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L'OEIL DES EXPLORATEURS

RÉSUMÉ

Parue dans Le Figaro Voyages, la série « L’œil des explorateurs » a donné la parole à 7 membres de la Société des explorateurs français durant cette période si étrange de confinement: qu’ils soient écrivain, voyageur, cinéaste, ou philosophe, tous des amoureux des grands espaces et tous épris de liberté, celle de penser comme de circuler.

À ces arpenteurs et témoins du monde, Stéphane Dugast a posé les mêmes questions sur la période actuelle

Des réflexions qu’ils ont partagé dans les colonnes du Figaro Voyages pendant cette période du confinement si étrange mais finalement si inspirante pour ceux que l’on appelle les « explorateurs ».

*Dans cette série j'ai retenu celles de trois explorateurs-écrivains qui sont parmi mes préférés :LINDA BORTOLETTO , ALEXANDRE POUSSIN et OLIVIER WEBER.

Vous les connaissez peut-être? Sinon découvrez-les ! Et lisez leurs aventures

Linda Bortoletto

38 ans, ex-officier de gendarmerie devenue écrivain et exploratrice.

«LA VIE EST IMPREVISIBLE»

LE FIGARO - Qu'est-ce qu'être explorateur aujourd'hui selon vous ? C'est défendre quelles valeurs ?

« C'est vivre une histoire d'amour avec l'Univers ! C'est se jeter contre lui, éprouver le désir d'en découvrir les replis, les mystères, se laisser guider par ce qu'il nous murmure. C'est admettre qu'il existe encore et toujours une part d'inconnu, avoir une curiosité à toute épreuve, et porter un regard émerveillé sur des terres méconnues, d'autres traditions, d'autres cultures, sur les mystères du visible et de l'invisible. Enfin, c'est un aller et retour perpétuel entre soi et le monde, ce qui permet à l'exploration de devenir intérieure. En cela, l'exploration est sans fin. C'est défendre les véritables richesses de la vie : la beauté et la diversité.

Où et quand est survenu le déclic qui a lancé votre carrière d'exploratrice ?

Le déclic, je l'ai eu lors de la mort de mon père. C'était il y a 10 ans. J'avais 28 ans et j'étais engagée dans une carrière d'officier dans la gendarmerie. Ce jour-là, mes repères se sont effondrés et mes œillères sont tombées. Face à la mort, j'ai vu la vie telle qu'elle était : fragile. Le temps nous était compté, à tous. Notre devoir était de ne pas laisser filer nos rêves, de nous accrocher à nos désirs et de marcher sur nos propres chemins.

Je me suis alors ouverte à ce que j'étouffais depuis des années : mon désir d'ailleurs, d'aventure, d'inconnu. Un désir d'absolu. Un désir de vie. J'ai tout quitté. Et je me suis lancée. J'ai alors cessé ma carrière toute tracée d'officier pour vivre l'impossible et mener des expéditions qui me ressemblent : au-delà de toutes frontières.

Au Kamtchatka, j'ai vécu 6 mois avec des nomades éleveurs de rennes. Un voyage entre nature sauvage et chamanisme. En Alaska, j'ai parcouru 1200 kilomètres à bicyclette à l'aube de l'hiver. Au Zanskar, j'ai vécu un an avec des nonnes bouddhistes à 4500 mètres d'altitude, où je me forme à la méditation et au bouddhisme. Au Kirghizistan, j'ai alterné 800 kilomètres de course à pied et 800 kilomètres de vélo. Une aventure sportive à la rencontre des nomades.

Au Tibet oriental, j'ai parcouru pendant plus de 3 mois 3500 kilomètres à vélo à plus de 4000 mètres d'altitude, à la source du bouddhisme tibétain.

En France, un été j'ai couru 35 marathons en 2 mois pour transmettre un message : « osons ! » Enfin, plus récemment en Israël, j'ai traversé le pays pendant plus de 2 mois à pied sur plus de 1 000 kilomètres. Une quête spirituelle le long du « Chemin des Anges ».

Comme exploratrice, comment appréhendez-vous finalement le terrain, ses contraintes, les changements, et notamment les dangers ?

J'appréhende le terrain comme un livre que je m'apprête à ouvrir, avec son lot de surprises, de rebondissements, d'enseignements. Il faut prendre le temps de s'y plonger et en apprécier chaque instant, chaque relief, chaque nuance. Concernant les contraintes, les risques, inhérents à l'exploration, je m'y prépare en amont, mentalement et physiquement. Ceci étant, il y a toujours une part d'inconnu - et c'est précisément le charme de l'exploration - qui nécessite alors deux postures de la volonté : s'adapter et accepter.

Il est essentiel d'avoir conscience que quoi qu’il en soit, la vie est imprévisible. D'où l'importance de l'acceptation, de prendre de la hauteur en cas de problème pour analyser les choses avec un autre regard, plus posé, plus sage. Au fil des années, j'ai également aiguisé un merveilleux outil qui me guide face au grand inconnu : mon intuition. C'est essentiel de s'y fier, voire vital dans certaines situations.

En mode confiné et dégradé, quels sont vos conseils d'exploratrice pour bien et mieux vivre le changement ?

Bien entendu, plusieurs conseils me viennent en tête, comme organiser et planifier ses journées, afin de gérer au mieux vie professionnelle, vie scolaire, et vie personnelle dans un espace restreint. Maintenir le mouvement du corps, que ce soit par des séances de musculation, de cardio, de danse, ou de yoga, afin de se défouler, mais aussi de libérer son esprit des angoisses, du trop-plein d'informations, et d'éprouver du plaisir, de la joie, un élément essentiel pour continuer de vivre ! Mais mon meilleur conseil serait probablement de lâcher prise et d'accepter. Accepter l'incertitude, la contrainte, le risque. Accepter que cette épreuve porte un sens en elle-même et puisse ainsi devenir une opportunité, celle d'observer ses choix, sa vie, de se demander ce que peut-être nous souhaitons changer.

La méditation est ma meilleure alliée pour cela, la méditation sur le souffle, sur l'amour et la compassion, la méditation de pleine conscience. Elle permet de faire le vide en soi, d'accéder à davantage de calme, de clarté, et de libérer de l'espace intérieur. Or, puisque notre espace extérieur se rétrécit soudainement, n'est-il pas temps de se tourner vers notre espace intérieur ? C'est pour moi la plus belle des explorations.

Dans cette période de repli, quels sont vos livres ou films de référence en lien avec le monde de l'aventure, que nous conseillez-vous pour nous évader ?

Côté livre, je vous conseille Éloge des voyages insensés de Vassili Golovanov. Ce récit envoûtant prend place sur une île au bout du bout du monde, l'île polaire de Kolgouev. C'est autant une aventure extérieure qu'intérieure, une réflexion pleine de poésie sur la liberté, sur le temps, l'espace, sur l'amour, sur l'humanité. Dans ce récit, le réel se mêle à l'imaginaire, au rêve. Une magnifique évasion qui m'a accompagnée lors de ma toute première aventure, au Kamchatka.

Côté film, c'est Sept ans au Tibet, de Jean-Jacques Annaud, une référence dans le registre de l'aventure. Tout d'abord, il y a la beauté des paysages, puisqu'il prend place au Tibet, au cœur de l'Himalaya. Ensuite, il y a l'histoire de cet alpiniste autrichien égocentré, qui peu à peu, au contact du jeune Dalaï-lama, va apprendre à ouvrir son cœur, son âme. Et enfin, ce film nous révèle le triste refrain de l'humanité : le désir de conquête, de contrôle, à travers l'invasion du Tibet par la Chine

À lire

Le chemin des anges – Ma traversée d'Israël à pied de Linda Bortoletto, éditions Payot, collection Voyageurs, 240 pages – 18 €.

Là où je continuerai d'être de Linda Bortoletto, Le Passeur éditeur, 286 pages, 9,75 €.

Alexandre Poussin

50 ans, explorateur, réalisateur, conférencier et écrivain-voyageur.

«L'EXPLORATION, C'EST UN REGARD SUR LE MONDE REEL»

LE FIGARO - Qu'est-ce qu'être explorateur aujourd'hui selon vous ?

Alexandre Poussin - C'est, en toutes choses dépasser sa zone de confiance, sa zone de confort et sa sphère de connaissances. C'est se remettre en cause en permanence afin, comme le poète, de plonger au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau. Quant à moi, c'est voyager différemment, porter un regard plus lent et plus profond, plus interactif aussi sur les phénomènes que j'observe. Donc c'est un état d'esprit, un regard sur le monde réel, et une curiosité qui ne peut s'étancher que par l'action.

Où et quand est survenu le déclic qui a lancé votre « carrière » d'explorateur ?

Difficile de trouver le déclic originel d'une vie d'explorateur. Ce n'est ni un métier ni une carrière, c'est plutôt un mode de vie, un regard sur le monde. Pour moi, les premiers signes viennent du Québec où j'ai grandi et contracté l'amour des grands espaces et de la solitude dans la nature, puis il y a eu le scoutisme et ses divers camps et raids, notamment un certain raid Woodcraft qui se fait en solitaire, et qui a enfoncé le clou.

Enfin, il y a eu la traversée de la France, seul à bicyclette, à 16 ans, qui m'a donné envie de faire le tour du monde ! Idée confirmée par la lecture du livre d'Alain Guigny, La terre sur deux roues, quand j'étais à Sciences Po, j'en ai parlé à Sylvain (Tesson) et hop ! On était partis ! Donc c'est une vocation qui se découvre peu à peu, à la fois par élimination du reste et de ce qu'on est sûr de ne pas vouloir faire, et parce que c'est ce qui me rend heureux. Je m'y sens pleinement vivant. Ce qui n'est pas obligatoire ni universel !

Partir prendre des risques, se priver de tout, dormir par terre, ne pas savoir où l'on dormira le soir même, ce que l'on mangera est une source d'angoisse absolue pour la majorité de nos semblables, c'est plutôt ce qui motive l'explorateur, même si ce ne sont pas des fins en soi, ce sont des « inconvénients considérés positivement » pour reprendre la définition de l'aventure par Chesterton. La finalité étant la découverte de soi, des autres et du monde. Le programme est vaste !

Comme explorateur, comment appréhendez-vous finalement le terrain, ses dangers et le changement ?

Le terrain, je m'y sens chez moi. Quel qu'il soit. Mer, désert, montagne, neige, jungle. Il ne m'est pas étranger. J'y retrouve très vite mes réflexes et mes sensations. Il faut juste avoir l'équipement adéquat, ne pas être pressé, accepter de se priver et de souffrir un peu. Refuser la pression des autres. Laisser venir à soi le jour qui vient et dépasser les épreuves. Le terrain ne ment pas. Il est la nature. Il faut s'y réadapter. S'il est traître c'est qu'il recèle des pièges que nous n'avons pas déjoués. Chaque milieu à ses règles. L'explorateur apprend à être tout à la fois commando, sportif de haut niveau, ascète, encyclopédiste, géographe, botaniste, zoologue, ornithologue, anthropologue, ethnologue, sociologue, économiste, politologue, bref, il tente de devenir un « honnête homme », le programme d'une vie.

En mode confiné et dégradé, quels sont vos conseils d'explorateur pour bien et mieux vivre le changement ?

Il n'y a pas de vie sans cellule. L'ADN est confiné dans sa cellule. La véritable liberté est intérieure elle n'est pas dans le mouvement. Pourvu que l'immobilité soit choisie. Quand elle est contrainte, Il faut savoir qu'elle ne sera pas éternelle et en tirer profit. Ce qui aide c'est de se fixer une routine et s'y tenir. C'est à la fois mental et pratique. Il faut du rythme. Alterner exercices physiques, intellectuels et contemplatifs.

Je me lève à 5h30 quitte à faire une petite sieste plus tard. Je suis en rééducation d'un ligament croisé, alors ça tombe bien pour l'exercice. Un peu de jardin, un peu de lecture, beaucoup d'écriture, une tournée d'inspection de la maison, les devoirs des enfants, et les tâches ménagères. Pas une seconde de battement !

Surtout il faut éviter de se faire piéger par les écrans, et les mauvaises nouvelles du monde sur lequel vous n'aurez pas de prise. S'en tenir au minimum. Sinon c'est crise d'angoisse et fièvre « obsidionale » garantie ! Pour moi en fait, ce confinement ne change pas grand-chose car je déteste gesticuler, perdre mon temps dans les déplacements, et par-dessus tout être coincé dans les embouteillages.

Je ne me sens pas plus confiné qu'un moine dans son monastère car je suis à l'écriture de nos quatre ans d'évasion à Madagascar, alors je suis fort occupé avec mes souvenirs et l'exercice de restitution afin de pouvoir partager notre expérience de ce pays, et peut-être de donner envie à d'autres d'aller s'y engager dans la défense de l'environnement ou la coopération.

Dans cette période de repli, quels sont vos conseils lecture et film en lien avec le monde de l'aventure pour s'évader ?

J'ai relu récemment Africa Trek et Marche Avant pour me remettre dans le bain de l'écriture. Et j'ai adoré ! (Rires !) J'avais un peu perdu confiance en moi, à force d'être dans l'action ou dans la représentation. Ce confinement m'a aidé à replonger dans l'indispensable réflexion et la vitale restitution.

Et en plus de livres d'histoire ou d'ouvrages de documentation sur Madagascar, j'ai relu trois livres qui m'aident à réfléchir le monde de demain : Mal de Terre d'Hubert Reeves et Frédéric Lenoir, Le plein s'il vous plaît ! de Jean-Marc Jeancovici et Alain Grandjean, et L'humanité disparaitra, bon débarras ! d'Yves Paccalet. Hilarant et grave à la fois.

Je m'intéresse aussi aux modèles de décroissance raisonnée. Je conseille vivement la lecture de la somme Vivre avec la Terre en trois volumes de nos amis Charles et Perrine Hervé-Gruyer de la ferme du Bec Hellouin, qui donnent vraiment un mode d'emploi pratique sur le monde et le rapport à la terre qu'il faut réinventer. Bref, je profite de ce confinement pour me préparer à la plus fabuleuse des aventures : l'avenir !

À lire

Marche Avant d'Alexandre Poussin, éditions Pocket, 480 pages, 7,95 €.

Africa trek - tome 1. Du Cap au Kilimandjaro de Sonia et Alexandre Poussin, éditions Pocket, 576 pages, 7,95 €.

Africa Trek - tome 2. Du Kilimandjaro au lac de Tibériade de Sonia et Alexandre Poussin, éditions Pocket, 768 pages - 7,95 €.

Olivier Weber

61 ans, écrivain-baroudeur, diplomate et grand reporter, lauréat de nombreuses récompenses, dont les prix Joseph Kessel et Albert Londres.

«IL RESTE TANT A DECOUVRIR»

LE FIGARO - Qu'est-ce qu'être explorateur aujourd'hui selon vous ?

Olivier Weber - Bien que je voyage toujours beaucoup, je me sens davantage aujourd'hui écrivain ou écrivain-voyageur. Ce qui m'intéresse surtout, c'est l'aventure ou l'exploration humaine. Humaine dans le sens de la rencontre et de la découverte d'autres sociétés, que ce soit par le roman, le récit, l'essai ou même le documentaire. Explorer le monde veut dire repousser les frontières et elles sont aussi ethnologiques.

Il reste encore tant à découvrir. L'écriture en ce sens est une formidable aventure humaine, par la fiction ou le témoignage. Pour ma part, j'ai été reporter de guerre pendant vingt ans sur plusieurs continents, tout en écrivant des livres, de l'Afghanistan qui m'a tant marqué à l'Amérique du Sud, de la Corne de l'Afrique à l'Irak et au Kurdistan. Le rapport au réel transfiguré par la fiction permet aussi une interprétation du monde, non-fini par essence.

Où et quand est survenu le déclic qui a lancé votre carrière d'écrivain-voyageur au long cours ?

Cela remonte à très loin ! Les premières lectures enfant, de Cervantès, Goethe, Kessel et Jack London. La vie en montagne adolescent où l'isolement vous pousse à vous inventer une vie et d'autres paysages. Puis l'aventure très tôt, à vingt ans, en Afrique, au Moyen-Orient, au Yémen, au Sahara. Et jusqu'en Himalaya à plusieurs reprises, et d'où je reviens pour une expédition parrainée par la SEF (1), un documentaire et un essai ethnologique dans la collection Terre humaine - une expérience étrange en fait car il s'agissait d'un confinement volontaire, à haute altitude, après un terrible accident qui m'a cloué deux mois dans un lit, pour un confinement forcé quant à lui.

Mes voyages en tant que grand reporter dans une vingtaine de conflits et zones de guerre, puis ambassadeur de France itinérant, avec une trentaine de missions aux quatre coins du monde, réalisateur de documentaires, ethnologue, humanitaire ou aventurier procèdent de la même vision du monde, témoigner et tenter de le réenchanter.

En tant qu'écrivain-voyageur et aventurier, comment appréhendez-vous le terrain, ses contraintes, les dangers et in fine le changement ?

Le monde se rétrécit de plus en plus. L’ultra-mondialisation existe, le village planétaire, non ! Le coronavirus nous montre aussi le besoin de frontières. Faut-il plaider pour autant le repli autarcique? Non, mais notre manière de voyager va changer, et tant mieux là encore. Je suis rentré juste à temps avant le confinement d'un long voyage en Syrie et auprès des combattants kurdes, dont je soutiens la cause depuis vingt ans, pour un essai à paraître. Eux, les Kurdes, vivent un double confinement, et un fléau bactériologique s'ajoute à la guerre.

Mais là-bas comme dans d'autres conflits un formidable élan d'idéal demeure. C'est cela aussi, l'espérance. Et l'espérance est l'une des clés de l'existence. La pandémie doit nous inciter à engendrer une autre forme de société, fondée sur l'altruisme et l'empathie.

En mode confiné et dégradé, quels sont vos conseils d'écrivain-voyageur et aventurier pour bien et mieux vivre le changement ?

Je me garderai bien de donner des conseils car chaque expérience est différente, mais des constantes apparaissent. Le coronavirus bouleverse notre rapport au monde. Nous assistons à un étonnant paradoxe avec cette remise en question violente de la mondialisation : nous vivons à la fois un besoin de se centrer sur nous-même et la prise de conscience que nous appartenons à une chaîne humaine, qui est celle de la fraternité. Nous apprenons à la fois ce que sont la vulnérabilité et le devoir d'humilité. C'est un rejet, aussi, de la part maudite de la mondialisation et de l'hyper nombrilisme qui en découle. Une communauté de destin est apparue, de Garges-lès-Gonesse à Calcutta. Je suis émerveillé de voir tous ces élans de compassion vraie autour de moi et ailleurs dans le monde. J'espère qu'au-delà du drame vécu, le monde continuera à verser dans la générosité et l'altruisme davantage que dans le conflit. Cette métamorphose est très romanesque ! Le repli sur soi, même forcé - « faire retraite » comme on dit dans les monastères - doit nous permettre de mieux voir en nous, individuellement et en tant que membre actif d'une compagnie, celle de l'humanité. Et le repos contraint peut engendrer d'autres mouvements.

« Voyager, c'est s'attacher puis s'arracher », disait Nicolas Bouvier. Là, il nous faut nous rattacher, nous réenraciner. Or le voyage intérieur est l'un des plus beaux qui soient, même s'il n'est guère facile, mais en tout accessible à tous, par définition. L'isolement doit nous permettre, même si c'est un exercice douloureux au départ, de voir d'autres paysages, d'humanité, de bienveillance, voire de spiritualité, fût-elle laïque. De réapprendre notre rapport à la vie, à la nature, au temps, trop vite consommé, que l'on croit avoir maîtrisé et qui se joue en fait de nous. Le rêve et l'utopie après tout sont les fondements de l'aventure ! En un mot, «que l'on soit en confinement ou de retour du Grand Dehors», comme disait Stevenson, le retour sur soi est aussi source de sagesse, avec le réapprentissage du temps long et la considération de l'autre. Du confinement aux confins inconnus, il n'y a qu'un pas.

Dans cette période de repli, quels sont vos conseils lecture et film en lien avec le monde de l'aventure pour s'évader ?

Le livre est un ami en situation de tragédie et de bonheur aussi. Puisque nous subissons la première, passons au second. La solitude volontaire ou obligée nous replace dans le lien de la fraternité, avec résilience. Lisons, c'est une aventure à bon marché ! Je recommande à hautes doses Don Quichotte du génial Cervantès, Typon du solitaire Conrad, ce voyageur de l'inquiétude, et La Nuit sera calme du visionnaire Romain Gary, hilarant, fulgurant. Fidèle compagnon de l'âme même en terre d'anxiété, le livre est un passeport pour un pays merveilleux, un eldorado du rêve et qui demeure, lui, sans frontières.

A lire

L'Arrière-pays d'Olivier Weber aux éditions Calmann-Lévy. Parution en août 2020.

AUTOPSIE D’UN DÉSASTRE

2 janvier 2021

Extrait du blog d' Axel KHAN

Au second jour de l’année, mes amis, les défis et incertitudes épidémiques de la Covid sont tels que les stratégies à mettre en œuvre sont des plus délicates.

Les données objectives sont les suivantes : La flambée épidémique aux ÉU et, plus près de nous, en GB est impressionnante. Elle est l’un des scénarios qui nous attend, avec remplacement des virus circulants depuis février 2020 par des mutants plus infectieux, notamment ceux caractérisés en Angleterre et en Afrique du Sud.

Cette émergence de mutants sélectionnés sur l’avantage sélectif que leur confère une plus grande infectiosité est inéluctable, elle est facilitée par l’indigence des politiques qui, pour des raisons économiques compréhensibles, ont cherché à « vivre avec le virus », « pas si virulent que ça. »

Bien entendu, plus le virus circule, plus nombreux sont les mutants aléatoires dont certains seront avantagés. La Chine nous a envoyé le SARS-CoV-2. En revanche, ce n’est pas chez elle, ni en Corée, Japon, Taïwan, Australie, Nouvelle Zélande… qu’apparaîtront les nouveaux mutants, leur politique constante a été de viser l’éradication du virus, avec succès pour la Chine.

La GB dans une situation terrible fait le pari de ne pas faire 3 semaines après la première injection le rappel nécessaire à une protection optimale. Ses scientifiques sacrifient la qualité de l’immunisation chez N personnes pour protéger moins bien 2 N personnes. Je ne sais s’ils ont raison mais leur suis solidaire dans la tourmente.

La même situation nous menace. Mais la France n’ayant utilisé que 400 du million de doses de vaccin qu’elle a reçues n’en est pas là !

Comment expliquer un tel désastre de démarrage ?

La raison principale en est la lourdeur administrative et la rigidité procédurale des corps de l’État, notamment dans le domaine sanitaire.

Ainsi l’HAS doit statutairement proposer la stratégie vaccinale. Elle applique les règles dont elle n’est pas même capable de penser l’adaptation aux circonstances. Il faut prioriser les personnes fragiles, allons pour les EHPAD. Il faut évidemment respecter la règle du consentement, prendre toutes ses précautions, encadrer dans les EHPAD la vaccination de consultations espacées : la procédure dure 5 jours. Pas question de déplacer les anciens, on ira à eux. Et les soignants ? S’ils sont jeunes, ils ne sont pas à risque. Besogneuse, l’HAS fait son job sans aucune vision dynamique de santé publique ni clause d’adaptation à l’évolution épidémique. À la DGS, au Ministère, on applique sans plus de vision le plan de l’HAS.

Qui soignera les personnes malades si les soignants ne sont pas protégés et si la tension hospitalière devient chez nous aussi forte qu’en GB ? La procédure mise en place est d’une incroyable lenteur ? Oui mais si conforme aux règles !

Et puis cerise sur le gâteau, la politique de communication. Le gouvernement est obsédé par les gilets jaunes, de fait dans leur masse anti-vaccin. Il se méfie : « Évitons de leur donner de quoi prospérer, allons-y mollo ! » Le Monsieur vaccin en tête, on y va alors comme à regret. Le remarquable scientifique Alain Fischer, un ami cher, ici à contre emploi, dit dans sa 1ère intervention non ce qu’il faut espérer mais toutes les questions qu’il se pose. Les autorités annoncent très fières les sites où déclarer les effets indésirables, se déclarent prêtes à interrompre la campagne si nécessaire…Mais l’espoir du vaccin, la voie qu’il trace, l’extraordinaire aventure scientifique qu’il représente ? Presque rien. Moi-même, écoutant cela, j’ai été à me poser des questions ! (private joke).

L’erreur psychologique est inouïe ! Les anti-masques, anti-confinement, anti-seconde vague, négationniste de la réalité de l’épidémie, réseaux gilets jaunes et complotistes ont jubilé : « Voyez, ils ont la trouille, eux-mêmes n’y croient pas ! » Et les hésitant ont commencé de basculer en masse dans le refus. « S’ils font tant d’histoires, c’est qu’il y a un loup, une meute, même ! » Après 15 jours de cette brillante communication, on était passé de 55% de personnes disposées à se faire vacciner à 40% !

Cet épisode devra dans le futur être enseigné dans les écoles de l’administration comme l’exemple de ce dont il conviendrait à tout prix de se préserver.

Bon, tentons de réparer le désastre. Errare humanun est sed perseverare diabolicum…

Axel Kahn qui en a tant vu mais là, chapeau !

ITINERAIRE D'UN CONFINE -5

DES BERGES DU SALAGOU AU PLATEAU DE L'AUVERNE

Ainsi se termine par un beau dimanche ensoleillé ce deuxième confinement morose

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Une splendide balade en rouge et noir qui commence en cheminant sur fond de ruffes, au milieu des joncs et des roseaux , en suivant les berges ravinées du lac du Salagou . La balade se poursuit sur le plateau basaltique de l’Auverne où se dresse une des plus belles capitelles de la région au milieu des vignes. Tout autour le regard se porte sur les blanches crêtes du mont Saint Baudille d’un côté et sur celles du mont Liausson de l’autre qui domine le lac.

Une boucle de 13.8km, pour une randonnée de 3h15 et un dénivelé de 165m Randonnée familiale

Au départ du grand parking des Vailhès (côté nord du lac).

La première partie de la boucle se fait en suivant le balisage PR du bord du lac , tantôt montant , tantôt descendant au gré des croupes de ruffes. Une première halte s’impose à la chapelle N-D des Clans (XIVe-XVe) et sa belle croix de pierre daté de 1760. Un peu plus loin vous passerez devant « la baraque du facteur » une capitelle tout en basalte en bordure du chemin du facteur au bord du ruisseau du Salagou, du temps où le lac n’existait pas. Bientôt , à proximité d’une « échancrure côtière » après une petite grimpette vous remonterez sur la large piste forestière qui mène vers les hameaux de Lalo et Mas Audran.

Au passage , observez de belles orgues basaltiques et profitez d’une belle vue sur le barrage du lac du Salagou.

Trente minutes de marche pour atteindre le point haut sur la piste côté 226m. C’est là que vous obliquez à gauche pour parvenir sur le plateau de l’Auverne. Très vite vous apercevrez la grande capitelle qui vous servira de phare pour « naviguer » parmi les parcelles de vignes. Une piste évidente vous ramènera plein ouest vers le hameau des Vailhès que vous atteindrez par une petite descente sur une belle piste à partir de la côte 301. Aujourd’hui les Vailhès se tournent vers le lac . Vous traverserez ce beau hameau aux coins de baignade superbes pour rejoindre le parking.

Découverte en quelques photos de saison

COULEUR SALAGOU

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ITINERAIRE D'UN CONFINE -4

C'est l'avant dernier itinéraire d'un confiné , dès le 15 décembre , nous pourrons aller marcher au delà des limites de 20km et 3h de marche !

**###DES BERGES DU SALAGOU AU VILLAGE ROUGE DU PUECH###

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Rouge et noir sera le chemin. Une splendide randonnée de découverte qui contient toutes les composantes de ce qui fait ce paysage, si particulier du Lodévois : les criques dentelées du Salagou, les canyons des ruffes, les chemins noirs du basalte des plateaux, l’harmonie des pierres et des couleurs, un remarquable patrimoine (draille à mouton, antiques enclos de pierre, dolmen, capitelles, mazet, église, chapelle et villages pittoresques, etc..)

Une boucle de 15km, pour une randonnée de 4h et un dénivelé de 380m. Pour bons randonneurs

Au départ du village de Celles

On suivra au plus près les rives du Salagou jusqu’au Vailhès.

**S//ur le grand parking, emprunter la piste VTT qui fait le tour du Salagou pour rejoindre la D148 à proximité du lieu-dit La Grande Baraque. Une petite sente mène au pont de Rabejac. Traverser le ruisseau le Roubieu et rejoindre le petit hameau de Rabejac. Vous êtes sur un PR. Balisage jaune à suivre pour rejoindre Le Puech. : l’ itinéraire en crête est beau et offre une superbe vue sur la vallée de la Lergue. Traverser Les Hémies .Faites une pause à la petite chapelle Saint-Christol , récemment restaurée, le lieu est paisible. .Flânez dans le village rouge du Puech avant de reprendre la boucle en suivant toujours le balisage PR jaune.

Quittez rapidement sur la gauche la petite route qui dessert Lavalette et Villecun pour retrouver l’entrée d’un petit chemin marqué par un panneau « Dolmen ». La sente s’élève dans les bois pour arriver au point culminant de la balade sur le plateau du Cayrou et son petit dolmen et nous emmène sur son bord. Vue splendide sur le lac du Salagou , notre destination finale. Belle descente dans les Ruffes pour rejoindre la route du Mas Delon.

Attention, au bout de 250m environ sur la route , il faut quitter le PR , pour s’engager à gauche sur une piste VTT(n°9) , elle permet de rejoindre à nouveau la D148. Quelques pas au-dessus de la route et l’on retrouve la piste VTT du grand tour du Salagou qui nous ramène à Celles.

Découverte en quelques photos de saison

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ITINERAIRE D'UN CONFINE -3

Encore quelques jours à tenir avant d'être libérés des contraintes du confinement et de l'attestation de déplacement. Mais il y a du mieux : on peut s'échapper à 20km de son domcile et marcher 3h Je vous emmène sur :

LA MONTAGNE DE LA BOUTINE

son neck volcanique au pied de la dalle de la Lieude, le castellas de Mérifons symbolise à lui tout seul ce qui fait l’attrait de cette balade , l’histoire et la géologie. Après les ruffes toujours spectaculaires vous découvrirez une antique chapelle, un vrai petit col de montagne, les ruines fantomatiques d'un château et les exceptionnelles traces fossiles de pas de reptiles laissées, ici, dans la plaine marécageuse il y a 260Ma.

Une boucle de 11km, pour une randonnée de 3h et un dénivelé de 350m Randonnée familiale

Au départ du hameau de Malavieille (Parking des randonneurs).

C’est sur une piste asphaltée DFCI, balisée VTT8 – jaune, que commence la balade. Vous partez vers les Pradels. Rapidement on quitte l’asphalte pour s’engager sur une belle piste rouge de ruffes. Laissez sur votre droite un village de yourte, le chemin oblique vers la gauche, passe devant un superbe « rafalodrome » ( !) et s’engage franchement dans le vallon du Lignous. Au bord du ruisseau, parmi les chênes blancs centenaires, vous apercevez les ruines de la chapelle St Fulcran. Le site est superbe.

Juste après , délaissez la piste pour partir tout droit sur un chemin qui serpente dans le talweg, en s’élevant au-dessus des gorges du Lignous parmi les terres rouges. Le sentier est très raviné par les pluies , caillouteux , difficile pour des VTTistes moyens …mais superbe pour des marcheurs : chemin séculaire, témoin d’une activité agricole et pastorale ancienne,.bordé de murets de basalte, jonché de pierres noires rongées par le lichen, et recoupant de belles strates de ruffes.

Le hameau de Pradels et ses belles maisons en pierres noires, se découvre posé sur une « lentille » basaltique. Après le hameau, on continue à monter par une piste cimentée qui s’ouvre sur le vallon du Rieupeyre dominé par la Roque Longue où se découvre sur son piton rocheux les ruines du Castelas ! Au bout d’un kilomètre , on atteint un col offrant –dans le vent- un superbe panorama.

En arrière plan le Caroux ! A nos pieds, les « ruffes » , la haute vallée du Salagou, fermée par le col de la Merquière. Devant nous le petit village de Brenas et le flanc oriental du plateau de l’Escandorgue. A notre gauche, le vallon du Rieu Peyre taillé dans les terres rouges dominé par la belle crête blanche de la Roque Longue. Derrière nous la montagne de la Boutine (421m) que nous venons de contourner.

Nous n’irons pas jusqu’à Brenas, mais peu après le col, nous atteignons une bifurcation pour nous engager sur le chemin de crête de la Roque Longue qui va nous conduire au Castelas. Après le basalte, voici les calcaires « déposés » sur les ruffes ! Au passage, nous sommes au point culminant de notre balade (430m sur mon GPS !) . Nous entamons notre descente, le chemin se fait sentier, on contourne un champ pour arriver devant la muraille du Castelas qui se dresse devant nous sur son neck basaltique.Pan de mur, vestige du donjon du château (XIIème ou même antérieur ) récemment restauré. C’est un « couloir-cheminée » taillé dans le piton rocheux qui va nous permettre d’ atteindre la plate-forme sommitale du château

Cette fois-ci notre regard se portera sur la montagne de Liausson , le mont Mars et à nos pieds le site paléontologique de la Lieude.

Nous quittons le Castelas. Nous traversons quelques vestiges des murs d’enceinte avant de nous engager dans un sente abrupte qui plonge vers la Lieude. Nous retrouvons notre ruffe -encombrée de blocs de basalte et de conglomérats- dessinant sur notre flanc gauche de belles figures d’érosion de « bad-lands » !

Ce site paléontologique unique recouvert d’un hangar protège une dalle inclinée sur laquelle on peut observé des empreintes ! Vingt pistes fossilisées laissées ici par des reptiles venant s ‘abreuver dans une plaine marécageuse en bordure de lac il y a 265 millions d’A . Près de mille empreintes de pas ont été ici dégagé par les paléontologues, la plus part, appartenant à des reptiles mammaliens. Un trésor , au cœur de la Pangée permienne, un site unique en Europe.

Notre balade peut s’arrêter là sur ce site remarquable. Pour rejoindre notre point de départ , il suffit de suivre la départementale (1,8km). Nous passerons devant la ferme de Mérifons et l’église Saint-Pierre(XIè-XIIè) aux belles pierres polychromes.

*Pour en faire plus plus , nous pouvons à partir de la ferme de la Lieude, poursuivre notre boucle balisé en jaune , rive droite de la vallée du Salagou, 4,7km de piste et de route à travers les vignes, en passant Villetelle, puis le Mas Canet et Malavieille.

LA BALADE EN QUELQUES PHOTOS DE SAISON

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JAURÈS, NAISSANCE D'UN GÉANT

Il y a une centaine d'années, le 22 avril 1905, naissait la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière), transformée depuis en Parti socialiste. Jean Jaurès, qui en fut un de ses fondateurs jusqu'à son assassinat, en 1914, demeure encore, un siècle plus tard, le dirigeant qui a le plus marqué le mouvement socialiste.

Pourtant, rien ne le prédestinait à devenir un mythe de la classe ouvrière. Né en 1859 à Castres (Tarn), dans une famille aisée, Jaurès partage sa vie entre Paris et le Tarn, où il préfère lire Homère en latin et traduire de l'allemand les textes de Karl Marx et de Hegel. Chroniqueur à La Dépêche, le quotidien radical du Sud-Ouest, et docteur en philosophie, il est connu d'un petit milieu de républicains modérés avec qui il a siégé un temps, en 1885, sur les bancs de l'Assemblée nationale. C'est à l'époque le plus jeune député de France.

TRIBUN HORS PAIR

En 1892, son destin bascule. Battu aux législatives de 1888, il se voit promettre par Jules Ferry un grand avenir national s'il se représente aux élections sous les couleurs républicaines. Jaurès refuse. Cette année-là, il préfère s'engager aux côtés des 2 000 mineurs et verriers de Carmaux, en grève contre les méthodes autoritaires du marquis de Solages, propriétaire de la mine et homme fort de la droite tarnaise.

En quelques semaines, Jaurès bascule dans le camp socialiste aux côtés des ouvriers. Tribun hors pair qui cherche à allier réforme et révolution, il se fait élire à la Chambre en 1893 comme député du Tarn. Il y retourne en tant qu'"élu des pauvres et des sans-grade" et devient l'incarnation du socialisme républicain, pacifiste et internationaliste. C'est cette année 1892 que le réalisateur Jean-Daniel Verhaeghe et le scénariste Jean-Michel Gaillard (ex-conseiller de François Mitterrand) racontent dans leur téléfilm Jaurès, naissance d'un géant, déjà diffusé en 2005 sur France 2 et produit par Jacques Kirsner, qui s'est notamment inspiré des travaux de l'historienne Madeleine Reberioux.

L'acteur Philippe Torreton prend son rôle à bras-le-corps et incarne un Jaurès très impressionnant. Le comédien a travaillé son rôle en profondeur, en lisant de nombreux ouvrages consacrés à l'homme. Jean-Daniel Verhaeghe a tenu à tourner dans les environs de Carmaux et a embauché de nombreux habitants de la région pour la figuration (Le Monde)

LE FILM

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https://www.imagotv.fr/documentaires/jaures-naissance-d-un-geant/film/1

Jean Jaurès, naissance d'un géant Jean-Daniel Verhaeghe Le 16 août 1892, à Carmaux, 2000 mineurs se révoltent parce que l'un des leurs, Jean-Baptiste Calvignac, élu maire de la ville, a été licencié de la Compagnie des Mines et plus précisément par le marquis de Solages. Jean Jaurès a 34 ans, il a été élu et puis battu. En quelques semaines durant cette grève, Jaurès joue son destin, il sera l'élu des pauvres. Un film de fiction qui relate l'histoire d'une grève qui fut historiquement à l'origine des engagements de Jaurès. Année : 2005 Durée : 91 minutes

Champions du monde

Les humoristes sont fichus, ils ont trouvé plus fort qu'eux, à ce niveau-là on ne peut plus lutter...

Docteur Salomon et Magic Castex, c'est vraiment le trés, trés haut niveau, des champions du monde !

"Nous sommes mis en état d'hibernation"

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INVITÉ RTL - L'écrivain Sylvain Tesson, auteur notamment de "La panthère des neiges", exprime son ressenti face aux restrictions sanitaires. "La menace est inférieure à la réponse", estime-t-il.

https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/confinement-nous-sommes-mis-en-etat-d-hibernation-deplore-sylvain-tesson-7800927933

Ce mardi 24 novembre, la France se dirige probablement vers un confinement allégé, c'est en tout cas ce que devrait annoncer le président Emmanuel Macron ce soir. L'écrivain Sylvain Tesson, auteur de L’énergie vagabonde, où il raconte ses voyages, reste tout de même perplexe face à toutes ces mesures.

"Je vois qu'il y a une menace et qu'il y a une réponse", constate l'écrivain, invité sur RTL. "Il me semble que parfois la menace est inférieure à la réponse, ou que la réponse est proportionnellement plus sévère que n'est dangereuse la menace", poursuit-il. 

"Nous sommes congelés, nous sommes mis en état d'hibernation, nous sommes anesthésiés, comme si une espèce de cocktail lithique s'était immiscé dans nos organismes et tout ça pour que nous ne toussions point", déplore Sylvain Tesson. "J'ai l'impression qu'il y a une léthalité qui est faible, qu'il y a une menace terriblement constrictive et c'est là où je vois une disproportion".

ITINERAIRE D'UN CONFINE -2

Nous approchons de la fin de Novembre, il y a de l'espoir nous dit-on dans la petite lucarne. Faut-il y croire ou est ce un mirage pour Noël ? En attendant je vous propose de partager un deuxième itinéraire de confiné , si vous n'avez pas la chance comme moi de quitter ma maison et arpenter, solitaire, de vieux sentiers et sentes au milieu des verts pâturages et des vaches dans une Nature préservée.

Comme toujours , j'ai quitté ma maison, à pied, le sac sur le dos avec un peu d'eau et mon appareil photo.

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Je sors de Valquières par le GR7 - un GR pas très parcouru par les randonneurs ( encore moins en temps de confinement) mais qui peut vous emmener loin et vous faire rêver puisqu'il traverse toute l'Europe Centrale et les Balkans pour se terminer en Crête , c'est le E4 (sentier européen)

Mon but aujourd'hui est de rejoindre un bout du "chemin des deux lacs" qui bientôt balisé (je l'espère!) vous emmènera du lac des Monts d'Orb (lac d' Avène) au lac du Salagou. Joli projet s'il voit le jour!)

C'est un itinéraire sauvage, tout volcanique que je vous propose !

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Je remonte l '"échine" de la serre de la Bardine. Je passe devant la croix de la Durante, témoin d'un temps où la foi était présente sur tout les chemins d'Occitanie et de France.

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Je ne me lasse jamais de ce chemin qui grimpe entre les vallons des deux ruisseaux de mon village , le Garel et le Vernoubrel à tribord et à babord ! Je rêve , je m'évade sur la croupe de la Bardine (une coque de navire renversée) avec devant moi le phare (antennes télécom!) du Pioch Caubel qui va me guider et me mener à bon port : la bucolique chapelle Saint Amans.

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Pas de mer ici bien sûr , pas de baleines, pas de récifs , ni icebergs , mais de grands espaces à l'horizon infini, des patchworks de couleurs: des verts près où sous un ciel d'un bleu intense pâturent les troupeaux , les couleurs brunes des fougères , le sol noir volcanique et à l'horizon les teintes estompées et dégradées des montagnes de l' Espinouse et du Caroux.

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Le rêve et le repos de l'âme est permis ici, sous un beau soleil d'automne, tant le paysage est intense au coeur d'une Nature sauvage et préservée

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Ce qui n'est pas trop permis c' est la suite de ma balade, puisque je franchis des clôtures et traverse des terrains privés (réservés à l'élevage et ... à la chasse !)

Mais seul , je ne laisserai pas trop de traces de mon passage d'un jour( je m' excuse moi même !!) j'ouvre les barrières en prenant soins de le les refermer derrière moi , je passe sous les barbelés , je traverse les champs et les pâturages sous le regard curieux des belles Rousses,

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je suis leurs sentes, au passage je ramasse quelques beaux champignons aux chapeaux blancs facilement repérables au milieu de ces verts prés ... et quelques cartouches !!! car je longe aussi de nombreuses palombières aujourd'hui délaissées par les chasseurs . Le passage des ramiers est sans doute terminé et le confinement a sauvé quelques vols.

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Tout en chemin, par grand vent , dans un air pur qui chasse le méchant coronavirus, me voici arrivé sur les croupes de l'Escandorgue cette belle coulée volcanique qui recouvre ces confins de l'Hérault au pied du Larzac.

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Le paysage est à couper le souffle (avec le vent à décorner les boeufs mais qui chasse les nuages, c' est normal - et les arbustes y sont rares pour s'accrocher!) J'admire d'un côté le Salagou, la Séranne et dans le lointain le pic Saint Loup et la mer méditerranée qui scintille à l'horizon pour mon bonheur ,

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de l'autre côté , plus proche de moi, mon regard et mes envies de randos futures (déconfinées !) se portent sur les monts d'Orb, le Caroux et l' Espinouse , les montagnes de chez nous qui me sont si familières et propices à l'évasion !

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Je poursuis mon chemin , je grimpe sur les croupes de Montbringue qui dominent le petit hameau de Vernazoubres.

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Au passage je monte sur un petit volcan – ils sont partout ici et ont poussé comme des champignons il y a … quelques millions d'A - , facilement repérable par une croix de bois qui domine Vernazoubres et qui offre un magnifique panorama sur les blanches falaises de Dio et Valquières

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Un pré à traverser et je retrouve le (futur) chemin des 2 lacs . Je passe devant la table d'orientation inaugurée au printemps dernier qui offre entre les arbres une belle vue sur le pays Salagou, classé grand site.

Chemin faisant, j'arrive à Brénas. Le village est désert et je n'ai même pas rencontré un ramasseur de châtaignes. Normal , la cueillette est interdite … laissée aux sangliers !

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Après avoir admiré la belle petite église , je repars par la rue des Glycines.

Et me voilà maintenant, pour quelques hectomètres sur la petite route qui mène au col de la Merquière , dédié à Mercure le Dieu des voyageurs.

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J'ai maintenant sur ce bel itinéraire une vue superbe sur la haute vallée du Salagou et le castélas de Mérifons perché sur son neck

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J'arrive presque au bout de ce magnifique itinéraire de confiné . Je rentre par une belle traversée de la châtaigneraie de Vernazoubres . Je rêve , on y retrouverait presque un ours ariégeois ! puis après avoir rejoint mon GR de départ , je retrouve au soleil déclinant mon hameau de Valquières .

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PS : sans franchir des clôtures et fils de fer barbelés vous pouvez en suivant des pistes réaliser sagement cet itinéraire !

les bleus foncés et le blues de la bleue

Jojo n'a qu'un seul ami et une mobylette. une bleue... le reste, c'est l'amitié au temps du confinement.

ITINERAIRE D'UN CONFINE -1

Le confinement est de retour , après le PRINTEMPS, voici l'AUTOMNE et ses couleurs au coeur d'une nature qui se repose et peut être pour vous l'occasion de découvrir mon univers de marche au tour de de mon village DIO et VALQUIERES, dans ce diaporama.

P1190718.JPG Voici VALQUIERES, mon village et ses quelques maisons blotties autour de sa vieille église , abrité sous les blanches falaises

P1190714.JPG Voici DIO le château et son hameau médiéval posé sur son éperon rocheux , sentinelle de la vallée

P1190662.JPG Créer une randonnée pour un confiné est , ici, un jeu d'enfant . Il suffit de fermer la porte de ma maison et de de suivre au grès de mon plaisir et de mon imagination du moment : petites routes, pistes, chemins et sentes et même ruisseaux. En toute liberté , dans le silence , les odeurs et les couleurs de la Nature préservée

P1190727.JPG SUIVEZ-MOI, par une belle journée ensoleillée, sur un itinéraire improvisé un jour de novembre

P1190722.JPG En sortant de Valquières, "j'ai pris la clé des champs" pour un peu de liberté en oubliant même mon attestation de sortie !

P1190731.JPG Je suis le chemin vicinal qui relie les deux petits hameaux de notre commune

P1190730.JPG Bordé de belles terrasses et cabanes de pierres sèches , témoins patrimoniaux des siècles derniers

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P1190729.JPG Chemin faisant , je m'approche de Dio et de son château. Je regarde ma montre . J'ai déjà dépassé l'heure et le kilomètre autorisé ! ... Je m'autorise un peu de désobéissance !

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Pour aller me confiner dans la grotte des fées, un lieu de sépulture des temps paléolithiques , bien caché dans la falaise

P1190747.JPG Après cette échappée hors du temps , je suis le GR7 - ici le balisage est marqué par de vieux calvaires taillés dans le grès

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Par une sente herbeuse , je m'approche du château et j'arrive à Dio , par le chemin de son église. Je traverse Dio , incognito , en prenant un peu de hauteur!

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DIO , VU DU CIEL ! C'est un paysage fantastique que je découvre en suivant une trace sportive bien cachée sous les falaises. Je vous y emmène en quelques clics

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Je retrouve les sentiers fleuris, mes cairns ... j'allonge mon pas. Je traverse le plateau, ses champs travaillées et les vieilles bergeries, ses éoliennes

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Je rentrerai au soleil couchant. Finalement je n' aurai rencontré que les belles rousses , curieuses de me voir passé Elles ne m'ont même pas demandé mon attestation de sortie!

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MERCI DE M'AVOIR SUIVI

confit-nement avé l'accent

"Depuis Castex, j'ose plus parler avec l'accent du Sud-Ouest. A lui tout seul ce type nous a fait passer du confit au confinement..." (Olivier de Robert)

C'est le bon côté du confinement , on ade nouveau les Chroniques!

https://www.youtube.com/watch?v=nVomEvVHzi0&t=183s

UEFLyon - Conférence avec Boris Cyrulnik, Neuropsychiatre

Intervention de Boris Cyrulnik, Neuropsychiatre, à l'évènement Une époque formidable qui s'est tenu à Lyon, le 12 octobre 2020 sur la thématique suivante : Aujourd’hui, qu’est-ce qu’être heureux ?

En ce début d’automne 2020, l’emploi de l’adjectif « heureux » exige doigté, recul, précaution. Dans son couple, au sein de sa famille, au travail – quand on en a encore –, dans le cadre de ses pratiques sociales, culturelles, amicales, et une fois projeté sur un avenir, à court et moyen termes, déstabilisant voire dystopique, chacun d’entre nous est questionné : comment être heureux ? Avec qui ? A quelles fins ? Et à quelles conditions ? Le neuropsychiatre Boris Cyrulnik s’exercera à nous éclairer sur ce qui, au révélateur de l’actualité, entrave ou enterre, mais aussi (r)éveille, nourrit, réenchante l’accès au bonheur, à la joie, au bien-être.

https://www.youtube.com/watch?v=74tOyCG5PWI

UEFLyon - Conférence avec Aurélien Barrau, Astrophysicien

Intervention d'Aurélien Barrau, Astrophysicien à l'évènement Une époque Formidable qui s'est tenu à Lyon, le 12 octobre 2020 sur la thématique suivante : de la Terre à l’espace, un même défi éthique ?

Aurélien Barrau est astrophysicien, et exerce notamment au Laboratoire de Physique Subatomique et de Cosmologie (CNRS-IN2P3). Il est aussi un infatigable militant de la Nature, cette Nature dont il dénonce sans relâche les dégâts, irréversibles, qu’exerce sur elle la main cupide, anthropocentriste, marchande de l’homme. Aurélien Barrau est, enfin, docteur en philosophie, et cette « qualité » formera, lors de ce dialogue composé à partir de son ouvrage « Le plus grand défi de l’histoire de l’humanité » (Robert Lafon, 2020) le lien entre d’une part son examen et sa vision du monde terrestre, d’autre part ceux que convoque un monde de l’espace promis à une dévastation comparable.

Il est interdit d'interdire

COVID19 : La tragédie est elle en train de virer à la farce

https://www.youtube.com/watch?v=QWpZAV7Blgg

The Turning Point

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/the-turning-point/film/1

Steve Cutts

Les animaux ne respectent plus la nature depuis bien longtemps. Emportés dans un monde de l'urgence, ils polluent, souillent et détruisent cette nature qu'ils considèrent comme un du pour leur confort. L'homme, tout en bas de la chaine, est le premier à en subir les conséquences. Le réchauffement climatique et la déforestation finit par détruire son habitat, jusqu'à, bientôt... Son extinction. Toute ressemblance avec les errements de notre civilisation ne pourrait être que fortuite.

Année : 2018

Durée : 3 minutes

Thématique : Ecologie

Man

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/man/film/1

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/man-2020

Steve Cutts

Après s'être tenu relativement sage pendant plusieurs millions d'années, l'Homme a décidé il y a quelques millénaires de prendre le contrôle de la nature... D'abord restreint à quelques prélèvements éparses pour s'habiller ou se nourrir, le champ de son emprise sur le monde s'est étendu peu à peu... C'est toute cette histoire de l'humanité qui est résumé ici en 4 minutes, du début... A la fin (probable) de l'humanité.

Année : 2018

Durée : 4 minutes

Thématique : Société

Happiness

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/happiness/film/1

Steve Cutts

Happiness est l'histoire d'une quête : celle d'un rongeur à la recherche de l'épanouissement et du bonheur. Pris dans le flot d'une foule consommante, lui-même en vient à céder à la tentation. Mais tout cela ne cache-t-il pas un malaise ? Quel est vraiment le sens de la vie ? Et surtout, cette quête est-elle seulement celle des souris et des rats ? Toute analogie avec l'espèce humaine est bien évidemment parfaitement fortuite !

Année : 2018

Durée : 4 minutes

Thématique : Conscience

La solution est de sortir des rails

https://www.imagotv.fr/courts-metrages/la-solution-est-de-sortir-des-rails/film/1

Liane Barros

Et si ce qui nous empêchait de nous rapprocher était la conséquence d'une mécanique bien huilée. Nos vies semblent parfois écrites à l'avance, comme prédestinées... Comme si nous étions tous sur des rails, qui cloisonnaient nos existences. Mais si cela est vrai, peut-être