1. Accueil
  2. Rechercher

"Nous sommes mis en état d'hibernation"

7800927955-l-auteur-sylvain-tesson-invite-sur-rtl-le-mardi-24-novembre.jpg

INVITÉ RTL - L'écrivain Sylvain Tesson, auteur notamment de "La panthère des neiges", exprime son ressenti face aux restrictions sanitaires. "La menace est inférieure à la réponse", estime-t-il.

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/confinement-nous-sommes-mis-en-etat-d-hibernation-deplore-sylvain-tesson-7800927933

Ce mardi 24 novembre, la France se dirige probablement vers un confinement allégé, c'est en tout cas ce que devrait annoncer le président Emmanuel Macron ce soir. L'écrivain Sylvain Tesson, auteur de L’énergie vagabonde, où il raconte ses voyages, reste tout de même perplexe face à toutes ces mesures.

"Je vois qu'il y a une menace et qu'il y a une réponse", constate l'écrivain, invité sur RTL. "Il me semble que parfois la menace est inférieure à la réponse, ou que la réponse est proportionnellement plus sévère que n'est dangereuse la menace", poursuit-il. 

"Nous sommes congelés, nous sommes mis en état d'hibernation, nous sommes anesthésiés, comme si une espèce de cocktail lithique s'était immiscé dans nos organismes et tout ça pour que nous ne toussions point", déplore Sylvain Tesson. "J'ai l'impression qu'il y a une léthalité qui est faible, qu'il y a une menace terriblement constrictive et c'est là où je vois une disproportion".

ITINERAIRE D'UN CONFINE -2

Nous approchons de la fin de Novembre, il y a de l'espoir nous dit-on dans la petite lucarne. Faut-il y croire ou est ce un mirage pour Noël ? En attendant je vous propose de partager un deuxième itinéraire de confiné , si vous n'avez pas la chance comme moi de quitter ma maison et arpenter, solitaire, de vieux sentiers et sentes au milieu des verts pâturages et des vaches dans une Nature préservée.

Comme toujours , j'ai quitté ma maison, à pied, le sac sur le dos avec un peu d'eau et mon appareil photo.

P1190776.JPG

Je sors de Valquières par le GR7 - un GR pas très parcouru par les randonneurs ( encore moins en temps de confinement) mais qui peut vous emmener loin et vous faire rêver puisqu'il traverse toute l'Europe Centrale et les Balkans pour se terminer en Crête , c'est le E4 (sentier européen)

Mon but aujourd'hui est de rejoindre un bout du "chemin des deux lacs" qui bientôt balisé (je l'espère!) vous emmènera du lac des Monts d'Orb (lac d' Avène) au lac du Salagou. Joli projet s'il voit le jour!)

C'est un itinéraire sauvage, tout volcanique que je vous propose !

P1190777.JPG

Je remonte l '"échine" de la serre de la Bardine. Je passe devant la croix de la Durante, témoin d'un temps où la foi était présente sur tout les chemins d'Occitanie et de France.

P1190778.JPG

Je ne me lasse jamais de ce chemin qui grimpe entre les vallons des deux ruisseaux de mon village , le Garel et le Vernoubrel à tribord et à babord ! Je rêve , je m'évade sur la croupe de la Bardine (une coque de navire renversée) avec devant moi le phare (antennes télécom!) du Pioch Caubel qui va me guider et me mener à bon port : la bucolique chapelle Saint Amans.

P1190784.JPG

Pas de mer ici bien sûr , pas de baleines, pas de récifs , ni icebergs , mais de grands espaces à l'horizon infini, des patchworks de couleurs: des verts près où sous un ciel d'un bleu intense pâturent les troupeaux , les couleurs brunes des fougères , le sol noir volcanique et à l'horizon les teintes estompées et dégradées des montagnes de l' Espinouse et du Caroux.

P1190785.JPG

Le rêve et le repos de l'âme est permis ici, sous un beau soleil d'automne, tant le paysage est intense au coeur d'une Nature sauvage et préservée

P1190788.JPG

Ce qui n'est pas trop permis c' est la suite de ma balade, puisque je franchis des clôtures et traverse des terrains privés (réservés à l'élevage et ... à la chasse !)

Mais seul , je ne laisserai pas trop de traces de mon passage d'un jour( je m' excuse moi même !!) j'ouvre les barrières en prenant soins de le les refermer derrière moi , je passe sous les barbelés , je traverse les champs et les pâturages sous le regard curieux des belles Rousses,

P1190790.JPG

P1190816.JPG

P1190792.JPG

je suis leurs sentes, au passage je ramasse quelques beaux champignons aux chapeaux blancs facilement repérables au milieu de ces verts prés ... et quelques cartouches !!! car je longe aussi de nombreuses palombières aujourd'hui délaissées par les chasseurs . Le passage des ramiers est sans doute terminé et le confinement a sauvé quelques vols.

P1190795.JPG

P1190818.JPG

P1190822.JPG

Tout en chemin, par grand vent , dans un air pur qui chasse le méchant coronavirus, me voici arrivé sur les croupes de l'Escandorgue cette belle coulée volcanique qui recouvre ces confins de l'Hérault au pied du Larzac.

P1190820.JPG

Le paysage est à couper le souffle (avec le vent à décorner les boeufs mais qui chasse les nuages, c' est normal - et les arbustes y sont rares pour s'accrocher!) J'admire d'un côté le Salagou, la Séranne et dans le lointain le pic Saint Loup et la mer méditerranée qui scintille à l'horizon pour mon bonheur ,

P1190823.JPG

de l'autre côté , plus proche de moi, mon regard et mes envies de randos futures (déconfinées !) se portent sur les monts d'Orb, le Caroux et l' Espinouse , les montagnes de chez nous qui me sont si familières et propices à l'évasion !

P1190799.JPG

Je poursuis mon chemin , je grimpe sur les croupes de Montbringue qui dominent le petit hameau de Vernazoubres.

P1190801.JPG

Au passage je monte sur un petit volcan – ils sont partout ici et ont poussé comme des champignons il y a … quelques millions d'A - , facilement repérable par une croix de bois qui domine Vernazoubres et qui offre un magnifique panorama sur les blanches falaises de Dio et Valquières

P1190802.JPG

Un pré à traverser et je retrouve le (futur) chemin des 2 lacs . Je passe devant la table d'orientation inaugurée au printemps dernier qui offre entre les arbres une belle vue sur le pays Salagou, classé grand site.

Chemin faisant, j'arrive à Brénas. Le village est désert et je n'ai même pas rencontré un ramasseur de châtaignes. Normal , la cueillette est interdite … laissée aux sangliers !

P1190805.JPG

Après avoir admiré la belle petite église , je repars par la rue des Glycines.

Et me voilà maintenant, pour quelques hectomètres sur la petite route qui mène au col de la Merquière , dédié à Mercure le Dieu des voyageurs.

P1190825.JPG

J'ai maintenant sur ce bel itinéraire une vue superbe sur la haute vallée du Salagou et le castélas de Mérifons perché sur son neck

P1190809.JPG

P1190810.JPG

J'arrive presque au bout de ce magnifique itinéraire de confiné . Je rentre par une belle traversée de la châtaigneraie de Vernazoubres . Je rêve , on y retrouverait presque un ours ariégeois ! puis après avoir rejoint mon GR de départ , je retrouve au soleil déclinant mon hameau de Valquières .

P1190827.JPG

PS : sans franchir des clôtures et fils de fer barbelés vous pouvez en suivant des pistes réaliser sagement cet itinéraire !

les bleus foncés et le blues de la bleue

Jojo n'a qu'un seul ami et une mobylette. une bleue... le reste, c'est l'amitié au temps du confinement.

ITINERAIRE D'UN CONFINE -1

Le confinement est de retour , après le PRINTEMPS, voici l'AUTOMNE et ses couleurs au coeur d'une nature qui se repose et peut être pour vous l'occasion de découvrir mon univers de marche au tour de de mon village DIO et VALQUIERES, dans ce diaporama.

P1190718.JPG Voici VALQUIERES, mon village et ses quelques maisons blotties autour de sa vieille église , abrité sous les blanches falaises

P1190714.JPG Voici DIO le château et son hameau médiéval posé sur son éperon rocheux , sentinelle de la vallée

P1190662.JPG Créer une randonnée pour un confiné est , ici, un jeu d'enfant . Il suffit de fermer la porte de ma maison et de de suivre au grès de mon plaisir et de mon imagination du moment : petites routes, pistes, chemins et sentes et même ruisseaux. En toute liberté , dans le silence , les odeurs et les couleurs de la Nature préservée

P1190727.JPG SUIVEZ-MOI, par une belle journée ensoleillée, sur un itinéraire improvisé un jour de novembre

P1190722.JPG En sortant de Valquières, "j'ai pris la clé des champs" pour un peu de liberté en oubliant même mon attestation de sortie !

P1190731.JPG Je suis le chemin vicinal qui relie les deux petits hameaux de notre commune

P1190730.JPG Bordé de belles terrasses et cabanes de pierres sèches , témoins patrimoniaux des siècles derniers

P1190724.JPG

P1190729.JPG Chemin faisant , je m'approche de Dio et de son château. Je regarde ma montre . J'ai déjà dépassé l'heure et le kilomètre autorisé ! ... Je m'autorise un peu de désobéissance !

P1190735.JPG

P1190746.JPG

P1060038.JPG

Pour aller me confiner dans la grotte des fées, un lieu de sépulture des temps paléolithiques , bien caché dans la falaise

P1190747.JPG Après cette échappée hors du temps , je suis le GR7 - ici le balisage est marqué par de vieux calvaires taillés dans le grès

P1190748.JPG

P1190750.JPG

Par une sente herbeuse , je m'approche du château et j'arrive à Dio , par le chemin de son église. Je traverse Dio , incognito , en prenant un peu de hauteur!

P1190754.JPG

DIO , VU DU CIEL ! C'est un paysage fantastique que je découvre en suivant une trace sportive bien cachée sous les falaises. Je vous y emmène en quelques clics

P1170393.JPG

P1170394.JPG

P1170396.JPG

P1190756.JPG

P1190759.JPG

P1190713.JPG

P1190760.JPG

P1190761.JPG

P1190763.JPG

Je retrouve les sentiers fleuris, mes cairns ... j'allonge mon pas. Je traverse le plateau, ses champs travaillées et les vieilles bergeries, ses éoliennes

P1190762.JPG

P1190765.JPG

P1190766.JPG

P1190768.JPG

P1190769.JPG

Je rentrerai au soleil couchant. Finalement je n' aurai rencontré que les belles rousses , curieuses de me voir passé Elles ne m'ont même pas demandé mon attestation de sortie!

P1190774.JPG

P1190772.JPG

MERCI DE M'AVOIR SUIVI

confit-nement avé l'accent

"Depuis Castex, j'ose plus parler avec l'accent du Sud-Ouest. A lui tout seul ce type nous a fait passer du confit au confinement..." (Olivier de Robert)

C'est le bon côté du confinement , on ade nouveau les Chroniques!

https://www.youtube.com/watch?v=nVomEvVHzi0&t=183s

UEFLyon - Conférence avec Boris Cyrulnik, Neuropsychiatre

Intervention de Boris Cyrulnik, Neuropsychiatre, à l'évènement Une époque formidable qui s'est tenu à Lyon, le 12 octobre 2020 sur la thématique suivante : Aujourd’hui, qu’est-ce qu’être heureux ?

En ce début d’automne 2020, l’emploi de l’adjectif « heureux » exige doigté, recul, précaution. Dans son couple, au sein de sa famille, au travail – quand on en a encore –, dans le cadre de ses pratiques sociales, culturelles, amicales, et une fois projeté sur un avenir, à court et moyen termes, déstabilisant voire dystopique, chacun d’entre nous est questionné : comment être heureux ? Avec qui ? A quelles fins ? Et à quelles conditions ? Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik s’exercera à nous éclairer sur ce qui, au révélateur de l’actualité, entrave ou enterre, mais aussi (r)éveille, nourrit, réenchante l’accès au bonheur, à la joie, au bien-être.

https://www.youtube.com/watch?v=74tOyCG5PWI

UEFLyon - Conférence avec Aurélien Barrau, Astrophysicien

Intervention d'Aurélien Barrau, Astrophysicien à l'évènement Une époque Formidable qui s'est tenu à Lyon, le 12 octobre 2020 sur la thématique suivante : de la Terre à l’espace, un même défi éthique ?

Aurélien Barrau est astrophysicien, et exerce notamment au Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie (CNRS-IN2P3). Il est aussi un infatigable militant de la Nature, cette Nature dont il dénonce sans relâche les dégâts, irréversibles, qu’exerce sur elle la main cupide, anthropocentriste, marchande de l’homme. Aurélien Barrau est, enfin, docteur en philosophie, et cette « qualité » formera, lors de ce dialogue composé à partir de son ouvrage « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » (Robert Lafon, 2020) le lien entre d’une part son examen et sa vision du monde terrestre, d’autre part ceux que convoque un monde de l’espace promis à une dévastation comparable.

Il est interdit d'interdire

COVID19 : La tragédie est elle en train de virer à la farce

https://www.youtube.com/watch?v=QWpZAV7Blgg

The Turning Point

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/the-turning-point/film/1

Steve Cutts

Les animaux ne respectent plus la nature depuis bien longtemps. Emportés dans un monde de l'urgence, ils polluent, souillent et détruisent cette nature qu'ils considèrent comme un du pour leur confort. L'homme, tout en bas de la chaine, est le premier à en subir les conséquences. Le réchauffement climatique et la déforestation finit par détruire son habitat, jusqu'à, bientôt... Son extinction. Toute ressemblance avec les errements de notre civilisation ne pourrait être que fortuite.

Année : 2018

Durée : 3 minutes

Thématique : Ecologie

Man

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/man/film/1

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/man-2020

Steve Cutts

Après s'être tenu relativement sage pendant plusieurs millions d'années, l'Homme a décidé il y a quelques millénaires de prendre le contrôle de la nature... D'abord restreint à quelques prélèvements éparses pour s'habiller ou se nourrir, le champ de son emprise sur le monde s'est étendu peu à peu... C'est toute cette histoire de l'humanité qui est résumé ici en 4 minutes, du début... A la fin (probable) de l'humanité.

Année : 2018

Durée : 4 minutes

Thématique : Société

Happiness

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/happiness/film/1

Steve Cutts

Happiness est l'histoire d'une quête : celle d'un rongeur à la recherche de l'épanouissement et du bonheur. Pris dans le flot d'une foule consommante, lui-même en vient à céder à la tentation. Mais tout cela ne cache-t-il pas un malaise ? Quel est vraiment le sens de la vie ? Et surtout, cette quête est-elle seulement celle des souris et des rats ? Toute analogie avec l'espèce humaine est bien évidemment parfaitement fortuite !

Année : 2018

Durée : 4 minutes

Thématique : Conscience

La solution est de sortir des rails

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/la-solution-est-de-sortir-des-rails/film/1

Liane Barros

Et si ce qui nous empêchait de nous rapprocher était la conséquence d'une mécanique bien huilée. Nos vies semblent parfois écrites à l'avance, comme prédestinées... Comme si nous étions tous sur des rails, qui cloisonnaient nos existences. Mais si cela est vrai, peut-être ne tient-il qu'à nous de sortir de nos rails pour briser cette mécanique. C'est en tout cas le sens de ce dessin animé plein de poésie.

Année : 2018

Durée : 3 minutes

Thématique : Société

S'émerveiller

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/s-emerveiller

Simon Maurissen

S’émerveiller est un court-métrage sur les beautés du monde qui nous entourent. Le film nous prend par la main pour une balade dans les Ardennes belges, attirant notre regard sur cette magnifique nature. La beauté est partout: dans une lumière miroitant dans un ruisseau, dans le détail des pétals d’une fleur sauvage, ou encore dans la marche délicate d’un chevreuil en vadrouille. Dans un monde de plus en plus complexe, ce film nous rappelle l’importance de s’émerveiller de la nature omniprésente et accessible.

Année : 2018

Durée : 4 minutes

Thématique : Conscience

Production / Distribution : non renseigné

La terre vue du coeur

https://www.imagotv.fr/documentaires/la-terre-vue-du-coeur/film/1

Iolande Cadrin Rossignol

Autour de Hubert Reeves et Frédéric Lenoir, des scientifiques, auteurs et artistes nous interpellent : la biodiversité est aujourd’hui menacée. Si certains humains sont à l’origine de la crise, d’autres, de plus en plus nombreux, s’y attaquent à bras le corps et créent des solutions. Ensemble, dans ce film dédié aux générations futures, ils nous rappellent à quel point le vivant sous toutes ses formes est un fascinant et touchant mystère… qu’il ne tient qu’à nous de préserver !

Année : 2018

Durée : 90 minutes

Thématique : Conscience P roduction / Distribution : Ligne 7

mail1.jpg

Chers amis voyageurs,

C'est le retour tant redouté du confinement. Un coup dur pour nous tous avec une vague impression de "déjà-vu". Mais nous avons déjà passé cette première étape ensemble au printemps dernier, et vous savez quoi ? Nous allons faire de même durant ce mois de novembre. Une chose est sûre, les libertés qui nous étaient si naturelles nous manquent.

Retrouvez dans la Newsletter des articles et des videos ... pour continuer à voyager !

Comment faire une « bonne » photo de Paysage ?

Les Pyrénées en video

Le métier d'accompagnateur en montagne

Le Costa Rica, la destination qui rend serein !

LE LIEN: https://mail.yahoo.com/d/folders/1/messages/30320

Quand la montagne s'invite chez vous...

mail.jpg En cette période d'automne nous sommes habituellement ravis de pouvoir vous présenter notre tournée Camps de base sur le thème de la montagne.

Mais en 2020 les habitudes sont perturbées et nous devrons encore nous armer d'un peu de patience pour avoir le plaisir de vous retrouvez ainsi que pour sillonner les chemins du monde. Pour continuer à rêver aux beaux paysages de montagne, nous vous proposons cette semaine de (re)découvrir Les Rencontres Ciné Montagne de Grenoble. C’est LE rendez-vous incontournable des films de montagne au cœur des Alpes, cette année accessible dans toute la France grâce à la version numérique.

Ciné Montagne

*5 soirées de projections Gratuitement sur vos écrans Du 3 au 7 Novembre A partir de 20h30

Mardi 3 novembre : Ouvertures

Mercredi 4 novembre : Envie d'ici

Jeudi 5 novembre : Sur la route de la Soie

Vendredi 6 novembre : Figures en montagne

Samedi 7 novembre : Montagnes nomades

LE LIEN: https://mail.yahoo.com/d/folders/1/messages/30357

L’accès restreint à la nature pendant le confinement est néfaste pour la santé et injuste

Durée de lecture : 7 minutes -31 octobre 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Lors du premier confinement, l’interdiction d’accéder aux espaces naturels a été vivement contesté. Avec le reconfinement, les mêmes restrictions s’imposent, sans considération des bénéfices pour la santé des promenades dans la nature.

Avec le reconfinement commencé vendredi 30 octobre, la question de l’accès aux espaces naturels se pose à nouveau. Au printemps dernier, l’enjeu avait suscité de vifs débats dans la société française. Une pétition lancée sur Reporterre « pour un accès responsable à la nature » avait récolté plus de 160.000 signatures. De nombreux parlementaires, dont l’ancienne ministre de l’Environnement Delphine Batho, s’en étaient faits les défenseurs. Ils soulignaient que la privation de nature pouvait avoir des conséquences néfastes sur le moral et la santé des Français et qu’une promenade solitaire, en plein air, ne risquait en aucun cas de propager le virus.

Jeudi 29 octobre, au cours de sa conférence de presse, le Premier ministre, Jean Castex, a assuré que « les modalités et les contours de ce nouveau confinement ne seront pas ceux de mars ». Les parcs et les jardins resteront, en effet, ouverts. La population urbaine, habitant à proximité d’un espace vert pourra bénéficier d’un bol d’air et échapper, un temps, à l’enfermement dans des habitats parfois exigus et étouffants. Le Premier ministre a ajouté que « les forêts et les plages ne seront pas fermées ». Localement, les préfets ne pourront donc plus alimenter la surenchère qui avait frappé la France en mars dernier, où une vingtaine de départements avaient interdit l’accès aux bois, aux chemins de randonnée, aux pistes cyclables ou même aux berges de canaux.

Lors de son discours, Jean Castex a cependant rappelé que certaines règles restaient identiques. Pour pouvoir sortir, les Français doivent se munir d’une attestation. Ils ne peuvent pas dépasser pour leur loisir un rayon d’un kilomètre autour de leur domicile et une durée d’une heure. L’annonce a créé de nouvelles polémiques. À quoi bon ouvrir les forêts, les montagnes et les plages si c’est pour en limiter l’accès aux seuls riverains et avec autant de contraintes ? Qui sera véritablement concerné ?

« On continue à ouvrir les lieux scolaires qui sont potentiellement des foyers de contamination mais on interdit de s’éloigner à plus d’un kilomètre de chez soi »

« Encore une fois, le gouvernement est dans une forme de précipitation et d’improvisation. Comme il n’a pas suffisamment écouté le conseil scientifique sur le risque et l’ampleur d’une seconde vague, il privilégie des mesures simples et rapides mais dépourvues de logique sanitaire et inégalitaires », analyse Billy Fernandez. Ce guide de haute montagne est à l’initiative de la pétition publiée par Reporterre au printemps. « Nous sommes déçus et en colère, nos arguments n’ont pas été entendus, regrette-t-il. En cette période de pandémie, il serait pourtant logique de pouvoir se disperser dans les espaces de nature plutôt que de se concentrer dans les lieux à forte densité. » Dans une lettre écrite en début de semaine à Jean Castex, il demandait à l’exécutif « de tirer les leçons du confinement du mois de mars », et rappelait « les effets délétères d’un confinement sans sortie possible dans la nature », contribuant à augmenter les dépressions, la sédentarité et les comportements d’addiction. De nombreux scientifiques et médecins ont également démontré l’apport bénéfique d’un contact avec la nature pour renforcer notre système immunitaire, diminuer le stress et l’anxiété. Certains chercheurs affirment même qu’une dose quotidienne de nature peut prévenir et traiter de nombreux troubles médicaux.

« Il est surprenant que les lycées et leurs cantines soient ouverts mais qu’on n’ait pas le droit d’aller se balader dans la nature à plus d’un kilomètre de chez soi. Cela n’a pas de justification d’un point de vue sanitaire », argue l’alpiniste. « Le périmètre aurait pu être moins restrictif. À la campagne, cela n’a strictement aucun sens. Si on habite au centre d’un village, il vaut mieux pouvoir s’en éloigner à quelques kilomètres plutôt que de tous rester sur les trottoirs de la commune. »

Contacté par Reporterre, le philosophe Dominique Bourg ne comprend pas non plus cette logique : « À l’étranger, en Allemagne ou en Suisse, au contraire, on pousse les gens à sortir ! On les encourage à faire du sport sans limitation de distance. On les responsabilise. Les autorités leur demandent simplement de ne pas se promener à plus de cinq personnes et de ne pas faire d’activités dangereuses afin d’éviter de saturer les hôpitaux. »

Au cours des débats parlementaires sur la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, en mai dernier, le gouvernement a justifié ses mesures restrictives en disant ne pas vouloir créer « d’appel d’air » ni de « tentation ». Pour Olivier Veran, le ministre de la Santé, « il fallait à tout prix éviter la circulation du virus » et « réduire les activités non essentielles », « agir de manière simple ». Il reconnaissait aussi que, « même si la forêt de Fontainebleau était restée ouverte pendant la période de confinement, l’interdiction de se déplacer loin de son domicile avait empêché les gens d’y aller » . « Comment vais-je expliquer à un habitant d’un département rural de la Meuse qu’il sera confiné avec les mêmes restrictions qu’un Parisien ? »

Cette semaine, l’annonce d’un reconfinement avec la même règle du 1 kilomètre a suscité de l’émoi jusque dans l’hémicycle. Jeudi 29 octobre, Bertrand Pancher, le député de la Meuse, coprésident du groupe Libertés et territoires, a fustigé « le manque de concertation » du gouvernement et une politique avant tout pensée par des technocrates urbains :

Les élus locaux et les habitants n’en peuvent plus. Même sur les sujets qui concernent leur territoire, ils sont mis devant le fait accompli. Quand la machine administrative s’en mêle, on aboutit à des décisions que nos concitoyens ne peuvent pas comprendre ! Comment vais-je expliquer à un habitant d’un département rural de la Meuse qu’il sera confiné avec les mêmes restrictions qu’un Parisien, qu’il ne pourra pas aller ramasser les champignons alors qu’il a peu de chance de croiser quelqu’un ? Nous avons prôné une approche territorialisée mais cette demande est restée lettre morte. »

Le député Matthieu Orphelin a également regretté « une règle trop discriminante », soulignant l’inégal accès aux espaces naturels : tout le monde n’a pas la chance d’habiter au bord du littoral ou à la lisière des bois. Le choix de limiter les déplacements à un kilomètre risque de nourrir une forme d’injustice. Les habitants des quartiers populaires du nord de Marseille, par exemple, seront privés pendant un mois de la mer Méditerranée, tandis que les classes aisées profiteront de leur villa sur la Côte d’Azur. Les ouvriers bretons qui vivent majoritairement dans les terres continueront à travailler à l’usine ou dans le BTP pour faire tourner l’économie mais ils ne pourront pas profiter du littoral le week-end, contrairement aux riches retraités de Saint-Malo ou de Dinard dont les manoirs bordent la plage.

Billy Fernandez compte donc repartir à la bataille. « Nous allons relancer la pétition. Elle continue d’ailleurs de circuler. On a eu 4.000 signataires supplémentaires depuis les annonces du reconfinement, précise-t-il. Nous avons besoin de pouvoir respirer et de nous ressourcer dans la nature pour affronter cette période difficile. Il faut autoriser un accès encadré aux espaces naturels de proximité dans le strict respect des gestes barrière », dit-il.

Confinement pour tous… mais pas pour les chasseurs

841d4f18805a12261482243562e230.jpg Durée de lecture : 9 minutes 3 novembre 2020 / Gaspard d’Allens (Reporterre)

Par la puissance de leur lobbying, les chasseurs ont obtenu le privilège de pouvoir continuer à tuer durant le confinement. Au grand dam des écologistes et défenseurs de la faune sauvage, qui dénoncent l’absurdité et l’injustice de ce funeste passe-droit à la nature.

À la campagne, les fusils ne prendront pas la poussière. Malgré le confinement, les coups de feu vont à nouveau résonner dans les bois. Le week-end dernier, le puissant patron de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, s’est félicité d’avoir obtenu gain de cause, glorifiant son entregent au sein du gouvernement. Contrairement à la population générale, qui n’a droit qu’à un accès restreint à la nature, les chasseurs pourront obtenir des dérogations pour user de la gâchette et tirer sur la faune sauvage.

« Tout ceci ne s’est pas fait sans mal », a confié sur les réseaux sociaux le président des chasseurs avant de se réjouir : « Avec le soutien de nos amis agriculteurs, il va donc pouvoir s’ouvrir des possibilités de réguler certaines espèces dans un respect strict des gestes barrières liés au confinement ».

Le 1er novembre, la secrétaire d’État à la biodiversité, Bérangère Abba, a écrit une circulaire à l’attention des préfets. « Dans les plus brefs délais », au cours de cette semaine, ils devront réunir les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS) pour définir, en lien avec les acteurs locaux, des « objectifs de prélèvement ». « Nous nous devons d’éviter un accroissement des dégâts faits aux cultures, aux forêts et aux biens par une prolifération des populations de grand gibier comme les sangliers ou les chevreuils », a déclaré Bérangère Abba dans un communiqué.

Cette circulaire que Reporterre a pu se procurer précise que ces « prélèvements » [les « abattages », dans le vocabulaire commun] ne pourront être effectués que par des battues et du tir à l’affût, pas par l’organisation de chasse à courre. Willy Schraen regrette que « les chasseurs de gibiers d’eau n’aient pas été reconnus dans leur pratique essentielle de sentinelles sanitaires », mais pense qu’il pourra convaincre son ministère de tutelle. « Je vous invite à prendre une heure de détente cynégétique autour de chez vous »

Chose plus surprenante, il invite ses troupes, alors que le droit pour l’instant l’interdit, à prendre, dans le cadre des attestations prévues, « une heure de détente cynégétique à moins d’un kilomètre de chez soi ».

Bien que notre secrétaire d’État nous affirme que cela n’est pas autorisé, d’autres sources aussi importantes au sein de l’État nous valident la possibilité de prendre cette heure de détente cynégétique dans le cadre légal de la chasse en vigueur. Je vais donc me référer à cette deuxième approche parce que l’activité de nature qu’est la chasse ne peut être moindre que celle des autres. Je vous souhaite donc de prendre un bol d’air à proximité de votre maison et de respecter scrupuleusement la distanciation sociale. »

Encore faudrait-il que les chasseurs habitent tous à l’orée des bois et non pas en centre-bourg ou en ville… Car des arrêtés préfectoraux relatifs à la sécurité publique interdisent également à toute personne placée « à portée de fusil » ou à moins de 150 mètres de tirer en direction de certaines infrastructures comme les routes, les chemins publics et les habitations.

Les chasseurs sont empressés de reprendre les fusils. Contrairement au premier confinement, le second confinement intervient au cœur de leur saison de chasse, qui s’étend d’ordinaire de septembre à mars. « Le seul mois de novembre correspond au quart du prélèvement annuel de grands gibiers, souligne la fédération des chasseurs de la Somme. Si cette régulation n’est pas réalisée, les populations vont exploser en 2021 et les dégâts agricoles atteindront un niveau insupportable. L’impossibilité de chasser durant un mois remet en cause l’indemnisation des dégâts agricole par le monde de la chasse », ajoute-t-elle. La fédération demande déjà un « report de la fermeture au bois du lièvre et du faisan ».

Leur lobbying est intense. Willy Schraen affirme que le temps presse. « Rien que pour les sangliers, on doit en tuer 500.000 avant la fin de l’année, prévient-il. Vous imaginez les conséquences si on ne va pas à la chasse ! » Il semblerait que le patron des chasseurs ait gagné les arbitrages. La circulaire du ministère mentionne un chiffre identique et parle de « mission d’intérêt général ».

La situation serait même déjà « irrémédiable » pour le patron des chasseurs :« L’ajout d’une période de chasse complémentaire au-delà de la date de fermeture officielle ne permettra pas de rattraper le retard car les conditions d’exercice de la chasse sont nettement moins favorables au printemps qu’en automne et hiver », dit-il alors que la chasse n’a été arrêtée que depuis cinq jours.

« Profitez bien de ce dernier week-end sans chasse ! »

Au niveau local, les chasseurs se félicitent des futures consultations avec la préfecture. En Meurthe-et-Moselle, la fédération départementale a informé, dimanche, ses adhérents qu’elle avait « l’assurance » que « les battues allaient reprendre d’ici une semaine maximum ». Le répit pour la faune sera donc de courte durée. « Gardez-vous en pleine forme et profitez bien de ce dernier week-end sans chasse ! » avertissait par courriel le directeur départemental, Roméo Rieder.

D’ailleurs, les dérogations ne concerneront pas seulement le gros gibier mais aussi d’autres espèces classées « nuisibles », comme les renards et les pigeons ramiers. Mais cela ne leur suffit pas encore. Certains chasseurs demandent de pouvoir bénéficier d’une dérogation pour nourrir les appelants détenus dans des parcs hors domicile. D’autres exigent le remboursement de leur permis de chasse pour cette saison. « Il n’y aucune raison de le payer si nous sommes privés de notre loisir favori », déclarent-ils dans le magazine Chasse passion. 44083228934_22a2fba83f_k-01d0b.jpg

« Pour profiter de la nature pendant le confinement, faut-il devoir lui tirer dessus ? »

Chez les naturalistes, l’heure est à l’incompréhension et à la colère. « C’est une forme d’indécence, s’emporte le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain-Dubourg, contacté par Reporterre. Alors qu’à nouveau le drame du confinement s’installe en France, on voit les chasseurs négocier dans l’antichambre du pouvoir, dans les ministères et sûrement à l’Élysée, le droit à tirer toujours davantage. »

Les chiffres avancés par la circulaire sont en effet troublants. Le nombre de 500.000 sangliers correspond au nombre de sangliers tués chaque année au cours de toute la saison de chasse — de septembre à mars — et non pendant un mois. Pourquoi le ministère a-t-il repris le chiffrage des chasseurs dans sa circulaire ? Contacté par Reporterre, le ministère n’a pas donné suite à nos demandes de précision dans les délais impartis.

Pour Allain Bougrain-Dubourg, les justifications des chasseurs ne tiennent pas. « *Ils disent que c’est pour limiter les dégâts dans les cultures. Mais en réalité, ce sont des pompiers pyromanes**, dénonce-t-il :

Ce sont les chasseurs qui ont très mal géré les populations de sangliers et qui ont favorisé leur développement. Avant de sortir les armes, il faudrait commencer par arrêter l’agrainage, fermer tous les élevages de sangliers et arrêter d’importer des sangliers des pays de l’Est, qui pèsent plus lourd et se vendent mieux dans les chasses commerciales.

Les associations environnementales sont sur le pied de guerre

Chez les écologistes, on critique aussi « une différence de traitement parmi les usagers de la nature », « un privilège » octroyé par le pouvoir. « Finalement, ce sont les personnes armées et dangereuses qui ont le droit d’aller dehors », s’insurge Madline Rubin, la directrice de l’Aspas (Association pour la protection des animaux sauvages) :

Cela nous paraît complètement injuste. Pourquoi un vététiste ou un photographe animalier ne pourraient-ils, pas eux, se promener ? Pour profiter de la nature pendant le confinement, faut-il devoir lui tirer dessus ? Il est temps de séparer la chasse du gouvernement comme on a, il y a des années, séparé l’Église de l’État.

Pour l’instant, aucun naturaliste n’a reçu de dérogation pour aller dans des espaces naturels. L’occasion est pourtant « historique », juge Allain Bougrain-Dubourg. « Ce serait intéressant de profiter de ce répit pour voir comment des espèces fragiles comme le gibier d’eau se comportent et s’épanouit sans la chasse ».

Les associations environnementales sont sur le pied de guerre. Elles se disent prêtes à déposer des recours contre les arrêtés préfectoraux de dérogation. De son côté, Madline Rubin ne se fait guère d’illusions. Lors du premier confinement, déjà, 60 départements avaient pris des arrêtés de dérogation. Dans les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS), on compte en moyenne deux représentants d’associations écologistes pour une trentaine de membres. Ils sont marginalisés. « Je n’imagine pas un préfet résister aux chasseurs au niveau local, ils ont trop de pression. Seul le ministère aurait pu », dit-elle. Peine perdue.

Ces dérogations clivent la société française. Plusieurs pétitions circulent en ce moment et recueillent des dizaines de milliers de signatures. Pour Allain Bougrain-Dubourg, « les chasseurs sont en train de se tirer une balle dans le pied, l’opinion publique n’est plus dupe, il n’y a plus de rationalité, il n’y a qu’une excitation, un goût du sang- ».