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UN JOURNAL, DES ARTICLES EPHEMERES, UNE ACTUALITE , lus ailleurs et à partager


Naguère, sans portables ni drones, notre jeunesse insouciante

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La numérisation progressive de nos existences fait disparaître l’insouciance des jeunesses du siècle précédent : c’est ce qu’écrit à sa fille l’auteur de cette tribune. Dans ce monde électronique où l’autre est de plus en plus éloigné, il veut préserver, au moins en idée, les champs de blé.

C'est un article de REPORTERRE Mathieu Yon est maraîcher à Dieulefit (Drôme).

Ma fille, je viens des années 1980. Un autre monde. Où la ceinture de sécurité n’était pas obligatoire à l’arrière, où l’on s’endormait dans le camion sur la route des vacances, où l’on se réveillait le lendemain matin dans un lieu inconnu, une oliveraie ou un terrain vague. Un autre monde. Où la précarité de nos vies n’ôtait pas un sentiment de sécurité. Où nous avions la possibilité d’échapper au regard des adultes, et de nous inventer des vies.

Ma fille, j’ai passé mon adolescence sous les porches et les abribus. On ne faisait rien avec les copains, on démarrait des mobylettes, on roulait sans casque au milieu des champs de blé, et quelque chose semblait traverser nos vies. Nous pensions que cette sensation ne mourrait jamais. Nous avions droit au temps perdu, sans savoir qu’un droit aussi élémentaire pouvait disparaître.

Ma fille, j’ai grandi sans internet ni téléphone portable. Il n’y avait pas encore cette toile qui s’immisce partout : dans notre lit, sur la table du petit déjeuner, dans notre poche, dans notre main.

Ma fille, tu ne le vois pas encore, mais ma jeunesse s’en va, et je serai bientôt un vestige, vivant dans un monde que je n’ai pas souhaité. Un monde où la sensation de l’autre diminue chaque jour. Car toutes nos perceptions seront bientôt captées par les images, et nous n’aurons accès à l’autre qu’à travers une myriade de filtres numériques.

Ma fille, quand les caméras de surveillance sont arrivées dans les rues en 1995, nous les avons vite oubliées. Quand les téléphones portables sont arrivés dans nos vies quelques années plus tard, nous avons vite oublié qu’ils représentaient une technologie de surveillance. Les caméras à reconnaissance faciale, les drones à usage policier arrivent, et bientôt, nous les aurons aussi oubliés.

Ma fille, si les champs de blé disparaissent, s’ils te manquent, tu les retrouveras dans un coin de mémoire, où tu pourras les entendre frémir comme au début de l’été.

Ma fille, je te fabriquerai un coin de mémoire, un lieu où tu pourras t’échapper et rebâtir un monde. Il sera fait de temps perdu, et d’une paume caressant les blés. Quand tu viendras t’y reposer, fatiguée des images, nous allumerons un feu dont les braises s’envoleront jusqu’à la Grande Ourse.

Ma fille, je ne pourrais pas empêcher ce monde numérique, mais je peux encore bâtir une pensée qui lui échappe. Cette pensée, c’est maintenant la tienne.

La lutte sur le plateau du Larzac en Aveyron fête ses 50 ans

Un article de FR3 Occitanie 838_1974-larzac3-21.jpg

Il y a 50 ans démarrait la célèbre lutte sur le plateau du Larzac (sud Aveyron) contre l'extension d'un camp militaire. Une opposition qui allait durer dix ans. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? 

Le Larzac, c'est un vaste plateau de landes et de cailloux, une terre pauvre et paisible. Difficile d'imaginer qu'il y a tout juste 50 ans, les paysans se sont levés pour défendre leurs terres menacées d'expropriation par l'armée qui voulait agrandir le camp militaire du Larzac.

Appuyés par des milliers de militants de tous horizons, la lutte pacifique a duré dix ans. L'Etat a capitulé. Les paysans sont restés.

Gardarem lo Larzac !

Alain Alla est l'un des 103 paysans qui ont refusé en 1971 de se laisser exproprier. Aujourd'hui à la retraite, c'est sa fille qui a repris l'exploitation. Est-elle aussi militante que son père ?

« Pour le moment, il n'y a rien, mais je pense que si on me la prenait (la terre), oui ! » Céline Alla - éleveuse de brebis sur le plateau du Larzac

Pour Céline, la lutte a été transmise en héritage avec les reliques qui vont avec, comme ce tracteur conservé dans l'exploitation familiale. Il fonctionne encore 50 ans après - il a servi à manifester en janvier 1973 à Paris.

« Cette lutte nous a fait connaitre beaucoup de monde. Si on avait été tout seul, on n'aurait certainement pas gagné. » Alain Alla - agriculteur retraité sur le plateau du Larzac

Le principe des fermes collectives

La solidarité, le sens du collectif, des valeurs qui ont traversé les années. Laurent Réversa s'est installé en 2013 sur le Larzac, en tant que paysan mais aussi militant. Avec dix autres agriculteurs, il s'occupe de la SCTL, la société des terres du Larzac. Un collectif qui gère une soixantaine de fermes et décide à qui elle seront attribuées. Ainsi, les nouveaux arrivants qui viennent de toute la France sont sélectionnés par les anciens en fonction de leur projet et de leurs valeurs.

« On est d'accord sur les valeurs, ce sont comme les valeurs d'une famille. » Laurent Réversa - éleveur de brebis sur le Larzac

« Ce qui motive ? Plein de choses. L'histoire du Larzac, ça me passionne cette vie collective. Le fait que ce soit une ferme collective et qu'on partage le travail. »  Claire Barré - future paysanne fromagère

Des paysans mais aussi des artistes militants

Mais le Larzac n'est pas réservé aux seuls paysans. Il y a aussi des artistes, des artisans, des bûcherons ou encore un gîte.  Elise et Séverine par exemple sont deux musiciennes de rue qui habitent dans des yourtes. Elles répètent en plein air et sont de tous les combats d'aujourd'hui.

« Avec les gilets jaunes, nous avons bloqué le viaduc de Millau, nous avons participé à des marches contre le nucléaire, créé un spectacle que nous avons joué pour les migrants bloqués à la frontière franco-italienne » Séverine Fell - musicienne sur le plateau du Larzac

Le Larzac attire des artistes de toutes les origines, chacun a son parcours et la lutte en partage.

« Le Larzac était emblématique en tant que lutte réussie avec un mouvement pacifiste. Moi, j'ai commencé à militer en Italie aux temps des Brigades Rouges et la réponse était violente. » Stefano Fogher - comédien et musicien

José Bové, le plus célèbre militant du Larzac

José Bové a rejoint la lutte en 1973. Au début, il a occupé une bergerie et élevé des brebis. 

« Il n'y avait rien quand on s'est installé. Pas d'eau, pas d'électricité, pas de téléphone ni de routes. » José Bové

José Bové a ensuite été syndicaliste et député européen. Mais c'est sur le Larzac qu'il est venu prendre sa retraite. Il a construit sa maison à deux pas de son ancienne bergerie. De là, il peut observer, satisfait, l'évolution des habitants du plateau.

« Ce sont de nouvelles histoires, une autre solidarité. Ils vivent les choses différemment, mais il y a une continuité car ce qui fait le fond du Larzac reste. Et c'est une des rares régions de France où on a une augmentation du nombre de paysans et de fermes exploitées. » José Bové

Comme ses camarades de lutte, José Bové ne quittera jamais le Larzac. Les militaires non plus. Ils sont toujours là et tiennent leurs positions, mais ils n'ont plus jamais essayé de gagner du terrain. 

VIDEOS

https://www.dailymotion.com/video/x80d (PS Le Larzac est bien en Aveyron ... et pas en Dordogne!)

Nostalgie: Ecoutez le chanteur occitan Patric "Lachanson du Larzac" Aout 1973

https://www.youtube.com/watch?v=Xu_g7KdyHgg

Le point sur les populations d'ours dans les Pyrénées

helloasso.jpg Pyrénées : 64 ours détectés en 2020, dont 16 oursons, et très peu de dégâts sur troupeaux …protégés !

avril 02, 2021

Les associations Pays de l’Ours – Adet et FERUS se réjouissent que 64 ours aient été détectés dans les Pyrénées en 2020, dont 16 oursons de l’année (nouveau record !).

Carte point population ours Pyrénées

Voir la synthèse du rapport du suivi Ours 2020 https://www.paysdelours.fr/point-sur-la-population-d-ours

Et ce n'est pas un poisson d'avril, le rapport 2020 du Réseau Ours Brun – OFB fait état également de très peu de dégâts sur troupeaux... PROTÉGÉS.

64 ours, 16 oursons et a minima 7 individus morts en 2020

Malgré l’évolution positive, ces 64 ours ne constituent toujours pas une population viable. Pour atteindre ce statut (qui est à la fois l’objectif des associations et l’obligation de l’État), il faudra parvenir à un effectif de 50 ours participant à la reproduction, et avec une bonne diversité génétique, comme annoncé dans le Plan Ours 2018-2028. L’État semble l’avoir déjà oublié.

Le chemin parcouru est une nouvelle fois notable, il démontre la faisabilité du projet, mais des efforts restent nécessaires.

En effet, 7 des 64 ours détectés en 2020 sont déjà considérés comme morts : quatre oursons de l'année ont disparu dans l’été et 3 ours adultes ont été retrouvés morts de cause humaine en 2020 dans les Pyrénées, notamment un ours mort par balles en Ariège ; nous ne cessons de demander au Gouvernement de procéder au remplacement rapide de ces trois animaux, conformément à l’engagement pris dans le Plan Ours 2018-2028. L’État semble avoir là aussi oublié, les tribunaux trancheront.

En ce qui concerne la cohabitation avec l’élevage, le bilan 2020 montre une nouvelle fois l’échec de l'orientation prise par l’État en France basée sur la surindemnisation des pertes de bétail et l’effarouchement des ours. A l'inverse, l'Espagne nous confirme la voie à suivre, celle que les associations de protection de l'ours conseillent en France depuis de nombreuses années :

Prédations en France en 2020 : 369 "attaques" prises en compte par l'État (chiffre en réalité surestimé), avec toutefois une forte baisse du nombre de victimes : 636 (1200 en 2019) car pas de dérochement massif en 2020 ...

Prédations en Espagne en 2020 : Seulement 46 attaques, essentiellement avant la transhumance, car tous les troupeaux sont protégés avec berger + regroupement nocturne en parc + chiens de protection pendant l'été. Les efforts de protection paient !

Côté français, les « expérimentations » d’effarouchements, coûteux et dangereux, ne résolvent donc pas le problème des éleveurs.

Pays de l'Ours-Adet et FERUS demandent une nouvelle fois que les services de l'État français se recentrent sur des solutions constructives et pérennes. Chacun doit se résoudre à adopter et optimiser les techniques de protection des troupeaux, seul moyen d’assurer la conciliation entre la protection de la biodiversité et le maintien des activités humaines en zone de présence d’ours.

Télécharger le rapport complet du suivi Ours 2020 https://professionnels.ofb.fr/sites/default/files/pdf/documentation/OursInfos_RA_2020.pdf

Un projet d’aéroport pour les riches menace un joyau des Pyrénées

Andorre1.jpg Construire un aéroport au milieu d’un vallon qui abrite de nombreuses espèces, c’est le projet prévu en Andorre. Une construction énergivore aux conséquences irréversibles sur l’écosystème, qui crée l’ire de nombreux habitants et élus.

c'est un article de REPORTERRE

Le poste frontière entre la France et Andorre est noyé sous un épais brouillard. Les douaniers se sont réfugiés dans un préfabriqué, emmitouflés dans leur manteau. Quelques kilomètres plus loin, le col d’Envalira (« Port d’Envalira » en catalan) est l’unique passage routier reliant les deux pays. À 2 409 mètres d’altitude, il barre la route aux nuages. Là se dévoilent la majestueuse Principauté et ses sommets enneigés, brillants sous les rayons du soleil printanier. Sur les hauteurs, la vue sur le vallon est spectaculaire. Il apparaît comme un endroit hors du temps. Mais qui pourrait être amené à disparaître.

Le 16 mars dernier, la Chambre andorrane de commerce, d’industrie et de services (CCIS) a en effet dévoilé au public son projet visant à construire un aéroport international sur ce site naturel. Une vidéo de simulation présente un Airbus A320 survolant plusieurs villages montagnards. L’appareil se pose sur la piste d’atterrissage, à l’endroit même où repose actuellement l’ancienne cabane d’un vacher, désormais abandonnée. De luxueuses boutiques, telles Prada ou Chanel, ont pris la place des plantes et des arbres. Sur un parking, Mercedes, Lamborghini et autres voitures peuplent les environs, à défaut des animaux.

Et dire qu’il y a « quelques décennies, les troupeaux venaient paître dans ces tourbières.... », soupire le biologiste Marc Mossoll, inquiet de la menace qui pèse sur ce panorama. Près de lui, deux bergeronnettes grises s’amusent sur un rocher. La brise caresse les colchiques. Une rivière se faufile entre les sapins, parmi lesquels des personnes accroupies dans l’herbe ramassent de la salade sauvage, « très appréciée ici », et elles aussi menacées par le projet.

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https://www.youtube.com/watch?v=TnpAsR-C9R0 L’aéroport d’Andorre présenté dans la vidéo de simulation.

« Cette zone humide regorge d’une multitude d’espèces animales et végétales »

Le défi technique est de taille. Culminant à près de 2 000 mètres d’altitude près de la frontière avec les Pyrénées-Orientales, l’aéroport pourrait voir le jour d’ici 2024 pour la somme de 344 millions d’euros. Capable de recevoir des Boeing 737, l’unique piste mesurerait 1 800 mètres de long pour 45 mètres de large. Un demi-million de passagers serait ainsi accueilli chaque année, en provenance de Russie, d’Asie et du golfe Persique.

« Je refuse que notre patrimoine naturel soit mis à sac par une élite financière qui traverse la planète en avion pour venir skier ici deux jours ! » Personnage imposant à la voix douce, Carles Iriarte préside l’Association andorrane de protection des animaux, des plantes et de l’environnement (Apapma). Avec Marc, il tente d’éveiller les consciences sur le désastre écologique que promet un tel projet : « Cette zone humide regorge d’une multitude d’espèces animales et végétales à préserver. L’an dernier et pour la première fois, on y a observé des cuivrés de la bistorte (Lycaena helle), un papillon très rare indicateur de biodiversité. »

Cerfs, isards, lagopèdes… Les pinèdes adjacentes constituent un précieux refuge pour affronter les rudes conditions de vie hivernales. Un gallinacé préoccupe particulièrement Marc Mossoll : le grand tétras (Tetrao urogallus).

« Il ne reste que deux mâles et deux femelles de grand tétras dans la zone. »

Chargé de son suivi pour l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le biologiste andorran craint que le célèbre oiseau noir ne survive pas à l’aéroport : « Il ne reste que deux mâles et deux femelles dans la zone. En hiver, ils se nourrissent d’épines de pins et de bois, et passent 80 % de leur temps sans bouger. Ils puisent constamment sur leurs réserves, donc respecter leur tranquillité est primordial. »

Andorre3.jpg Le grand tétras est une espèce classée vulnérable par l’UICN.

En quinze ans, leur nombre a été divisé par deux en Andorre. Principale cause de ce déclin : les stations de ski, dont la superficie occupe 10 % de la Principauté et empiète sur leur territoire. L’ajout des nuisances sonores liées au futur aéroport pourrait bel et bien sonner le glas de cette fragile population.

Andorre4.jpg Le vallon dans lequel l’aéroport pourrait être construit.

Un million de litres de kérosène dans le ciel d’Andorre

Autre préoccupation des habitants : « La Valira d’Orient », indique Marc de son accent catalan à couper au couteau, en pointant la rivière. Revêtu de cuissardes, un pêcheur tire brusquement sur sa canne. Bredouille, il la replonge un peu plus loin. « La rivière est alimentée par le cirque d’origine glaciaire des Pessons, qui se trouve juste au-dessus. Allez savoir dans quel état seront les eaux, une fois passées par l’aéroport, pour tous les villages se trouvant en aval… », s’interroge le biologiste.

En outre, de nombreuses questions relatives aux répercussions collatérales du projet restent sans réponse. Comment s’organisera la gestion des résidus ? Quelle consommation d’énergie représenteront les systèmes de dégivrage des pistes, indispensables dans de telles conditions météorologiques ? Quelle quantité de gaz à effet de serre sera rejetée par les camions acheminant le kérosène depuis la France ou l’Espagne ?

Andorre5.jpg Un pêcheur andorran dans le vallon.

Composée de citoyens désireux de faire du train le moyen de transport alternatif en Andorre, l’association AndRail a calculé l’empreinte carbone que représenteraient douze vols quotidiens : « Les Airbus A320 consomment 2 918 litres de carburant par heure. Si l’on compte entre cinq et dix minutes de vol au-dessus de la Principauté, ils brûleraient ainsi plus d’un million de litres par an uniquement dans le ciel andorran, détaille Sebastià Mijares i Verdú, porte-parole du collectif. Aujourd’hui, 41 % de nos émissions de CO2 résultent des véhicules en provenance de l’étranger. Cette infrastructure ne réduira d’aucun degré ce pourcentage, elle y contribuera au contraire de façon disproportionnée. »

Le petit pays pyrénéen n’est pas isolé des effets du dérèglement climatique. Au cours du dernier demi-siècle, il a enregistré une augmentation moyenne de la température de 0,36 °C par décennie. Face à ce constat, Sílvia Calvó Armengol, ministre de l’Environnement de la principauté, a présenté le 5 novembre 2020 la Stratégie nationale de l’énergie et de lutte contre le changement climatique. Cette feuille de route détaillait les mesures devant permettre le respect des engagements internationaux de neutralité carbone d’ici 2050. Parmi les trois principaux secteurs polluants pointés du doigt, figurait la mobilité. Un retournement de situation que la ministre, contactée par Reporterre, n’a pas souhaité commenter.

Andorre6.jpg La Valira d’Orient, la rivière du site.

Ils n’y connaissent rien !

« L’objectif prioritaire est d’assurer la minimisation des dommages environnementaux à travers diverses mesures compensatoires sur le milieu naturel. » Dissimulée dans la douzaine de pages que compte le communiqué écrit en catalan, cette phrase traduit le manque de connaissances de la Chambre de commerce en matière de développement durable : « Ils disent vouloir planter des arbres pour compenser l’aéroport, souligne Marc, exaspéré. Mais ils n’y connaissent rien ! La régénération forestière se fait naturellement ici, des milliers d’arbres poussent chaque année. C’est réellement nul, du pipeau ! »

L’étude de faisabilité technique étant achevée, l’avenir de ce projet repose désormais entre les mains de l’actuel gouvernement de centre droit. Mais aucune loi ne lui impose de réaliser une étude d’impact environnemental avant le début de l’ouvrage. Il est simplement fait mention, dans la loi sur la biodiversité de 2019, que « l’action des administrations doit être orientée vers la préservation du paysage de la Principauté […] en suivant les principes du développement durable ».

« Un projet aberrant, daté d’un autre siècle »

Un texte fragile, que le pouvoir parvient aisément à contourner, selon Carles Iriarte, de l’Apapma : « À Soldeu, le village voisin, la rivière a été recouverte par une passerelle grande comme deux terrains de foot. Celle-ci doit permettre aux skieurs de rallier leurs hôtels. Bien que cette construction soit néfaste à l’écosystème, le gouvernement l’a qualifiée de "projet d’intérêt national". Résultat : la loi sur la biodiversité est passée à la trappe. »

Parmi les principaux élus de l’opposition siégeant au conseil général d’Andorre, Roger Padreny Carmona demande la transparence totale de l’État sur ce projet : « La population devra avoir le dernier mot lors d’une consultation citoyenne », dit-il à Reporterre. De l’autre côté de la frontière, les élus français ont appris la nouvelle avec stupéfaction dans la presse locale : « Malgré ma casquette de vice-présidente d’Occitanie, je n’ai pas eu la moindre information ni le moindre échange avec la Principauté, nous a rapporté Agnès Langevine. J’espère qu’Emmanuel Macron, avec son statut de coprince, se penchera vite sur le dossier. » Député de l’Ariège, département frontalier, Michel Larive déplore, lui, « un projet aberrant, daté d’un autre siècle ».

Pour l’heure, les partisans de l’aéroport axent leur défense sur le besoin de consolider la souveraineté du pays. Un argument étonnant quand le capital envisagé pour financer les travaux provient de Turquie ou de Chine.

INDIGNATION MORALE

29 mars 2021

Nouvel élément de langage pour relativiser la mortalité liée à la covid en France : « ils seraient morts de toute façon !» Ils étaient bien vieux, souffraient de comorbidité”…. D’ailleurs, « la surmortalité relevée par l’INED en 2020 est de 20% inférieure à la mortalité covid. » La première déclaration est une infamie éthique, la seconde une litote.

Débutons par la litote. Lorsque le port du masque et les autres gestes barrières préviennent 90% des grippes et autres infections saisonnières, que la réduction du trafic automobile diminue la mortalité routière, c’est la persistance en 2020 d’une surmortalité de plus de 50.000 personnes qui témoigne de la sévérité du prélèvement réalisé par la covid !

Poursuivons par l’indignation du moraliste et du Président de La Ligue contre le cancer. La dernière semaine de vacance n’a-t-elle plus aucune valeur ou bien en consacre-t-elle plus encore que les premières ? Nous savons que la mortalité du cancer reste de 45%. Faut-il en conclure que le drame d’une mort liée à la covid d’une personne atteinte de cette maladie est réduite de près de moitié ?

Cette autre personne ne peut plus être guérie, une rémission de son cancer est obtenue qui lui donne une médiane de survie en bonne santé de deux ans. Sont-elles insignifiantes ces années ultimes ou bien à l’inverse concentrent-elles les attentes et aspirations de toute une vie ? La proximité de la mort, toujours, exalte la valeur des jours, semaines, mois et années qu’il reste à vivre. Cela est vrai de la promenade presque ultime de la personne âgée au bord de la rivière, de son enthousiasme du printemps qui vient, le dernier, peut-être, de son émotion à « effeuiller » la marguerite fraichement éclose. Certains propos tenus me révoltent profondément.

Axel Kahn, lundi 29 mars 2021

POLAR POD

extrait de France3 Occitanie et Futura Sciences

Le Tarnais Jean-Louis Etienne se lance dans l'exploration de l'Océan austral à bord du Polar Pod, un bateau vertical Le célèbre médecin explorateur originaire du Tarn, Jean-Louis Etienne, se lance à 74 ans dans une nouvelle aventure. A bord du Polar Pod, un bateau vertical, le scientifique va en 2023 mesurer la captation du gaz carbonique par l'Océan austral.

S'arrêtera-t-il un jour de voyager et de partir à l'aventure ? Le Tarnais Jean-Louis Etienne, 74 ans, a présenté mardi 16 mars son nouveau projet scientifique : Polar Pod (Plateforme Océanographique Dérivante). 

L'objectif de cette expédition vise à explorer l'océan Austral à bord d'un bateau un peu particulier. Le Polar Pod, un navire "vertical" capable de résister aux mers extrêmement agitées de l'Antarctique.  "C'est un grand flotteur vertical qui fait 100 mètres de haut, dont 80 sous l'eau, et qui pèse 1 000 tonnes, explique l'explorateur à France Info. Comme nous allons étudier l'océan Austral, les fameux Cinquantièmes hurlants et leurs mers agitées, on va utiliser ce bateau vertical, pour étudier cet océan dans de bonnes conditions de sécurité et de confort. Nous serons totalement autonomes en énergie et en motorisation. Il y a un courant qui fait le tour de l'Antarctique, du pôle Sud, qui s'appelle le courant circumpolaire. On va être entraînés par ce courant. Et on a six éoliennes."

https://www.youtube.com/watch?v=d4BKBdGpRWU

L’extraordinaire bateau vertical de Jean-Louis Étienne, le Polar Pod, va explorer les profondeurs de l’océan Antarctique

Destiné à l'étude de l'environnement dans l'océan Austral, le projet Polar Pod porté par Jean-Louis Étienne est officiellement lancé. Ce « navire vertical » devrait démarrer sa première expédition dès fin 2023. Sans coque et sans moteur, avec un lest de 150 tonnes et un tirant d'eau de 80 mètres, Polar Pop est un laboratoire révolutionnaire à bord duquel des opérateurs scientifiques et des marins se relaieront. Il dérivera dans les eaux du puissant courant circumpolaire antarctique.

Ce projet peut sembler un peu fou ! Le projet Polar Pod prévoit la construction d'une sorte de navire vertical qui effectuera dès fin 2023 deux tours du monde dans les eaux du courant circumpolaire Antarctique, le courant le plus puissant de l'océan mondial. Portée par les courants, sans coque, mais plantée dans les masses d'eau profondes grâce à un lest, cette structure innovante est conçue pour être stable même par forte houle, sans moteur et peu perturbant pour le milieu. Parce qu'il permet de rester sur zone toute l'année, cet outil ouvre la voie à des recherches inédites !

Après des années de préparation, ce projet hors normes, qui a mobilisé des équipes scientifiques aux côtés d'architectes et d'ingénieurs navals, est entré dans une étape opérationnelle avec le lancement de l'appel d'offres pour la construction du navire. Une conférence de presse, organisée ce mardi 16 mars, a permis de rassembler les partenaires privés engagés sur le financement des années de dérive à venir et d'annoncer le calendrier. Cette étape clé lance le passage en phase opérationnelle du programme scientifique et de médiation associée. L'expédition est portée par le Dr. Jean-Louis Étienne ainsi qu'un groupe de scientifiques, sous la coordination d'un comité directeur associant le CNRS, le Cnes et l'Ifremer.

Le Polar Pod étudiera l'environnement dans l'océan Austral

L'océan Austral présente de nombreuses particularités qui en font un terrain d'étude et de recherche d'intérêt majeur. C'est en effet le seul océan dont les eaux effectuent le tour du globe sans rencontrer de masse continentale. Il est le siège d'intenses échanges avec l'atmosphère qui engendrent des phénomènes physiques, chimiques et biologiques spécifiques, à différentes échelles spatiales et temporelles.

Région clé pour le stockage océanique de l'excédent de chaleur, à la fois puits et source de CO2, l'océan Austral joue un rôle essentiel dans la régulation du climat. Par sa capacité à exporter massivement des matières nutritives vers d'autres latitudes, il impacte les écosystèmes de l'océan mondial. Enfin, il représente un réservoir de biodiversité marine encore très largement méconnu. C'est pour cet ensemble de raisons que la perspective du projet Polar Pod mobilise fortement la communauté scientifique internationale.

Bien sûr, plusieurs outils sont déjà à la disposition des scientifiques pour mener à bien des recherches dans l'océan Austral. Flotteurs-profileurs dérivant librement et animaux marins équipés de capteurs délivrent des données qui ont déjà permis des découvertes essentielles. Des missions océanographiques pluridisciplinaires de grande ampleur y sont également menées régulièrement depuis de nombreuses années (telle la mission Swings qui vient de rentrer), mais elles se font sur des zones et lors de périodes ciblées pour leurs intérêts spécifiques (en particulier, lors de l'été austral). Enfin, des capteurs embarqués à bord de satellites permettent le suivi de certaines caractéristiques de la surface de l'océan. Cependant, l'acquisition de données est limitée notamment en raison de l'importance de la couverture nuageuse qui engendre de nombreux biais et limite les mesures de calibration.

Un navire vertical sans coque

Dans ce contexte, la station à vocation océanographique Polar Pod constitue un outil exceptionnel au service de la recherche. L'outil a en effet été conçu pour répondre aux attentes des scientifiques de plusieurs disciplines. Porté par les courants, sans coque qui interagirait avec la surface (ce qui limite la précision de certaines mesures, surtout en conditions de mer fortes), il est conçu pour être stable par forte houle, sans moteur et peu perturbant pour le milieu.

Le concept se base sur l'expérience du FLIP, navire vertical de la SCRIPP (US), qui a montré le potentiel d'une telle structure. De plus, Polar Pod est proche du « zéro émission », ce qui en fait un prototype dont les enseignements seront utiles pour une adaptation des navires du futur aux contraintes environnementales. Enfin, son autonomie énergétique va faciliter la programmation de missions longues lors de périodes peu ou pas accessibles jusqu'ici comme l'hiver austral.

Son dimensionnement (place, énergie...) a été pensé en fonction des besoins de l'équipe scientifique. L'outil dispose donc d'une grande capacité d'accueil de capteurs océanographiques et atmosphériques performants. Ces derniers (une quarantaine prévue à ce jour) ont été choisis pour fonctionner sur de longues périodes avec peu de personnels embarqués : sept personnes, trois marins et quatre opérateurs scientifiques qui pourront toutefois intervenir en temps réel. L'équipe à bord sera accompagnée à tout moment par une cellule à Terre, constituée de spécialistes des différents sujets, qui se relaieront. Alimentés par plusieurs éoliennes et batteries litium-ion, les instruments fourniront des observations qu'il sera possible de partager en temps quasi réel avec l'équipe à Terre. Les relèves d'équipage, opérées tous les deux mois environ, seront également l'occasion de rapporter sur les continents les échantillons qui seront prélevés.

Un intérêt majeur d'envergure internationale

En raison des avantages offerts par le Polar Pod, la communauté scientifique internationale a manifesté un intérêt fort, ce qui a permis de proposer un programme scientifique organisé en cinq axes : Échanges atmosphère-océan

L'océan Austral et un acteur essentiel du système climatique en raison de l'importance des échanges entre l'océan et l'atmosphère qui y ont lieu (énergie, flux de CO2...). Ces processus sont contrôlés par différents phénomènes comme les conditions météorologiques, la dynamique océanique à différentes échelles, les vagues, les bulles et les aérosols. Cependant, il existe encore de nombreux challenges à franchir pour être en mesure de simuler avec précision ces échanges entre l'océan et l'atmosphère. Ce sera l'objectif premier de cet axe : étudier l'amplitude et la variabilité spatiale et temporelle de ces échanges pour mieux comprendre les phénomènes et les représenter dans les modèles du futur.

Développement du potentiel des observations à distance (satellite, acoustique)

La diversité des observations viendra considérablement enrichir les bases de données utilisées dans le monde pour la calibration et la validation des observations spatiales dans cet océan (situations de vents et vagues fortes, qualité du phytoplancton, salinité...).

Par ailleurs, des hydrophones fonctionneront en continu, à plus de 75 mètres de profondeur, avec l'objectif de réaliser un inventaire sonore sous-marin et de développer des outils de détection des situations environnantes : impact sonore de la météo de surface, des tremblements de terre, craquements d’icebergs... Recensement de la biodiversité

Virus, bactéries, phyto et zooplancton jusqu'aux prédateurs supérieurs : la diversité des écosystèmes marins pourra être documentée pour la première fois à cette échelle et en toutes saisons. Siège d'adaptations spécifique à des conditions extrêmes, cette région représente une occasion inédite de mieux comprendre l'évolution de la diversité marine en fonction des conditions environnementales et donc en réponse aux changements climatiques. Le Polar Pod va permettre d'étendre considérablement les capacités d'échantillonnage en dérivant dans le courant qui circule autour de l'antarctique d'ouest en est sans rencontrer de continent, isolant ainsi les écosystèmes marins de l'océan subtropical.

À proximité des îles, il sera également possible d'étudier l'impact des nutriments arrachés à la terre, qui fertilisent l'océan. Le Polar POD dérivera avec le courant dans un mouvement quasi lagrangien et sera équipé des tout derniers équipements automatisés imageurs du plancton, ce qui permettra de suivre en temps réel les communautés observées. Les capteurs acoustiques, radars et caméras permettront d'étudier les prédateurs tels que les cétacés et les oiseaux marins. L'ensemble de ces données sera intégré dans un modèle reliant la structure des écosystèmes, les cycles biogéochimiques et les conditions environnementales afin de mieux comprendre le présent et l'avenir de l'océan Austral et de ses ressources marines.

Impacts anthropiques

Si loin de la civilisation, les eaux du grand Sud sont-elles contaminées par les activités humaines ? Quelle est l'ampleur de la pollution chimique, plastique ou encore sonore ? Le Polar Pod devrait nous en dire plus sur ces différentes pollutions de l'eau et de l'air (chimique, plastiques, aérosols...) sur l'ensemble du courant circumpolaire antarctique et en toutes saisons. Cette base de données constituera une référence pour les études à venir.

Médiation

Aventure humaine et scientifique, cette exploration constitue un formidable vecteur de partage des sciences. Un programme de médiation de grande ampleur et un programme pédagogique sont prévus pour aller à la rencontre du plus grand nombre. Des films et des expositions immersives, accompagnés dès 2022 d'évènements particuliers (minibus aménagés, concours de mini Polar Pod, Arts et Sciences...) permettront une diffusion large des enjeux de la recherche océanographique et environnementale dans leur ensemble.

Ainsi, cette aventure scientifique sera tout à la fois un bel exemple de coopération de la recherche internationale, et un vecteur de découvertes, d'innovation et de partage des sciences.

Dans l'Hérault, le barrage du lac du Salagou inspecté sous tous les angles

(Un reportage photographique , diffusé par FR3 Occcitanie)

Tous les 10 ans, le barrage du lac du Salagou fait l'objet d'une "étude de danger", une inspection minutieuse de toutes ses parties. Dans l'eau, les robots équipés de caméra remplacent les plongeurs. Le lac artificiel, mis en service en 1969, est devenu un atout touristique majeur de l'Hérault.

Le lac du Salagou s'étend sur 700 hectares. Un barrage retient ses 102 millions de mètres cubes d'eau. Cet ouvrage colossal, 357 mètres de long, 200 mètres de large pour 60 mètres de haut, doit être minutieusement inspecté tous les 10 ans.

Au cœur du barrage

Nicolas Juanola, responsable des barrages de l'Hérault, guide une visite de presse à l'intérieur du barrage le 4 mars 2021, en compagnie du vice-président du Conseil Départemental en charge de l'environnement Christophe Morgo (à gauche). • © C.Alazet / FTV

L'occasion de pénétrer dans les entrailles du "monstre". Nicolas Juanola, responsable des barrages du département de l'Hérault, sert de guide.

La salle des machines, à l'intérieur du barrage, permet la distribution de l'eau du lac en fonction des besoins d'irrigation du territoire. • © C.Alazet / FTV

Il faut d'abord descendre jusqu'au coeur du barrage, la salle des machines. Sur le chemin, régulièrement, des vinchons (instrument de mesures) fixés dans la paroi de béton, mesurent l'évolution des fissures. Et des tuyaux, appelés "drains murettes", évaluent la quantité d'eau qui passe à travers le barrage.

La conduite principale, un énorme tuyau de deux mètres de diamètre, assure les lâchers d'eau du lac en fonction des besoins d'irrigation du territoire. "S'il y a des anomalies sur cette conduite, on peut se dire qu'il y a un problème sur la structure du barrage. Le barragiste la surveille au quotidien.", explique Nicolas Juanola, "Et pour l'inspection générale, on l'a vidée et des techniciens sont entrés à l'intérieur pour faire des prélèvements et tout vérifier."

Une surveillance hebdomadaire

C'est la société BRL qui gère le barrage au quotidien. Laurent Barathieu a pris le poste de barragiste du Salagou en octobre dernier. Il habite sur place et surveille tous les jours le "comportement" du barrage. Chaque semaine, il vérifie 150 points de contrôle. "Je mesure par exemple la quantité d'eau que rejette le drain principal en une minute, c'est-à-dire l'eau qui circule dans le barrage. Là il y a 4 litres 400, c'est normal", explique le technicien. 

Laurent Barathieu, salarié de BRL, est le barragiste du lac du Salagou. BRL gère le barrage pour le Conseil Départemental de l'Hérault. 4/03/2021 • © C.Alazet/FTV

Un robot dans le lac

Après la descente, la longue remontée dans les tunnels qui sillonnent le barrage, avant de se retrouver à l'air libre, au-dessus de l'eau.

A l'intérieur du barrage du Salagou - 4/03/2021 • © C.Alazet / FTV

Dans le lac, un robot inspecte les parois construites il y a plus de 50 ans. Deux techniciens le manipulent à distance et enregistrent les informations de 3 caméras optiques, une caméra accoustique et d'un sonar. Pour Gérald Forissier, le directeur technique de la société Satif OA, expert en inspection sub-aquatique, l'avantage du robot sur un plongeur humain est incomparable. "Le robot ne fait prendre de risque à personne, il plonge quelle que soit la température ou la profondeur de l'eau", détaille l'expert, "Là, on a travaillé toute la journée à 50 mètres de profondeur, il aurait fallu une semaine pour faire le même travail avec des plongeurs".

Le robot pèse 100 kilos, il est équipé de 4 caméras et d'un sonar. 4/03/2021 • © C.Alazet / FTV

Dans les années 70, ce sont en effet des plongeurs de l'équipe du commandant Cousteau qui sont venus inspecter le barrage du Salagou. Parce qu'il n'a jamais été question de vidanger l'eau du lac pour vérifier le barrage. "Il est trop important pour l'économie du département", explique Christophe Morgo, vice-président du département de l'Hérault en charge de l'environnement, "c'est la plus grande réserve d'eau artificielle de l'Hérault, il alimente une centrale hydroélectrique et sert à l'irrigation du territoire."

Conçu pour éviter les grandes crues de l'Hérault ou de la Lergue et pensé pour irriguer les terres alentours, le lac du Salagou est aujourd'hui aussi un atout touristique majeur pour le département. 

Arrêtons les roses pour la Saint Valentin ! par Bruno Parmentier

Un article de FUTURA Planète 4eaedb90dc_50173190_daisy-3392654-1920.jpg

Les Français s'apprêtent à acheter et s'offrir 1,5 million de plantes et bouquets de fleurs ce week-end à l'occasion de la Saint-Valentin, un jour extrêmement important pour les fleuristes, un des seuls jours de l'année où s'achète des fleurs en masse. Cela pourrait être l'occasion de réfléchir aussi à la planète que nous voulons construire.

Pour une fois, à l'occasion de cet acte pourtant signifiant, réfléchissons un peu au monde que nous voulons construire et prenons conscience : quand on achète un produit, on achète aussi le monde qui va avec !   Quand on ne sait pas choisir, on est souvent tenté par les superbes roses que nous proposent à foison les fleuristes ! Surtout, avec la symbolique des couleurs, quoi de mieux que d'offrir un énorme bouquet de roses rouges qui saura mieux que nous traduire nos sentiments amoureux. Combien de roses vont ainsi partir ce week-end ? Environ 50 millions ! Mais au fait, vous en avez vu des roses épanouies au mois de février en France ? Surtout cette année où il fait vraiment bien froid. Offrir des roses le 14 février c'est un peu comme offrir des cerises ou des fraises, elles viennent forcément de très loin, et en plus, comme ce sont des produits périssables elles sont venues carrément en avion ! Au sens strict, elles embaument... le kérosène nos belles roses élevées près des aéroports au Kenya, en Éthiopie, en Afrique du Sud, en Équateur ou même en Chine, dans des conditions sociales que l'on peut imaginer très mauvaises ! Et bien entendu sans lésiner aucunement sur les pesticides, dont beaucoup sont interdits en Europe, car qui peut croire que ces roses aseptisées et gigantesques, à tige unique, qui supportent un transport de milliers de kilomètres, n'ont pas été violentées, trafiquées, boostées, artificialisées un maximum ? Certaines autres sortent de serres hollandaises chauffées et éclairées 24 heures sur 24, à base de charbon bien polluant, ou, au mieux, d'énergie nucléaire ! Sans compter les transports successifs, le plus souvent par camion, depuis la Hollande où de toute façon elles ont toutes transité.

C’est ça la planète que nous voulons ?

Une planète où pour offrir un simple bouquet de 15 roses, on émet autant de gaz à effet de serre qu'un trajet de 200 kilomètres en voiture ? 39422c6b3d_50173192_st.jpg Serres horticoles à côté de l’aéroport de Kunming (Chine) ; l’ingénieure gagne 100 $ par mois ! © Bruno Parmentier

Ne soyons pas rabat-joie, rien n'empêche d'offrir un bouquet de fleurs à sa belle pour montrer que, malgré tout, surtout en cette année particulièrement difficile à cause des confinements successifs, on est encore capable d'amour et d'acte gratuit. Mais des fleurs françaises, il y en a, et le secteur économique de l'horticulture ornementale est très puissant en France ; il représente 160 000 emplois qui ont été très fortement malmenés cette année à cause du confinement. Nous avons donc une excellente occasion de montrer qu'on veut moins polluer la planète et plus de solidarité sociale dans notre pays, ce qui rajouterait beaucoup de sens à notre cadeau amoureux !   Les idées plus écologiquement correctes ne manquent pas : camélias, tulipes, amaryllis, iris, crocus, jasmins, mimosas, anémones, freesias, cyclamens, primevères, jonquilles, etc.

Et pourquoi pas, pour que notre plaisir soit complet, utiliser en plus le circuit court et viser des labels comme Plante bleue, qui garantit que les végétaux ont été produits de manière éco-responsable par des horticulteurs ou des pépinières certifiés, Fleur de France qui garantit l'origine française des végétaux, Fairtrade Max Havelaar ou Fair Flowers Fair Plants, pour les fleurs équitables produites dans le respect des normes environnementales et sociales. Bonne Saint-Valentin à tous et à toutes, avec des fleurs qui signifient plein de choses.

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Des nouvelles d' ici....

Bonnes nouvelles .

Entre deux lacs : Avène- Salagou

700_Un-nouveau-Grand-Chemin-de-randonnee-entre-le-lac-d-Avene-et-le-lac-du-Salagou.jpg Enfin il verra bientôt le jour , c'est le GR de Pays qui va relier nos deux lacs. Le lac d' Avène et le lac du Salagou: "un projet qui me tenait à cœur puisque j'avais participé à la premikère ébauche du tracé en …. 1995!"

Un nouveau GR® de Pays reliera prochainement deux grands sites majeurs : le lac d’Avène et le lac du Salagou. Relancé en 2020 par les trois Communautés de communes Grand Orb, Clermontais, Lodévois Larzac, le syndicat mixte  « Grand site Salagou – Cirque de Mourèze  » , le comité départemental de randonnée pédestre avec le soutien du Conseil Départemental de l’Hérault, le tracé vient de recevoir l’avis favorable de la Commission Régionale Sentiers et Itinéraires de la Fédération Française de la Randonnée Pédestre. Le dossier sera présenté à la fin du mois au niveau national pour son homologation.

Ce sentier de Grande Randonnée intitulé  « GR® de Pays : Entre deux lacs : Avène - Salagou  » comprendra deux boucles,  « Le tour du lac d’Avène  » partant de Ceilhes (33 km) et  « Le tour du lac du Salagou  »  (32 km) partant des rives de Clermont-L’Hérault, et un itinéraire linéaire,  « Le sentier des deux lacs  »  (65 km), permettant de relier les deux boucles.

La thématique de l’eau sera un point fort. Le sentier permettra de découvrir la beauté des deux lacs aux paysages et couleurs contrastés,  « il traversera des sites naturels splendides avec toutes les facilités d’accès et d’intermodalité  » affirme le Comité départemental de Randonnée Pédestre, qui insiste  « sur la beauté des paysages traversés pour chacun de ces nouveaux chemins  » .

Balisage, signalétique, information sur les hébergements et les transports, permettront de composer une offre attractive, destinée aux pratiquants de la randonnée. C’est donc un atout touristique supplémentaire pour le territoire proposant un produit sur plusieurs jours.

Les nombreux villages traversés en Grand Orb (Ceilhes, Avène, Joncels, Lunas, Dio et Valquières, Brenas...) proposent tous des services utiles aux pratiquants (hébergement, ravitaillement). L’entrée par la commune de Ceilhes, au nord, permettra même de rejoindre l’itinéraire en train.

Ce GR® de Pays s’appuie en grande partie sur le réseau existant : GR®, PR et itinéraires d’autres pratiques (Réseau Vert VTT, équestre). De nombreux tronçons sont donc déjà conventionnés. Ouverture espérée fin 2021.

Source : Actualités Grand Orb

Dès son ouverture , lorsque nous aurons fini notre descente « Au fil de l'Orb » je vous proposerai dans le même esprit des boucles au départ de chaque village traversé par le GR ainsi que la liaison entre les deux lacs en trois étapes.

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«Celles et ceux»

«Celles et ceux» : le documentaire de Maxime Boilon nous raconte l’histoire de Celles, un hameau sauvé des eaux Celles est un hameau dans l'Hérault, évacué en 1969, lors de la construction du barrage du Salagou. Plusieurs décennies plus tard, sauvé des eaux mais en ruine, sa reconstruction n'est pas sans obstacle ni émotion. Une belle aventure humaine collective racontée par le réalisateur, Maxime Boilon. 

Celles est un petit hameau posé au bord du Lac du Salagou, dans l’Hérault. Condamné à être englouti en 1969 par la montée des eaux, il fut sauvé par décision politique, le barrage devenu finalement, inutile. Plusieurs décennies plus tard, la mairie et ses 19 habitants reçurent la pleine propriété du hameau principal, sauvé des eaux. En ruine, sa reconstruction s’avère très couteuse. Mais que faire de cet ensemble immobilier ? Le détruire, le vendre ou le réhabiliter ?

Un beau lac, entouré de collines à la terre rouge, quelque part au nord de l’Hérault. Joëlle Goudal, maire de la commune, prend la parole devant le petit groupe. Sa voix est chevrotante. Son émotion est palpable. Ce village de Celles, c’est toute sa vie. Et celle de son père avant elle…

Aujourd’hui, elle mène la lutte avec les femmes du conseil municipal et d’autres amoureux du lieu. Le passé, elle ne peut plus en parler. C’est trop douloureux. Elle scrute l’horizon. Son projet à elle, c’est de faire revivre le village.

Le réalisateur Maxime Boilon nous raconte l’histoire d’un village abandonné et d'une formidable aventure humaine collective. Il nous interroge aussi sur la notion de propriété en France. Quand un futur occupant d’une maison sait qu’il ne sera jamais propriétaire, mais qu’il aura la charge financière de reconstruire sa ruine. Comment adhérer à un tel projet ?

Nous suivons les femmes du conseil municipal de Celles et les candidats/habitants du village. Nous découvrons les motivations des élues et des candidats, finalement peu nombreux.

La France reste un pays de propriétaires (60 %). Les locataires ne le restent le plus souvent, qu’en raison de contraintes économiques. C’est tout le dilemme de Celles : il faut de l’argent pour rénover les bâtis. Mais qui est prêt à payer pour, au final, ne pas être propriétaire ?

"Celles et ceux" Un film de Maxime Boilon

Une coproduction Réal Productions et France 3 Occitanie

Diffusion sur France 3 Occitanie, le lundi 25 janvier 2021, à 22h45. Rediffusion le mardi 26 janvier 2021, à 9h15.

Source : Actualités FR3 Occitanie

LA GAZETTE , VOUS SOUHAITE UNE BONNE ANNEE 2021

c'est un article de LA-BAS SI J'Y SUIS

Ce que vous avez peut-être raté en 2020

Oui mais bientôt, retour à la normale !

Avec quelques images du « monde d’avant » tel que le voyait l’autrichien Gerhard Haderer. Un monde qui avait accouché de la pandémie et qu’on avait pu croire condamné…

On va pouvoir retrouver :

  • les soirées en famille : gehardhaderer01-1.jpg

  • les loisirs : gerhardhadererchasse-2.jpg

  • les visites au musée : gerhardhaderermusee-2.jpg

  • le tourisme : gerhardhadererpaquebot.jpg

  • la pollution : gerhardhadererpollution.jpg

  • les selfies : gerhardhadererselfie-1.jpg

  • les supermarchés : gerhardhaderersupermarches.jpg

  • les jardins et les parcs : smartphones-1.jpg

  • le travail : toilettes-1.jpg

  • les bouchons : gerhardhadererreve-1.jpg

  • ses voisins : gerhardhadererdrone-1.jpg

  • ou les autres voisins : gerhardhaderertraitresraciste-2.jpg « — Traître ! — Raciste ! »

  • les vacances : gerhardhadereronattenddelavisite-2.jpg « On attend de la visite ? »

  • le bord de mer : gerhardhaderer-8.jpg

  • le sport : gerhardhaderer03-3.jpg

  • le coiffeur : gerhardhaderertrumpkim.jpg

  • la plage : gerhardhaderer05-2.jpg

  • le sourire : gerhardhaderersmile-2.jpg

  • et l’éternelle jeunesse ! : gerhardhaderer06-2.jpg

Connaissez-vous Gerhard Haderer ? Car tous ces dessins c’est lui .

Mais d’abord, disons le, on ne remerciera jamais assez le cancer et Jésus.

Oui, commençons par dire merci au cancer. Car s’il n’avait pas eu un cancer en 1985, à 34 ans, Gerhard Haderer aurait continué à mener la vie indigente d’un « créateur » publicitaire. Or, c’est lorsqu’il fut opéré (et guéri) qu’il a tout laissé tomber et s’est tourné à fond vers le genre de dessins que vous venez de (re)découvrir, si puissants, si violents qu’ils se passent de tout commentaire, à part quelques gloussements, quelques éclats de rire et pas mal de silences légèrement grinçants.

**Ensuite, merci à Jésus. Et surtout à Monseigneur Christoph Schönborn, cardinal, archevêque de Vienne en Autriche. En 2002, Gerhard Haderer publiait La Vie de Jésus**, qui fut selon lui un surfeur drogué à l’encens. Affirmation qui faisait un peu scandale dans la très catholique Autriche, si bien que le cardinal archevêque, hors de lui, crut bon de donner l’ordre à l’auteur de présenter ses excuses aux chrétiens, pour avoir ridiculisé le fils de Dieu. Au passage, on le voit, l’islam n’a pas le monopole du refus des caricatures, mais celles-ci eurent beaucoup moins d’écho chez nos ardents défenseurs de la liberté d’expression. Et bien entendu, comme toujours, la censure assura le succès de l’oeuvre censurée et l’album, atteignit 100 000 exemplaires en quelques jours, confirmant la popularité de l’artiste.

GISCARD à la chasse

Vous le savez Valéry Giscard d'Estaing vient de mourir, président de notre république entre 1974et 1981 était un grand chasseur . Je vous invite à retrouver un interview paru dans le Figaro en novembre 2013 au titre savoureux

NTERVIEW – Poil ou plume

Chasses présidentielles ou safaris privés, l’ancien président de la République a toujours revendiqué sa passion pour la chasse.

LE FIGARO. – Que signifie la chasse pour vous?

Valéry GISCARD D’ESTAING. – La chasse a été la première activité de l’homme. En France, c’était à l’origine un privilège féodal, qui a été aboli à la Révolution. Depuis, le nombre de chasseurs se compte par millions, c’est un sport national bien plus étendu que le foot. Une activité profondément ancrée dans l’humanité, un vaste monde.

Quelles sont vos chasses à vous?

Elles ont été diverses. J’ai d’abord eu le privilège de participer aux chasses présidentielles, à Rambouillet, à Chambord et à Marly. Le général de Gaulle ne chassait pas, mais, par tradition, il participait à la dernière battue, et j’en ai suivi quelques-unes avec lui.

J’ai aussi toujours chassé avec des amis, en France, pour le plaisir. Je continue d’ailleurs : je ne sais pas pourquoi on a écrit que je n’ai pas renouvelé mon permis de chasse, c’est inexact. Je traque des petits animaux, des perdreaux, des faisans. Je regrette d’ailleurs que les perdreaux gris, qui étaient par excellence le gibier français, aient disparu, à cause des pesticides. Je chasse parfois le cerf, animal emblématique dans tous les pays d’Europe. On doit pour cela attendre la saison du brame, sinon ils se terrent et on ne les voit pas. Si l’on veut rencontrer de grands cerfs, il faut se rendre dans les pays de l’Est, comme la Pologne, ce que j’ai fait régulièrement. Pour les grands animaux comme le buffle, l’éléphant ou les grandes antilopes, je suis beaucoup allé en Afrique, au Cameroun, au Gabon, au Kenya, en Tanzanie, dans les anciennes colonies françaises et anglaises. Mais j’ai cessé un jour, car ma fille, lorsqu’elle était petite, me le reprochait.

Quel plaisir de poursuivre ainsi un animal?

Chasser est un sport, on peut marcher des dizaines de kilomètres en pistant un animal. Mais le vrai plaisir est celui procuré par la nature. La chasse est souvent une solitude, et on se retrouve parfois seul face à la forêt. En Afrique, j’ai vu la planète telle qu’elle devait être depuis les origines. C’est vrai que le chasseur est dans une relation étrange avec les animaux : on ne tue plus pour la nourriture, l’industrie s’en charge désormais. Alors quand un grand animal tombe, on éprouve une sensation de nostalgie, une émotion triste. Tous les chasseurs connaissent ce sentiment curieux.

**Vous avez tous les «anti»contre vous désormais.//

L’espèce humaine s’urbanise de plus en plus, elle ne comprend plus la chasse. Nous sommes dans un monde où les «anti» font beaucoup de bruit, même s’ils ne représentent pas grand-chose. J’ai tout de même l’impression que les jeunes de la campagne continuent d’aimer et de pratiquer la chasse. vge-chasseur.jpg

Ci-dessous le lien de l’article : http://www.lefigaro.fr/culture/2013/11/03/03004-20131103ARTFIG00028-valery-giscard-d-estaing-la-chasse-est-souvent-une-solitude.php?m_i=SfVSkXuiONQhJw10LxLszEl4WacUfSfkFAgfRIo0bZOuxfISl

La prolifération des sangliers, un casse-tête écologique

Durée de lecture : 10 minutes

3 décembre 2020 / Marie Astier (Reporterre) arton21768-e19eb.jpg Ravageur de cultures et gros gibier de choix des chasseurs, le sanglier apparaît comme l’ennemi rural numéro 1. Comprendre les raisons de sa prolifération n’est pas simple. Savoir comment la limiter est un casse-tête encore plus complexe. Reporterre esquisse des pistes de compréhension du problème.

C’est un marronnier, un classique, de l’affrontement rituel entre chasseurs et écolos : le sanglier. Les premiers se déclarent seul rempart face à une espèce devenue envahissante et qui multiplie les dégâts aux cultures. C’est à ce titre qu’ils ont récemment obtenu une dérogation au confinement, ou encore une extension de la saison de la chasse à celle que l’on appelle aussi la « bête noire ». De l’autre, les associations environnementales dénoncent les pratiques des chasseurs, qui ont favorisé la population de sangliers. « C’est un comble que les chasseurs se présentent comme la seule solution à un problème qu’ils ont eux-mêmes créé », s’insurge ainsi Yves Vérilhac, directeur général de la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

Entre les deux camps, les agriculteurs constatent les dégâts. « J’ai eu des milliers de mètres carrés de prairie retournés », témoigne Aurélien Mourier, éleveur dans le nord de l’Ardèche. Les sangliers fouillent la terre sur plusieurs centimètres à la recherche de vers et d’autres bêtes à grignoter. « Cela compromet totalement les récoltes de fourrage, et cela fait ressortir les pierres, fait que le sol n’est plus plat. Donc, quand on revient dans la prairie, on risque de casser le matériel. »

La bête est mobile, maligne, productive : aujourd’hui, on ne sait toujours pas compter les sangliers. Les tableaux de chasse servent d’indicateurs : la Fédération nationale de chasse comptait 30.000 sangliers tués dans les années 1970, on en est à plus de 800.000 aujourd’hui.

Le sanglier, une « bénédiction » pour la chasse

La faute aux chasseurs ? En fait, l’affaire