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UN JOURNAL, DES ARTICLES EPHEMERES, UNE ACTUALITE , lus ailleurs et à partager


Bonne nouvelle et belles images ...

LA LETTRE D'INFO DU PAYS DE L' OURS - l'actu du mois

Au moins 10 oursons en 2020 !

5 femelles suitées ont déjà été repérées cette année : 2 femelles avec 3 oursons, 1 femelle avec deux oursons et 2 femelles avec 1 ourson. Et ce n'est peut être pas fini, d'autres portées peuvent encore être détectées d'ici la fin de l'année

Une compilation des dernières vidéos des caméras automatiques du Réseau Ours. Un bonheur à voir et à revoir ! et de magnifiques images des mâles présents en Béarn.

A L'ECOLE DE LA NATURE, LES VIES S'EPABOUISSENT


C'est un article de REPORTERRE https://reporterre.net/

À l’heure de la rentrée des classes et alors que l’épidémie de Covid-19 reprend, les autrices et auteurs de cette tribune mettent en avant les multiples enseignements que procure la nature « charnellement vécue ». Une pédagogie à mille lieues de celle promouvant le numérique. La liste des membres du collectif d’enseignants de l’Enseignement agricole public signataires de cette tribune est à la fin du texte. arton20281-bb957-841de.jpg

Nous sommes un collectif d’enseignants de l’Enseignement agricole public. Au cours de la période de confinement liée à l’épidémie de Covid-19, nous avons dû essayer tant bien que mal d’assurer une continuité pédagogique à distance par le recours aux outils numériques. L’usage de ces derniers a ainsi été promu à grande échelle, certainement avec la vocation d’être poursuivi et amplifié.

Comme beaucoup, nous avons pu éprouver les limites de cette solution : son accès technodépendant socialement et économiquement inégalitaire, sa consommation d’énergie, sa menace pour la vie privée et les données personnelles, sa contention statique du corps, son inconfort visuel et même douloureux, sa dimension virtuelle et théorique, son caractère antinaturel, entre autres. Cette orientation abstraite de l’école ne nous convainc pas, ne correspond pas à un projet pédagogique que nous souhaitons tout au contraire incarné dans des situations d’apprentissage au moyen d’un corps humain impliqué, engagé, partie prenante, moteur et vecteur premier de sensations et d’émotions parcourues, charnellement vécues.

Nous nous interrogeons et nous inquiétons sur l’évolution de notre métier d’enseignant à l’avenir, sur ce qu’il deviendra demain dans cette école numérique et connectée, qui semble devenir dorénavant le standard exclusif, la norme définitive. Nous éprouvons un manque cruel de réel, de concret, de sensible. De nature.

L’énergie du désir irrépressible d’ouverture sur le « monde en vrai » nous meut ensemble spontanément

L’environnement est l’habitat privilégié des jeunes, et de leurs formidables utopies. Quelle alternative offrir à un jeune qui désirerait au lycée un autre enseignement que celui de trépigner assis sur une chaise durant de longues et interminables heures, ses muscles immobilisés ?

Nous avons une vision différente de celle resserrée et réduite à un univers fictif codé et compressé. L’élan qui nous anime cherche à explorer physiquement le monde. Nous portons une ambition de projeter nos enseignements dans un immense extérieur, un environnement qui serait l’habitat tout entier pour nos jeunes de leurs innombrables rêves et formidables utopies, de l’expérience de leurs existences terrestres qui y seraient intensément vécues. Avec joie, avec bonheur.

Comme pour ces jeunes, l’énergie du désir irrépressible d’ouverture sur le « monde en vrai » nous meut ensemble spontanément, nous donne à tous l’envie de caresser au contact de notre peau, l’eau, les minéraux, les végétaux, les animaux, l’air, la terre, nous transmet cette respiration de chaque instant, ce souffle qui nous pousse en avant. Les leçons premières du véritable rapport aux êtres et aux choses se trouvent inscrites sur le terrain. Sentir le parfum des fleurs, respirer l’air pur, toucher le contact organique à la matière, nouer dans le réel des relations humaines de coopération, de complicité, heureuses. Nous voulons transmettre cet amour inestimable des plaisirs simples et gratuits que la nature nous prodigue dans sa générosité.

Dans nos établissements de l’Enseignement agricole public, nos espaces ne sont pas limités à l’enceinte d’une classe, pas restreints à la promiscuité et à l’immobilité d’une unité de lieu fixe contraint, pas concentrés en une densité susceptible d’être propice au stress, au bruit, à l’énervement, à la fatigue. Bien sûr, cela arrive aussi, car nos classes existent bien évidemment entre les murs, mais avec la capacité de ce choix simple et efficace : sortons !

Au fond d’un val isolé qui ne bruisse que de l’onde en cascade et du feuillage frissonnant, nous nous sentons vivants. Pour nos disciplines techniques, scientifiques, générales, culturelles, physiques et sportives, pour la vie scolaire et sociale dans nos établissements, les espaces extérieurs sont nos terrains d’évolution, d’exercices, d’études, de jeux, et les milieux naturels le cadre exceptionnellement permanent de nos lycées nature.

Les jardins et les espaces verts, les vignes et les vergers, les grandes cultures et les pâturages, les étables et les bergeries, les forêts et les cours d’eau, les montagnes, les plaines, les collines, les rivages, sont nos magnifiques, changeantes, actives, mobiles salles de classe. Nos sorties empruntent en toutes saisons les champs, les haies, les contours des arbres champêtres, les chemins de bergers, les troupeaux d’animaux au pré, les herbes rases ou grasses, les vallons creux où coulent des ruisseaux, les sous-bois ombragés et même un peu ténébreux, les villages entre le ciel et la terre, la grandeur des paysages, des terroirs et des histoires des hommes.

À la découverte des chemins de traverse qui parsèment les territoires et leur nature vivante qui partout respire

Épouser la vie en vrai, de ses écosystèmes fragiles à la magie du cosmos. Notre enseignement est celui-ci, d’un ressenti sensible, de la pluie et du soleil, du vent et du renouvellement de l’air, du calme et du beau grandiose élevé par son essence au sublime d’espaces en minuscule d’écosystèmes fragiles, jusqu’à la magie du cosmos et de ses myriades d’étoiles qui scintillent à l’infini. Notre enseignement grandeur nature épouse la vie en vrai. Notre enseignement « autrement » pousse la classe tout au-dehors, à la découverte des chemins de traverse qui parsèment les territoires et leur nature vivante qui partout respire.

Avis à tous les volontaires pour les futures vocations de l’aventure du vivant : élèves étudiants, apprentis, stagiaires de la formation adulte. À tous ceux qui désirent faire bouger les bancs et bousculer les lignes, casser les codes et lever les verrous, passer les murs, les barrières, les clôtures, adopter de nouvelles postures dans une école de l’air libre, venez chez nous ! Venez chercher le Nord dehors, l’équilibre dans la nature. À tous qui aspirent à regarder le monde naturel avec respect pour chercher à habiter plus durablement notre planète, rejoignez-nous ! Nos établissements seront les vôtres. Venez partager tous ensemble dans les établissements de l’Enseignement agricole public, une même expérience de sens, d’implication et d’engagement, réellement « grandeur nature ».

Ours abattu en Ariège : comment en est-on arrivé là ?

16 juin 2020 | Catégorie : Actus en France, Actus ours, Toute l'actualité un article de FERUS

L’ours retrouvé mort en Ariège

Il y a quelques jours en Ariège, un ours a été retrouvé mort tué par balle. Nous publions aujourd’hui le communiqué de nos amis de la SFEPM (Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères) ainsi que leur excellente note explicative. Comme FERUS, la SFEPM fait partie du collectif CAP-Ours.

Communiqué de la SFEPM

Un ours trouvé abattu en Ariège mardi 09 juin 2020 ! Comment en est-on arrivé là ?

Ce mardi 09 juin 2020 un ours a été trouvé abattu par balles en Ariège sur la commune d’Aulus-les-Bains sur l’estive d’Ustou. Après la disparition de l’ours Cachou, découvert mort en avril 2020 côté espagnol dans des circonstances troublantes, ce nouveau coup dur subi par la population d’ours des Pyrénées conduit à s’interroger sur les circonstances qui ont pu conduire à un tel acte. Les associations de protection de la nature, regroupées au sein du collectif CAP Ours, dont fait partie la SFEPM, vont ces prochains jours développer une série d‘actions coordonnées pour répondre à cet acte inqualifiable.

Nous avons voulu à la SFEPM amener d’ores et déjà un certain nombre d’explications sur le « pourquoi et comment a-t-on pu en arriver là ? ». Vous les trouverez dans une note ci-dessous qui récapitule un ensemble de faits qui n’ont pas toujours été médiatisés, mais surtout décrit un état d’esprit que l’Etat français a laissé s’instaurer malgré les interpellations des associations. Mais d’ores et déjà, la SFEPM, et toutes les associations engagées en faveur de l’ours, demande : • Le remplacement de cet ours comme l’Etat français s’y est engagé dans le cadre du Plan National d’Actions Ours 2018-2028 page 19 ; • L’arrêt des opérations d’effarouchement, autorisées malgré l’avis largement défavorable de l’opinion publique et du Conseil National de Protection de la Nature, qui, dans le cadre de l’article 4 de l’arrêté ministériel pris en mai 2020, permet à tout éleveur d’effectuer un effarouchement renforcé à l’aide de « tirs non létaux avec toute arme à feu chargée de cartouches en caoutchouc ou de cartouches à double détonation », ce qui laisse la porte ouverte à toutes les dérives possibles. Par la suite, dans la continuité de ce que nous réclamons depuis plus de 20 ans, la mise en oeuvre d’une vraie obligation faite à tous les éleveurs subventionnés de mettre en place des protections de leurs troupeaux. Les moyens sont là, qu’ils soient appliqués. Comment en est-on arrivé là ? A qui la faute ? Tout sauf un acte non prévisible ! Ci-après l’analyse de la SFEPM d’un état de faits qui dure depuis 1996, mais s’est aggravé ces dernières années.

La Ministre de l’Ecologie a été prompte à réagir, dès le 09 juin 2020 : « Un ours a été découvert aujourd’hui en Ariège, abattu par balles. L’ours est une espèce protégée, cet acte est illégal et profondément condamnable. La préfète s’est rendue sur place. L’Etat va porter plainte ». Cet acte illégal, ce n’est pas du « braconnage », comme l’a dit le président de la Fédération départementale des Chasseurs de l’Ariège, c’est de la destruction volontaire illégale d’espèce protégée, à haute valeur patrimoniale ! Appelons un chat un chat, et arrêtons d’associer ce genre d’acte à une image renvoyant au Raboliot de Genevoix, sympathique au cœur des Français. L’ours étant plébiscité par plus de 80 % de ces mêmes Français, y compris pyrénéens, cet acte ne peut susciter ni sympathie ni compréhension, ni tentative de minimisation par abus de langage.

Cet acte a été condamné par la Fédération des chasseurs de l’Ariège, son président avançant toutefois « l’excuse » du haut niveau de prédation par l’ours sur cette estive ! Or sur l’estive concernée où a été retrouvé l’ours, seuls deux constats ont été dressés récemment : les 7 et 8 juin pour une seule brebis attaquée ! Et sur cette estive, aucun moyen de protection, ni chien, ni berger, ni parc de regroupement n’ont été mis en place. Une piste pastorale, construite illégalement en 1988, conduit au cirque de Gérac, en bas de cette estive, ce qui permet aux éleveurs de monter leurs troupeaux, de les laisser en « liberté », puis de les « surveiller » en montant en 4×4 dans la journée et redescendre !

Au-delà de « l’excuse » avancée par le président de la Fédération des chasseurs de l’Ariège, plusieurs éléments ont par le passé été dénoncés par les associations de protection de la nature regroupées au sein de CAP Ours, dont la SFEPM fait partie, tous éléments qui, mis bout à bout, peuvent permettre de comprendre pourquoi un individu a décidé – s’est cru habilité à ?- d’abattre un ours. Un laxisme caractérisé relevant de trois domaines, et une forme de mépris, sont à l’origine d’un tel événement.

En matière de laxisme, on peut citer :

– Le mode d’expertise des dégâts d’ours. Cela peut sembler curieux de commencer par cela et pourtant ! Tout part de là comme « excuse » et alibi pour les anti-ours. Ce mode d’expertise a été changé il y a de cela 4-5 ans et on est passé d’un mode où les agents de l’Etat venaient établir la responsabilité ou non de l’ours à un système où il faut démontrer l’absence de responsabilité de l’animal, cette responsabilité étant engagée dès que l’espèce est présente dans le secteur et que son intervention est donc possible ! De ce fait le nombre de dégâts remboursés a fortement crû, passant de 10 en 1996, année du premier lâcher, à 110 en 2016 (avec un peu plus de 40 ours) puis 310 en 2018 (avec moins de 50 ours), et 599 dossiers en 2019 (avec 52 ours présents dont plus du quart ont moins d’un an !) alors que le nombre moyen de brebis tuées par attaque n’a pas varié (moins de 2 animaux tués ou blessés par attaque). Ce laxisme au niveau de l’attribution ou non d’un dégât, qui a inclus le remboursement d’un certain nombre de dérochements douteux avec de nombreuses victimes, a donc fait croître artificiellement le nombre d’attaques d’ours et le nombre de victimes, les anti-ours s’engouffrant dans la brèche pour clamer haut et fort que « les ours sont de plus en plus carnivores », « la cohabitation n’est pas possible », « il faut les retirer »… Ayant accepté ces chiffres, l’État ne peut plus aujourd’hui se désolidariser ou contredire les déclarations des anti-ours. Ce laxisme est aussi dû à l’Etat qui, n’étant plus capable d’assurer la protection de ses agents quand ils viennent faire des constats (véhicule de l’ONCFS –OFB aujourd’hui- incendié à Auzat en Ariège en juillet 2019, coups de fusil tirés en direction d’agents de l’ONCFS venus faire un constat en Ariège en août 2017), a accepté cette simplification de la procédure. Aujourd’hui un éleveur ayant moins de 5 brebis tuées ou blessées peut lui-même faire sa déclaration.

– L’absence de réelle volonté de mise en œuvre d’une vraie politique de protection des troupeaux. Alors que le montant des aides diverses (handicap montagne, prime à l’herbe, subventions agri-environnementales, aide au gardiennage…) dépasse toujours 50 % et peut atteindre plus de 80 % du chiffre d’affaires d’une exploitation d’élevage en montagne, une partie des éleveurs continue de refuser la mise en place de ces mesures de protection, et ceux qui les acceptent subissent fréquemment des pressions des syndicats agricoles et autres organisations anti-ours. La directive Habitats-Faune-Flore et la convention de Berne acceptent que des mesures de régulation ou effarouchement soient mises en œuvre vis-à-vis des grands prédateurs si les moyens de protection des troupeaux ont été mis en place. C’est ce que demandent les associations de protection de la nature depuis plus de 20 ans, de même que l’obligation de lier le remboursement des dégâts à la mise en place de ces mesures de protection. La Suisse, l‘Allemagne l’ont fait, pourquoi pas la France ? De même, nous demandons qu’une expertise soit menée sur les possibilités de protéger efficacement ou non une estive. Les bergers en montagne savent pertinemment que certaines estives sont très dures à protéger. Or aujourd’hui, un éleveur peut aller s’installer sur une estive et avoir des dégâts remboursés même sans la mise en place de moyens de protection, même si tout le monde sait qu’à cet endroit il sera très dur de garder les bêtes correctement et de les protéger. En ne voulant pas obliger à mettre en place ces moyens de protection, en préférant privilégier la solution de l’effarouchement, et ce alors qu’à l’issue de la consultation publique close le 22 mai 2020, sur le « Projet d’arrêté relatif à la mise en place de mesures d’effarouchement –qui incluaient des tirs possibles- de l’ours brun dans les Pyrénées pour prévenir les dommages aux troupeaux », 97 % des citoyens mobilisés se sont déclarés opposés et que le Conseil national de Protection de la Nature avait formulé un avis défavorable, la ministre de l’Ecologie, celle-là même qui s’indigne de la mort de cet ours aujourd’hui, a de ce fait, même si involontairement, diminué la gravité d’un tel acte. Et l’article 4 de l’arrêté ministériel pris en mai 2020 offre la possibilité aux éleveurs de disposer d’une arme à feu dans leur cabane pour pratiquer un « effarouchement renforcé », même s’il est indiqué que celui-ci doit se faire avec des moyens non létaux.

– Le laxisme, pour ne pas dire l’aveuglement, dont l’Etat fait preuve depuis plus de 10 ans vis-à-vis des manifestations, démonstrations de force, provocations et agressions des anti-ours. Sans remonter à l’agression subie par Pays de l’Ours Adet dans la mairie d’Arbas en 2006, récemment en septembre 2017 des individus, cagoulés et armés à la manière des organisations terroristes, avaient déclaré ré-ouverte la chasse à l’ours. Facilement identifiées, plusieurs personnes ont été interpellées, sans suite. En septembre 2018, en vallée d’Aspe, les anti-ours au moment du lâcher des deux femelles en Béarn, arrêtent les véhicules et les fouillent sous les yeux des gendarmes sans que ceux-ci n’interviennent. Les mêmes personnes poursuivront leur action en organisant des battues en montagne sur la zone de lâcher en tirant des coups de fusil, pour faire fuir les ourses vers l’Espagne (perturbation intentionnelle d’espèce protégée, non suivie de sanctions ni rappel à l’ordre). En septembre 2017, lors des Etats généraux de l’environnement à Foix, des menaces et violences physiques sont conduites sur les associatifs présents par des anti-ours ; des plaintes sont déposées dont on attend toujours les conclusions. Eté 2019, des affichettes sont placardées sur les estives d’Auzat en Ariège avertissant « les randonneurs et les touristes doivent se montrer « très prudents », car ils risquent d’être touchés par une balle perdue dans le cadre de la « chasse à l’ours ». C’est la révolution ! C’est la guerre ! Les projectiles peuvent être mortels à plus de trois kilomètres ». Le caractère puéril de cette affichette peut faire sourire, il est pourtant symptomatique d’une certaine attitude et sentiment d’impunité. Là encore, pas de réaction ! A l’appel de l’ASPAP, principale association anti-ours, environ 150 personnes avaient participé, le 12 juillet 2019, à une marche en estive, dans le secteur de Saleix, en Ariège. Cette opération baptisée « sacs à dos solidaires » avait rassemblé des éleveurs venus d’Ariège, du Pays basque et du Béarn pour dire leur colère face aux attaques d’ours et réclamer des mesures de la part de l’Etat. Ce jour-là, certains avaient redit une nouvelle fois leur opposition à la réintroduction d’ours dans les Pyrénées en tirant symboliquement en l’air avec leurs fusils… sans aucun rappel à l’ordre ni interpellation. C’est le président de l’ADDIP, autre association anti-ours, qui, dans une interview à France 3 Occitanie le 13 mai 2020, déclare : « Il y a beaucoup d’éleveurs qui n’en peuvent plus. Si on était en capacité de les éliminer ça serait fait depuis longtemps ». On pourrait aussi citer les manifestations anti-ours à Foix, Pau, ou encore Toulouse à l’issue de laquelle les locaux de l’association Nature en Occitanie ont été vandalisés. Il n’est donc guère étonnant que, dans un tel climat de déclarations, entretenues par des élus, des responsables agricoles et autres, de laisser faire de la part de l’Etat, un individu ait pu se croire habilité à abattre un ours en toute impunité. Car la liste est longue de toutes les violences conduites par des anti-ours, connus, identifiés, sans que l’Administration d’Etat ne réagisse… alors qu’elle est si prompte à réagir contre les militants associatifs (notamment dans le cadre de la fameuse cellule Demeter mise en place par le Ministère de l’Agriculture). Une violence ou exaction a-t-elle eu pour origine et auteur un pro-ours ? L’État apporte trop souvent son soutien aux opposants à l’ours. Ce qui s’est passé ce mardi 09 juin est la conséquence de la faiblesse de l’État dans le département de l’Ariège. C’est un nouveau seuil franchi dans la violence… et la bêtise.

Une forme de mépris caractérisé vis-à-vis des associations depuis quelques années. On pourrait citer la longue liste des consultations dites publiques, sur des arrêtés de « gestion » de l’ours, pour lesquelles la très grande majorité des citoyens se sont à chaque fois déclarés opposés aux mesures proposées… Ces consultations n’ont jamais été prises en compte. Il faut rappeler ici que récemment, dans un rapport de la Commission Nationale du Débat Public, paru le 19 décembre 2019, le Ministère de l’Ecologie a été cité comme le ministère tenant le moins compte des avis émis suite à consultation publique.

Il faut rappeler aussi que le 14 janvier 2020, lors d’un déplacement à Pau, le président de la République s’était engagé auprès d’éleveurs à ne pas réintroduire d’ours dans les Pyrénées d’ici à la fin de son mandat, en contradiction avec le plan ours 2018-2028, porté par l’Etat, dont l’objectif est le maintien d’une dynamique favorable de la population ursine en France. A cette occasion, les associations membres de CAP Ours avaient, elles aussi, demandé un rendez-vous… qui ne leur a jamais été accordé et qu’elles attendent toujours. Cette attitude est à rapprocher de la réception à l’Elysée du président de la Fédération nationale des Chasseurs et de son lobbyiste, qui en septembre 2018 a conduit, entre autres, à la démission de Nicolas Hulot. Que demandent les associations de CAP Ours dont la SFEPM fait partie ? Trois choses basiques très simples dont une demandée depuis des années :

Tout d’abord et avant tout : le remplacement de l’ours tué ! La réaction de l’État doit être claire et ferme. Il faut en effet condamner, mais il faut aussi réparer. La première chose à faire serait donc de relâcher un ours en remplacement, pour marquer clairement un esprit de fermeté. Il sera dit par cet acte que l’ours était là, qu’il est là, et qu’il sera toujours là. Si malheureusement l’État ne remplace pas cet ours, cela reviendrait à donner raison aux soi-disant « braconniers ».

C’est inscrit dans le Plan national d’actions pour l’ours, porté par l’Etat : page 19 du plan Ours 2018-2028 : » le remplacement immédiatement, d’un ours mort de cause anthropique ». Dans son programme de campagne, le candidat Emmanuel Macron avait déclaré que toute espèce en mauvais état de conservation serait « protégée » par l’Etat. L’ours brun a été classé en Danger Critique d’Extinction dans la Liste rouge des espèces de Mammifères de France métropolitaine (UICN & SFEPM & ONCFS, 2017). Charles Pasqua, ancien ministre de l’intérieur, avait coutume de dire : « les promesses électorales n’engagent que les imbéciles qui y croient ». Les associations de CAP Ours espèrent que l’Etat ne les prend pas pour des imbéciles !

D’ores et déjà l’arrêt de toutes les opérations d’effarouchement des ours prévues et autorisées par les arrêtés pris par l’Etat ce printemps, et ce malgré l’opposition massive des citoyens et l’avis défavorable du Conseil National de Protection de la Nature. Au-delà de leur inefficacité (déjà démontrée par le passé), elles ne peuvent que continuer à encourager des anti-ours à passer aux actes.

Ensuite, que toutes les indemnisations soient conditionnées à la protection des troupeaux, c’est-à-dire arrêter d’indemniser par milliers d’euros des éleveurs dont les animaux sont tués pour d’autres raisons que l’ours, et ce avec les impôts de tous les citoyens français… sachant que les sommes dépensées pour ce faire sont déduites des sommes allouées au ministère de l’Ecologie et pourraient être utilisées ailleurs pour protéger d’autres espèces ! Demandées sans arrêt depuis plus de 40 ans, ces mesures qui ont fait la démonstration de leur efficacité (certains éleveurs / bergers vivent en plein zone à ours en Béarn depuis plus de 60 ans sans dégâts !) doivent être rendues obligatoires. A toute profession aidée par l’Etat, la société demande des contreparties. La période que nous vivons le démontre encore plus ! Pourquoi, alors que la profession d’éleveurs est aidée –et bien, ce qui est compréhensible compte tenu des difficultés d’exercice de leur profession-, l’Etat n’oblige-t-il pas ces mêmes éleveurs à respecter un cahier des charges ?

Nous pourrions aussi réclamer que les auteurs des différentes agressions et violences physiques commises soient enfin réellement poursuivis et condamnés, c’est-à-dire que la justice soit la même pour tous… mais ce serait là interférer avec la justice de notre pays… qui, comme chacun sait, doit être souveraine et indépendante.

Pour la SFEPM, le Président Christian ARTHUR, 10 juin 2020

ASPAP : Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d’Ariège Pyrénées ADDIP : Association pour le Développement Durable de l’Identité des Pyrénées

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Soignants, blouses blanches, bravo à nos héros ! Ça, c’était hier. Aujourd’hui, voilà une infirmière par terre, blessée, menottée, en garde à vue.

…. parce qu'elle a jeté deux cailloux et levé deux majeurs sur les policiers

« Cette femme, c'est ma mère. 50 ans, infirmière, elle a bossé pendant 3 mois entre 12 et 14 heures par jour. A eu le covid. Aujourd'hui, elle manifestait pour qu'on revalorise son salaire, qu'on reconnaisse son travail. Elle est asthmatique. Elle avait sa blouse. Elle fait 1m55. » écrit Imen Mellazn, sa fille ,journaliste

L'équipe de Là-bas si j'y suis a rencontré Earida . Retrouvez ce témoignage bouleversant

L’altruisme comme fil d’Ariane d’une économie plus humaine

Par Matthieu Ricard le 19 mai 2020

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Notre époque est confrontée à de nombreux défis : concilier les impératifs de l’économie, de la recherche du bonheur et du respect de l’environnement. Ces impératifs correspondent à trois échelles de temps, le court, le moyen et le long terme, auxquelles se superposent trois types d’intérêts – les nôtres, ceux de nos proches et ceux de tous les êtres.

L’économie et la finance évoluent à un rythme toujours plus rapide. Les marchés boursiers s’envolent et s’écroulent d’un jour à l’autre et la crise du covid-19 que nous vivons en constitue encore une malheureuse illustration. Aucun investisseur n’est prêt à placer son argent dans des bons du Trésor remboursables au bout de cinquante ans ! Ceux qui vivent dans l’aisance rechignent à réduire leur train de vie pour le bien des plus démunis et pour celui des générations à venir, tandis que ceux qui vivent dans le besoin aspirent légitimement à davantage de prospérité, mais aussi à entrer dans une société de consommation qui encourage l’acquisition du superflu.

L’égoïsme est au cœur de la plupart des problèmes: l’écart croissant entre les riches et les pauvres, l’attitude du “chacun pour soi”, qui ne fait qu’augmenter, et l’indifférence à l’égard des générations à venir. Les changements rapides qui se sont produits depuis 1950 ont défini une nouvelle ère pour notre planète, l’Anthropocène, littéralement l’ère des humains. C’est la première fois dans l’histoire du monde où les activités humaines modifient profondément (et, pour l’instant, dégradent) l’ensemble du système qui maintient la vie sur terre.

L’altruisme est ce fil (d’Ariane) qui peut nous permettre de relier naturellement les trois échelles de temps – court, moyen et long termes – en harmonisant leurs exigences.

Prenons quelques exemples

Si chacun d’entre nous cultivait davantage l’altruisme, c’est-à-dire si nous avions plus de considération pour le bien-être d’autrui, les investisseurs, par exemple, ne se livreraient pas à des spéculations sauvages dans le but de récolter de plus gros dividendes en fin d’année. Ils ne spéculeraient pas sur les ressources alimentaires, les semences, l’eau et autres ressources vitales à la survie des populations les plus démunies.

S’ils avaient davantage de considération pour la qualité de vie de ceux qui nous entourent, les décideurs et autres acteurs sociaux veilleraient à améliorer les conditions de travail, de vie familiale et sociale, et de bien d’autres aspects de l’existence. Ils seraient amenés à s’interroger sur le fossé qui se creuse toujours plus entre les plus démunis Selon Oxfam, en 2016, le patrimoine cumulé des 1% les plus riches du monde a dépassé celui des 99% restants (1). En 2017, 82% de la richesse mondiale créée s'est retrouvée dans les coffres des 1% des plus riches, alors que la moitié de l’humanité n’a rien reçu (2)! Enfin, ces mêmes décideurs pourraient ouvrir les yeux sur le sort de la société dont ils profitent et sur laquelle ils ont bâti leur fortune.

Si nous témoignions de plus d’égards pour autrui, nous agirions tous en vue de remédier à l’injustice, à la discrimination et au dénuement. Nous serions amenés à reconsidérer la manière dont nous traitons les espèces animales, les réduisant à n’être que des instruments de notre domination aveugle qui les transforme en produits de consommation.

Enfin, si nous faisions preuve de plus de considération pour les générations à venir, nous ne sacrifierions pas aveuglément le monde à nos intérêts éphémères, ne laissant à ceux qui viendront après nous qu’une planète polluée et appauvrie. Nous nous efforcerions au contraire de promouvoir une économie solidaire qui donne une place à la confiance réciproque et valorise les intérêts d’autrui.

Des changements de mentalités importants au sein des sociétés humaines favoriseraient les transformations nécessaires à l’émergence d’une nouvelle économie et de nouveaux modes de vie et de consommation, à la fois plus solidaires et plus responsables vis-à-vis de notre planète et des êtres qui y cohabitent. Nous pourrions envisager la possibilité d’une économie différente, celle que soutiennent maintenant nombre d’économistes modernes (3), une économie qui repose sur les trois piliers de la prospérité véritable : la nature dont nous devons préserver l’intégrité, les activités humaines qui doivent s’épanouir, et les moyens financiers qui permettent d’assurer notre survie et nos besoins matériels raisonnables (4).

Notes

(1) Une économie au service des 1%, Oxfam, Résumé de rapport, 18 janvier 2016

(2) Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent, Oxfam International, janvier 2018

(3) Notamment Joseph Stiglitz, Dennis Snower, Richard Layard et Ernst Fehr, ainsi que les acteurs du mouvement du BNB ("bonheur national brut") promulgué par le Bhoutan et maintenant sérieusement envisagé par le Brésil, le Japon et d’autres pays.

(4) Ces trois piliers correspondent au concept de "mutualité" développé par l’économiste Bruno Roche.

Sur les plages, la ruée des promeneurs menace les oiseaux d’eau

27 mai 2020 / Lorène Lavocat et Dominique Migliani (Reporterre)

Un reportage sur les plages de Villeneuve lès Maguelone et l' étang de Vic

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La fin du confinement a poussé de nombreuses personnes vers les plages du littoral languedocien. Cette « vague » perturbe l’activité de la faune littorale, en période de reproduction. Différentes institutions sont à pied d’œuvre pour protéger les oiseaux et enseigner aux humains le partage de l’espace avec le reste du vivant.

  • Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), reportage*

La plage de Villeneuve-lès-Maguelone étale son cordon de sable blanc et de galets sous un soleil brûlant. D’un côté, la Méditerranée, à peine troublée par quelques vaguelettes ; de l’autre, l’étang du Vic, l’une des nombreuses lagunes qui bordent la côte languedocienne. Longue-vue calée sur l’épaule, Olivier Scher se fraie un chemin entre les promeneurs et les baigneurs déjà nombreux en ce mercredi déconfiné. Depuis deux semaines, cet employé du Conservatoire des espaces naturels arpente sans relâche le lido afin de prendre soin de la faune littorale : « Avec le déconfinement, on a vu débarquer les gens sur les plages de manière disproportionnée et désorganisée, regrette-t-il. Or, c’est une période d’installation, de nidification et de reproduction essentielle pour nombre d’oiseaux. »

Canard2.jpg Olivier Scher, du Conservatoire des espaces naturels, dans une zone de protection à l’accès interdit et sous surveillance, à Villeneuve-les-Maguelone.

Après quelques centaines de mètres, les badauds se font rares et le brouhaha humain se trouve bientôt couvert par une cacophonie aviaire. Au milieu des piaillements rieurs des mouettes [mélanocéphales | De mélano, « noir » et céphale « tête ».] — reconnaissables à leur capuchon noir — on distingue bientôt un « kriii kriii » caractéristique. « Les sternes naines cherchent un site où se cantonner pour faire leur nid », explique M. Scher en pointant du doigt un élégant oiseau dans le ciel. Les yeux cernés de noir, tout comme le dessus de sa tête, cette petite sterne à bec jaune revient à peine de sa migration africaine. Menacée par l’urbanisation de la côte, c’est une des espèces chouchoutées par le Conservatoire des espaces naturels [1].

À l’aide de sa longue-vue, Olivier Scher suit le ballet des délicats volatiles. Après quelques minutes, il se redresse, en indiquant un bout de plage à une centaine de mètres : « Il y a là-bas un petit groupe de sternes, dont certaines se font des offrandes de poisson », explique-t-il. Ce « rituel » est un des signes avant-coureurs de la reproduction : « Cela signifie qu’elles sont intéressées par ce site, qu’elles vont peut-être s’y installer pour nidifier », poursuit le naturaliste. Il note dans son carnet l’emplacement exact : la zone est à protéger.

«Les gens voient la nature comme un espace de liberté sans aucune contrainte»


Car, en ces temps de déconfinement, la principale menace pour les oiseaux a des allures de promeneur imprudent ou de chien tout-fou. « Les sternes nichent en colonie, à même le sol, en creusant une petite cuvette, détaille M. Scher. Elles peuvent être facilement dérangées, et leurs œufs se confondant dans le sable, ils peuvent être involontairement écrasés. » Une fois les œufs pondus ou éclos, toute présence humaine intrusive provoque régulièrement l’envol des parents, qui abandonnent parfois pendant plusieurs heures leur progéniture ; les pertes peuvent alors se chiffrer par dizaines.

Pour limiter les perturbations dans cette période cruciale de reproduction, les employés du Conservatoire des espaces naturels (CEN) sont à pied d’œuvre depuis le 11 mai. Armés de filets et de panneaux de signalisation, ils balisent les espaces de la plage où nichent les oiseaux, ainsi que les lieux où ils pourraient s’installer. Une course contre la montre, alors que les beaux jours et la fin des restrictions de circulation ont provoqué une marée humaine sur le sable. Joint par Reporterre, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) héraultaise, Pierre Maigre, ne décolère pas. « Dans les salins de Frontignan, j’ai été stupéfait de voir des chiens non tenus en laisse pourchassant les oiseaux, ou des enfants essayant d’attraper des poussins d’avocettes, raconte-t-il. Ce sont des gestes maladroits ou par ignorance. Les gens voient la nature comme un espace de liberté sans aucune contrainte. »

Des incidents qui auraient pu rester anecdotiques s’il n’y avait eu que quelques marcheurs… « Il n’y a pas eu de montée en douceur du nombre de personnes, mais plutôt un choc brutal, une ruée », constate M. Maigre. Un afflux d’autant plus dommageable que nombre d’espèces ont « profité » du confinement pour s’établir dans des lieux inhabituels, selon l’ornithologue. « À Frontignan, des avocettes nichaient littéralement à côté du chemin, décrit-il. À Agde, on nous a signalé une colonie de sternes dans des dunes proches de la plage ; au sud de Béziers, on a observé des gravelots à collier interrompu dans une zone normalement fréquentée. » Les associations misent sur la responsabilisation de chacun

Afin d’éviter l’hécatombe, les associations de protection de la nature comme la LPO ou le CEN ont redoublé leurs efforts. « Nous avons fait des suivis de tous les endroits où pouvaient se trouver des oiseaux, et tous les sites à enjeu ont été mis en défens, interdits au public », se satisfait Olivier Scher. Avec le soutien des agents de l’Office français de la biodiversité (OFB), les associatifs ont également parcouru le littoral à la rencontre des promeneurs, dans le but de les sensibiliser. Le Conservatoire du littoral, l’Office national des forêts, l’OFB ainsi que plusieurs associations ont lancé l’opération « Sauvez nos poussins », diffusant les « bonnes pratiques » à adopter lors de nos balades :

Vérifiez que l’accès du site du littoral où vous comptez vous rendre est autorisé

Restez sur les sentiers balisés et habituels. Si vous avez un chien, tenez-le strictement en laisse

Gagnez le plus rapidement possible le fil de l’eau pour mener vos activités sportives ou récréatives et restez au plus proche de l’eau

Éviter au maximum de fréquenter le haut de plage, les dunes de sable ou végétalisées en arrière littoral, lors de vos parcours vers les stationnements

Si vous voyez un oiseau posé au sol qui vous semble blessé ou pousse des cris répétés, éloignez-vous au plus vite car il s’agit d’une manœuvre destinée à vous éloigner du nid ou une alarme indiquant la présence d’un nid ou de poussins

Respectez les zones balisées avec une signalétique adaptée à l’opération

Sur le chemin du retour, près des salines de Villeneuve-lès-Maguelone, Olivier Scher interpelle un joggeur dans un chemin fermé au public car proche d’une zone de nidification. « Certaines personnes ne comprennent pas qu’après “avoir été privées” de nature, on leur pose de nouvelles interdictions, soupire M. Scher. Elles veulent “en profiter au maximum”, comme s’il s’agissait de consommer de la nature. » Le naturaliste veut croire qu’une autre approche « plus respectueuse » est possible, pour le bien commun : « Nous voulons préserver ces milieux et ces espèces pour que nos enfants, les générations futures, puissent aussi apprécier ces espaces, dit-il. Tout l’enjeu, c’est d’apprendre à laisser de la place à la nature. »

Pour favoriser cette cohabitation, le CEN mise sur la responsabilisation de chacun, à travers notamment la météo des oiseaux. Créé en 2016 par un pratiquant de kitesurf souhaitant glisser sans déranger les bêtes à plumes [2], cette carte interactive recense les sites littoraux où peuvent se trouver des oiseaux protégés. Chaque semaine, la carte est actualisée, et chaque plage se voit attribuer un pictogramme de couleur : le bleu signifie qu’il n’y a pas de risque de dérangement ; le jaune incite à la prudence ; et s’il est rouge, c’est que la présence d’oiseaux sur la zone est avérée. À chacun ensuite d’adapter ses pratiques, en toute connaissance de cause, selon Olivier Scher :

« L’idée n’est pas d’interdire les plages, mais de partager l’espace avec le reste du vivant. »

Regarder notre reportage photographique

Canard3.jpg Vol de bécasseaux sanderling et gravelots à collier interrompu en bord de mer.

Canard4.jpg Traces de petit passereau dans les dunes de l’Espiguette.

Canard7.jpg Traces de limicoles dans une zone protégée

Canard8.jpg Plage interdite au public vers les salines

Canard9.jpg Un chevalier sylvain, petit limicole des zones humides.

Canard10.jpg Nourrissage de sternes naines au lever du jour.

Canard11.jpg Un petit gravelot dans une zone humide.

Canard12.jpg Un bécasseau sanderling limicole en bord de mer

Canard13.jpg Un petit gravelot dans une zone humide

Canard14.jpg Une bécassine des marais limicole des zones humides

Canard15.jpg Une bergeronnette grise en bord d’étang

Canard16.jpg Un crabier chevelu, petit échassier en position de pêche à la grenouille, petites anguilles, etc.

Canard17.jpg Un héron pourpré, échassier des zones humides.

Canard18.jpg Un héron pourpré, échassier des zones humides.

Canard19.jpg Un tournepierre à collier limicole en bord de mer.

PRIVE DE PRINTEMPS !

Priver les Français de nature, la société de contrôle jusqu'à l'absurde

Convaincu des bienfaits de la marche et du contact avec la nature , je relaie dans la GAZETTE de GEOLOGICA ce long article de REPORTERRE

Reporterre1.jpg Les deux mois qu’a duré le confinement, les Françaises et les Français n’ont plus pu sortir librement dans la nature. Et la menace de cette interdiction n’est pas dissipée. Cette politique a nécessité des moyens policiers démesurés, avec drones et hélicoptères, maltraitant les humains, qui ont un besoin vital d’accéder aux espaces naturels.

Pendant deux mois, les Français ont été privés de printemps. Assignés à résidence, les yeux collés aux écrans, ils ont été comme coupés du vivant. Depuis fin mars, plusieurs arrêtés préfectoraux ont interdit l’accès aux espaces naturels pendant toute la période du confinement. Finies les balades en forêt, les marches au bord de l’eau, le plaisir d’être dehors alors que les jours s’allongent et que la nature se réveille. Au nom de la lutte contre la pandémie, les Français ont été arrachés à leurs biens communs.

La situation se poursuit aujourd’hui. Avec le déconfinement, le littoral reste sous haute surveillance. Les bivouacs en montagne restent interdits en Savoie et en Haute-Savoie. Les parcs urbains et périurbains sont inaccessibles dans les départements classés rouge. Et ce qui a été ré-autorisé dans les départements verts reste incertain : par un décret publié le 11 mai 2020, le gouvernement permet aux préfets de réinstaurer à tout moment une réglementation identique à celle en vigueur pendant le confinement. Reporterre2.jpg Dans les Hautes-Alpes.

À l’origine, ces mesures répondaient à l’urgence, à la nécessité d’endiguer, par tous les moyens possibles, la « vague » qui déferlait sur le pays. L’interdiction des espaces naturels et l’obligation de rester cantonné à un kilomètre de chez soi avaient le mérite de la simplicité. Ces dispositions étaient facilement applicables et contrôlables.

Et partout en France, les préfets ont serré la vis, dans une sorte de surenchère. Au total, plus d’une vingtaine de départements ont interdit explicitement l’accès aux espaces naturels. Dans la Meuse, les forêts ont été désertées, alors qu’elles représentent 37 % de la superficie du département. Les autorités y ont interdit les promenades, les cueillettes et la coupe de bois. Des activités jugées « non indispensables », même si nombre de personnes, localement, en tirent des ressources ou un moyen de chauffage.

« Au lieu de laisser la population se disperser en plein air, on l’a concentrée dans des zones réduites »

Dans le Cher, un département traversé de nombreux cours d’eau, le préfet a interdit de fréquenter les bords des canaux, des rivières, des étangs, des plans d’eau et des chemins de halage. « La course, seul, au bord d’un lac, n’est plus autorisée », expliquait Sylvie Berthon, sous-préfète de Vierzon, dans les colonnes du journal le Berry. Selon elle, cette initiative permettait de « freiner la propagation du Covid-19 en limitant fortement la circulation des personnes ».

Dans les Ardennes, c’est par Twitter que la préfecture a enjoint à la population de rester chez elle.

Encore bien trop de monde sur nos sentiers & le long de la voie verte ! @Prefet08 rappelle que l'accès aux parcs, jardins municipaux, voies pédestres & cyclables, berges de canaux & cours d'eau, bases de loisirs, bois, forêts, sentiers de randonnées est strictement interdit !

En Haute-Savoie, les autorités ont même interdit de se déplacer à plus de 100 mètres de dénivelé de son domicile. « Une aberration », pour l’écrivain et alpiniste François Labande, également administrateur du Parc national des Écrins. « La préfecture méconnaît les reliefs de nos vallées, dit-il à Reporterre. Même à moins d’un kilomètre de chez moi le dénivelé est plus important. Ces décisions sont inadaptées au milieu rural et à la montagne. Elles ont été imposées en bloc, sans discernement. »

Peu à peu, l’incompréhension a grandi devant ces mesures coercitives. « Une fois la sidération et le choc de l’épidémie passés, on s’est rendu compte que ces interdictions n’avaient aucune justification sanitaire », raconte Frédi Meignan, le président de l’association Mountain Wilderness ; « il ne s’agit pas d’appeler à faire n’importe quoi, du parapente ou de l’alpinisme, mais je ne vois pas en quoi se promener seul dans la nature pourrait accélérer la transmission du virus. »

Alors que le gouvernement enjoignait à la population de reprendre le travail, le contraste devenait saisissant à mesure que le confinement durait, entre les plages désertes et les métros bondés, les grandes surfaces saturées de monde et les forêts silencieuses. « Le virus circule d’abord dans des lieux confinés et denses. Au lieu de laisser la population se disperser en plein air, on l’a concentrée dans des zones réduites. C’est complètement absurde, s’emporte le professeur de santé publique et épidémiologiste Laurent Gerbaud. C’est sûr qu’il valait mieux que les gens restent dans les couloirs d’immeuble pour bien se contaminer les uns et les autres ! » ironise-t-il.

Dans un premier temps, les autorités ont justifié ces mesures en disant qu’elles permettraient de ne pas saturer les urgences. En réalité, « dans la majeure partie du territoire national, les urgences ont travaillé en sous-régime, à 60 % », relate Laurent Gerbaud. Par ailleurs, « se balader seul n’est pas de nature à inonder les services hospitaliers, dit l’accompagnateur en montagne Billy Fernandez. Sur environ 10 millions de pratiquants, la randonnée génère moins de 20 accidents mortels par an dans notre pays, alors que les accidents domestiques sont à l’origine de 20.000 morts chaque année. »

« Le gouvernement a voulu afficher un visage autoritaire »

Plusieurs professionnels de santé ont pris position. En plein confinement, l’influent président de la Fédération des médecins de France, Jean-Paul Hamon, a invité le gouvernement « à donner de l’air aux Français » sur Franceinfo.

"Si on ne laisse pas aux gens un peu de respiration tout en respectant les mesures barrière, on va avoir des personnes qui vont se retrouver en burn-out, en complète dépression, parce qu’ils ne supportent plus le confinement. Et puis, on va avoir des problèmes de couple, avec des violences conjugales qui commencent à se produire. »

Contacté par Reporterre, le psychiatre Christophe André voit dans cette interdiction « un terrible gâchis. De nombreuses études scientifiques ont prouvé que l’accès à la nature renforce notre immunité. Cette situation est d’autant plus regrettable qu’elle renforce les inégalités sociales et fragilise les populations les plus vulnérables, qui n’ont pas accès à des jardins privatifs. L’accès aux espaces naturels, ce n’est pas du luxe ».

Les autorités n’ont pas pour autant lâché du lest. « C’est comme si après avoir échoué sur les tests, les masques ou les élections municipales, le gouvernement avait voulu afficher un visage autoritaire et sanctionner la population pour faire peser sur elle la responsabilité de ses erreurs », analyse le guide de montagne Billy Fernandez.

En effet, les flâneurs du dimanche et les randonneurs ont eu intérêt à bien se tenir. À travers le territoire, des moyens démesurés ont été déployés pour les « traquer ». Avec des hélicoptères, des drones, des moto cross, des 4x4, des quads, des patrouilles en VTT ou à pied… « Face au Covid-19, les gendarmes sont plus que jamais sur le terrain », titrait L’Essor, le journal de la gendarmerie. C’est le moins que l’on puisse dire.

Pendant le confinement, tous les deux jours, un hélicoptère a sillonné le ciel du Doubs, survolant ses prairies à vaches, ses forêts résineuses, ses villages au bord des rivières. Dans le massif des Trois-Pignons, à Fontainebleau (Seine-et-Marne), des motards de l’école de gendarmerie ont contrôlé les promeneurs chaque week-end. Un hélicoptère a aussi survolé la canopée. Dans le cockpit, un cavalier de la Garde républicaine orientait les gendarmeries mobile et départementale qui patrouillaient au sol.

Dans le Parc naturel des Ardennes, à l’île de Ré, dans la forêt de Bouconne à proximité de Toulouse, des drones avec des haut-parleurs ont aussi été utilisés. Dans la Meuse, à Verdun, une cellule drone a même été créée avec plusieurs télépilotes. « Le drone sert à aller dans des endroits où il n’y a pas de facilité d’accès avec nos véhicules, notamment les parcs », expliquait un gendarme au micro de France 3. La région Grand Est dispose de 18 drones de gendarmerie opérés par 30 télépilotes.

« L’appui de l’hélicoptère nous permet de couvrir rapidement de grands espaces »

Dans le parc naturel régional des Ballons des Vosges, un hélicoptère a également été de sortie. « L’appui de l’hélicoptère nous permet de couvrir rapidement de grands espaces sur de grandes distances », indiquaient les militaires dansun autre reportage de France 3 Grand Est. Samedi 4 avril, nous avons même repéré un vététiste au lac Blanc, que nous avons verbalisé. Il était parti de Colmar ! »

Contacté par Reporterre, le major du peloton de montagne de Xonrupt-Longemer (Vosges) explique avoir fait avec ses hommes « deux patrouilles par jour dans le parc naturel des Ballons des Vosges pendant toute la durée du confinement. En quad, en 4x4 ou a pied sur les sentiers de randonnées. Mais mis à part les chevreuils, les chamois et les lièvres, on n’a pas vu grand monde », confie-t-il.

La question des moyens se pose. À Chamonix (Haute-Savoie), pendant le confinement, la gendarmerie a utilisé à plusieurs reprises un hélicoptère qui sert d’ordinaire au secours en montagne. Le coût d’une heure de vol d’un Choucas 74 est évalué, selon la Cour des comptes, à plus de 3.000 euros. « Son recours doit être rationnel et obéir au principe de juste suffisance », écrivait la Cour dans un rapport de 2012.

Les rondes dans les airs se sont pourtant multipliées. Partout. Dans les Alpes, France 3 Haute-Savoie a même proposé à ses téléspectateurs d’admirer depuis le ciel, « les belles images du contrôle du respect du confinement » prises par les gendarmes. Sur Twitter, les militaires ont aussi lancé le quiz « Reconnaîtrez-vous le sommet survolé dans cette vidéo ? »

Sur la Côte Bleue, dans les Bouches-du-Rhône, le constat est identique. La surveillance des espaces naturels a nécessité des moyens démentiels. 60 % du temps des gendarmes de la compagnie d’Istres a été consacré à ces missions. Embarqué à bord d’un hélicoptère Écureuil, un journaliste de la Provence a raconté la poursuite des « récalcitrants au confinement ». On s’y croirait.

À quelques centaines de mètres du Rouet, un jogger s’époumone sur les hauteurs du vallon de l’Aigle. Le jogger se sent seul au monde, alors qu’il est passé sans le savoir entre les mailles du filet tendu par les gendarmes. L’hélicoptère le rattrape (…) Les gendarmes ont déployé les grands moyens, ce week-end. Des unités du [PSIG | Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie], des gendarmes mobiles, des motards et des gendarmes mobiles sont venus prêter main-forte aux brigades territoriales. On croisera même des cavaliers de la Garde républicaine, en détachement pour arpenter le littoral sur leurs montures, tandis qu’au large, deux vedettes de la gendarmerie maritime et de la brigade nautique traquent d’éventuels plaisanciers. Un “show of force”, diraient leurs camarades de l’armée de l’air.

Reporterre a interrogé le ministère de l’Intérieur pour savoir combien avaient coûté ces dispositifs de surveillance au sein des espaces naturels et s’ils avaient été efficaces. Le ministère a répondu qu’il ne souhaitait pas transmettre ces informations.

Même fin de non-recevoir pour le photojournaliste et alpiniste Guillaume Vallot, dans le massif du Queyras (Hautes-Alpes). Excédé par le vol continu des hélicoptères et des drones dans sa vallée, il a posé plusieurs questions aux autorités, restées elles aussi sans réponse.

Je ne suis pas un libertaire acharné mais criminaliser des randonneurs, ça dépasse la limite du bon sens. Si on est en guerre, on doit avoir une gestion de l’effort de guerre qui doit être intelligente. Fliquer la montagne, faire la traque à de pauvres promeneurs et choper un ou deux contrevenants, ce n’est pas concevable, au niveau des moyens.

« Le gouvernement infantilise la population. C’est très français. En Suisse, la situation est différente »

Le philosophe Dominique Bourg parle, lui, de « dérive policière » : « Le gouvernement infantilise la population. C’est très français. En Suisse ou en Allemagne, la situation est complètement différente, les espaces naturels ne sont pas interdits. On demande juste aux gens de respecter les gestes barrière et les mesures de “distanciation sociale”. »

La France a préféré mettre en place « la société de vigilance » chère à Emmanuel Macron. La surveillance de tous par tous. Pour contrôler les espaces naturels, le gouvernement a mobilisé les fonctionnaires de l’Office français de la biodiversité et de l’Office national des forêts, aux côtés des forces de l’ordre. L’idée a fait polémique en interne.

« On n’est pas là pour faire de la police sanitaire, nous ne sommes pas assermentés pour ça, témoigne Patrick Saint-Léger, du Syndicat national de l’environnement. Pendant le confinement, les agents ont été très frustrés, d’un côté, on nous réquisitionnait pour contrôler le chaland. De l’autre côté, on ne pouvait pas faire nos missions environnementales. »

Début avril, le préfet de Seine-et-Marne a même tenté d’engager les chasseurs pour contrôler les promeneurs dans la forêt de Fontainebleau et les transformer en auxiliaires de police. Face au tollé, il a préféré abroger son arrêté. Reporterre3.jpg Sur les chemins de randonnées isèrois.

Sur change.org, une pétition a recueilli plus de 158.000 signatures pour un accès responsable à la nature en période de confinement. La semaine dernière, la députée Delphine Batho a également déposé un amendement au cours du débat sur la loi prolongeant l’état d’urgence sanitaire. Mais il a été retoqué par le gouvernement, qui y voyait « un mauvais signal » et le risque d’un « appel d’air ».

Jean Castex, coordinateur national à la stratégie du déconfinement auprès de l’exécutif, déclarait que « la réouverture des plages serait une tentation ».

Dans une réponse adressée aux pétitionnaires, la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, leur a prescrit de continuer « leur sacrifice ».

« Le gouvernement n’a pas pris la mesure de l’importance de l’accès à la nature. Ce n’est pas seulement une question de loisir ou de sport, c’est un impératif de santé publique, une nécessité vitale », explique l’ancienne ministre de l’Environnement Delphine Batho. « Cette interdiction est le fruit d’une technobureaucratie vivant elle-même éloignée de la nature », dit-elle à Reporterre.

Pour le philosophe Dominique Bourg, cette position reflète,en effet, le rapport à la nature des gouvernants :

Pour eux, ça n’existe tout simplement pas. Ils vont d’une berline à un bureau climatisé en portant des dossiers. Leur sensibilité aux espaces naturels équivaut au néant. Édouard Philippe est un ancien lobbyiste d’Areva. La nature, c’est du capital qu’on exploite ou qu’on détruit. Elle sert à faire des babioles. J’aimerais les voir faire un stage de vie en milieu sauvage pour qu’ils apprennent à embrasser les arbres ! »

LA STRATEGIE DE LA PEUR

Par Michel Maffesoli - 8 mai 2020 article paru dans L'Inactuelle , Revue du monde qui vient

Depuis des mois, nous vivons dans la peur. Mais la crise sanitaire justifiait-elle que les contacts sociaux soient à ce point étouffés entre les individus ? Et quel bilan pouvons-nous tirer de cette période de confinement, du point de vue des relations humaines ? Michel Maffesoli nous livre son verdict.

Il n’est pas question de dire que la crise sanitaire n’existe pas, nous sommes nombreux à avoir des amis qui s’en sont en allés, ou des proches qui sont atteints ! Mais nos regrets et notre tristesse ne doivent pas nous faire oublier qu’il est une crise de plus grande ampleur : crise civilisationnelle s’il en est !

On ne le redira jamais assez : « tout est symbole ». Il faut avoir la lucidité et le courage de dire, pour employer un vieux mot français, ce que « monstre » ce symbole. Fût-ce dans ses aspects monstrueux. En la matière et en paraphrasant ce que disaient en leur temps nos amis situationnistes, il convient donc d’établir un « véridique rapport » sur le libéral mondialisme !

Pourquoi les milliardaires sont-ils philanthropes ?

Puis-je le faire, tout d’abord, d’une manière anecdotique. Mais en rappelant qu’en son sens étymologique : « an-ekdotos », c’est ce qui n’est pas publié, ou ce que l’on ne veut pas rendre public. Mais qui, pour des esprits aigus, n’est pas sans importance ! On peut donc se poser cette question : pourquoi des milliardaires font-ils de la philanthropie ? Car, on le sait, il existe chez eux une étroite liaison entre leur morale et leur compte en banque.

Bill Gates, préoccupé par le « coronavirus », finance largement l’OMS. Sans oublier ses largesses pour bien le faire savoir. Ainsi en France, ce journal « de référence » qu’est Le Monde qui, oubliant sa légendaire déontologie, accepte, contre espèces sonnantes et trébuchantes, que le magnat en question publie un article pour expliquer ses généreuses préoccupations concernant le Covid-19.

Un tel fait est loin d’être isolé. Ceux qui détiennent le pouvoir économique, politique, journalistique sentant, pour reprendre le titre de George Orwell, leur « 1984 » menacé, tentent dans leur nowlangue habituelle, de faire oublier que leur préoccupation est, tout simplement, le maintien du nouvel ordre mondial dont ils sont les protagonistes essentiels. Et, pour ce faire, ils surjouent, jusqu’à plus soif, la « panique » d’une pandémie galopante. Pour reprendre un terme de Heidegger (« Machenschaft »), ils pratiquent la manigance, la manipulation de la peur. Coronavirus

L’impéritie du pouvoir technocratique

Il y avait, en effet, deux stratégies possibles : celle du confinement a pour objectif la protection de chacun, en évitant le trop plein de contaminations entraînant une surcharge des serv