temps réel les communautés observées. Les capteurs acoustiques, radars et caméras permettront d'étudier les prédateurs tels que les cétacés et les oiseaux marins. L'ensemble de ces données sera intégré dans un modèle reliant la structure des écosystèmes, les cycles biogéochimiques et les conditions environnementales afin de mieux comprendre le présent et l'avenir de l'océan Austral et de ses ressources marines.

Impacts anthropiques

Si loin de la civilisation, les eaux du grand Sud sont-elles contaminées par les activités humaines ? Quelle est l'ampleur de la pollution chimique, plastique ou encore sonore ? Le Polar Pod devrait nous en dire plus sur ces différentes pollutions de l'eau et de l'air (chimique, plastiques, aérosols...) sur l'ensemble du courant circumpolaire antarctique et en toutes saisons. Cette base de données constituera une référence pour les études à venir.

Médiation

Aventure humaine et scientifique, cette exploration constitue un formidable vecteur de partage des sciences. Un programme de médiation de grande ampleur et un programme pédagogique sont prévus pour aller à la rencontre du plus grand nombre. Des films et des expositions immersives, accompagnés dès 2022 d'évènements particuliers (minibus aménagés, concours de mini Polar Pod, Arts et Sciences...) permettront une diffusion large des enjeux de la recherche océanographique et environnementale dans leur ensemble.

Ainsi, cette aventure scientifique sera tout à la fois un bel exemple de coopération de la recherche internationale, et un vecteur de découvertes, d'innovation et de partage des sciences.

Dans l'Hérault, le barrage du lac du Salagou inspecté sous tous les angles

(Un reportage photographique , diffusé par FR3 Occcitanie)

Tous les 10 ans, le barrage du lac du Salagou fait l'objet d'une "étude de danger", une inspection minutieuse de toutes ses parties. Dans l'eau, les robots équipés de caméra remplacent les plongeurs. Le lac artificiel, mis en service en 1969, est devenu un atout touristique majeur de l'Hérault.

Le lac du Salagou s'étend sur 700 hectares. Un barrage retient ses 102 millions de mètres cubes d'eau. Cet ouvrage colossal, 357 mètres de long, 200 mètres de large pour 60 mètres de haut, doit être minutieusement inspecté tous les 10 ans.

Au cœur du barrage

Nicolas Juanola, responsable des barrages de l'Hérault, guide une visite de presse à l'intérieur du barrage le 4 mars 2021, en compagnie du vice-président du Conseil Départemental en charge de l'environnement Christophe Morgo (à gauche). • © C.Alazet / FTV

L'occasion de pénétrer dans les entrailles du "monstre". Nicolas Juanola, responsable des barrages du département de l'Hérault, sert de guide.

La salle des machines, à l'intérieur du barrage, permet la distribution de l'eau du lac en fonction des besoins d'irrigation du territoire. • © C.Alazet / FTV

Il faut d'abord descendre jusqu'au coeur du barrage, la salle des machines. Sur le chemin, régulièrement, des vinchons (instrument de mesures) fixés dans la paroi de béton, mesurent l'évolution des fissures. Et des tuyaux, appelés "drains murettes", évaluent la quantité d'eau qui passe à travers le barrage.

La conduite principale, un énorme tuyau de deux mètres de diamètre, assure les lâchers d'eau du lac en fonction des besoins d'irrigation du territoire. "S'il y a des anomalies sur cette conduite, on peut se dire qu'