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UN JOURNAL, DES ARTICLES EPHEMERES, UNE ACTUALITE , lus ailleurs et à partager


LA GAZETTE , VOUS SOUHAITE UNE BONNE ANNEE 2021

c'est un article de LA-BAS SI J'Y SUIS

Ce que vous avez peut-être raté en 2020

Oui mais bientôt, retour à la normale !

Avec quelques images du « monde d’avant » tel que le voyait l’autrichien Gerhard Haderer. Un monde qui avait accouché de la pandémie et qu’on avait pu croire condamné…

On va pouvoir retrouver :

  • les soirées en famille : gehardhaderer01-1.jpg

  • les loisirs : gerhardhadererchasse-2.jpg

  • les visites au musée : gerhardhaderermusee-2.jpg

  • le tourisme : gerhardhadererpaquebot.jpg

  • la pollution : gerhardhadererpollution.jpg

  • les selfies : gerhardhadererselfie-1.jpg

  • les supermarchés : gerhardhaderersupermarches.jpg

  • les jardins et les parcs : smartphones-1.jpg

  • le travail : toilettes-1.jpg

  • les bouchons : gerhardhadererreve-1.jpg

  • ses voisins : gerhardhadererdrone-1.jpg

  • ou les autres voisins : gerhardhaderertraitresraciste-2.jpg « — Traître ! — Raciste ! »

  • les vacances : gerhardhadereronattenddelavisite-2.jpg « On attend de la visite ? »

  • le bord de mer : gerhardhaderer-8.jpg

  • le sport : gerhardhaderer03-3.jpg

  • le coiffeur : gerhardhaderertrumpkim.jpg

  • la plage : gerhardhaderer05-2.jpg

  • le sourire : gerhardhaderersmile-2.jpg

  • et l’éternelle jeunesse ! : gerhardhaderer06-2.jpg

Connaissez-vous Gerhard Haderer ? Car tous ces dessins c’est lui .

Mais d’abord, disons le, on ne remerciera jamais assez le cancer et Jésus.

Oui, commençons par dire merci au cancer. Car s’il n’avait pas eu un cancer en 1985, à 34 ans, Gerhard Haderer aurait continué à mener la vie indigente d’un « créateur » publicitaire. Or, c’est lorsqu’il fut opéré (et guéri) qu’il a tout laissé tomber et s’est tourné à fond vers le genre de dessins que vous venez de (re)découvrir, si puissants, si violents qu’ils se passent de tout commentaire, à part quelques gloussements, quelques éclats de rire et pas mal de silences légèrement grinçants.

**Ensuite, merci à Jésus. Et surtout à Monseigneur Christoph Schönborn, cardinal, archevêque de Vienne en Autriche. En 2002, Gerhard Haderer publiait La Vie de Jésus**, qui fut selon lui un surfeur drogué à l’encens. Affirmation qui faisait un peu scandale dans la très catholique Autriche, si bien que le cardinal archevêque, hors de lui, crut bon de donner l’ordre à l’auteur de présenter ses excuses aux chrétiens, pour avoir ridiculisé le fils de Dieu. Au passage, on le voit, l’islam n’a pas le monopole du refus des caricatures, mais celles-ci eurent beaucoup moins d’écho chez nos ardents défenseurs de la liberté d’expression. Et bien entendu, comme toujours, la censure assura le succès de l’oeuvre censurée et l’album, atteignit 100 000 exemplaires en quelques jours, confirmant la popularité de l’artiste.

GISCARD à la chasse

Vous le savez Valéry Giscard d'Estaing vient de mourir, président de notre république entre 1974et 1981 était un grand chasseur . Je vous invite à retrouver un interview paru dans le Figaro en novembre 2013 au titre savoureux

NTERVIEW – Poil ou plume

Chasses présidentielles ou safaris privés, l’ancien président de la République a toujours revendiqué sa passion pour la chasse.

LE FIGARO. – Que signifie la chasse pour vous?

Valéry GISCARD D’ESTAING. – La chasse a été la première activité de l’homme. En France, c’était à l’origine un privilège féodal, qui a été aboli à la Révolution. Depuis, le nombre de chasseurs se compte par millions, c’est un sport national bien plus étendu que le foot. Une activité profondément ancrée dans l’humanité, un vaste monde.

Quelles sont vos chasses à vous?

Elles ont été diverses. J’ai d’abord eu le privilège de participer aux chasses présidentielles, à Rambouillet, à Chambord et à Marly. Le général de Gaulle ne chassait pas, mais, par tradition, il participait à la dernière battue, et j’en ai suivi quelques-unes avec lui.

J’ai aussi toujours chassé avec des amis, en France, pour le plaisir. Je continue d’ailleurs : je ne sais pas pourquoi on a écrit que je n’ai pas renouvelé mon permis de chasse, c’est inexact. Je traque des petits animaux, des perdreaux, des faisans. Je regrette d’ailleurs que les perdreaux gris, qui étaient par excellence le gibier français, aient disparu, à cause des pesticides. Je chasse parfois le cerf, animal emblématique dans tous les pays d’Europe. On doit pour cela attendre la saison du brame, sinon ils se terrent et on ne les voit pas. Si l’on veut rencontrer de grands cerfs, il faut se rendre dans les pays de l’Est, comme la Pologne, ce que j’ai fait régulièrement. Pour les grands animaux comme le buffle, l’éléphant ou les grandes antilopes, je suis beaucoup allé en Afrique, au Cameroun, au Gabon, au Kenya, en Tanzanie, dans les anciennes colonies françaises et anglaises. Mais j’ai cessé un jour, car ma fille, lorsqu’elle était petite, me le reprochait.

Quel plaisir de poursuivre ainsi un animal?

Chasser est un sport, on peut marcher des dizaines de kilomètres en pistant un animal. Mais le vrai plaisir est celui procuré par la nature. La chasse est souvent une solitude, et on se retrouve parfois seul face à la forêt. En Afrique, j’ai vu la planète telle qu’elle devait être depuis les origines. C’est vrai que le chasseur est dans une relation étrange avec les animaux : on ne tue plus pour la nourriture, l’industrie s’en charge désormais. Alors quand un grand animal tombe, on éprouve une sensation de nostalgie, une émotion triste. Tous les chasseurs connaissent ce sentiment curieux.

**Vous avez tous les «anti»contre vous désormais.//

L’espèce humaine s’urbanise de plus en plus, elle ne comprend plus la chasse. Nous sommes dans un monde où les «anti» font beaucoup de bruit, même s’ils ne représentent pas grand-chose. J’ai tout de même l’impression que les jeunes de la campagne continuent d’aimer et de pratiquer la chasse. vge-chasseur.jpg

Ci-dessous le lien de l’article : http://www.lefigaro.fr/culture/2013/11/03/03004-20131103ARTFIG00028-valery-giscard-d-estaing-la-chasse-est-souvent-une-solitude.php?m_i=SfVSkXuiONQhJw10LxLszEl4WacUfSfkFAgfRIo0bZOuxfISl

La prolifération des sangliers, un casse-tête écologique

Durée de lecture : 10 minutes

3 décembre 2020 / Marie Astier (Reporterre) arton21768-e19eb.jpg Ravageur de cultures et gros gibier de choix des chasseurs, le sanglier apparaît comme l’ennemi rural numéro 1. Comprendre les raisons de sa prolifération n’est pas simple. Savoir comment la limiter est un casse-tête encore plus complexe. Reporterre esquisse des pistes de compréhension du problème.

C’est un marronnier, un classique, de l’affrontement rituel entre chasseurs et écolos : le sanglier. Les premiers se déclarent seul rempart face à une espèce devenue envahissante et qui multiplie les dégâts aux cultures. C’est à ce titre qu’ils ont récemment obtenu une dérogation au confinement, ou encore une extension de la saison de la chasse à celle que l’on appelle aussi la « bête noire ». De l’autre, les associations environnementales dénoncent les pratiques des chasseurs, qui ont favorisé la population de sangliers. « C’est un comble que les chasseurs se présentent comme la seule solution à un problème qu’ils ont eux-mêmes créé », s’insurge ainsi Yves Vérilhac, directeur général de la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

Entre les deux camps, les agriculteurs constatent les dégâts. « J’ai eu des milliers de mètres carrés de prairie retournés », témoigne Aurélien Mourier, éleveur dans le nord de l’Ardèche. Les sangliers fouillent la terre sur plusieurs centimètres à la recherche de vers et d’autres bêtes à grignoter. « Cela compromet totalement les récoltes de fourrage, et cela fait ressortir les pierres, fait que le sol n’est plus plat. Donc, quand on revient dans la prairie, on risque de casser le matériel. »

La bête est mobile, maligne, productive : aujourd’hui, on ne sait toujours pas compter les sangliers. Les tableaux de chasse servent d’indicateurs : la Fédération nationale de chasse comptait 30.000 sangliers tués dans les années 1970, on en est à plus de 800.000 aujourd’hui.

Le sanglier, une « bénédiction » pour la chasse

La faute aux chasseurs ? En fait, l’affaire est multifactorielle. Historiquement, les chasseurs ont bien leur part de responsabilité, estime Éric Baubet, spécialiste du sanglier à l’Office français de la biodiversité (OFB) : « *Dans les années 1960, la base de la chasse était le petit gibier. Mais celui-ci s’est effondré. Donc, les chasseurs se sont tournés vers le gros gibier. Le sanglier a été une sorte de bénédiction, les chasseurs ont fait ce qu’il fallait pour augmenter les populations. Si l’on épargne les grosses femelles, qui font plus de petits, la population s’installe rapidement. »

D’autres facteurs ont aidé. Développement d’une agriculture intensive avec de grands champs de maïs — qui apportent aux suidés ressources alimentaires et cachettes — et autres grandes cultures qui les ont nourris ; déprise agricole et exode urbain qui leur ont ouvert de nouveaux espaces ; plus récemment, le changement climatique, en favorisant la production de fruits (glands, châtaignes) par les arbres forestiers, a multiplié encore leurs ressources. Un détail, aussi : il y a de moins en moins de chasseurs, donc moins de « pression de chasse », comme on dit dans le jargon.

À la Fédération nationale des chasseurs (FNC), on préfère insister sur ces critères environnementaux. « La population de sangliers peut tripler quand il y a de la nourriture à disposition et des hivers doux », nous assure-t-on. «* Et puis, les paysages et l’agriculture ont changé, la fermeture des milieux les favorise. Ce ne sont pas les chasseurs qui provoquent l’augmentation de la population de sangliers.** »

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Malins et adaptables, les sangliers bénéficient de certains aspects de l’agriculture intensive et du réchauffement climatique.

« Les chasseurs sont des pompiers pyromanes, ils sont responsables de la dynamique de la population de sangliers », conteste à la LPO Yves Vérilhac, qui dénonce « des années de lâchers, d’agrainage [mettre des grains à disposition], d’importation de sangliers des pays de l’Est et de chasse en enclos privés [où l’on maintient la population grâce à l’élevage, et dont les animaux peuvent s’échapper]. » Aujourd’hui, il n’est plus possible de lâcher des sangliers d’élevage ou importés dans la nature, ceux-ci sont réservés aux parcs de chasse fermés et commerciaux. Mais des infractions persistent parfois localement. Ainsi, la Confédération paysanne de l’Ardèche a fait condamner, en février 2020, un éleveur qui fournissait en sangliers — ensuite relâchés — des associations de chasse du département.

L’agrainage, lui, est strictement encadré. Là encore, les associations écologistes dénoncent des abus. Le naturaliste Pierre Rigaux est plus circonspect : « Que ce soit pour favoriser la population de sangliers ou les détourner des cultures, on ne connaît pas bien l’efficacité de tout cela. »

Une autre accusation courante est que les chasseurs ont croisé des sangliers avec des cochons, afin d’augmenter leur taux de reproduction et de les rendre plus faciles à chasser. « On n’a aucune preuve que cela a été le cas », estime Éric Baubet, à l’OFB. « Nous n’avons les outils que pour mesurer les hybridations de première génération [au niveau des parents], et elles sont très faibles et pas différentes de ce que l’on trouve partout en Europe », dit-il. « De toute façon, pas sûr qu’il y ait besoin d’aller chercher dans cette direction. Il suffit de chasser une femelle de moins pour avoir six petits de plus ! »

Donc, les causes de l’explosion démographique sont multiples. D’ailleurs, doit-on vraiment s’en inquiéter ? Là encore, tout est une question de point de vue. « En biologie, parler de surpopulation n’a pas de sens », précise Éric Baubet. Tant que le milieu les nourrit suffisamment, difficile de déclarer que les sangliers sont trop nombreux.

C’est donc du point de vue de certaines activités humaines que les sangliers sont déclarés en surnombre. Collisions routières, propagation de la peste porcine, retournement des terrains de sport et surtout, dégâts agricoles. Ces derniers n’ont cessé d’augmenter. Ils sont indemnisés par les chasseurs qui dans les années 1960, en échange du droit de chasser et gérer le gibier, ont accepté de payer les indemnisations. Selon la Fédération nationale des chasseurs, elles ont bondi de 50 % en dix ans, de 30 à 45 millions d’euros.

« Un bon sanglier est un sanglier mort »

Paradoxe, « on a cru que le sanglier allait sauver la chasse, qu’avec ce gibier de fond, on maintiendrait des adhérents. En fait, il est en train de la tuer », constate David Pierrard, directeur du domaine de Belval (Ardennes). Le lieu fait à la fois de la préservation de la biodiversité et de la formation des chasseurs. « C’est la banqueroute des fédérations départementales de chasse, certaines n’arrivent plus à indemniser les dégâts ! » La Fédération départementale des chasseurs des Landes, notamment, a frôlé la faillite l’an dernier. « D’autres départements sont à flux tendu, dans le Nord-Est ou autour des Landes : le Gers, les Pyrénées-Orientales », confirme-t-on à la FNC. Pour David Pierrard, la solution à cette situation est donc sanglante : « Aujourd’hui, un bon sanglier est un sanglier mort, c’est malheureux ce que je vous dis, mais on en est là. »

Pourtant, la « bête noire » prospère. Pas seulement en France d’ailleurs, mais « partout en Europe », précise Éric Baubet. Pourquoi ? « Le sanglier s’adapte très vite », déplore la FNC. Il sait repérer les zones peu chassées, trouver les lieux où il sera bien nourri et à l’abri. Dans le Parc national des Cévennes, des discussions étroites entre chasseurs, agriculteurs et techniciens du parc tentent de le maintenir à un niveau acceptable pour les activités agricoles. « Mais on subit », constate Maxime Redon, le chargé de mission Chasse du parc. « On gère a posteriori, la population a une dynamique plus rapide que nous. » Les grosses laies sont celles qui font le plus de petits. « Mais si on les tue, cela peut sélectionner les jeunes qui se reproduisent de plus en plus tôt », poursuit-il. « Donc, on est gênés, on n’a pas de message clair. On se contente de dire : “Tuez du sanglier.” »

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Les sangliers retournent le sol à la recherche de nourriture, ce qui endommage de nombreuses cultures####.

Pourtant, le chasseur ne chasse pas toujours suffisamment. « La chasse est un loisir, donc il faut qu’il y ait le plus de gibier possible », estime Aurélien Mourier, l’éleveur ardéchois. « Chez moi, ils arrêtent la chasse au sanglier mi-décembre pour en laisser pour la reproduction. » « C’est une affaire de gros sous, il faut que ce soit giboyeux pour que les chasseurs acceptent de payer les baux de chasse », observe Yves Verilhac, à la LPO. Sur le terrain, dans le parc national des Cévennes, « on a plutôt affaire à des chasseurs soucieux de ne pas trop tuer », rapporte Maxime Redon. « Localement, il faut rappeler aux chasseurs que le bon curseur n’est pas forcément au niveau actuel », admet-on à la Fédération nationale de chasse.

La chasse arrive à réguler les sangliers quand elle le veut bien : « Un plus grand nombre de chasseurs postés, des zones de chasse plus étendues et des chasses effectuées en début de saison, c’est-à-dire avant février, ont fait augmenter le nombre d’animaux abattus », constatait un article scientifique parût début 2020 dans Science of The Total Environment. « La régulation par la chasse peut marcher », résume le chercheur de l’OFB. Mais c’est un obstacle presque psychologique qu’il a constaté : « Les chasseurs ont oublié qu’avant, il y avait peu de sangliers. Donc, le niveau de la population qui va leur servir de référence est élevé. Sur une commune, ils penseront que vingt sangliers est la population “normale”, alors que c’était cinq avant. Ils ont peur de tuer la poule aux œufs d’or, car s’il n’y a plus de sangliers en France, il n’y a plus grand-chose à chasser ! »

Habiter et cultiver autrement nos campagnes

La LPO en appelle donc à des méthodes plus radicales, et à se passer de chasseurs. « Vous confiez la mission à l’armée, vous mettez un mirador et vous agrainez. C’est comme cela que les Allemands font », dit Yves Verilhac. Moins martial, Aurélien Mourier, adhérent de la Confédération paysanne, défend avec son syndicat un recours plus fréquent au piégeage. Des cages dans lesquelles de la nourriture est disposée permettent d’attirer les bêtes, qui sont ensuite exécutées. « Mais les chasseurs n’aiment pas que l’on vienne prélever “leurs” sangliers sans qu’ils aient eu l’occasion de s’amuser à les chasser », remarque l’agriculteur. Un récent arrêté du ministère de la Transition écologique va dans son sens, en donnant au préfet le pouvoir de lancer des opérations de piégeage.

Face à l’hécatombe annoncée et désirée, on se prend à espérer d’autres solutions pour contenir la bête noire. Les clôtures électriques, déjà utilisées, ne pourraient-elles pas être plus répandues ? Un problème est qu’il ne faut pas que la moindre herbe touche les fils, au risque d’annuler l’effet de décharge électrique. « Au printemps, il faut couper l’herbe toutes les semaines, c’est un coût d’entretien énorme », déplore Aurélien Mourier. « Sans compter que sur des surfaces en pente avec des buissons biscornus, ça devient quasiment impossible. »

La stérilisation, elle, a été écartée pour l’instant. « Ce serait jouer avec des molécules dont on connaît mal les effets. Il y a un risque qu’un humain qui mange du sanglier stérilisé le soit à son tour », note Éric Baubet.

Pierre Rigaux, lui, voit la solution dans une évolution de long terme de l’agriculture : « Une minorité de cultures concentre l’énorme majorité des dégâts. S’il y avait moins de maïsiculture intensive, il y aurait moins de dégâts et si on revenait à des parcelles plus petites, elles seraient plus faciles à protéger. »

C’est en fait toute la campagne, notre façon d’y habiter et de la cultiver, qui serait à repenser. Ce n’est pas un moindre casse-tête.

Retiens la nuit jusqu’à la fin du monde

POLLUTION PAR LA LUMIERE

Par Fabrice Nicolino (extrait de son blog PLANETE SANS VISA 2 décembre 2020

Définition : une méta-analyse, c’est une étude qui recense et ordonne une vaste série de travaux scientifiques portant sur une question donnée. Des chercheurs de l’université d’Exeter (Grande-Bretagne) viennent d’en publier une belle dans la revue Nature, ecology and evolution (1). Elle porte sur 126 études publiées, et ce n’est pas aujourd’hui que je ferai rire aux éclats.

En effet, elle révèle que la pollution lumineuse a des effets à peu près insoupçonnés. Son auteur principal, Kevin Gaston : « The effects were found everywhere – microbes, invertebrates, animals and plants ». Or donc, microbes, animaux, plantes seraient touchés. Et le même d’ajouter qu’il serait temps de considérer la pollution lumineuse comme le grand désordre systémique qu’il est. À côté, tout à côté mais oui, du dérèglement climatique.

Mais de quoi parle-t-on ? De la fin de la nuit, très simplement. L’éclairage des villes, des ports, des rues, des autoroutes, des fermes même fait reculer partout le vital repos nocturne. De nuit, les êtres vivants fabriquent une hormone, la mélatonine, qui régule les cycles du sommeil. Eh bien, toutes les espèces animales étudiées en ont un taux de production diminué à cause de la lumière, ce qui bouleverse tous leurs rythmes.

Des exemples ? Les insectes pollinisent moins. Les arbres sont en feuilles plus tôt au printemps. Les oiseaux de mer se tuent en heurtant les phares. Les oiseaux de terre chantent plus tôt, confondant l’aube et la gabegie lumineuse. Les rongeurs, qui se nourrissent la nuit, mangent moins à cause des illuminations. Les tortues de mer, attirées par les halos fous des hôtels, se perdent à terre, croyant avoir trouvé le jour.

Sommes-nous concernés ? Ce n’est pas impossible. Nous avons ainsi laissé déferler les lampes LED, ce douteux miracle qui nous a été vendu comme un « progrès ». Elles durent plus longtemps, mais profitant de cette « économie », les autorités de tout niveau en ont augmenté le nombre et la puissance. Or leur luminescence a un spectre plus large, comme le soleil.

Les images satellite montrent sans surprise une planète qui repousse sans cesse plus loin la nuit : l’augmentation des lumières extérieures serait d’au moins 2% par an. Mais il serait injuste d’accuser d’inaction nos gouvernants. Un pompeux Arrêté (3) « relatif à la prévention, à la réduction et à la limitation des nuisances lumineuses » a bien paru au Journal officiel du 27 décembre 2018. Grotesque et impuissant, il affirme que « les émissions de lumière artificielle des installations d’éclairage extérieur et des éclairages intérieurs émis vers l’extérieur sont conçues de manière à prévenir, limiter et réduire les nuisances lumineuses ». Je dirais même plus : il faut « prévenir, limiter et réduire ».

Pendant ce temps d’inaction radicale, les astronomes gueulent dans le vide. Ceux de l’Union astronomique internationale ont publié il y a quelque temps un document qui raconte la folie des satellites, cette autre menace (3), hélas en anglais. J’en extrais cette phrase : « Outre leur visibilité à l’œil nu, on estime que les traînées des satellites seront suffisamment lumineuses pour saturer les détecteurs des grands télescopes. Les observations astronomiques scientifiques à large champ seront donc gravement affectées ».

Rappelons que le crétin intersidéral Elon Musk, qui tient le président américain – après Trump, Biden ? – by the balls, programme d’envoyer au total 42 000 nouveaux satellites dans l’espace. Il vient de proposer de les équiper de pare-soleils. Authentique.

Il y aurait bien une solution, qui consisterait à éteindre la lumière dans des millions de points terrestres où elle n’est qu’un gaspillage évident. Et de la limiter ailleurs. Mais ainsi que le note Kevin Gaston, « notre aptitude à changer la nuit en quelque chose qui ressemble au jour va bien au-delà de la nécessité de le faire ». Mehr Licht – plus de lumière -, aurait murmuré Goethe sur son lit de mort. Sommes-nous assez cons pour ne plus supporter le noir, en plus du reste ?

JOUIR DES BEAUTES DE LA NATURE, SANS TUER - 2

Par Matthieu Ricard le 24 novembre 2020

Les chasseurs parlent constamment de leur rôle de "régulateurs" des équilibres naturels. On peut distinguer trois aspects à cette "régulation".

1) "Réguler" des problèmes que les chasseurs ont eux-mêmes créés

L’argument le plus souvent utilisé en faveur de la « régulation » des espèces sauvages est celui des sangliers. De fait, alors que la France comptait quelques dizaines de milliers de sangliers dans les années 1960, on en recense plus d’un million aujourd’hui. Ceux qui s’en plaignent sont les auteurs de cette prolifération : les chasseurs ont lâché des sangliers d’élevage, ils les ont nourris dans la nature et ont épargné les femelles reproductives. Les cultures de maïs que les sangliers affectionnent ont augmenté et les chasseurs eux-mêmes indemnisent les paysans des dommages causés par les sangliers. Les chasseurs font donc tout ce qu’il fallait pour que le « gibier » abonde. L’augmentation considérable des cochongliers et de sanglochons, croisement issus de sangliers et de cochons domestiques, plus familiers et facilement approchables a contribué à démultiplier cette prolifération. Il est donc malséant de parler de « calamité » lorsqu’on l’a créée et qu’on l’entretient. Les chasseurs souhaitent donc « réguler » les populations de sangliers en les tuant et ne veulent pas entendre de méthodes alternatives que les scientifiques pourraient proposer (stérilisation de femelles par exemple).

2) "Réguler" des espèces en voie de disparition

Pourquoi diable faudrait-il "réguler", en les chassant, les effectifs d’espèces dont les populations ont dramatiquement diminué depuis plusieurs décennies — la Tourterelle des bois, le Vanneau huppé, l’Huitrier pie, le Lagopède alpin, et bien d’autres encore? Pas moins de 27 % des espèces chassables en France (24 sur 89) figurent sur la liste rouge des espèces menacées.

3) "Réguler" des "nuisibles" qui n’en sont pas

Des dizaines de milliers de mustélidés — belettes, martres, putois, etc… — sont piégés chaque année en France alors que leur statut de "nuisible" décrété par les chasseurs n’est défendu par aucun scientifique, ces animaux jouant un rôle important dans les écosystèmes. En 2002, sur les recommandations des scientifiques compétents, le ministre a retiré de la liste des animaux nuisibles, la belette, la martre et le putois, dont la classification comme « nuisibles » est simplement aberrante : ils ne pullulent pas et mangent des petits rongeurs. Hélas, quelque mois plus tard, nouveau ministre et retour en arrière : simplement pour faire plaisir aux chasseurs, la ministre reclassa ces trois espèces en catégorie "nuisible." "Ce que les chasseurs veulent, le ministre fait "conclut Pierre Rigaux.

Le renard est l’une des obsessions des chasseurs et ils en tuent environ un million chaque année. Les renards sont pourtant l’un des meilleurs facteurs de régulation naturelle. Les chasseurs se plaignent par exemple de la prolifération des harets, ces chats domestiques retournés à l’état semi-sauvage et revendiquent le droit de les tuer. Or, une récente étude italienne a montré que, pendant l’hiver, 30 % de l’alimentation des renards est constituée de harets. Un renard peut certes ravager un poulailler dont la porte était mal fermée, mais à l’échelle nationale, les dégâts engendrés par les renards sont dérisoires. Les contrevérités abondent également : on accuse le renard de propager la rage par exemple, alors que la rage vulpine a disparu de France depuis 1998. Quant à l’échinococcose, la néosporose, la gale et la leptospirose, aucune instance scientifique ne recommande de tuer les renards pour lutter contre ces maladies. La maladie de Lyme, quant à elle, semble avoir moins d’incidence là où les renards sont plus abondants, car les petits rongeurs sont plus prudents et se déplacent moins.

Mais la chasse est en déclin depuis plusieurs décennies, bientôt moins d’un million de chasseurs. On ne peut donc que s’associer aux vœux d’Albert Schweitzer, prix Nobel de la paix :

Le temps viendra où l’opinion publique ne tolérera plus les divertissements où l’on maltraite et tue des animaux. Le temps viendra, mais quand ? Quand atteindrons-nous le moment où la chasse, le plaisir de tuer des animaux pour le "sport", sera considérée comme une aberration mentale ?

JOUIR DES BEAUTES DE LA NATURE, SANS TUER - 1

Par Matthieu Ricard le 6 novembre 2020

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Quelques chiffres éclairants pour commencer : 81 % des Français ne sont pas favorables à la chasse (IPSOS, 2018), tandis que 69 % d’entre eux la rejettent entièrement (IFOP, 2019). Pourquoi ne pas les écouter ? Comment se fait-il que 1,6 % de la population impose sa loi sur 90 % du territoire où il est permis de chasser ? (1)

La pêche et la chasse sont pratiquées par bien des peuples pour survivre. Lorsque ce n’est pas le cas, elles sont rangées dans la catégorie des "divertissements sportifs". Les Européens qui vont à la chasse par plaisir ne sont certes pas dans la même position que les Eskimos qui tuent pour assurer leur subsistance ou pour empêcher un ours blanc de les dévorer. Les chasseurs des pays nantis consomment la plupart de leurs proies, mais ils n’ont que rarement besoin de cet apport pour survivre. De plus, les motivations déclarées des chasseurs ne citent pas la recherche de nourriture en premier lieu, mais le contact avec la nature (99 %), la convivialité (93 %) et l’entretien des territoires (89 %), autant de buts louables en eux-mêmes, mais qui ne nécessitent nullement l’usage d’un fusil pour tuer.

*Dans son nouvel ouvrage, Pas de fusils dans la nature. Les réponses aux chasseurs (2), Pierre Rigaux dresse un portrait saisissant de la mainmise de la chasse sur la nature en France, y compris dans les parcs naturels les plus protégés, où il est interdit de cueillir une petite fleur, mais où, à force d’exceptions à la règle, il est permis de chasser quasiment toutes les espèces protégées, dont certaines sont en voie de disparition. Dans la réserve nationale des Haut-Plateaux du Vercors par exemple, les Tétras-lyre sont chassés là où les promeneurs sont priés de s’écarter pour ne pas les déranger. La chasse est ainsi autorisée, sous divers prétextes, dans quasiment toutes les réserves naturelles et tous les parcs nationaux français (à l’exception de la zone cœur de 5 parcs nationaux, soit seulement 0,5 % du territoire français). Sur le plateau de l’Aubrac, l’Office National des Forêts interdit les visiteurs du 15 septembre au 15 octobre pour "ne pas déranger les cerfs durant la période du brame". Mais dans ces espaces baptisés "zones de quiétude", les propres guides de l’ONF emmènent des clients chasseurs abattre des cerfs ! En toute quiétude bien entendu…

Jours de non-chasse

En France, la loi ne prévoit aucune journée nationale hebdomadaire de trêve de la chasse qui garantirait la sécurité des promeneurs. Tous les autres pays européens observent des "jours de non-chasse". En Suisse, dans le canton de Neuchâtel, trois jours sans chasse dont le dimanche obligatoirement ; en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, pas de chasse le dimanche ; en Espagne, deux à trois jours de chasse par semaine selon les provinces ; au Portugal, la chasse n’est autorisée que le jeudi et le dimanche. Rien en France. Pourquoi ?

En 1974, l’interdiction de la chasse dans le canton de Genève fut approuvée par référendum par 72 % de la population. Malgré les cris d’alarme des chasseurs l’apocalypse ne s’est pas produite, tout s’est bien passé et la faune du canton est très rapidement arrivée à un équilibre naturel, a retrouvé sa richesse et sa diversité et est fort appréciée par les promeneurs.

Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus

Comme l’explique également Marc Giraud dans Comment se promener dans les bois sans se faire tirer dessus (2), "la chasse ne représente qu’une toute petite partie de l’utilisation de nos terroirs par les citoyens. Plus de 2 millions de cavaliers, plus de 15 millions de randonneurs, plus de 20 millions de cyclistes, auxquels il faut ajouter les simples promeneurs, cueilleurs de champignons, groupes scolaires, naturalistes, artistes, photographes, sportifs, etc. – toutes ces catégories étant en pleine expansion – forment une écrasante majorité au regard du million de chasseurs en France."

70 % des personnes interrogées craignent de se promener en période de chasse. Combien des promeneurs qui le tentent se sont vus dire un jour par des chasseurs rencontrés dans leur balade, comme cela est arrivé à Pierre Rigaux : "Vous êtes inconscient, c’est dangereux de venir ici !". Tout cela dans des forêts ouvertes au public et sur des chemins communaux ! Chaque année, plus de 200 millions de cartouches sont tirées dans les campagnes françaises, un quart lors de ball-traps et le reste pour la chasse. Avec une portée dangereuse de trois kilomètres, les balles perdues font peur aux chasseurs eux-mêmes. On compte, en moyenne, 150 à 200 blessés et une vingtaine de morts par an. Autant de vies humaines sacrifiées à une activité qui se dit "conviviale et en harmonie avec la nature".

Attention chasse en cours

Sur les chemins publics, les chasseurs en activité demandent souvent aux promeneurs de faire demi-tour par mesure de sécurité. Ils posent des panneaux tels qu’ "Attention chasse en cours", toutefois ceux-ci n’ont aucune valeur légale pour interdire la circulation. Vous pouvez donc passer — à vos risques et périls. Les citoyens qui poseraient des panneaux du genre, "Attention balade en cours", "Photo de nature en cours" ou "Observations ornithologiques en cours" seraient la risée des chasseurs, ou pire : le 9 août 2013, des photographes d’oiseaux se font tirer dessus dans un marais du Nord à Hondschoote.

Si l’obstruction à la promenade, la randonnée, le VTT, l’observation des animaux, la photographie animalière par les chasseurs semble être un état de fait accepté, en revanche l’obstruction à un acte de chasse est passible de 1500 euros d’amende depuis 2010. Attention à ne pas vous trouver entre le lapin et le chasseur : vous risquer de recevoir des plombs et si vous survivez vous aurez une amende.

Premiers écologistes de France

Les chasseurs se disent les "premiers écologistes de France." Nul doute qu’ils aient une bonne connaissance de la nature qu’ils côtoient régulièrement. Mais d’une part ils la connaissent pour mieux chasser, c’est-à-dire tuer des animaux, et, d’autre part, ils ne peuvent prétendre la connaître aussi bien que les scientifiques qui étudient de manière approfondie les mœurs des animaux, les équilibres biologiques, l’évolution des populations et le risque de disparition de certaines espèces.

Si les chasseurs connaissent la nature et protègent certains biotopes et certaines espèces, c’est pour mieux les chasser, et non pas pour protéger la nature et la faune en elle-même. Lorsqu’une espèce ne présente aucun intérêt pour eux ou interfère un tant soit peu avec leurs activités, elle est déclarée "nuisible" sans le moindre fondement scientifique. Les fédérations de chasse vont jusqu’à accorder des subventions à la ligue de Protection des Animaux (LPA). Mais il s’agit toujours du même cercle vicieux : protéger momentanément les espèces pour pouvoir mieux les tuer par la suite.

Notes

(1) : Voir Vocation : L’animal sujet de droit, propositions pour de nouveaux horizons (2019), Animal Cross.

(2) : Pierre Rigaux. Pas de fusils dans la nature. Les réponses aux chasseurs. Préface de Nicolas Hulot. humenSciences, 2020.##Pyrénées : Une sixième portée d’ours en 2020##

11 OURSONS DANS LES PYRENEES

C’est un fait, la population des ours dans les Pyrénées augmente, peu, mais elle augmente. C’est d’ailleurs la première année que l’on a détecté six portées en un an. On dénombre actuellement 11 oursons sur les 55 ours sur l'ensemble des massifs pyrénéens.

Publié le 06/11/2020 à 08h00 5fa438bb461b3_illustr_ourson_et_ours-5068796.jpg Illustration naissance d'un petit ours brun au zoo de la Boissière du Doré (Loire Atlantique) • © Jerôme Fouquet / AFP Ariège Hautes-Pyrénées Haute-Garonne

L’ours déchaine toutes les passions dans les Pyrénées. En avril 2020, Cachou, un mâle considéré agressif, avait été retrouvé mort en Catalogne espagnole, amenant son lot de questions et de doutes sur les causes de sa mort. En juin dernier, un ours avait été retrouvé gisant, tué par balles, sur la commune d’Ustou, en Ariège.

Après une série de décès, des naissances d’oursons

Ces décès avaient ravivé les tensions. Aujourd’hui, les défenseurs de l’Ours se réjouissent de cette sixième portée en 2020 qui amène le nombre d’oursons à onze. En août 2020, le nombre de portées était encore de cinq. La sixième portée vient de donner naissance à un nouvel ourson côté Pyrénées espagnoles. Ces oursons sont basés dans la partie occidentale et centrale des Pyrénées en Val d’Aran, Ariège et Haute-Garonne. Il n’y a pas d’ourson dans les Pyrénées Orientales car on y dénombre uniquement des mâles actuellement.

Une population ursine en augmentation

En 2019, la population officielle d’ours dans la totalité des massifs pyrénéens s’élevait à 52 se répartissant comme suit : 23 femelles, 22 mâles et 7 indéterminés. 3 ours non détectés ont ensuite été retrouvés en 2020.

Sabine Matraire, coordinatrice ours à l’association Férus, nous indique que "l’ours Goiat, qui a récemment perdu son collier GPS, a beaucoup contribué à l’augmentation de la population ursine car il se déplace beaucoup. Les femelles, en revanche, ont tendance à rester proche de la mère sur un secteur plus restreint". Cela génère une difficulté accrue de reconnaissance des animaux. Cela engendre également des problèmes de concentration et donc de consanguinité.

**De nombreux oursons sont nés de Hvala, originaire de Slovénie et lâchée en 2006 dans les Pyrénées. Pour information, Hvala veut dire merci en slovène. La palme en terme de maternité revient à Caramel, née en 1997 et toujours vivante, et à sa mère Mellba, lâchée en 1996.

Des dispositifs de suivi des ours

5fa4397a1961e_ours_retouche-5068814.jpg Ours brun des Pyrénées filmé par des caméras • © FERUS

La population ursine est suivie grâce à des caméras, posées, sur autorisation préalable, par le Réseau Ours Brun (ROB), membre de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), ou encore les associations de protection de la nature ou le Parc National des Pyrénées. Tous les dispositifs mis en place ont pour but de détecter les animaux, de recenser des indices révélant leur présence et leur nombre dans les massifs Pyrénéens.

Sur les 8 premiers mois de 2020, 871 indices ont été trouvés entre la vallée d’Aspe à l’ouest et l’Ariège à l’Est. C’est d’ailleurs principalement en Ariège que l’on dénombre ces traces. Les informations françaises sont croisées avec celles du versant espagnol. Tout ce qui permet d’identifier les ours de manière génétique ou au moyen d’empreintes des plantigrades, de recueil de poils ou déjections, est mis en commun.

Une population grandissante mais plus faible qu’ailleurs en Europe du Sud

Les trois endroits où il reste des ours en Europe du Sud sont les Asturies en Espagne (plus de 300 ours actuellement), le plateau de Medved en Slovénie et les Abbruzzes et la Province de Trentin en Italie.

Ces endroits étaient à l’époque des réserves de chasses de Mussolini, Franco et Tito, des territoires où il n’y avait pas de pastoralisme et donc pas de cohabitation comme c’est le cas dans les Pyrénées.

2019 a été une année « noire » dans les estives avec plus d’un millier de bêtes tuées, spécifiquement des bovins et des chevaux. 500 demandes d’indemnisation pour attaques d’ours ont été déposées. Cette augmentation du nombre de dossiers traités par la commission d’indemnisation des dommages ours confirme aussi un nombre croissant d'ours dans la chaîne Pyrénéenne.

Une espère décriée pour son comportement de prédateur

Pour les anti-ours, cette augmentation sensible de la population ursine est très problématique. Pour Philippe Lacube, Président de la Chambre d’Agriculture de l’Ariège, « c’est un drame qui se joue, pour les hommes comme pour les animaux. Quand c’est un cheval qui meurt, ça émeut plus que 50 brebis ». ll ajoute : « De quel droit l’Etat a permis de faire tant de mal à ces peuples de montagne ? »

####L’Etat, c’est le pompier pyromane ! Il a mis le feu et cherche maintenant comment éteindre ce feu####.

Philippe Lacube, Président de la Chambre d'Agriculture de l'Ariège

En janvier 2020, le président Emmanuel Macron s’était engagé à ne pas réintroduire d’ours dans les Pyrénées. Les pro-ours demandent toutefois que les bêtes tuées par l’homme soit « remplacées » pour préserver la survie de l’espèce.

Bonne nouvelle et belles images ...

LA LETTRE D'INFO DU PAYS DE L' OURS - l'actu du mois

Au moins 10 oursons en 2020 !

5 femelles suitées ont déjà été repérées cette année : 2 femelles avec 3 oursons, 1 femelle avec deux oursons et 2 femelles avec 1 ourson. Et ce n'est peut être pas fini, d'autres portées peuvent encore être détectées d'ici la fin de l'année

Une compilation des dernières vidéos des caméras automatiques du Réseau Ours. Un bonheur à voir et à revoir ! et de magnifiques images des mâles présents en Béarn.

A L'ECOLE DE LA NATURE, LES VIES S'EPABOUISSENT


C'est un article de REPORTERRE https://reporterre.net/

À l’heure de la rentrée des classes et alors que l’épidémie de Covid-19 reprend, les autrices et auteurs de cette tribune mettent en avant les multiples enseignements que procure la nature « charnellement vécue ». Une pédagogie à mille lieues de celle promouvant le numérique. La liste des membres du collectif d’enseignants de l’Enseignement agricole public signataires de cette tribune est à la fin du texte. arton20281-bb957-841de.jpg

Nous sommes un collectif d’enseignants de l’Enseignement agricole public. Au cours de la période de confinement liée à l’épidémie de Covid-19, nous avons dû essayer tant bien que mal d’assurer une continuité pédagogique à distance par le recours aux outils numériques. L’usage de ces derniers a ainsi été promu à grande échelle, certainement avec la vocation d’être poursuivi et amplifié.

Comme beaucoup, nous avons pu éprouver les limites de cette solution : son accès technodépendant socialement et économiquement inégalitaire, sa consommation d’énergie, sa menace pour la vie privée et les données personnelles, sa contention statique du corps, son inconfort visuel et même douloureux, sa dimension virtuelle et théorique, son caractère antinaturel, entre autres. Cette orientation abstraite de l’école ne nous convainc pas, ne correspond pas à un projet pédagogique que nous souhaitons tout au contraire incarné dans des situations d’apprentissage au moyen d’un corps humain impliqué, engagé, partie prenante, moteur et vecteur premier de sensations et d’émotions parcourues, charnellement vécues.

Nous nous interrogeons et nous inquiétons sur l’évolution de notre métier d’enseignant à l’avenir, sur ce qu’il deviendra demain dans cette école numérique et connectée, qui semble devenir dorénavant le standard exclusif, la norme définitive. Nous éprouvons un manque cruel de réel, de concret, de sensible. De nature.

L’énergie du désir irrépressible d’ouverture sur le « monde en vrai » nous meut ensemble spontanément

L’environnement est l’habitat privilégié des jeunes, et de leurs formidables utopies. Quelle alternative offrir à un jeune qui désirerait au lycée un autre enseignement que celui de trépigner assis sur une chaise durant de longues et interminables heures, ses muscles immobilisés ?

Nous avons une vision différente de celle resserrée et réduite à un univers fictif codé et compressé. L’élan qui nous anime cherche à explorer physiquement le monde. Nous portons une ambition de projeter nos enseignements dans un immense extérieur, un environnement qui serait l’habitat tout entier pour nos jeunes de leurs innombrables rêves et formidables utopies, de l’expérience de leurs existences terrestres qui y seraient intensément vécues. Avec joie, avec bonheur.

Comme pour ces jeunes, l’énergie du désir irrépressible d’ouverture sur le « monde en vrai » nous meut ensemble spontanément, nous donne à tous l’envie de caresser au contact de notre peau, l’eau, les minéraux, les végétaux, les animaux, l’air, la terre, nous transmet cette respiration de chaque instant, ce souffle qui nous pousse en avant. Les leçons premières du véritable rapport aux êtres et aux choses se trouvent inscrites sur le terrain. Sentir le parfum des fleurs, respirer l’air pur, toucher le contact organique à la matière, nouer dans le réel des relations humaines de coopération, de complicité, heureuses. Nous voulons transmettre cet amour inestimable des plaisirs simples et gratuits que la nature nous prodigue dans sa générosité.

Dans nos établissements de l’Enseignement agricole public, nos espaces ne sont pas limités à l’enceinte d’une classe, pas restreints à la promiscuité et à l’immobilité d’une unité de lieu fixe contraint, pas concentrés en une densité susceptible d’être propice au stress, au bruit, à l’énervement, à la fatigue. Bien sûr, cela arrive aussi, car nos classes existent bien évidemment entre les murs, mais avec la capacité de ce choix simple et efficace : sortons !

Au fond d’un val isolé qui ne bruisse que de l’onde en cascade et du feuillage frissonnant, nous nous sentons vivants. Pour nos disciplines techniques, scientifiques, générales, culturelles, physiques et sportives, pour la vie scolaire et sociale dans nos établissements, les espaces extérieurs sont nos terrains d’évolution, d’exercices, d’études, de jeux, et les milieux naturels le cadre exceptionnellement permanent de nos lycées nature.

Les jardins et les espaces verts, les vignes et les vergers, les grandes cultures et les pâturages, les étables et les bergeries, les forêts et les cours d’eau, les montagnes, les plaines, les collines, les rivages, sont nos magnifiques, changeantes, actives, mobiles salles de classe. Nos sorties empruntent en toutes saisons les champs, les haies, les contours des arbres champêtres, les chemins de bergers, les troupeaux d’animaux au pré, les herbes rases ou grasses, les vallons creux où coulent des ruisseaux, les sous-bois ombragés et même un peu ténébreux, les villages entre le ciel et la terre, la grandeur des paysages, des terroirs et des histoires des hommes.

À la découverte des chemins de traverse qui parsèment les territoires et leur nature vivante qui partout respire

Épouser la vie en vrai, de ses écosystèmes fragiles à la magie du cosmos. Notre enseignement est celui-ci, d’un ressenti sensible, de la pluie et du soleil, du vent et du renouvellement de l’air, du calme et du beau grandiose élevé par son essence au sublime d’espaces en minuscule d’écosystèmes fragiles, jusqu’à la magie du cosmos et de ses myriades d’étoiles qui scintillent à l’infini. Notre enseignement grandeur nature épouse la vie en vrai. Notre enseignement « autrement » pousse la classe tout au-dehors, à la découverte des chemins de traverse qui parsèment les territoires et leur nature vivante qui partout respire.

Avis à tous les volontaires pour les futures vocations de l’aventure du vivant : élèves étudiants, apprentis, stagiaires de la formation adulte. À tous ceux qui désirent faire bouger les bancs et bousculer les lignes, casser les codes et lever les verrous, passer les murs, les barrières, les clôtures, adopter de nouvelles postures dans une école de l’air libre, venez chez nous ! Venez chercher le Nord dehors, l’équilibre dans la nature. À tous qui aspirent à regarder le monde naturel avec respect pour chercher à habiter plus durablement notre planète, rejoignez-nous ! Nos établissements seront les vôtres. Venez partager tous ensemble dans les établissements de l’Enseignement agricole public, une même expérience de sens, d’implication et d’engagement, réellement « grandeur nature ».

Ours abattu en Ariège : comment en est-on arrivé là ?

16 juin 2020 | Catégorie : Actus en France, Actus ours, Toute l'actualité un article de FERUS

L’ours retrouvé mort en Ariège

Il y a quelques jours en Ariège, un ours a été retrouvé mort tué par balle. Nous publions aujourd’hui le communiqué de nos amis de la SFEPM (Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères) ainsi que leur excellente note explicative. Comme FERUS, la SFEPM fait partie du collectif CAP-Ours.

Communiqué de la SFEPM

Un ours trouvé abattu en Ariège mardi 09 juin 2020 ! Comment en est-on arrivé là ?

Ce mardi 09 juin 2020 un ours a été trouvé abattu par balles en Ariège sur la commune d’Aulus-les-Bains sur l’estive d’Ustou. Après la disparition de l’ours Cachou, découvert mort en avril 2020 côté espagnol dans des circonstances troublantes, ce nouveau coup dur subi par la population d’ours des Pyrénées conduit à s’interroger sur les circonstances qui ont pu conduire à un tel acte. Les associations de protection de la nature, regroupées au sein du collectif CAP Ours, dont fait partie la SFEPM, vont ces prochains jours développer une série d‘actions coordonnées pour répondre à cet acte inqualifiable.

Nous avons voulu à la SFEPM amener d’ores et déjà un certain nombre d’explications sur le « pourquoi et comment a-t-on pu en arriver là ? ». Vous les trouverez dans une note ci-dessous qui récapitule un ensemble de faits qui n’ont pas toujours été médiatisés, mais surtout décrit un état d’esprit que l’Etat français a laissé s’instaurer malgré les interpellations des associations. Mais d’ores et déjà, la SFEPM, et toutes les associations engagées en faveur de l’ours, demande : • Le remplacement de cet ours comme l’Etat français s’y est engagé dans le cadre du Plan National d’Actions Ours 2018-2028 page 19 ; • L’arrêt des opérations d’effarouchement, autorisées malgré l’avis largement défavorable de l’opinion publique et du Conseil National de Protection de la Nature, qui, dans le cadre de l’article 4 de l’arrêté ministériel pris en mai 2020, permet à tout éleveur d’effectuer un effarouchement renforcé à l’aide de « tirs non létaux avec toute arme à feu chargée de cartouches en caoutchouc ou de cartouches à double détonation », ce qui laisse la porte ouverte à toutes les dérives possibles. Par la suite, dans la continuité de ce que nous réclamons depuis plus de 20 ans, la mise en oeuvre d’une vraie obligation faite à tous les éleveurs subventionnés de mettre en place des protections de leurs troupeaux. Les moyens sont là, qu’ils soient appliqués. Comment en est-on arrivé là ? A qui la faute ? Tout sauf un acte non prévisible ! Ci-après l’analyse de la SFEPM d’un état de faits qui dure depuis 1996, mais s’est aggravé ces dernières années.

La Ministre de l’Ecologie a été prompte à réagir, dès le 09 juin 2020 : « Un ours a été découvert aujourd’hui en Ariège, abattu par balles. L’ours est une espèce protégée, cet acte est illégal et profondément condamnable. La préfète s’est rendue sur place. L’Etat va porter plainte ». Cet acte illégal, ce n’est pas du « braconnage », comme l’a dit le président de la Fédération départementale des Chasseurs de l’Ariège, c’est de la destruction volontaire illégale d’espèce protégée, à haute valeur patrimoniale ! Appelons un chat un chat, et arrêtons d’associer ce genre d’acte à une image renvoyant au Raboliot de Genevoix, sympathique au cœur des Français. L’ours étant plébiscité par plus de 80 % de ces mêmes Français, y compris pyrénéens, cet acte ne peut susciter ni sympathie ni compréhension, ni tentative de minimisation par abus de langage.

Cet acte a été condamné par la Fédération des chasseurs de l’Ariège, son président avançant toutefois « l’excuse » du haut niveau de prédation par l’ours sur cette estive ! Or sur l’estive concernée où a été retrouvé l’ours, seuls deux constats ont été dressés récemment : les 7 et 8 juin pour une seule brebis attaquée ! Et sur cette estive, aucun moyen de protection, ni chien, ni berger, ni parc de regroupement n’ont été mis en place. Une piste pastorale, construite illégalement en 1988, conduit au cirque de Gérac, en bas de cette estive, ce qui permet aux éleveurs de monter leurs troupeaux, de les laisser en « liberté », puis de les « surveiller » en montant en 4×4 dans la journée et redescendre !

Au-delà de « l’excuse » avancée par le président de la Fédération des chasseurs de l’Ariège, plusieurs éléments ont par le passé été dénoncés par les associations de protection de la nature regroupées au sein de CAP Ours, dont la SFEPM fait partie, tous éléments qui, mis bout à bout, peuvent permettre de comprendre pourquoi un individu a décidé – s’est cru habilité à ?- d’abattre un ours. Un laxisme caractérisé relevant de trois domaines, et une forme de mépris, sont à l’origine d’un tel événement.

En matière de laxisme, on peut citer :

– Le mode d’expertise des dégâts d’ours. Cela peut sembler curieux de commencer par cela et pourtant ! Tout part de là comme « excuse » et alibi pour les anti-ours. Ce mode d’expertise a été changé il y a de cela 4-5 ans et on est passé d’un mode où les agents de l’Etat venaient établir la responsabilité ou non de l’ours à un système où il faut démontrer l’absence de responsabilité de l’animal, cette responsabilité étant engagée dès que l’espèce est présente dans le secteur et que son intervention est donc possible ! De ce fait le nombre de dégâts remboursés a fortement crû, passant de 10 en 1996, année du premier lâcher, à 110 en 2016 (avec un peu plus de 40 ours) puis 310 en 2018 (avec moins de 50 ours), et 599 dossiers en 2019 (avec 52 ours présents dont plus du quart ont moins d’un an !) alors que le nombre moyen de brebis tuées par attaque n’a pas varié (moins de 2 animaux tués ou blessés par attaque). Ce laxisme au niveau de l’attribution ou non d’un dégât, qui a inclus le remboursement d’un certain nombre de dérochements douteux avec de nombreuses victimes, a donc fait croître artificiellement le nombre d’attaques d’ours et le nombre de victimes, les anti-ours s’engouffrant dans la brèche pour clamer haut et fort que « les ours sont de plus en plus carnivores », « la cohabitation n’est pas possible », « il faut les retirer »… Ayant accepté ces chiffres, l’État ne peut plus aujourd’hui se désolidariser ou contredire les déclarations des anti-ours. Ce laxisme est aussi dû à l’Etat qui, n’étant plus capable d’assurer la protection de ses agents quand ils viennent faire des constats (véhicule de l’ONCFS –OFB aujourd’hui- incendié à Auzat en Ariège en juillet 2019, coups de fusil tirés en direction d’agents de l’ONCFS venus faire un constat en Ariège en août 2017), a accepté cette simplification de la procédure. Aujourd’hui un éleveur ayant moins de 5 brebis tuées ou blessées peut lui-même faire sa déclaration.

– L’absence de réelle volonté de mise en œuvre d’une vraie politique de protection des troupeaux. Alors que le montant des aides diverses (handicap montagne, prime à l’herbe, subventions agri-environnementales, aide au gardiennage…) dépasse toujours 50 % et peut atteindre plus de 80 % du chiffre d’affaires d’une exploitation d’élevage en montagne, une partie des éleveurs continue de refuser la mise en place de ces mesures de protection, et ceux qui les acceptent subissent fréquemment des pressions des syndicats agricoles et autres organisations anti-ours. La directive Habitats-Faune-Flore et la convention de Berne acceptent que des mesures de régulation ou effarouchement soient mises en œuvre vis-à-vis des grands prédateurs si les moyens de protection des troupeaux ont été mis en place. C’est ce que demandent les associations de protection de la nature depuis plus de 20 ans, de même que l’obligation de lier le remboursement des dégâts à la mise en place de ces mesures de protection. La Suisse, l‘Allemagne l’ont fait, pourquoi pas la France ? De même, nous demandons qu’une expertise soit menée sur les possibilités de protéger efficacement ou non une estive. Les bergers en montagne savent pertinemment que certaines estives sont très dures à protéger. Or aujourd’hui, un éleveur peut aller s’installer sur une estive et avoir des dégâts remboursés même sans la mise en place de moyens de protection, même si tout le monde sait qu’à cet endroit il sera très dur de garder les bêtes correctement et de les protéger. En ne voulant pas obliger à mettre en place ces moyens de protection, en préférant privilégier la solution de l’effarouchement, et ce alors qu’à l’issue de la consultation publique close le 22 mai 2020, sur le « Projet d’arrêté relatif à la mise en place de mesures d’effarouchement –qui incluaient des tirs possibles- de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux », 97 % des citoyens mobilisés se sont déclarés opposés et que le Conseil national de Protection de la Nature avait formulé un avis défavorable, la ministre de l’Ecologie, celle-là même qui s’indigne de la mort de cet ours aujourd’hui, a de ce fait, même si involontairement, diminué la gravité d’un tel acte. Et l’article 4 de l’arrêté ministériel pris en mai 2020 offre la possibilité aux éleveurs de disposer d’une arme à feu dans leur cabane pour pratiquer un « effarouchement renforcé », même s’il est indiqué que celui-ci doit se faire avec des moyens non létaux.

– Le laxisme, pour ne pas dire l’aveuglement, dont l’Etat fait preuve depuis plus de 10 ans vis-à-vis des manifestations, démonstrations de force, provocations et agressions des anti-ours. Sans remonter à l’agression subie par Pays de l’Ours Adet dans la mairie d’Arbas en 2006, récemment en septembre 2017 des individus, cagoulés et armés à la manière des organisations terroristes, avaient déclaré ré-ouverte la chasse à l’ours. Facilement identifiées, plusieurs personnes ont été interpellées, sans suite. En septembre 2018, en vallée d’Aspe, les anti-ours au moment du lâcher des deux femelles en Béarn, arrêtent les véhicules et les fouillent sous les yeux des gendarmes sans que ceux-ci n’interviennent. Les mêmes personnes poursuivront leur action en organisant des battues en montagne sur la zone de lâcher en tirant des coups de fusil, pour fa